Les syndicats mobilisés le 2 décembre pour les services publics (L’Indep)

Le mouvement social se poursuit autour du budget en France. Les syndicats catalans dénoncent l’impact sur les plus démunis et appellent à une justice fiscale. Un appel à la mobilisation est prévu le 2 décembre à Perpignan.

Alors que le projet de budget est en cours de discussion au Parlement, la CGT 66, la FSU 66 et Solidaires 66 se joignent à la mobilisation sociale du 2 décembre prochain. Le rendez-vous est donné à 10 heures, place de Catalogne à Perpignan.

« Nos revendications sont claires. On a besoin d’un budget conséquent pour sauver les services publics qui sont en danger. C’est un bien commun à tous les citoyens », affirme Christine Mirroir, co-secrétaire Solidaires 66. Ce qu’elle regrette : « que les plus pauvres continuent de s’appauvrir et que les plus riches continuent de s’enrichir ». « Ce qui est prévu dans ce budget va encore toucher la population la plus démunie donc on va encore creuser l’écart et amoindrir le pouvoir d’achat des gens. Mais on a d’autres solutions, notamment une justice fiscale et sociale, qui taxerait les plus riches », ajoute-t-elle.

Les syndicalistes le rappellent, les Pyrénées-Orientales sont le deuxième département le plus pauvre de France métropolitaine, avec seulement 60 % de personnes imposables et une grande majorité qui vit grâce aux prestations sociales. Leur pouvoir d’achat étant fortement impacté, les habitants cessent de dépenser dans les commerces et ces derniers se retrouvent à leur tour impactés, raisonnent-ils. « On pense notamment à l’hôtellerie et à la restauration, où les travailleurs et travailleuses du département n’ont pas d’emploi en CDI. Ensuite, le milieu associatif, financé par les pouvoirs publics, et le secteur de l’aide à domicile qui est en péril », développe Julien Berthélémy, secrétaire général de l’union départementale CGT 66.

Et dans le contexte de la Journée mondiale contre les violences faites aux femmes (le 25 novembre, NDLR), Géraldine Morales, secrétaire départementale FSU, a tenu à rappeler les inégalités qu’elles subissent encore et dénoncer « une forme de violence sociale envers les femmes. En 2020, sur la retraite, elles se sont beaucoup mobilisées. Donc c’est aussi un appel pour qu’elles continuent de lutter contre ces politiques d’austérité, parce que ce sont elles les premières qui vont souffrir ».

En conclusion, les trois mots qui reviennent sont « l’emploi, le salaire et la retraite », résume Julien Berthélémy. « Hors de question d’avoir un régime à points. Ce que l’on veut, c’est réduire l’âge légal de départ à la retraite et avoir une retraite digne pour tous. Le sujet de fond c’est comment on redistribue les richesses créées par les travailleurs et les travailleuses ».

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 27 novembre 2025)

« La protection maternelle et infantile est en train de mourir et on la regarde » (L’Indep)

La protection maternelle et infantile « se porte au plus mal », dénoncent ses agents dépités par le manque de moyens mais également le défaut de pilotage stratégique de ce service crucial dans la prévention sanitaire au plus près des territoires.

La protection maternelle et infantile (PMI), créée aux côtés de la Sécurité sociale en 1945 pour « assurer la protection médicale de toutes les femmes enceintes, des jeunes mères et des enfants de moins de 6 ans de façon universelle, gratuite et inconditionnelle », est au plus mal selon ses agents. « Aujourd’hui, dans les Pyrénées-Orientales, la PMI est en train de mourir et on la regarde mourir », alertent ce mercredi 19 novembre des sages-femmes, infirmières puéricultrices et médecins du conseil départemental.

Ce que ces fonctionnaires territoriaux dénoncent d’abord, depuis 2023, c’est la baisse des moyens alloués à ce service crucial dans le deuxième département le plus pauvre de France métropolitaine, ce qui les empêche d’accomplir leurs missions obligatoires pour la santé des enfants et de leurs mères. La PMI ne représente que 0,1 % du budget départemental (1 million d’euros sur 737 en 2025), alors qu’elle doit couvrir les besoins de tous les bébés catalans (environ 4 000 par an) et de leurs familles. Ces agents déplorent ainsi le manque d’effectifs, avec par exemple seulement 8 postes de
médecins pourvus, à temps partiel, sur les 14 existants. Résultat : visites en crèches et dépistages en écoles maternelles non assurés, délais de consultation allongés et retards dans les vaccinations.

La deuxième problématique relevée par ces agents du conseil départemental est « le défaut de pilotage, de stratégie ». « Puisque nous ne pouvons plus accomplir toutes nos missions, nous aimerions, à tout le moins, qu’on nous dote d’une vraie gouvernance et d’une organisation pour prioriser certaines actions. Il manque une réflexion politique et un projet de territoire. » Conséquence de ce manque d’anticipation: pendant 9 mois, de mai 2024 à mars 2025, les nouveau-nés des Pyrénées-Orientales n’ont pas reçu de carnet de santé, compromettant ainsi la continuité des soins.

« La protection maternelle et infantile est une compétence départementale obligatoire », rappelle Jean-François Laffon, secrétaire général de la CGT du Département, qui pointe les choix de l’institution : « Le conseil départemental des Pyrénées-Orientales est en bonne santé financière, mais à quel prix ? »

Nicolas Monnet (L’Indépendant, le 27 novembre 2025)

Pour marquer le 80e anniversaire de la PMI et pointer les problématiques rencontrées dons les Pyrénées-Orientales la CGT accueille une exposition, à la maison des syndicats au 8 rue de la Garrigole à Perpignan.

« L’augmentation de la précarité a accentué les difficultés »

« L’augmentation de la précarité a accentué les difficultés rencontrées par les professionnels de la PMI dans leurs missions d’accompagnement », répond le Département mis en cause par ses agents. Il estime que « dons un contexte national marqué par la hausse de la pauvreté et la dégradation de plusieurs indicateurs sanitaires (…) il continue son action en matière de prévention ». Et de conclure : « Nous soutenons pleinement nos équipes de terrain et œuvrons pour développer l’accès aux soins, aux conseils et à l’accompagnement pour toutes et tous, malgré des baisses significatives de budgets alloués de l’État »

La Ligue de l’enseignement continue d’agir malgré l’incertitude budgétaire (L’Indep)

Alors que l’incertitude règne autour du budget de l’État, et donc des crédits qui lui seront alloués pour l’an prochain, la Ligue de l’enseignement, «premier diffuseur associatif de spectacles vivants dans le département», a fait le point sur son bilan et ses projets en matière d’activité culturelle.

Favoriser l’accès à la culture sur l’ensemble du territoire. Telle est l’une des principales missions que s’est fixée la Ligue de l’enseignement des Pyrénées-Orientales. « Premier diffuseur associatif de spectacles vivants dans le département », la structure, qui emploie entre 150 et 170 salariés, organise aussi des interventions dans les écoles, collèges et lycées afin de sensibiliser les plus jeunes au théâtre, à la musique, à la danse, ou encore au cirque. « Nous sommes dans une logique de défense des droits culturels, même dans les secteurs éloignés des grandes infrastructures », résume le responsable du service culturel de l’association, Pierre Habet.

Dans cet objectif, la Ligue a passé des conventions avec plusieurs collectivités du pays catalan. En 2024-2025, 150 représentations ont été organisées dans ce cadre aux quatre coins du département. « Pour nous, la Ligue est un partenaire essentiel, explique la responsable du service culture de la commune d’Alénya, Martine Solère. Elle nous fournit un appui technique important pour organiser des représentations et nous permet notamment de mutualiser le matériel. » La chargée de mission développement culturel de la communauté de communes Pyrénées-Cerdagne, Axelle Soubielle, acquiesce : « Grâce à notre partenariat avec la Ligue, les enfants n’ont plus à faire 1h30 de bus pour aller voir un spectacle de 40 minutes. »

2.500 élèves inscrits pour le théâtre en catalan

Par ailleurs partenaire de l’Éducation nationale et du conseil départemental, qui gère les collèges, la Ligue organise également spectacles et rencontres entre artistes et jeunes en milieu scolaire. Sans oublier les représentations de théâtre en catalan. « Elles remportent un succès fou », confie Pierre Habet. « L’an dernier, nous avons accueilli 2.500 élèves, mais nous en avons refusé tout autant. » La prochaine session, qui se tiendra entre décembre et janvier, affiche déjà complet.

Reste qu’en cet automne, comme beaucoup d’associations, la Ligue des P.-O. navigue à vue. « Pour l’heure, on ne connaît pas l’enveloppe qui nous sera allouée en 2026, déplore son secrétaire général, Patrick Marcel. Mais si le projet de loi de finance est adopté tel quel, l’ensemble du monde associatif sera touché. »

Pierre Habet reste néanmoins positif : « Nous avons commencé à travailler sur plusieurs projets, dont notamment un avec le mémorial du camp de Rivesaltes. Il faut qu’on y aille, malgré l’incertitude. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 24 novembre 2025)

Compte rendu de la réunion du conseil d’administration de Osons le Rail du 17 novembre 2025

Étaient présents : BARANOFF Brigitte, BÉGUÉ Hervé, CHEVALIER Christine, CHEVALIER Christophe, CORDIER Christian, LABELLE Thierry, LARRE Régis, NOGUÈRES Dominique, STOEBER Pierre.
Représentants associations, OS, partis : BIENFAIT Philippe (Vallespir Terre Vivante), DAVID Catherine (LFI), DOUTRES Henri (UL CGT Vallespir), GUERARD Alain (Retraités CGT Cheminots), MAUGIRARD Patrick (PCF Vallespir), MEUSNIER Mika (Cheminots CGT Perpignan).

Thierry ouvre la séance et rappelle les points de l’ordre du jour.

Point 1

Rencontre avec le bureau des maires dans les locaux de Vall Up à la zone Ulrich en date du 2 octobre 2025. Étaient présents Dominique, Régis, et Thierry. Après avoir fait une présentation de notre association, nous avons remis à l’ensemble des maires présents (Le Boulou, Reynes, Maureillas, St-Jean-Pla-de-Corts, Le Perthus et Céret) la synthèse de la faisabilité du projet de remise en fonctionnement de la ligne Céret, Le Boulou Perpignan précisant qu’il n’y a pas d’opposition entre le fret et les voyageurs.

Nous avons précisé qu’une réunion publique pourrait être organisée au Boulou pour que soit présentée cette étude par les experts qui l’on réalisée. Elle sera en fonction aussi des disponibilités des cabinets d’expertise.

Nous avons aussi évoqué le projet européen (POCTEFA), celui-ci permettrait une étude financée sur des fonds européens concernant les capacités voyageurs sur l’ensemble de la desserte ainsi que les interconnections de complémentarités potentielles de cette desserte avec la Catalogne.

Nous savons aussi que le lobbying routier et pétrolier est en marche avec à ‘l’horizon une surcharge du péage du Boulou.

À ce propos une réunion sur les mobilités est prévue avec l’émanation de Confédération Européenne des Syndicats (CES) en territoire, le Conseil Syndical Inter Régional (CSIR), début février à Perpignan. Il permet la coopération transfrontalière entre syndicats de pays voisins.

Point 2

Un rassemblement initié par la CGT Cheminots avec la participation d’associations qui militent pour la réouverture de lignes ferroviaires, de gares…est prévue à Ales le 28 novembre prochain. Une délégation de notre association sera présente avec la présence de Régis, Pierre, Christine, Christophe et Mika.

Point 3

Régis a préparé un courrier (voir ci-après) à destination de la Direction Générale des Infrastructures, des Transports et des Mobilités (DGITM) pour une demande de rencontre tripartite avec le nouveau Préfet.

Point 4

Pour la rencontre « Quel avenir pour le département » qui aura lieu au mas de Nogarède le 8 décembre prochain nous devons être présents.

Point 5

Concernant les adhésions nous avons actuellement 65 adhérents dont 8 collectives. Certaines d’entre elles (52) n’ont pas renouvelé leur adhésion 2024 malgré une relance.
Une discussion s’engage sur ce désintérêt. La question de la communication de nos actions est posée. Nous avions prévu de faire une action symbolique en décembre sur la voie mais qui ne pourra pas être menée à son terme, elle sera reportée pour le
début 2026.

Nous avons envisagé d’utiliser les réseaux sociaux, un groupe composé de Dominique, Mika et Christine se charge de communiquer le plus souvent possible, un appel est lancé aux éventuels adhérents qui souhaiteraient intégrer ce collectif.

Point 6

Le montant des cotisations pour 2026 est maintenu à 10 euros pour les individuels et 50 euros pour les collectives.

La séance se termine par un moment fraternel.

Communiqué de Presse du syndicat CGT du Conseil Départemental 66

80 ans après la création du service de la PMI, où en est-on dans notre département ?

À la suite des grandes ordonnances de 1945, instaurant notamment le système de protection de l’enfance actuel, que naissait le service de Protection Maternelle et Infantile.

Son objectif ? Réduire la mortalité périnatale qui atteint alors des niveaux records, réduire les inégalités et permettre l’accès aux soins à tous. Et ça marche! A titre d’exemple, en près de 20 ans, la mortalité infantile baisse de trois quarts.

Mais 80 ans après la création de ce service qui deviendra mission obligatoire des Conseils Départementaux, où en est-on ?

Dans le département des Pyrénées-Orientales, les constat sont édifiants :

  • Les consultations infantiles sont réduites à leur strict minimum,
  • Les bilans de santé en écoles (dépistage des troubles sensoriels et du développement) sont réalisés de façon inégale sur le territoire et leur nombre est en nette diminution d’année en année,
  • Les crèches ne sont plus évaluées par des professionnels de la petite enfance,
  • Entre mai 2024 et mars 2025, aucun carnet de santé n’a été distribué aux nouveaux-nés entravant la traçabilité et le continuité des soins,
  • Les professionnels de santé peinent à avoir du matériel médical adapté à disposition,
  • etc…

Depuis plusieurs mois déjà, les agents de la PMI, qu’ils soient médecins, Infirmières Puéricultrices, Éducatrices de Jeunes Enfants ou Sages-Femmes se mobilisent afin de dénoncer ces différents manquements en la matière.

Si au cours des rencontres, un calendrier de modernisation du services a été évoqué, a ce jour RIEN n’est mis en place par le Conseil Départemental, RIEN n’est proposé dans le schéma de modernisation des services, la PMI n’est même pas citée.

Alors, même que le Conseil Départemental n’a pas jugé nécessaire de fêter les 80 ans de ce service les agent.es ont décidé de le faire autour d’une exposition photo réalisée par leurs soins.

Le syndicat CGT et les agents de la PMI vous invitent donc au vernissage de l’Exposition intitulée :

80 ANS !
La PMI de 1945 à 2025
Le Mercredi 19 Novembre 2025 à 10h30
À la maison des syndicats située rue de la Garrigole à Perpignan.

Une Conférence de Presse traitant de l’état actuel de le PMI dans les Pyrénées-Orientales sera donnée à cette occasion.

L’édito du Travailleur Catalan par Michel Marc. Dangers multiples

Le monde va mal. Passons vite sur les guerres, sur le règlement violent des conflits de tous ordres, sur les détresses en Afrique, au Moyen-Orient et en Ukraine, sur les destructions des êtres humains et des biens. L’humanité, dans tous les sens du terme, est menacée. Quelques états, dans le monde, mettent en danger la planète entière. Ajoutons les menaces dominatrices des USA à l’égard de l’Amérique latine, le blocus de Cuba, la course engagée au surarmement dans le monde, en France et ailleurs, l’absence de volonté d’agir pour la paix de la part des pays dominants. Assurément, si les peuples ne s’en mêlent pas…

La France va mal. Comme ailleurs, les puissances économiques nationales et internationales, capitalistes, écrasent les notions d’intérêt commun, de solidarité, d’égalité, de société, de progrès et de préservation de la planète. Elles sont au pouvoir. Elles sont aussi les hauts-parleurs de leurs propres intérêts. On n’est jamais aussi bien servi… Pédagogie oblige. Le bonheur n’est plus à l’ordre du jour. Délocalisations industrielles, pressions sociales sur les salaires et les pensions, remise en cause du formidable principe solidaire des cotisations sociales, services publics, qui appartiennent à tous, affaiblis. Les milliards improductifs « spoliés », parfois financés par de l’argent public, sont protégés avec les griffes et les chroniqueurs. Le Medef, le RN, les partis de droite sont en ordre de bataille. Ils attaquent, ensemble. Assurément, si le peuple ne s’en mêle pas…

Le département va mal. L’immense détresse des éleveurs locaux en est un exemple. Le chômage est en hausse, encore, pour une place de second département de France dans le domaine du sous-emploi et de la pauvreté. Les friches et les arrachages se multiplient. L’autoritarisme grandit. Assurément, si les citoyens « catalans » ne s’en mêlent pas, …

Eus. Trafic ferroviaire Prades-Perpignan: le pont démoli (L’Indep)

Il était au centre de toutes les attentions depuis le déraillement du train le 24 juillet 2024.
Le pont percuté par la locomotive qui avait déraillé a finalement été détruit. « Sans aucune certitude d’être reconstruit », selon le maire de la commune Philippe Dorandeu « La SNCF fait des études préliminaires pour faire un nouveau pont, mais ça me semble compliqué ». De son côté, la SNCF confirme « qu’à la suite des travaux de dévoiement d’eau potable menés par la commune d’Eus et terminés le 30 octobre, SNCF Réseau a pu engager les travaux de démolition du pont depuis lundi 3 novembre ».

Vérifications d’usage

« Une fois les matériaux évacués, les équipes procéderont au confortement des talus au droit du pont avant de poursuivre sur les travaux de réfection de la voie et de la caténaire, opérations qui s’étaleront sur plusieurs semaines. À l’issue de ces travaux, les équipes SNCF Réseau procéderont aux vérifications d’usage sur l’ensemble de la section de ligne, non circulée depuis le 24 juillet 2024 (vérification des systèmes de signalisation, des passages à niveaux, mais également de la végétation aux abords des voies). Une fois ces contrôles réalisés, la voie pourra être restituée ». Le 23 septembre dernier, le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Régnault de la Mothe, confiait à L’Indépendant que « quoi qu’il arrive et quels que soient les différends, je veux que la circulation ait repris en janvier 2026 ». Tout semble sur la bonne voie.

Ph. C. (L’Indépendant, le 5 novembre 2025)

Municipales 2026. Les bastions de gauche militent pour sécurité sociale de l’alimentation (L’Indep)

Les partis Debout ! Génération. s et l’Après se font le porte-voix, dans les Pyrénées-Orientales, pour l’expérimentation d’une sorte de carte vitale de l’alimentation. Une idée qu’ils souhaitent porter dans le débat des municipales.

Une carte vitale de l’alimentation. L’idée fait son chemin aux quatre coins de la France. Le 15 octobre dernier une proposition de loi déposée par Charles Fournier, député d’Indre-et-Loire membre du groupe Écologiste et social, voulait instaurer l’expérimentation d’une sécurité sociale de l’alimentation. Le principe ? Il s’agirait de « mettre en place et financer des caisses alimentaires. L’objectif est d’expérimenter un accès universel à une alimentation choisie par les citoyen.nes. L’idée est de rémunérer les paysan.nes qui produisent mais aussi l’ensemble des travailleurs des filières alimentaires, via un système de conventionnement », est-il détaillé dans le texte. Bien qu’elle n’ait pas été adoptée par les députés, cette proposition est expérimentée localement. A Montpellier, ou en Gironde par exemple, des modèles similaires sont testés depuis des années. L’Agence de la transition écologique (Ademe) en recense une soixantaine sur tout le territoire.

À Perpignan, les partis de gauche Debout ! Génération. s, et l’Après militent pour déployer cette initiative localement en appelant « les syndicats, la Confédération paysanne, les associations environnementales et sociales, les partis politiques et citoyens », a se joindre à eux. Leur volonté étant de créer un collectif uni en faveur de cette sécurité sociale de l’alimentation. Ils veulent par ailleurs porter cette idée sur la table du débat des prochaines élections municipales.

Seulement voilà, pour le scrutin de Perpignan, difficile de marteler l’union quand ils peinent eux-mêmes à se fédérer. Génération. s s’est en effet engagé avec la liste Changez d’air de La France insoumise et des Écologistes. Quand l’Après est membre de Perpignan Autrement, la liste de Mathias Blanc. « Mais face à l’extrême droite, l’union n’est pas un devoir politique, c’est un devoir moral. Et, ce, dès le premier tour », tranche Edmond Harlé, de Debout !, inscrit pour l’instant sur une aucune liste. L’assemblée des bastions de gauche acquiesce. Ils y croient encore.

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 24 octobre 2025)

Enseignement. Absentéisme et mauvais résultats : les propos de la rectrice ne passent pas (L’Indep)

Lors d’une récente visite a Perpignan, la rectrice, Carole Drucker-Godard, avait estimé que l’absentéisme scolaire constituait « une des grandes problématiques » des Pyrénées-Orientales et qu’il expliquait « en grande partie » des résultats « pas très bons ». La fédération syndicale FSU, pointe pour sa part du doigt « l’absence de mixité sociale » dans les établissements scolaires et réclame des moyens pour rétablir légalité des chances.

Les propos de la rectrice de la région académique Occitanie, retranscrits dans L’Indépendant, ont beaucoup fait parler. Ce n’est rien de le dire. Pour mémoire, lors d’une visite à Perpignan, le vendredi 19 septembre 2025, Carole Drucker-Godard avait déclaré au sujet des Pyrénées-Orientales : « On a des priorités comme améliorer les résultats scolaires parce qu’une des grandes problématiques de ce département particulier, c’est l’absentéisme. Et il explique en grande partie les résultats pas très bons, il faut le reconnaître, des élèves dans le département. » Avant d’ajouter que le pays catalan recensait également « une part de non-lecteurs plus importante qu’ailleurs ».

À la suite de ces déclarations, la fédération syndicale FSU, majoritaire dans l’Éducation, s’en est insurgée dans un courrier envoyé au rectorat. La missive en question évoque une « vision caricaturale des Pyrénées-Orientales », par ailleurs « stigmatisante » pour les élèves. Le syndicat embraye en déplorant que la rectrice n’ait pas évoqué « les difficultés sociales et économiques » du territoire « pourtant essentielles », ainsi que « l’absence de mixité sociale » au sein des établissements scolaires.

« Dans ce département parmi les plus pauvres de France, la promesse d’une école républicaine, inclusive et égalitaire, semble de plus en plus lointaine », fustige la FSU, qui préconise un « plan d’urgence », avec notamment des embauches d’enseignants, afin de « garantir l’accès à une éducation de qualité pour toutes et tous ». Car pour l’heure, martèle-t-elle : « Loin d’être un levier d’émancipation sociale, l’école publique y devient le reflet d’un territoire fracturé. »

Pour appuyer son analyse, la FSU, qui dénonce « une école à deux vitesses », rappelle qu’en ce qui concerne les collèges publics, l’indice de position sociale (IPS), proportionnel au niveau de vie moyen des élèves, est de 77,2 à Perpignan et de 94,6 à l’échelle des Pyrénées-Orientales, contre une moyenne académique de 104,2, « ce qui place le département et la ville de Perpignan parmi les territoires les plus défavorisés de France ». Ce à quoi s’ajoute un phénomène marqué de fuite des élèves issus des classes moyennes et aisées vers les établissements privés, qui affichent du coup des IPS bien plus élevés que le public.

« Parfois du simple au double », alerte la FSU. Alors que dans le même temps, il manquerait, selon le syndicat, « 18 postes d’enseignants » dans les collèges publics du département pour atteindre « une dotation équitable » par rapport au reste de l’académie.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 20 octobre 2025)