Municipales : bras-de-fer entre SOS Racisme et Louis Aliot (L’Indep)

« C’est Louis ou moi » affiche SOS Racisme Perpignan sur son emblématique main jaune. L’association lance « une campagne citoyenne pour une ville antiraciste » a un mois du scrutin municipal de mars 2026. Le camp du maire de Perpignan réplique avec une main tricolore signée « Pour nous c’est Louis ».

SOS Racisme et Louis Aliot ne marcheront pas main dans la main. A un mois du premier tour des municipales, les deux camps montrent les muscles sur les réseaux sociaux. À l’origine de ce bras-de-fer, le lancement de l’auto-baptisée « campagne citoyenne pour une ville antiraciste » de l’antenne perpignanaise de l’association. Seize propositions et la célèbre main jaune et noire griffée d’un « C’est Louis ou moi », ciblant le maire RN de Perpignan. Parmi les mesures avancées par SOS Racisme : « Former les élu.es contre le racisme et la discrimination et nommer un conseiller municipal délégué à la lutte contre les discriminations », « intégrer les critères d’application de politique de lutte contre les discriminations dans le choix des entreprises pour les marchés publics », « nommer des lieux publics en l’honneur de ligures représentatives de la diversité française », ou « appliquer une logique de proximité et de désescalade ».

Cible unique et affichée de cette campagne, Louis Aliot a décidé de répliquer. Appuyé par son camp. Rapidement a fleuri sur les réseaux sociaux de ses proches, une main tricolore revendiquant « Pour nous, c’est Louis ». « SOS Racisme se mobilise contre moi, mobilisons-nous contre leur propagande », encourage le maire de Perpignan sur Facebook, avec plus de 700 likes ce dimanche 15 février en milieu de journée. « Ils font tout pour alimenter les clichés qu’ils tiennent à maintenir car, sans ça comme argument, ils sont totalement démunis », commente Lisa. « Tous les coups vont être permis à l’approche des élections municipales malheureusement. Plus le RN monte partout en France et plus les partis de gauche et extrême gauche s affolent, attaquent, diffament, se victimisent… », ajoute Fanny.

Le bras-de-fer « virtuel » pourrait prendre une autre forme. Dans un communiqué, SOS Racisme assure que « la campagne de dénigrement de Louis Aliot et de l’actuelle majorité municipale ne fait que renforcer notre engagement ». Et « appelle à une mobilisation citoyenne massive pour faire de la tolérance et de l’égalité le cœur du prochain mandat ». Le bras-de-fer continue.

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 16 février 2026)

L’édito du webzine. Perpignan, quand l’identité catalane devient un combat politique

Depuis 2020, avec Louis Aliot (RN), Perpignan n’est plus « la Catalane ». Les panneaux d’entrée de ville ont été remplacés par « Perpignan la rayonnante », et les subventions aux associations catalanistes ont été purement et simplement supprimées.

Tout a commencé avec la marque « Perpignan la Catalane », déposée dans les années 1990 par Jaume Roure, figure historique du catalanisme local. La mairie a refusé de renouveler son enregistrement, et engagé une procédure judiciaire pour « dépôt frauduleux », accusant Jaume Roure de nuire à l’image de la ville. Résultat : plus de 6 000 euros de frais d’avocats pour ce dernier. « L’idée est de nous taper au portefeuille », dénonce-t-il. Mais au-delà de l’aspect financier, c’est bien l’identité même de Perpignan qui est en jeu.

Les associations qui promeuvent la langue et la culture catalane ont payé le prix fort. L’association La Bressola, qui milite pour la « récupération de la langue et la culture catalane », a perdu 60 000 euros de subventions. D’autres, comme Òmnium Cultural Catalunya Nord, refusent désormais de demander des aides à la mairie, par principe. « On ne veut pas blanchir la politique d’effacement du RN », explique Guillem Dalmau, son président. Les cours de catalan, suivis par 700 élèves, sont devenus déficitaires, et l’avenir de ces structures est menacé.

Des deux côtés de la frontière

Les liens avec Barcelone se sont raréfiés, les célébrations en catalan sont interdites, et les projets éducatifs immersifs, comme celui de La Bressola, ont été bloqués par des manœuvres administratives. « Ce qui gêne le RN, c’est que le catalanisme est transfrontalier », analyse Brice Lafontaine, ancien conseiller municipal. Pour le RN, il s’agit de tracer une limite géographique claire : ici, on est roussillonnais, donc français. Point final.

La stratégie de Louis Aliot est claire : normaliser Perpignan en gommant son identité catalane, ou du moins en la réduisant à un folklore inoffensif. Les Dragons catalans ou les feux de la Saint-Jean peuvent être mis en avant, mais les cours de catalan, les écoles immersives ou les liens avec la Catalogne espagnole sont des cibles.

Cette politique interroge : jusqu’où ira l’effacement de l’identité régionale au profit d’un nationalisme étriqué ? À Perpignan, la résistance s’organise, mais le combat est inégal. Les associations catalanistes, privées de moyens, tentent de survivre. Les citoyens, attachés à leur langue et leur culture, refusent de voir leur histoire réécrite. Il est donc important de déchoir le RN de son piedestal perpignanais pour sauver la catalanité.

Dominique Gerbault

À lire dans Le Travailleur Catalan (n° 4103 – vendredi 13 février 2026)

L’édito de René Granmont. Apolitique ?
Annonces
Le Travailleur Catalan soutien l’appel à la libération de Christophe Gleuzes

Focus

France et immigration
Ce que le préfet ne dit pas

L’événement

Municipales 2026. Maury,Berceau des vignes et des saisons, terre d’avenir
Municipale 2026. Vernet-les-Bains : « Vernet-les-Bains nous rassemble »

Département

Municipales Perpignan. Incompréhension et colère
Le Travailleur Catalan a interrogé Françoise Fiter, cheffe de file des communistes à Perpignan Autrement
La section de Perpignan du PCF
Perpignan Autrement
Céret-Vallespir. L’économie de « rente » en accusation
Mouvement de la Paix. Une assemblée générale ouverte sur le monde
Rentrée 2026. L’école primaire en état de choc
En Català. Les cinc arques Capitol 5 (3)
Faune. Les hérissons sont malades
Elne. La rifle de la section A.M.I

Sport

USAP. Un melting Pau de rugby
Rugby à XIII. Dragons & Déesses débytent bien leur année

Culture

Amis d’Alain Marinaro. Concert Les Multitimbrés, un triomphe
Perpignan. Deux expositions, l’une à l’autel Pam, l’autre à la chapelle de la Funenària ( Camélia Otero & Marie-Anne Caasel)
Concert. Frabcis Poulenc à l’honneur
Où sortir ?

France

Ils osent parler de souveraineté industrielle
Après le drame de Sanary

Monde

USA. Tout le pouvoir au peuple !

L’humeur de Jean-Marie Philibert

Le mur…

Découvrez d’autres articles chaque semaine sur le site
N’oubliez pas chaque semaine, s’informer pour agir
Le bulletin d’abonnement
Rendez-vous également sur la page Facebook du TC, Twitter et Instagram
pour suivre les actualités tout au long de l’année

Serdinya-Joncet. Le maire sortant Jean-Marie Maydat candidat pour un 6° mandat (L’Indep)

À 78 ans Jean-Marie Maydat, maire sortant, retraité, annonce sa candidature pour un 6° mandat à la tête de la liste « Ensemble pour Serdinya-Joncet ».

Aguéri par ces cinq mandats successifs et tourné vers l’avenir, il souhaite poursuivre le travail engagé depuis 1996 au service de la commune et de ses habitants « avec cœur, passion, énergie et détermination. Tous ces travaux ont rendu notre village très agréable et où il fait bon vivre. Sans grever les finances communales », commente-t-il.

La liste est composée de Jean-Marie Maydat, Guillaume Husson, Monique Crouilles, Aline Radondi Fourquet, Robert Bousquet, Christophe Louchez, Huguette Le Jean, Serge Manaut, Nathalie Brassac, Nicolas Crouilles et Ginette Mosas Martinez.

G. P. (L’Indépendant, le 10 février 2026)

Le maire sortant d’Elne Nicolas Garcia laisse la tête de liste à André Trives (L’Indep)

Ce samedi, le maire sortant d’Elne, Nicolas Garcia, a annoncé qu’il ne figurerait qu’en troisième position sur la liste Elna Endavant constituée en vue de l’élection municipale des 15 et 22 mars prochains. C’est l’actuel élu en charge de l’agriculture, André Trives, qui sera tête de liste.

C’était un secret de Polichinelle. Depuis quelques mois déjà, il se murmurait dans les rues d’Elne, voire au-delà, que le maire sortant Nicolas Garcia pourrait bien ne pas se représenter en tête de liste et céder la place à son conseiller municipal en charge de l’agriculture, André Trives. Jusqu’ici, les deux hommes se mettaient en avant en binôme pour défendre les couleurs de la liste de gauche Elna Endavant – En avant Elne, qui est en concurrence avec trois candidatures « sans étiquette » dans la cité illibérienne. À savoir : celles de Marie-Ange Izquierdo (Elne autrement), Christelle Jimenez (Elne pour tous) et Steve Fortel (Elne à cœur).

Ce samedi 7 février, Nicolas Garcia a clarifié la situation via un communiqué publié sur les réseaux sociaux. « Après 39 ans de mandat, dont 19 comme maire, c’est avec un pincement au cœur que je fais le choix de passer la main », annonce-t-il. Sans omettre de préciser dans la foulée qu’il « reste engagé en étant candidat en troisième position sur la liste Ela Endavant ». Le maire sortant, par ailleurs premier vice-président du conseil départemental, confirme également que c’est l’agriculteur André Thives qui conduira la liste en question « Il a été désigné par l’équipe sortante et notre collectif actuel », précise-t-il.

Le principal intéressé a corroboré cette annonce ce dimanche, toujours sur les réseaux sociaux. En soulignant entre autres que lors des six années du mandat qui s’achève, Nicolas Garcia lui avait « donné carte blanche » sur des projets qui lui tenaient à cœur. « Aujourd’hui, c’est avec une émotion sincère et avec honneur que je prends la tête de liste de l’équipe Elna Endavant, en avant Elne », affirme-t-il.

Les deux candidats indiquent également que si leur liste remporte le scrutin, Nicolas Garcia restera « aux côtés » d’André Trives pendant « au moins deux ans ». Le temps de « transmettre l’expérience acquise ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 9 février 2026)

Le 20 janvier dernier, L’Indépendant a organisé un débat avec les quatre candidats qui s’affichaient comme tête de liste à ce stade de la campagne: Nicolas Garcia pour la liste Elna Endavant, Marie-Ange Izquierdo (Elne autrement), Christelle Jimenez (Elne pour tous) et Steve Fortel Elne à cœur).