Grève à la SNCF. Le trafic très perturbé (L’Indep)

En raison d’un mouvement social national, la circulation des trains régionaux sera très perturbée en Occitanie, ce mercredi. Les Trains LiO seront les plus impactés, avec seulement 7 sur 10 en circulations et des liaisons partiellement assurées par des autocars.

C’est une première pour Jean Castex. Ce mercredi 10 juin, l’ancien Premier ministre, ex-maire de Prades, fait face à son premier conflit social à la SNCF, dont il est désormais PDG. Le mouvement est annoncé pour 24 heures. Un premier test social donc pour Jean Castex qui avait apaisé ce climat social quand il était à la tête de la RATP. Les syndicats du rail revendiquent une hausse des salaires et S’inquiètent de la multiplication de sociétés filiales et du transfert annoncé dans ces structures de salariés de la SNCF.

Une certitude, dans la région Occitanie et donc dans les Pyrénées-Orientales et l’Aude, la circulation sera très perturbée ce mercredi 10 juin. « En raison d’un mouvement social national, la circulation des trains régionaux sera très perturbée en Occitanie », confirme SNCF voyageurs.

Dans le détail : 7 trains LiO (TER) sur 10 seront en circulations, avec un trafic partiellement assuré par autocars.

Des perturbations sont à prévoir aussi pour les TGV INOUI et OUIGO avec en moyenne 2 TGV sur 3 en circulation, mais aussi sur les lignes Intercités de jour et de nuit avec environ 1 train sur 2.

La SNCF recommande aux voyageurs de se renseigner avant de se déplacer, la veille à partir de 17h.

« Les équipes SNCF Voyageurs sont pleinement mobilisées pour accompagner ; informer et être au plus près des voyageurs », assure-t-elle par communiqué.

Toutes les informations sur les conditions de circulation sont à retrouver sur LiO Trafic pour suivre en temps réel l’état du trafic en Occitanie et consulter les prévisions du lendemain Site liO Train SNCF : trainlio.sncf.com (rubrique Info Trafic) Chaine WhatsApp liO Occitanie. L’application et le site SNCF Connect : sncfconnect.com.

T. B. (L’Indépendant, le 10 juin 2026)

« Nous pensons à Lyhanna et à tous les enfants victimes » (L’Indep)

Un hommage à la jeune Lyhanna a rassemblé près de 500 personnes devant le tribunal de Perpignan, ce lundi. Sous une fine pluie, associations et citoyens ont réclamé une protection réelle des enfants et l’examen urgent d’une loi intégrale.

L’ambiance qui régnait devant le tribunal de Perpignan était pesante, mais semblait nécessaire pour tout le monde. Ce lundi 8 mai, à 19 heures, environ 500 personnes se sont rassemblées en hommage à Lyhanna, collégienne de 11 ans, retrouvée morte le 4 juin dernier à Puycasquier, dans le Gers. Un appel national relayé par les associations Femmes solidaires 66 et les Chouettes anonymes, soutenues par le Collectif droit des femmes 66.

La pluie a commencé à tomber lors de l’arrivée des manifestants, majoritairement des femmes, accompagnées de quelques hommes et enfants. Charlotte, 36 ans, brandissait une pancarte avec ce mot d’ordre « Justice pour nos enfants ». L’histoire de Lyhanna a fortement résonné dans le cœur de cette jeune maman. « Je ne peux pas imaginer ce que ça peut faire à des parents. Des vies sont brisées par les violences sexuelles et il y en a assez que ça soit traité comme de simples dysfonctionnements », a-t-elle témoigné. Mathilde, 47 ans, avait du mal a retenir son émotion. « C’est beaucoup de tristesse. Mais avant tout, l’idée, c’est d’avoir une réflexion collective sur ce qui tait que des petites filles doivent avoir peur des papas des copines, ou que des femmes ont peur d’aller faire un footing dans la rue ».

Réunis devant le palais de justice, les membres des différentes associations ont pris la parole. « Nous pensons à Lyhanna et, à travers elle, à tous les enfants victimes de violences sexuelles. Nous sommes également réunis parce que nous refusons que la protection des enfants reste une promesse électorale alors qu’elle devrait être une priorité », a scandé Aurélie Martin, de Femmes solidaires 66, encouragée par des applaudissements. Cette dernière a également exprimé « l’examen immédiat » de la loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants, portée par plus de 150 associations et organisations. Monique Hernandez, du Collectif droit des femmes 86, a quant à elle commencé par pointer du doigt l’interdiction de la mobilisation à Paris, avant de s’attaquer aux représentants politiques. « Darmanin s’excuse, mais il aurait pu démissionner, il en est déjà à sa 56e circulaire de l’année. Nous sommes aussi unis contre cette politique de l’émotion et du fait divers ».

Après une minute de silence, le rassemblement s’est ensuite déplacé de quelques mètres, devant le tribunal des affaires familiales de Perpignan.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 9 juin 2026)

Huit nouveaux bureaux de poste menacés (L’Indep)

La CGT alerte sur de nouveaux projets de « fermetures » de bureaux de poste dans les Pyrénées-Orientales.

Selon la CGT, six bureaux de poste du département seraient sur la sellette dès cette année. Il s’agit de ceux de Cerbère, Collioure, Corbère-les-Cabanes, Canohès, Néfiach et Saint-Féliu-d’Amont. Auxquels il faut ajouter leurs homologues d’Arles-sur-Tech et de Banyuls-dels-Aspres, qui feraient l’objet de projets de « fermetures » au premier trimestre 2027.

Certains de ces bureaux pourraient être remplacés par des agences postales communales ou des relais chez des commerçants. « Mais pas avec les mêmes prestations qu’aujourd’hui », prévient le secrétaire général de la CGT activités postales des Pyrénées-Orientales, Alexandre Pignon.

Pour l’instant, difficile de prédire ce qui adviendra dans chacune des communes citées: la concertation avec les syndicats, les postiers et les élus du territoire, préalable à toute évolution, est toujours en cours. Comme le confirme la direction régionale de La Poste, selon laquelle « aucune décision n’est actée ».

Reste que pour la CGT, même si le projet n’est pas arrêté, il convient de se mobiliser pour défendre les bureaux menacés dès maintenant. Car c’est précisément lors de la concertation que tout va se jouer. « Dans le cadre du contrat de présence postale territoriale, les maires disposent d’un droit de veto. Is peuvent refuser la transformation d’un bureau en agence postale communale », rappelle ainsi le syndicat.

A.A. (L’Indépendant, le 5 juin 2026)

Aide sociale à l’enfance : des jeunes placés livrent leurs témoignages (L’Indep)

Hier, plusieurs jeunes places en foyers ou en structures ont pris la parole dans le cadre des Assises de la protection de l’enfance, qui se sont tenues au centre culturel de Cabestany sous l’égide du conseil départemental. L’autonomisation et l’insertion des jeunes qui sortent du dispositif (entre 18 et 21 ans) étaient au cœur des échanges.

Travailleurs sociaux, familles d’accueil, responsables de maisons d’enfants à caractère social, de foyers ou de structures partenaires… Ce jeudi 4 juin 2026, autour de 250 personnes ont participé aux Assises de la protection de l’enfance organisées par le conseil départemental, maître d’œuvre en la matière. L’autonomisation des jeunes placés et la préparation de leur sortie du dispositif, qui s’effectue entre 18 et 21 ans, étaient cette année au cœur des débats.

« C’est un sujet très important », estime la vice-présidente du Département déléguée à l’enfance et à la famille, Madeleine Garcia-Vidal. « Nous ne voulons pas de sorties sèches de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Si à 18 ans, on les laisse sortir du dispositif comme ça, ils sont perdus. Très peu sont autonomes. C’est pourquoi nous les accompagnons souvent jusqu’à 21 ans avec un contrat jeune majeur, pour les aider à s’insérer, à trouver un emploi et un logement. »

Également présents lors des Assises, les porte-parole des jeunes pris en charge, qui siègent au sein de l’Observatoire départemental de la protection de l’enfance, n’ont pas manqué de faire remonter leurs doléances.

« Quand on arrive dans une maison d’enfants à caractère social, on nous explique les règles, mais on nous explique rarement ce qui va se passer après », pointe par exemple du doigt Nathan(*), 17 ans, actuellement en service civique dans une association culturelle. « Je pense qu’il faudrait plus informer les jeunes sur leurs droits et leurs devoirs. A 18 ans, certains décident de partir et se retrouvent à la rue deux mois plus tard. Ils ne savent visiblement pas qu’ils peuvent revenir vers l’ASE dans ce genre de situation. »

Lucas, 15 ans, débutera en septembre un apprentissage en menuiserie. Mais la sortie de l’ASE l’inquiète déjà « En structure, les professionnels font beaucoup de choses à notre place et veulent parfois trop nous protéger. Certains d’entre nous se sentent prêts pour le départ, d’autres pas. Tout dépend des jeunes, de leur situation et de leurs éducateurs. »

De son côté, Océane, 16 ans, a déjà en partie franchi le pas. Elle vit en semi-autonomie dans un studio. « Je gère mon budget, mes courses, mes rendez-vous de santé et mes papiers administratifs, mais il y a un éducateur dans l’immeuble qui peut m’aider si besoin », résume la jeune fille, qui vise une carrière de procureure de la République.

Junior, 18 ans, vient pour sa part de se faire repérer par l’équipe de France de boxe anglaise après avoir terminé sur la première marche du podium lors d’un championnat international. Mais pour l’instant, la situation est gelée car le sportif originaire du Cameroun est toujours en attente d’un titre de séjour. « La sortie de l’ASE, c’est compliqué. Et ça l’est encore plus pour les mineurs non accompagnés. Tu passes du statut d’enfant protégé à celui d’adulte sans papiers… Et sans papiers, tu ne peux pas travailler, tu n’as pas de revenus », déplore Junior, qui est également titulaire d’un CAP cuisine. « Même des jeunes qui ont eu un parcours exemplaire jusque-la peuvent se retrouver sans domicile fixe, puis sous le coup d’une obligation de quitter le territoire. Il faudrait qu’à la sortie de l’ASE, on ait un accompagnement pour la demande de titre de séjour. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 5 juin 2026)

(*) Les prénoms des jeunes mineurs ont été modifies

« La solidarité internationale est aujourd’hui plus nécessaire que jamais (L’Indep)

Invité du Festival des luttes organisé ce samedi à Elne par la CGT66, Roberto Baradel, secrétaire général du syndicat argentin Suteba, est venu témoigner de la situation sociale en Argentine. L’homme a dressé un constat alarmant sur la condition des travailleurs et des retraités dans son pays. Entretien.

Comment décririez-vous la situation actuelle des travailleurs en Argentine ?

La situation est très complexe. Il y a une perte de pouvoir d’achat très importante. Les retraités sont parmi les plus touchés. Les pensions minimales sont extrêmement faibles et le gouvernement réprime systématiquement leurs mobilisations. Les travailleurs salariés ont également perdu une part importante de leurs revenus et beaucoup ont perdu leur emploi.

Quelles sont les conséquences de cette dégradation ?

Aujourd’hui, même des travailleurs qualifiés sont obligés de chercher un second emploi pour survivre. On voit des enseignants, des chercheurs ou des universitaires conduire pour des plateformes comme Uber après leur journée de travail. Avec un seul salaire, il devient très difficile de vivre dignement.

Vous évoquez aussi un recul des droits sociaux…

Le gouvernement a adopté une réforme du travail qui a supprimé de nombreux droits. La durée légale reste de huit heures par jour, mais certaines dispositions permettent aux employeurs d’imposer davantage d’heures de travail avec des systèmes de compensation qui ne bénéficient pas aux salariés. Il y a également eu des attaques contre le droit de grève.

Ces évolutions sont-elles directement liées à la politique du président Javier Milei ?

Oui. Elles sont la conséquence directe de sa politique économique et sociale. Les effets sont très durs pour les travailleurs, les retraités et les services publics.

Les jeunes Argentins continuent-ils à s’engager dans les syndicats ?

Oui, une partie importante d’entre eux continue à s’engager. Mais après la pandémie, l’extrême droite a mené un travail très efficace sur les réseaux sociaux. Pendant les périodes de confinement, les jeunes étaient davantage isolés et les réseaux sont devenus un terrain privilégié pour diffuser certaines idées.

Pourquoi était-il important pour vous de participer au Festival des luttes de la CGT66 ?

Parce que nous devons renforcer les liens entre les organisations syndicales du monde entier. Nous sommes confrontés à des défis communs. Face à la montée de l’extrême droite et aux attaques contre les droits sociaux, nous devons construire des analyses communes mais aussi des actions communes. La solidarité internationale est aujourd’hui plus nécessaire que jamais.

Recueilli par Driss Chaït (L’Indépendant, le 31 mai 2026)

Un chèque de 20 000 € pour les grévistes des cliniques Elsan

Déléguée syndicale CGT à la clinique Médipôle Saint-Roch de Cabestany, Anne-Laure Affani a été l’une des figures du mouvement de grève mené pendant près d’un mois avec les salariés de la clinique Saint-Pierre. Lors du Festival des luttes organisé par la CGT66, ce samedi, à Elne, les grévistes ont reçu un chèque de solidarité de 20 000 euros, partagé entre les deux établissements. « Ce chèque représente avant tout la solidarité. Celle des structures de la CGT, des autres syndicats, mais aussi de partis politiques et de simples citoyens qui ont soutenu notre mouvement », souligne Anne-Laure Affani. « Cette aide servira principalement à indemniser les salariés mobilisés pendant plusieurs semaines. L’idée est de verser une petite compensation aux grévistes. »

L’Indépendant, le 31 mai 2026

Lab Santé Midi Libre: la santé et le handicap au cœur des débats (L’Indep)

Lab Santé Midi Libre faisait étape ce mercredi, pour la première fois, dans les Pyrénées-Orientales au siège de L’Indépendant a Perpignan. Deux tables rondes étaient organisées, entre les professionnels et acteurs de santé du territoire, mettant en avant l’expertise médicale : l’une sur le handicap au travail, l’autre intitulée « Les P.-O., territoire de santé d’excellence ».
La santé, un sujet essentiel qui « fait partie des premières préoccupations des Français et donc des habitants des Pyrénées-Orientales », introduisait Hermeline Malherbe, présidente du Département des Pyrénées-Orientales. Entourée de sa vice-présidente Françoise Fiter, en charge des personnes âgées et des personnes en situation de handicap, la présidente évoquait la problématique de désertification médicale à laquelle le conseil départemental a œuvre en « participant à l’ouverture de plusieurs maisons de santé pluridisciplinaire », avec la Région. Mais aussi « un pack santé qui accompagne autant la médecine libérale en termes d’infrastructures que tout ce qui est public comme les pôles santé ». « Ce ne sont pas nos missions obligatoires mais on a investi », se réjouissait Hermeline Malherbe.

Handicap : « Des avancées incontestables mais nous sommes loin du compte »

La première table ronde de la soirée plaçait au cœur des débats « Le handicap au travail » avec pour interlocuteurs Nicolas Franco, directeur de la plateforme Handicap et Parcours Association Joseph Sauvy et secrétaire général adjoint de l’AIRe (Association des instituts thérapeutiques éducatifs et pédagogiques et de leurs réseaux) et Françoise Fiter, vice-présidente au conseil départemental en charge des personnes âgées et des personnes en situation de handicap.

Avec pour point de départ le rappel de la loi Handicap 2005 pour l’égalité des droits et des chances, les acteurs ont souligné son importance menant à « inciter et obliger à avoir 6 % de travailleurs handicapés dans les entreprises ». « La loi de 2005 a permis de poser un cadre et de faire reculer le chômage chez les personnes en situation de handicap. Il y a eu des avancées incontestables mais nous sommes encore loin du compte. Il y a encore besoin d’investir », introduisait Françoise Fiter. Nicolas Franco soulignant que cette loi « a eu le mérite de réaffirmer la place des personnes en situation de handicap dans la société ». Mais dans le monde du travail, le débat s’orientait vers « ces freins à l’embauche » que peut représenter le handicap. « Il y a beaucoup de préjugés comme le fait qu’une personne handicapée serait moins efficace. Il y a de la discrimination et des craintes », confiait la vice-présidente du Département. Tandis que le directeur de la plateforme Handicap et Parcours Association Joseph Sauvy justifiait ces craintes par « un manque de connaissance. Il faut essayer de dépasser ce quota à respecter. L’enjeu essentiel c’est de maintenir l’embauche des personnes en situation de handicap et d’établir un lien employé-employeur. Il y a besoin d’un travail de proximité entre les acteurs. C’est important, une fois dans l’entre-prise, de continuer à accompagner les personnes en situation de handicap ». Un point particulier a été apporté sur l’importance de la sensibilisation en milieu professionnel. Quant aux perspectives pour l’avenir sur la question du handicap dans le travail, les avis divergeaient.

« Il faudrait une nouvelle loi de 2005 qui définisse les moyens nécessaires d’accompagnement. Plus nous serons nombreux à sensibiliser, mieux ce sera. En entreprise, il faut aussi accepter qu’une personne en situation de handicap soit moins efficace, même si ce n’est pas toujours forcément le cas. Mais les mentalités doivent encore évoluer là-dessus », confiait Françoise Fiter. Nicolas Franco avançait lui : « On a quand même multiplié par 10 l’inclusion depuis la loi 2005, c’est déjà un bon départ. Mais il faut du temps ». En 2025, 8452 orientations Reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTF) avaient été demandées dans les Pyrénées-Orientales.

Laura Morales (L’Indépendant, le 29 mai 2026)

Proximité, coordination et coopération sur un territoire d’excellence

Après avoir débattu sur le handicap au travail, le deuxième rendez-vous de la soirée avait pour thématique « Les Pyrénées-Orientales, territoire de santé d’excellence ». Autour de la table, professionnels et acteurs du territoire avaient pris place : Barthélémy Mayol, directeur du centre hospitalier de Perpignan, Dr Tanguy Mraovic, chirurgien de la main au Centre main catalan (Aesio Santé), Sébastien Fleury, directeur du centre Le Vallespir-hôpital de proximité (Groupe UGECAM) et Françoise Fiter, vice-présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales, en charge des personnes âgées et des personnes en situation de handicap.

Les intervenants ont, dans un premier temps, placé le mot de « coopération » au centre de la discussion. En effet, « le parcours d’un patient ne passe en général pas que par un seul acteur. C’est l’acte d’une coopération. Et c’est là l’importance de remettre au centre du jeu la proximité et le parcours coordonné du patient. Les Pyrénées-Orientales sont un territoire qui est capable d’assurer », introduisait Sebastien Fleury. « Tous ensemble, on arrive à soigner toutes les pathologies », enchaînait le Dr Mraovic qui précisait opérer avec ses collègues du Centre de la main 3 000 patients par an. Pour le directeur du centre hospitalier, le thème « Les Pyrénées-Orientales, territoire de santé d’excellence » était surtout l’occasion de « montrer ce qu’il reste à faire ». « Ce qui va permettre de maintenir notre département à un niveau d’excellence ce sont trois choses : l’enseignement, les soins et la recherche », déclarait Barthélémy Mayol.

Très vite, l’interrogation de la possibilité de tout soigner dans les P.-O. était mise au centre du débat. Bien sûr, pour le Centre main catalan, la réponse était « oui » en ce qui concerne la chirurgie des membres inférieurs. Pour Sébastien Fleury, dont l’établissement est implanté au Boulou « on est sur une médecine de ville ». « Nous sommes très limités sur la prise en charge des pathologies. En revanche, on s’efforce de répondre au plus près aux besoins identifiés », expliquait le directeur du centre Le Vallespir-hôpital de proximité. « Notre objectif n’est pas de tout soigner mais d’être une filière de qualité », répondait le directeur du centre hospitalier de Perpignan. D’où l’importance des liens entre les acteurs de la santé pour un travail commun, comme le soulignait François Fiter.

La question de l’investissement, nécessaire pour porter l’excellence du territoire en matière de santé, était ensuite posée. « C’est indispensable dans le milieu hospitalier de continuer à investir, notamment dans la cancérologie, les soins palliatifs et le bloc opératoire », confiait Barthélémy Mayol. Au Centre main catalan, le Dr Tanguy Mraovic, détaillait les nouveaux équipements dont l’établissement s’était doté récemment comme un échographe pour la pratique de micro-incision. « Mais il ne faut pas non plus oublier l’investissement humain qui est très important », ajoutait-il. Au Boulou, au centre Le Vallespir, ce sont des investissements immobiliers qui sont en cours. « On modernise, on agrandit pour avoir un établissement de 15 000m2. Nous voulons proposer un environnement plus acceptable pour les professionnels de santé mais aussi pour l’accueil des patients », expliquait Sébastien Fleury. Le Département assurait être attentif à ce que la réponse aux besoins humains soit de qualité. Françoise Fiter résumait, pour conclure l’échange, les maîtres mots de la table ronde : proximité, coopération et coordination « car sans cela on n’avance pas et on ne répond pas aux besoins ».

Laura Morales (L’Indépendant, le 29 mai 2026)

Pour la CGT 66, la grève « Elsan » était inévitable (L’Indep)

Au lendemain de la fin officielle du conflit social à Saint-Pierre et Médipôle les cégétistes font le point.

« Ce qu’ils ont obtenu, c’est ni plus ni moins une victoire ! » Si, à la sortie de la grève, ce lundi matin, les salariés et délégués syndicats affichaient un constat mitigé d’un mois de grève dans plusieurs établissements de santé du groupe Elsan, Julien Berthélemy, secrétaire départemental CGT 66, se félicitait des résultats obtenus. Entouré de trois camarades grévistes, il tirait le bilan de cette mobilisation syndicale lors d’une conférence de presse organisée ce mercredi.

Reconduction de la prime d’intéressement pour cinq ans (environ 1 500 € nets), une prime unique de partage de la valeur de 500 € nets, une prime pérenne de 400 € nets et la création de groupes de travail pour parler des conditions de travail : tels sont les quatre acquis « arrachés de haute lutte par les grévistes syndicalistes des cliniques Médipôle et Saint-Pierre », a rappelé Julien Berthélemy.

Au surlendemain de la date officielle de la fin de ce conflit qui aura duré plus d’un mois à Medipôle Saint-Roch et presque un mois à la clinique Saint-Pierre, Julien Berthélemy était entouré d’Anne-Laure Affani, déléguée syndicale CGT à la clinique Médipôle Saint-Roch, de Simon Ormeda, militant CGT, et de Sandrine Desmet, infirmière en oncologie et secrétaire générale de la CGT Saint-Pierre. Ils sont revenus sur les évènements. Et sur ces « victoires encore bien fragiles » ont-ils souligné d’une même voix.

« Cette grève était inévitable, les personnels soignants, pressurisés depuis des années sans pouvoir hausser la voix, devaient se soulever » a lâché Simon Ormeda. « Ce qui nous a poussés à tenir le coup contre vents et marées ce sont les encouragements et les soutiens de nos patients, et des passants » a soufflé Sandrine Desmet.

« Certes, il aura fallu 32 jours de grève à Médipôle et 26 jours à Saint-Pierre pour remporter la lutte, mais il y aura incontestablement un avant et un après ce conflit social de mai 2026 », a conclu sobrement le secrétaire départemental CGT 66.

Valérie Pons (L’Indépendant, le 28 mai 2026)

L‘édito du TC par Jacques Pumaréda. Le bâillon

Le mouvement social à Saint-Pierre comme à Médipôle marquera durablement le paysage départemental par sa durée et l’intransigeance du groupe Elsan. Les menaces n’ont pas manqué, allant jusqu’à envisager la fermeture de la clinique Médipôle. A l’arrivée les grévistes actent le maintien d’un certain nombre de primes sans garantie pour la suite. Une intransigeance de la direction soutenue par le Préfet, bien timoré sur les revendications. Pas touche aux bénéfices du groupe Elsan et aux actionnaires, telle est la règle d’or et malheur aux revendications syndicales.

Dans une situation économique et sociale très tendue, alors que la question du pouvoir d’achat est au centre des préoccupations quotidiennes de nos concitoyens, le patronat et le gouvernement s’appliquent à maintenir le couvercle sur une marmite en ébullition. Alors on dégaine l’arme répressive, on cible Sophie Binet secrétaire générale de la CGT, mise en examen une nouvelle fois pour diffamation publique pour avoir dénoncé la « répression patronale violente » chez le fabricant d’articles culinaires Tefal. Fabien Gay, directeur de publication du journal l’Humanité est également mis en examen. En décembre 2025, Sophie Binet avait fait l’objet d’une première mise en examen pour injure publique après une plainte de Sophie de Menthon, présidente du mouvement patronal Ethic. Au 30 mars, la CGT dénombrait 550 plans sociaux sur plus de 400 sites. Ainsi un signal de répression est lancé dans tout le pays. La liberté d’expression comme les libertés syndicales sont aujourd’hui en danger. Plus de 1000 militants et cadres sont inquiétés par des poursuites judiciaires ou disciplinaires dont cinq dirigeants confédéraux. La Confédération internationale des syndicats a déposé plainte devant l’Organisation internationale du Travail (OIT) pour « dénoncer une procédure bâillon et les atteintes aux droits syndicaux en France. »

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4118 – vendredi 29 mai 2026)

L’édito de Jacques Pumaréda. Le baillon
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Fin de la grève à Médipôle. « On se sent résignés et fatigués », une victoire en demi-teinte pour les soignants (L’Indep)

Après 32 jours de conflit social, la grève a la clinique Médipôle prendra officiellement fin ce mardi à 7 heures du matin. Un accord a été signé entre la direction et les syndicats ce lundi. Mais pour les derniers grévistes, cette victoire, qui ne leur apporterait pas de nouveaux droits, a un gout d’inachevé.

Trente-deux jours de lutte plus tard, les syndicats et la direction de la clinique Médipôle ont trouvé un accord. Une signature ratifiée en ce lundi de Pentecôte autour de quatre grands principes : la reconduction du contrat d’intéressement pour cinq ans (environ 1 500 € nets), une prime unique de partage de la valeur de 500 € nets, une prime pérenne de 400 € nets et la création de groupes de travail pour parler des conditions de travail.

« La lutte a payé », confirme la déléguée syndicale CGT Anne-Laure Affani. « Les vraies victoires sont les 1 500 € assurés pour les cinq prochaines années et l’émergence de l’idée d’une prime pérenne ». « Des avancées significatives ont, dans le cadre de cet accord, été réalisées par la direction », affirme le groupe Elsan dans un communiqué. « Permettant ainsi de renouveler le contrat d’intéressement, de finaliser les négociations annuelles 2026 et d’anticiper celles de 2027. »

La direction confirme la reprise du travail ce mardi à 7 heures. « Une attention particulière sera portée à la reprogrammation des soins qui avaient du être différés, afin de garantir aux patients une prise en charge rapide », précise encore la direction.

Cette signature sonne la fin d’un très long conflit social. Mais peut-être pas le glas. Car ce lundi 25 mai, dans les rangs dégarnis des grévistes, les derniers protestataires n’ont ni l’impression d’avoir gagné la bataille, ni celle d’avoir perdu la guerre. « De manière générale, nous n’avons pas eu ce que l’on voulait, c’est-à-dire une prime pérenne conséquente et des conditions de travail améliorées », confie une soignante. « Au final, nous avons juste obtenu le maintien de ce que la direction voulait nous supprimer. Mais nous n’avons gagné aucun nouveau droit alors que l’on continue de nous en demander toujours plus. »

Certains personnels ne s’en cachent pas, la reprise du travail ce mardi matin se fera sans optimisme. « Franchement, tout cela n’est pas très encourageant », confirme une salariée de Médipôle. « On se sent résignés et fatigués par la charge de boulot mais aussi par ces longues journées de conflit. Nous avons réussi à gratter le maintien de quelques acquis mais pour cinq ans à peine. Après, que se passera-t-il ? Cela ne va pas aller en s’arrangeant. »

Après trente-deux jours de lutte acharnée pour un conflit social qui aura mobilisé jusqu’au préfet des Pyrénées-Orientales et le tribunal administratif de Montpellier, comment reprendre un dialogue social serein au sein de la clinique Médipôle ? En s’adressant aux derniers grévistes présents ce lundi, la déléguée syndicale CGT, Anne-Laure Affani, tentait justement de recruter parmi les ultimes motivés.

« Nous avons réussi à mobiliser jusqu’à 300 personnes durant cette grève. Si vous voulez renforcer les équipes militantes pour faire des choses plus grandes, sachez que nous, nous ne lâcherons rien. Nous avons créé des liens entre les syndicats et les différentes structures. Nous allons les poursuivre car nous pourrions réaliser des choses encore plus grandes. Il nous reste des années à bosser, au moins jusqu’à 64 ans, nous devrons encore affronter de nombreuses luttes. »

Valéry Folcher, le directeur, assure ce lundi, lui, que « l’heure est désormais à la reconstruction collective, au dialogue et à la confiance retrouvée. Notre responsabilité commune est de recréer les conditions d’un fonctionnement serein, respectueux des engagements pris et résolument tourné vers l’avenir de notre établissement, au bénéfice des patients du territoire ».

À Médipôle, le dialogue social est ressuscité en ce lundi de Pentecôte. Les soignants vont retrouver un quotidien qui n’a rien d’un électrocardiogramme plat. « On a plutôt l’impression de devoir avoir six bras », lâchaient-ils en-fin.

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 26 mai 2026)