Palestine. Recours auprès du Président de la République française

La France doit demander que l’Assemblée générale de l’ONU en cours soit convoquée en session extraordinaire d’urgence pour mettre fin au génocide en Palestine

L’assemblée générale des Nations unies est actuellement en session ordinaire alors que le génocide à Gaza se réalise dans l’horreur la plus extrême, sous les yeux du monde entier.

Si la société civile se mobilise comme elle le fait actuellement par exemple à travers les flottilles ou en Espagne, la communauté des États tarde à prendre des mesures nouvelles adaptées à cette situation pour stopper le génocide en cours.

Parmi les outils possibles existe la résolution 377(V) de l’Assemblée générale, dite « S’unir pour la paix », qui a été adoptée en 1950. Elle stipule que si le Conseil de sécurité manque à sa responsabilité de maintenir la paix et la sécurité internationale, l’Assemblée générale peut convoquer une session extraordinaire d’urgence. À ce jour, 11 sessions extraordinaires d’urgence ont été convoquées.

L’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU), qui est actuellement en session ordinaire, est donc habilitée à agir en vertu de la résolution « s’unir pour la paix » . Il existe des précédents historiques. L’Urgence est là.
Alors que le 18 septembre marque l’expiration du délai d’un an fixé par l’Assemblée générale des Nations Unies pour qu’Israël se conforme à ses exigences et à celles de la Cour internationale de Justice, sous peine de « mesures supplémentaires », il est temps d’agir.

Une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies adoptée dans le cadre de l’initiative « S’unir pour la paix » pourrait :

  1. Exiger un cessez-le-feu immédiat
  2. Appeler tous les États à adopter des sanctions globales et un embargo militaire contre le régime israélien.
  3. Décider de rejeter les lettres de créance d’Israël auprès de l’Assemblée générale des Nations Unies, comme l’a fait l’Assemblée générale des Nations Unies dans le cas de l’Afrique du Sud de l’apartheid.
  4. Mettre en place un mécanisme de responsabilisation (comme un tribunal pénal) pour traiter les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, l’apartheid et le génocide israéliens. Les mandats émis par la cour pénale internationale doivent être exécutés.
  5. Réactiver les mécanismes anti-apartheid de l’ONU, longtemps en sommeil, pour lutter contre l’apartheid israélien et contre le génocide en cours.
  6. Mandater une force de protection armée multinationale de l’ONU pour la déployer à Gaza (et, à terme, en Cisjordanie), agissant à la demande de l’État de Palestine, afin de protéger les civils, d’ouvrir des points d’entrée par terre et par mer, de faciliter l’aide humanitaire, de préserver les preuves des crimes israéliens et d’aider au relèvement et à la reconstruction.

Bien sûr, les États-Unis et le régime israélien useront de tous les moyens pour essayer d’empêcher l’obtention de la majorité des deux tiers des Etats nécessaire.
Le monde a une chance, tardive, de mettre fin à un génocide et à d’autres crimes contre l’humanité. Il suffit d’en avoir la volonté.
Face à des atrocités historiques telles que celles-ci, qui menacent la survie même d’un peuple et risquent d’anéantir le droit international, tous les outils disponibles doivent être déployés.

Le succès n’est pas assuré. Mais l’échec est assuré si nous n’essayons pas. Et le temps presse. Le génocide continue de faire rage à Gaza et se propage également en Cisjordanie. La famine a été déclarée à Gaza. Israël vient de s’engager depuis deux jours dans une destruction totale de Gaza et ravage toute la Cisjordanie.

Monsieur le président de la République, nous avons porté une appréciation positive sur la reconnaissance de la Palestine par la France, nous pensons qu’il faut que vous alliez maintenant jusqu’au bout de la démarche pour stopper le génocide.

Recevez Monsieur le président de la République, l’expression de nos salutations respectueuses.

Le Mouvement de la Paix
Le 17 septembre 2025.

Reconnaissance de l’État palestinien par la France. « Une étape » saluée par Leila Shahid (L’Indep)

Le Président Emmanuel Macron reconnaîtra l’État de Palestine, ce lundi, à la tribune de l’ONU. Le Royaume-Uni, le Canada et l’Australie ont fait de même dimanche. Rejetée par Israël et son allié Trump, cette initiative de Paris et Ryad replace la solution à deux États au cœur du débat, attisé en France par l’appel à pavoiser les mairies de drapeaux palestiniens, lancé par le socialiste Olivier Faure. Elle envoie un signal au peuple meurtri de Gaza, réveille des fractures dans nos sociétés et porte en elle de nombreux enjeux géopolitiques.

Pour Leila Shahid, ancienne déléguée générale de la Palestine en France, enracinée de longue date dans le Gard, la reconnaissance de l’État palestinien annoncée par Emmanuel Macron, marque une « étape ».

« Sur le plan personnel, j’ai été touchée », confie-t-elle, « parce que j’ai déjà entendu les présidents Mitterrand et Chirac reconnaître l’État palestinien au niveau ver-bal, mais maintenant, il faut une vraie reconnaissance que le Président Macron peut imposer en demandant un vote à l’ONU. Bien sûr, les Américains vont contrecarer ce vote par un veto au Conseil de sécurité. Alors que va faire M. Macron, va-t-il s’écraser ou prendre une autre initiative ? C’est la question qui se pose aujourd’hui L’ancienne ambassadrice de la Palestine auprès de l’Union européenne voit, déjà, dans cette reconnaissance « une très bonne initiative, pas seulement pour la France, mais pour tous les pays qu’elle peut entrainer avec elle dans une telle situation compliquée, douloureuse, un génocide à Gaza (terme utilisé par une commission d’enquête de l’ONU, mais rejeté par Israël NDLR), mais aussi des Israéliens assassinés, des familles entières, par le Hamas le 7 octobre », souligne-t-elle.

« Nous sommes dans une période vraiment effrayante, je pense à la jeunesse dans le monde qui va désespérer et aller elle-même vers la violence pour répondre à celle des États », explique-t-elle.

Aujourd’hui, « ce n’est pas sans importance de dire que les Palestiniens ont les mêmes droits que le peuple israélien », souligne Leila Shahid qui appelle à « un cessez-le-feu immédiat » et à des « élections libres » en Palestine.

Manuel Cudel (L’Indépendant, le 22 septembre 2025)

Main dans la main pour la paix dans le monde (L’Indep)

Ce samedi 20 septembre 2025, une chaîne humaine de 150 personnes s’est élancée entre la gare et la place de Catalogne pour réclamer « la fin de toutes les guerres ».

La chaine n’est toujours pas assez. longue pour relier la gare et la place de Catalogne. Mais ils étaient tout de même près de 150 hier à participer à la mobilisation organisée chaque année dans le cadre de la semaine d’animations (conférences, projections, etc.) que propose l’association Cultures de paix.

La responsable de l’antenne cabestanyencque de l’association, Christiane Chavard, s est chargée de prononcer quelques mots lors du rassemblement devant la gare. « Le génocide à Gaza, l’invasion de l’Ukraine, les guerres en Afrique, les tensions au Moyen-Orient… Ça suffit ! Les peuples ont droit à la paix, à la sécurité et à la liberté de circulation », a-t-elle martelé. Avant de réclamer la fin de la « course aux armements » : « La France dépense un pognon de dingue dans ce domaine : 58,9 milliards d’euros, soit une augmentation de 70 % en 10 ans Il faut réorienter les crédits publics en faveur de la santé, de l’éducation et des transports publics. »

Elle a conclu son propos en évoquant plus en détail la situation à Gaza (« 64 000 morts ») et en appelant à « un cessez-le-feu immédiat, à la libération des otages israéliens et des prisonniers politiques palestiniens, à l’arrêt de la colonisation et de l’occupation ». Dans la foulée, quelques tensions sont apparies avec un groupe de plusieurs dizaines de militants pro-palestiniens qui souhaitaient également prendre la parole au micro. Cependant, s’ils n’ont pas obtenu gain de cause, ces derniers ont tout de même finalement décidé de défiler avec les militants pacifistes.

A. A. (L’Indépendant, le 21 septembre 2025)

Du sport à la culture, Madrid appelle au boycott d’Israël (L’Indep)

La Vuelta perturbée par les manifestations, contrat annulé… la tension montre entre les deux pays.

Au lendemain de la fin chaotique de la Vuelta à Madrid, le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a campé sur ses positions lundi, réaffirmant son « admiration » pour les manifestants pro-palestiniens ayant perturbé l’épreuve et suggérant d’exclure d’Israël des compétitions sportives « tant que la barbarie continuerait » à Gaza. Les relations entre Israël et l’Espagne, qui a reconnu l’État de Palestine en 2024, sont particulièrement tendues depuis plusieurs mois.

Elles se sont encore dégradées il y a une semaine avec l’annonce par Pedro Sánchez de nouvelles mesures pour « mettre un terme au génocide à Gaza ». Un terme rejeté par l’État hébreu.

« Génocide à Gaza »

Signe que les manifestations de dimanche ont marqué les esprits, la Fédération des communautés juives d’Espagne (FCJE) est sortie du silence, lundi. « Toute permissivité face à la violence constitue un recul démocratique et un grave risque pour la cohésion sociale », a-t-elle fustigé, jugeant « intolérable (…) qu’on sème l’hostilité envers la communauté juive », composée de 45.000 personnes dans le pays selon elle.

« Ce qu’ils est passé est totalement inacceptable », a abondé le directeur du Tour d’Espagne cycliste Javier Guillén, alors que l’Union cycliste internationale dit regretter le soutien du gouvernement espagnol aux militants pro-palestiniens qui ont perturbé l’épreuve.

Le chaos causé par les manifestations pro-palestiniennes sur la Vuelta a mis en lumière la grande vulnérabilité des courses cyclistes, très difficiles à sécuriser, et certains craignent pour les prochaines grandes échéances à venir, à commencer par le Tour de France.

« D’ici au Tour de France, espérons que le conflit à Gaza soit résolu », a déclaré lundi le directeur du Tour d’Espagne Javier Guillén, alors que les trois premières étapes de la Grande Boucle auront Lieu sur le sol espagnol l’année prochaine, au départ de Barcelone.

Mais les pressions sur Israël sont loin de se limiter au terrain sportif. Lundi matin, le ministre de la Culture, Emest Urtasun, a estimé que l’Espagne devrait également boycotter la prochaine édition du concours Eurovision de la chanson tant qu’Israël y participait.

Quelques heures plus tard, Madrid est allé plus loin en annonçant, cette fois, l’annulation d’un contrat d’armement de 700 ME pour des lance-roquettes de conception israélienne.

L’Indépendant, le 12 septembre 2025

Mobilisés pour les journalistes à Gaza (L’Indep)

L’association Cultures de Paix a Perpignan, en partenariat avec le Travailleur Catalan l’hebdo, soutient la mobilisation de Reporters sans frontières pour défendre les journalistes à Gaza. Dans ce contexte, une rencontre est organisée le mercredi 17 septembre à 15 h au cinéma le Castillet, place de la Victoire, en présence du maître de conférences Pierre Dharréville.

210 journalistes ont été tués à Gaza depuis octobre 2023, et 11 reporters seulement durant le mois d’août 2025. Un bilan, qui a amené l’organisation Reporters sans frontières (RSF) à mettre en œuvre une campagne internationale, avec le mouvement citoyen mondial Avaaz. Plus de 150 médias internationaux, dont l’Humanité et la Marseillaise, y participe, en publiant le bandeau suivant : « Au rythme où les journalistes sont tués à Gaza par l’armée israélienne, il n’y aura bientôt plus personne pour vous informer ».

Face à cette situation, le festival Cultures de Paix à Perpignan, en partenariat
avec le Travailleur Catalan l’hebdo, se joint à Pierre Dharréville, maître de conférences à l’École de journalisme et de communication d’Aix-Marseille, ainsi qu’à l’Institut méditerranéen des sciences de l’information et de la communication (IM-SIC). Une rencontre leur permettra d’examiner quelles initiatives pourraient être prises en solidarité avec les confrères palestiniens et de garantir la liberté d’accès à l’information.

« Il y a et il y avait des journalistes à Gaza »

Selon le maître de conférences, aujourd’hui « aucune précaution n’est prise sur le territoire palestinien ». Le peu de journalistes encore présents n’a pas les moyens nécessaires. « Il y a et il y avait des journalistes à Gaza, mais tout est détruit alors c’est compliqué aussi pour eux », développe-t-il.

La campagne, portée par RSF, est là pour attirer l’attention sur ce « problème grave » et essayer de regarder la situation pour voir comment agir. « On perd la liberté d’être informés, de savoir ce qu’il se passe vraiment ». La demande est claire : alerter les pouvoirs publics français et les gouvernements du monde entier, trouver des accords, et assurer un accès indépendant de la presse dans la bande de Gaza.

« Parler de l’assassinat des journalistes c’est aussi s’inquiéter de l’ensemble de tout ce qu’il se passe là-bas », ajoute Pierre Dharréville.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 12 septembre 2025)

« Au nom des luttes des femmes dans le monde pour la Paix » (L’Indep)

La 3e édition de la Semaine de la Paix déclinera la thématique de la lutte des femmes pour la paix, du 15 au 21 septembre. « Une paix qui n’a jamais été aussi fragilisée et menacée qu’en ce moment », estime l’association.

Parmi les temps forts déjà évoqués dans nos colonnes, cet apéritif et rencontre autour du « retour sur la délégation au Japon » lors de la commémoration du 80e anniversaire du bombardement nucléaire de Hiroshima et Nagasaki devrait donner lieu à de passionnants échanges. Notamment avec le jeune Bastien, revenu depuis peu du Japon et qui témoigne. « Au contact de celles et ceux, très âgés aujourd’hui, qui ont réchappé et survécu à l’enfer atomique, j’ai ressenti une énorme souffrance pas seulement physique, mais aussi psychologique. Ce sont des personnes traumatisées à vie et ce mal-être s’est transmis aux générations qui ont suivi. Leurs descendants ne s’en sortent pas indemnes non plus ». D’autres rendez-vous à ne pas manquer émailleront cette semaine dédiée à la paix. Douze rencontres culturelles prendront place dans cinq communes du département, à Perpignan bien sûr, au siège du Travailleur Catalan, où sera lancé lundi la semaine de la Paix, 3e édition. Mais également à Cabestany, Céret, Escarro et Thuir où auront lieu des conférences, des visites guidées, des séances de cinéma, une rencontre littéraire, un café citoyen sur la Palestine, et quelque temps forts.

Tout cela initié par Cultures de Paix, l’association présidée par Hervé Bégué qui tient à préciser « avec notre association, nous avons comme principe de centrer notre action pour mettre la question de la paix dans le monde et du désarmement au centre des débats, par seulement en termes d’opposition à la guerre, mais comme mode de rapport entre les peuples ».

Valérie Pons (L’Indépendant, le 10 septembre 2025)

Contact : culturesdepaix@outlook.fr
Attention: le 16 septembre est la date limite d’inscription au Banquet pacifiste du dimanche 21 septembre à Thuir, salle municipale. Tel : 06 83 93 61 64.

Laissez-nous accueillir nos confrères et consœurs palestinien.nes de Gaza

Nous sommes plus de 400 journalistes et professionnels des médias français et francophones apportant notre soutien, depuis le mois de juillet, à la constitution de dossiers d’évacuation et à l’accueil de nos confrères et consœurs palestiniens de Gaza, qui entretiennent pour la plupart des liens avérés avec la France. Parmi eux, certains collaborent avec de grandes rédactions comme Le Monde, BFM TV, l’Agence France Presse ou encore LCI. Ces journalistes, au péril de leur vie, permettent aux Français d’accéder à l’information malgré le « black-out » médiatique imposé par Israël, qui a transformé Gaza en une véritable « zone létale » pour la profession.

De notre côté, nous nous plions aux conditions drastiques de constitution des dossiers de nos confrères et consœurs. Nous récupérons leurs documents d’identité, nous rassemblons les attestations de travail auprès des organes de presse français ou étrangers pour lesquels ils ont travaillé, nous réunissons des promesses d’embauche, des attestations d’hébergement et de soutien financier, nous leur trouvons des logements pour les accueillir dignement. Nous les connaissons : ce sont des journalistes méritants, intègres, qui font honneur à leur profession, loin de l’image que leur attribuent les campagnes de propagande visant à les assimiler à des militants du Hamas. En août, un média israélien a ainsi révélé l’existence d’une « cellule de légitimation » de l’armée, chargée de fabriquer de faux dossiers liant les journalistes au Hamas pour tenter de justifier leur exécution.

Selon les derniers décomptes d’ONG reconnues, 220 d’entre eux ont déjà été tués dans des frappes israéliennes, faisant de Gaza le conflit le plus meurtrier de l’histoire pour la presse. Or depuis la suspension des évacuations, onze journalistes ont été tués ; l’ONU a déclaré l’état de famine à Gaza ; l’IAGS (International Association of Genocide Sholars) a adopté une résolution inédite qui reconnaît que les actions d’Israël à Gaza répondent à la définition du crime de génocide ; Israël a lancé l’invasion de Gaza-ville, et l’administration Trump a proposé un plan assimilable à un projet de nettoyage ethnique.

Le sort de ces journalistes tués pourrait être celui de ceux que nous aidons, de ceux figurant déjà sur la liste du ministère des Affaires Étrangères. « En tant que journaliste travaillant sur le terrain, j’ai commencé à avoir peur de sortir, de me déplacer. J’ai peur d’être tué et de n’être qu’une simple brève oubliée après quelques heures », nous écrit un journaliste dont le processus d’évacuation a été suspendu.

Pourtant, depuis plus d’un mois, toutes les évacuations de Palestiniens de Gaza, sans exception, sont suspendues par les autorités françaises. Cette suspension fait suite à la découverte d’une ancienne publication antisémite, sur les réseaux sociaux, d’une étudiante gazaouie évacuée vers la France, ce qui a entraîné l’ouverture d’une enquête interne. Quelles ont été les conclusions de cette enquête ? Comment une seule publication a-t-elle pu conduire à la suspension de toutes les évacuations, y compris celles des malades, des blessés, et des familles relevant du regroupement familial ? Et ce, alors que chaque évacuation est soumise à des procédures de sécurité et d’investigation menées en premier lieu par le Cogat, unité militaire israélienne rattachée au ministère de la Défense. Pour nous, cette décision s’apparente à une punition collective.

Cette suspension frappe aussi des universitaires et des étudiants, dont la rentrée de septembre est désormais compromise, des artistes, et des familles qui devaient être réunies au titre du regroupement familial. Elle rappelle le sort tragique d’Ahmed Shameia, architecte et professeur d’ingénierie, décédé en mai dernier faute de soins, alors qu’il devait être accueilli en France grâce au programme PAUSE – aujourd’hui suspendu ; ou celui de Omar Harb, universitaire renommé, mort de maladie et de malnutrition le 5 septembre.

De nombreuses rédactions, des syndicats et sociétés de journalistes, ainsi que RSF, se sont mobilisés afin que le ministère des Affaires Étrangères lève la suspension de ces évacuations. Après vingt-deux mois à subir des conditions de travail inhumaines, aggravées par la famine, ces journalistes n’ont désormais plus même la force de survivre. Nous, journalistes français et francophones, réaffirmons notre solidarité avec nos confrères et consœurs palestinien.nes qui, jour après jour, documentent la destruction de la société palestinienne de Gaza. C’est pourquoi nous voulons leur offrir un accueil digne de leurs nombreux sacrifices.

Et la France gagnerait à appliquer les principes humanitaires et de protection de la presse qu’elle met en avant partout ailleurs. « Pourquoi n’avons-nous pas de protection internationale, comme les autres journalistes dans le monde ? Ou bien notre sang est-il sans valeur ? », interpelle un journaliste figurant sur la liste d’évacuation.

Il est aujourd’hui essentiel que la France mobilise ses moyens pour contribuer à prévenir le génocide et les crimes contre l’humanité en cours, afin que les Palestiniens puissent vivre dignement sur leur terre. Son rôle diplomatique devrait être déterminant pour garantir l’accès de journalistes internationaux à Gaza e t s o u t e n i r l a reprise des évacuations de leurs confrères gazaouis, dont les dossiers sont déjà constitués ou en cours.

Enfin, une simplification des procédures et la création d’un programme spécifique dédié aux journalistes est indispensable pour faciliter le départ de celles et ceux qui ne peuvent plus rester sur place.

Premiers signataires

Allan Kaval, journaliste Le Monde, prix Bayeux et prix Albert Londres ; Agnès Briançon-Marjollet, journaliste et première secrétaire du SNJ ; Annette Gerlach, journaliste ARTE ; Ariane Lavrilleux, journaliste Disclose ; Antoine Chuzeville, journaliste et premier secrétaire du SNJ ; Aurélie Charon, journaliste et documentariste France Culture ; Aziza Nait Sibaha, rédactrice en chef France 24, vice-présidente de la SDJ France 24 ; Benjamin Barthe, journaliste Le Monde ; Christophe Boltanski, journaliste, écrivain, chroniqueur ; Dominique Vidal, journaliste et historien ; Edith Bouvier, journaliste et réalisatrice ; Edwy Plenel, journaliste Mediapart ; Elise Descamps, secrétaire générale de CFDT- journalistes ; Hélène Lam Trong, journaliste réalisatrice, prix Albert Londres ; Hervé Kempf, journaliste, Reporterre ; Inès Léraud, journaliste et autrice ; Mona Chollet, journaliste essayiste, cheffe d’édition Monde Diplomatique ; Nicolas Hénin, auteur, ancien journaliste ; Nicolas Vescovacci, journaliste-réalisateur indépendant ; Pablo Aiquel, journaliste, sec. général du SNJ-CGT, vice-président de la FEJ ; Pablo Pillaud-Vivien, rédacteur en chef de Regards ; Paul Moreira, journaliste réalisateur Premières Lignes ; Pierre Jacquemain, rédacteur en chef Politis ; Rosa Moussaoui, rédactrice en chef à L’Humanité ; Sophie Nivelle-Cardinale, journaliste, Prix Albert Londres ; Véronique Gaymard, journaliste RFI ; Zoé Cottin, journaliste ;