« On est l’avenir de ce pays et on veut étudier dans de bonnes conditions » (L’Indep)

Hier dans la matinée, entre 1 800 et 2 500 personnes ont défilé à l’appel des lycéens et des étudiants entre l’université de Perpignan et le Castillet Syndicalistes, parents et militants associatifs ou politiques étaient également au rendez-vous.

Si quelques incidents se sont déroulés dans l’après-midi sur fond de mobilisation lycéenne, la manifestation unitaire de ce mardi matin, qui a réuni autour de 2 000 personnes entre le campus principal de l’université de Perpignan (avenue Paul-Alduy) et le Castillet, s’est déroulée dans le calme.

Il faut dire que les organisateurs n’avaient pas lésiné sur les moyens. Entre les syndicalistes et les étudiants, près d’une centaine de personnes composait le service d’ordre. Du côté des jeunes organisateurs, la satisfaction était de mise à l’issue du défilé. « Nous avons réussi à faire ce que nous voulions faire. Il n’y a eu ni problèmes avec les casseurs, ni affrontements avec la police pendant la manifestation », se réjouit Alban, référent fédéral de l’Union syndicale lycéenne et élève à Jean-Lurcat. Le président du mouvement étudiant local Union progressiste, Gabriel, se déclare également « satisfait de la mobilisation ». Tout comme le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy, qui a dénombré 2 500 participants, la préfecture en ayant pour sa part recensé 1 800.

Comme promis, des parents d’élèves étaient également au rendez-vous ce mardi à 9h30 devant l’entrée principale de l’université. « Lors des précédentes journées de mobilisation, ma fille, qui est à Lurçat, a fait l’expérience des coups de matraque et des gazages. Je suis là pour essayer de faire barrage autant que possible aux violences », explique par exemple Stéphane, 56 ans. « Les lycéens ont raison sur le manque de moyens matériels et humains dans l’Éducation nationale. Il faut qu’il y ait une écoute des pouvoirs publics. »

Audrey, 46 ans, dont le fils est également scolarisé à Lurçat, partageait le même état d’esprit : « Nous sommes là pour aider nos enfants à faire face aux violences policières, pour essayer de calmer le jeu avec la police et soutenir leur mouvement, qui est légitime. Les conditions dans lesquelles on les fait étudier sont lamentables. Il y a trop d’élèves par classe, les locaux sont trop souvent en mauvais état et les plannings sont surchargés. »

Autres nouveaux venus dans le mouvement, les étudiants partagent également les revendications des lycéens. Et pour cause : elles ressemblent comme deux gouttes d’eau aux leurs. « Nous aussi, nous voulons plus de moyens pour l’éducation », résume Maël, 19 ans, étudiant en sociologie. « Nous sommes l’avenir de ce pays et nous souhaiterions pouvoir étudier dans de bonnes conditions, pas dans des salles insalubres. »

Mathis, 21 ans, en troisième année d’histoire, confirme : « Dans l’amphi 4, par exemple, lorsqu’il pleut, une partie de la salle est inondée. C’est inacceptable. Et ça fait des années que ça dure. »

Les étudiants pointent également du doigt la limitation du nombre de repas servis au restaurant universitaire, ainsi que le manque de logements en cité U. Et la liste est encore loin d’être exhaustive. « Ce n’est pas parce qu’on est jeunes qu’on n’a rien à dire, tient à préciser Camille, une étudiante en histoire de 23 ans. Nous sommes légitimes à être dans la rue. Nous sommes là pour montrer qu’une manifestation peut être pacifique. Les casseurs, ça dessert plus la cause qu’autre chose. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 7 octobre 2026)

Prades. Petite mobilisation lycéenne et parents vigilants (L’Indep)

« Le bac, pas la bac », « désolée pour le dérangement, j’essaie de sauver mon avenir »… Les lycéens avaient une nouvelle fois fait parler leur créativité pour trouver des slogans percutants. À Prades, comme partout ailleurs en France, ils occupaient l’entrée de leur établissement pour dénoncer notamment le manque de moyens mis disposition. Des parents d’élèves étaient également mobilisés « pour soutenir les revendications et la liberté d’expression des élèves ». Des parents qui souhaitaient en même temps contribuer à prévenir les éventuels débordements et violences.

Ph. C. (L’Indépendant, le 6 octobre 2026)

Étudiants, parents et syndicats au soutien des lycéens (L’Indep)

Ce mardi 6 octobre 2026, l’Union syndicale lycéenne (USL) et le mouvement étudiant Union progressiste appellent à manifester à partir de 9h30 au départ du campus principal de l’université de Perpignan. Après la CGT, la FSU et Solidaires, le syndicat FO et la Féderation des conseils de parents d’élèves (FCPE) apportent leur soutien à la mobilisation.

Les étudiants perpignanais sont dans les starting-blocks. Ce lundi, sur les coups de 17h, l’assemblée générale que le mouvement étudiant Union progressiste et l’Union syndicale lycéenne ont réunie à l’université pour préparer leur manifestation commune de ce mardi a rassemblé environ 70 personnes. À cette occasion, les organisateurs, qui tirent la sonnette d’alarme sur leurs conditions d’apprentissage et réclament des moyens pour l’enseignement public, ont notamment dévoilé le parcours prévu : avenue Paul-Alduy, rue du Pontet-de-Bages, avenue Pierre-Cambres, puis boulevards Briand, Anatole-France, Bourrat et Wilson, pour terminer au pied du Castillet.

En parallèle, les soutiens à l’initiative continuaient d’affluer. Vendredi der-nier, trois syndicats, la CGT, la FSU et Solidaires, avaient déjà annoncé qu’ils appelaient à la grève ce mardi 6 octobre afin de soutenir le mouvement des jeunes. Dans le courant du week-end, la fédération FO de l’Éducation (Pnec-FO) s’est rajoutée à la liste.

« Les revendications des lycéens sont également celles des personnels de l’Éducation nationale. Les lycéens veulent un avenir, des profs, des locaux corrects et adaptés aux conditions climatiques, des emplois du temps respectueux de leur santé, des manuels scolaires et des moyens pour l’école », estime la Fnec qui appelle elle aussi à se mettre en grève et a rejoindre le cortège qui partira ce mardi de la fac. Le secrétaire de l’union départementale FO, Jérôme Capdevielle, renchérit : « Nous restons en soutien. Nous ne sommes pas organisateurs de cette manifestation. Nous ne voulons pas de récupération du mouvement étudiant, mais nous serons là si besoin ».

La Fédération des conseils de parents d’élèves des Pyrénées-Orientales (FCPE 66) invite elle aussi ses membres à marcher avec les lycéens et étudiants ce mardi. « Nous appelons à manifester, mais aussi à encadrer la mobilisation, à être auprès des lycéens pour faire tampon, pour servir d’interlocuteurs entre les jeunes et les forces de l’ordre et faire en sorte que tout se passe dans la sérénité et le calme, résume le président de l’association, Rémy Landri. Les lycéens portent les revendications de l’ensemble de l’enseignement public. Il faut qu’ils trouvent une écoute ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 6 octobre 2026)

Des centaines de lycéens dans la rue, hier

Les lycéens ne se démobilisent pas. Ce lundi, en milieu de matinée, les élèves grévistes des établissements perpignanais (Picasso, Maillol, Arago, Lurçat…) se sont, comme jeudi et vendredi derniers, rejoints vers 10 heures devant le lycée Arago pour ensuite partir en manifestation dans les rues de la ville.

Cette fois, ils se sont dirigés vers le lycée Maillol en traversant le centre-ville puis le pont Joffre dans le calme. Le cortège était composé de plusieurs centaines de personnes. Une fois arrivés à Maillol, aux environs de midi, les élèves se sont rassemblés devant l’établissement, où plusieurs fumigènes colorés ont été allumés.

Selon nos informations, la police aurait procédé ce lundi à une dizaine d’interpellations et placé six personnes en garde à vue pour des faits commis en marge du mouvement, essentiellement dans le secteur du lycée Maillol. Le cortège en route vers le lycée Maillol.

A. A. (L’Indépendant, le 6 octobre 2026)

Conseil départemental : de Saint-Estève à Port-Vendres en passant par Perpignan, l’avenir des collèges des Pyrénées-Orientales suscite le débat (L’Indep)

La session du conseil départemental qui s’est tenue ce jeudi 1er octobre à Perpignan a notamment été marquée par un débat autour de l’avenir des collèges du département. La situation du collège Albert-Camus de Perpignan, dont le projet de reconstruction tarde à aboutir, et celle de son homologue de Saint-Estève, qui attend d’être rénové « depuis 2005 », ont notamment été évoquées.

L’avenir des collèges du département a suscité d’intéressants échanges lors de la session du conseil départemental de ce jeudi 1er octobre. Pas moins de trois points de l’ordre du jour étaient consacrés au sujet. A priori, il n’y avait pas de quoi fouetter un chat. Il s’agissait de voter les dotations attribuées à chacun des 32 collèges publics du département (4,13 millions d’euros en tout pour 2027) et d’acter les évolutions, déjà rendues publiques, qu’a connues le projet de nouvel établissement en cours de construction à Claira. En clair : l’augmentation de son coût prévisionnel qui est passé de 26,5 millions d’euros en 2019 à 36,5 millions d’euros aujourd’hui, ainsi que le fait qu’il n’ouvrira qu’à la rentrée prochaine et non en 2024 comme initialement annoncé.

Saint-Estève : le maire annonce un blocage du collège

Cependant, le débat a vite dévié sur les collèges en attente de chantiers. La réaction la plus musclée est venue du conseiller départemental d’opposition et maire de Saint-Estève, Robert Vila. « Pour le collège de Saint-Estève, la première délibération date de 2005 », a-t-il rappelé. « À l’époque, la rénovation aurait coûté 12 millions d’euros, mais aujourd’hui, ce serait le double. Le carrelage se décolle dans la cuisine, les personnels ne peuvent plus y loger car il y a de l’amiante partout… Les travaux devaient débuter en 2027 et maintenant, on nous annonce 2028. La durée prévisionnelle du chantier est de quatre ans, ce qui nous mène à 2032. Lundi, je vous annonce un blocage de la part des collégiens. Cela fait 25 ans qu’ils attendent d’avoir un collège conforme aux normes actuelles. Vous n’avez pas été bons sur le planning. »

La présidente socialiste de l’assemblée, Hermeline Malherbe, a esquissé un début de réponse : « Nous avons rencontré des difficultés par rapport au recrutement de personnes qualifiées pour le suivi des travaux. » Puis, la vice-présidente en charge des collèges, Marie-Pierre Sadourny, s’est chargée de compléter : « Le maître d’ouvrage et les services techniques du conseil départemental présenteront l’avant-projet sommaire (APS) le 9 octobre prochain. Il s’agira d’une restructuration en site occupé, ce qui rajoute de la complexité. Nous n’avons pas priorisé d’autres établissements. »

Albert-Camus : la reconstruction « en stand-by »

L’élue communiste Françoise Fiter s’est pour sa part interrogée sur le projet de reconstruction du collège Camus de Perpignan, dont l’un des objectifs est de recréer de la mixité sociale au sein de cet établissement classé en réseau d’éducation prioritaire. « Nous avons voté en faveur de cette reconstruction il y a plusieurs années, mais le projet est resté en stand-by car la mairie de Perpignan ne nous met pas de terrain à disposition », a-t-elle déploré. « On y travaille, on vous tiendra au courant », lui a rétorqué la conseillère départementale d’opposition Isabelle de Noëll-Marchesan, par ailleurs adjointe au maire de Perpignan, en l’absence de Louis Aliot qui siège également dans l’opposition.

Pour finir sur une note positive, Robert Garrabé a pour sa part rappelé lors de la discussion que les problèmes qui s’étaient posés concernant le projet de collège du Boulou étaient « résolus ». Aux dernières nouvelles, son ouverture était prévue pour septembre 2029.

« Menace » sur le collège de Port-Vendres ?

Également élu départemental, le maire de Port-Vendres, Grégory Marty, a quant à lui fait part lors du débat de ses inquiétudes concernant l’avenir du collège implanté sur sa commune. « Le collège de Port-Vendres n’affiche plus que 285 élèves, alors que quand j’y étais (autour de l’année 1990, NDLR), on était pratiquement 700, a resitué l’édile. Il faudrait peut-être réfléchir sur la carte scolaire. Si on perd 50 élèves l’an prochain et encore 50 l’année d’après, on va se retrouver sous les 200. Il y a une menace. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

Blocage des lycées : les élèves de Font-Romeu solidaires (L’Indep)

Les lycéens Cerdans ont filtré l’entrée du lycée Pierre-de-Coubertin ce vendredi matin.

« Même combat, même galère, même solidarité ». Les lycéens romeufontains se sont eux aussi mobilisés. « On est privilégiés, nous en avons conscience mais nous soutenons nos camarades » explique Matéo, l’un des manifestants. Sur leur tract les étudiants demandent, « plus de moyens pour nos lycées, des équipements dignes, des personnels en nombre et un avenir pour tous les élèves. » Un peu plus d’une centaine d’élèves était réunie devant l’établissement, ne bloquant que les lycéens et laissant passer les collégiens. Aucun débordement n’était constaté dans la matinée.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

Céret. Tensions devant le lycée Déodat-de-Séverac (L’Indep)

L’acte 2 de la mobilisation des lycéens s’est concentré sur le début de matinée de vendredi à Céret. Dès 8 heures du matin, une centaine de manifestants étaient mobilisés devant l’entrée du lycée Déodat-de-Séverac. Des lycéens rejoints, selon plusieurs témoins, par des jeunes extérieurs à l’établissement. Les lycéens grévistes ont répété leurs revendications sur « leurs conditions de travail ».

Malgré un dispositif de maintien de l’ordre (gendarmes et policiers municipaux) renforcé, des incidents ont eu lieu. Des tirs de mortier auraient visé la façade de l’établissement scolaire sans provoquer de dégâts.

Selon les informations de L’Indépendant, que ne confirment ni la gendarmerie, ni la préfecture des Pyrénées-Orientales, deux jeunes auraient été interpellés après des heurts avec les forces de l’ordre.

Le calme est revenu en milieu de matinée devant le lycée. Si les cours sont maintenus, les élèves étaient moins nombreux qu’habituellement.

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

Pourquoi ça coince toujours dans les transports scolaires du Conflent (L’Indep)

La FCPE (Fédération des Conseils de Parents d’Elèves) du Conflent a reçu plus de 45 courriels en 10 jours concernant le transport scolaire. Une situation qui perdure depuis la rentrée mais qui ne semble pas s’arranger.

De Corneilla-la-Rivière à Vernet-les-Bains, en passant par Néfiach, Millas ou Campôme (liste non ex-haustive) les courriels affluents en cette rentrée 2026. Tous concernent la desserte du lycée et du collège de Prades. « Pas assez de bus », « retards récurrents », des enfants « laissés seuls dehors pendant près d’une heure pour attendre le prochain bus et qui ratent le début des cours », « mon enfant de 11 ans a été laissé au bord de la RD66 à Ria », « des enfants du collège laissés au lycée »… L’Indépendant évoquait le problème dès le 4 septembre dans nos colonnes et il semblerait que la situation soit toujours la même.

« Problèmes de plannings, de feuilles de route ou encore de desserte, peu importe », s’indignent les représentants des parents d’élèves. « Il faut réadapter les horaires et mettre le nombre de bus nécessaire. On nous a par exemple annoncé qu’une nouvelle ligne serait ouverte pour les collégiens de Vernet-les-Bains Mais en guise de bus supplémentaire on leur demande de prendre le bus de ligne, pas adapté aux plus jeunes, et qui passe plus tard. À certains en-droits, des gamins de 10 ans restent sur le trottoir pendant que leurs parents sont au travail et les pensent en sécurité. »

Le vice-président de la Région reste « disponible »

Autre sujet d’interrogation, le tarif discriminatoire selon les parents d’élèves : « Les transports sont gratuits pour ceux qui habitent à plus de 3,5 kilomètres des établissements scolaires et payants (120 €) pour les autres enfants. Cela signifie que dans un même village, certains payent et d’autres non. » Des parents d’élèves qui ont obtenu le soutien des maires des communes concernés et de la principale du collège mais rien ne semble avancer.

Pour Jean-Luc Gibelin, vice-président de la région Occitanie en charge des transports scolaires : « Des ajustements ont déjà été faits sur les dessertes Cependant, nous savons qu’il y a une difficulté, il faut la traiter. Nous sommes désolés que des familles aient souffert de ces désagréments, je reste à disposition des parents d’élèves. »

« À Vernet-les-Bains, les choses rentrent dans l’ordre. Je précise que c’est loin d’être le seul endroit où le bus de ligne est proposé comme solution et il ne m’est jamais remonté de problème particulier. » Pour autant l’élu rappelle que « sur le secteur, il y a 1 500 inscrits pour les transports scolaires et nous n’avons recensé que 36 réclamations. Par ailleurs nous avons remarqué que les lycéens ont tendance à attendre le dernier car pour passer un moment avec leurs copains avant de rentrer. On ne peut pas les blâmer mais il faut qu’on s’assure que les enfants montent dans le car qui leur est affecté. » Enfin en ce qui concerne la règle des 3 kilomètres, « cette règle existe depuis toujours Il faut savoir qu’on est loin de refacturer le coût entier du transport qui serait de 1 000 euros. »

Philippe Comas (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

Blocage des lycées : cinq policiers et des lycéens blessés à Perpignan (L’Indep)

Après une nouvelle journée de mobilisation lycéenne ce vendredi 2 octobre, la préfecture des Pyrénées-Orientales a fait le point, hier, en début de soiré, sur les « débordements inacceptables » qui ont eu lieu.

Après une première journée mouvementée jeudi 1er octobre, celle de vendredi l’a été tout autant, voire davantage. En effet, dans un communiqué publié hier, en début de soirée, la préfecture des Pyrénées-Orientales a annoncé l’arrestation de 28 personnes dans le cadre de la mobilisation lycéenne, après des mouvements qui « ont connu des débordements inacceptables ».

« Aucune revendication ne justifie toutefois la violence et les débordements qui ont eu lieu aujourd’hui », a ajouté le préfet Pierre Regnault de la Mothe. Ce dernier a fait état d’actes de violence durant la journée et de jets de projectiles, « dont des cocktails molotov ». Cinq membres des forces de l’ordre ont ainsi été blessés, et des lycéens. « Nous avons également constaté des dégradations de biens, notamment d’abribus, et des vols », a-t-il poursuivi.

« Les revendications portées par les lycéens méritent d’être entendues et discutées. A cette fin, je participerai, avec la directrice académique des services de l’Éducation nationale, aux conseils de vie lycéenne qui se réuniront dans les prochains jours », a indiqué le préfet, réaffirmant dans la foulée son soutien aux forces de l’ordre et aux pompiers. Il condamnait aussi, « avec fermeté », les débordements constatés et rappelait qu’ils sont susceptibles « d’engager les responsabilités disciplinaire et pénale des élèves impliqués, ainsi que celles de leurs parents. »

Des gardes à vues et des confrontations

En fin d’après-midi, hier, le parquet de Perpignan aussi communiqué sur le sujet. Ce dernier a fait état d’une douzaine de gardes à vue en cours, de trois mineurs qui vont être déférés ce samedi en vue d’un placement sous contrôle judiciaire et enfin un majeur qui sera « déféré en vue d’une convocation par procès-verbal (CPPV) avec un placement sous contrôle judiciaire dans le cadre d’une dégradation d’abri bus ».

Plus tôt dans la journée, des confrontations avec les policiers ont également été constatées au niveau de l’avenue Victor Dalbiez (quartier Saint-Martin) où des mineurs ont été arrêtés. Des fumigènes ont été tirés par les agents présents sur place afin de disperser des lycéens, dont certains se sont dirigés vers le parking du Leclerc Sud pour échapper aux fumées.

Enfin, des dégradations ont été constatées sur des conteneurs à poubelles qui ont été enflammées sur l’avenue Victor Dalbiez, dans le quartier Saint-Martin. D’importants moyens de secours ont été mobilisés pour éteindre les flammes.

Antoine Castellet (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

Lycéens et étudiants appellent à manifester mardi

Les étudiants sont sur le point d’entrer dans la danse à Perpignan. Ce vendredi 2 octobre 2026, l’antenne locale de l’organisation Renouveau syndical, issue d’une scission de l’Unef, a annoncé qu’elle appelait à manifester ce mardi conjointement avec l’Union syndicale lycéenne (USL). Le rendez-vous est fixé à 9h30 sur le campus principal de l’université de Perpignan (avenue Paul-Alduy).

« Nous rejoignons le mouvement national », confirme Gabriel, le président de l’antenne du Renouveau syndical, mieux connue localement sous le nom d’Union progressiste. « Nous organiserons une assemblée générale ce lundi à 17 heures sur le campus du Moulin-a-Vent pour coordonner la mobilisation du lendemain. L’objectif sera notamment d’éviter qu’il y ait des casseurs qui nuisent au mouvement et masquent les revendications. »

Comme les lycéens, les étudiants réclament une augmentation des moyens alloués à leurs établissements. « Nous avons besoin de plus de profs, de plus de salles », résume Gabriel. A Perpignan, « il y a des salles où il y a de l’amiante et qui sont fermées. Du coup, on se retrouve à 50 en travaux dirigés alors qu’on devrait être 15 ».

L’Union progressiste demande aussi la rénovation thermique des bâtiments, la suppression de la jauge qui limite le nombre de repas pouvant être servis au restaurant universitaire, ou encore l’augmentation des bourses et des aides personnelles au logement (APL).

La mobilisation de mardi bénéficie également du soutien de trois syndicats de salariés : la CGT, la FSU et Solidaires, qui appellent à la grève ce jour-là. « Nous soutenons cette mobilisation car les revendications des lycéens et des étudiants sont les mêmes que celles que l’on porte. Ils dénoncent eux aussi le manque de moyens et la dégradation des services publics », explique le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy. « Notre objectif n’est pas de récupérer le mouvement. Nous serons là uniquement en soutien » Notamment pour sécuriser la manifestation et faire en sorte que tout se passe le mieux possible.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

Céret. Blocus des lycées : mobilisation de 150 à 200 lycéens (L’Indep)

Comme quasiment partout en France, 150 à 200 lycéens ont manifeste ce jeudi devant le lycée Déodat de Séverac à Céret. Ils revendiquent de « meilleures conditions de travail », Le local poubelle de la piscine municipale voisine a été incendié.

Céret n’a pas échappé à la mobilisation des lycéens ce jeudi. Alors que plus de 350 établissements, rejoints par certaines universités étaient bloqués ou perturbés, parfois violemment en France, 150 à 200 élèves ont manifesté devant le lycée Déodlat de Séverac. Désorganisés mais déterminés, les lycéens ont tenté de bloquer l’accès à l’établissement, avant de faire entendre leur colère tout autour, notamment devant le collège voisin et sur le site de la piscine municipale, causant un incendie dans le local poubelle qui a nécessité l’intervention des pompiers en fin de matinée. Une intervention déterminante pour éviter une propagation aux bonbonnes de gaz et réserves de chlore stockées à côté. Des compteurs électriques ont été détruits. Personne n’a été blessé.

La rumeur de cette mobilisation bruissait dès la veille sur les réseaux sociaux. Conséquence, un dispositif de sécurisation de l’établissement par la gendarmerie, appuyée par la police municipale, avait été mis en place dès 7h30, permettant l’accès au lycée pour les élèves et les personnels. Un peu plus tard, 150 à 200 lycéens ont donc pris position devant le portail d’entrée, toujours protégé par les forces de sécurité.

Une mobilisation sans véritable organisation ni leader, mais reprenant à son compte les revendications nationales devenues comme contagieuses. « Nous manquons de professeurs », assurait ainsi Nathanaël. « Dans ma section, nous n’avons pas de prof
de transport depuis le début septembre »
. Au milieu des jets de pétards, de quelques poubelles renversées et de face a-face contenus avec les forces de l’ordre, Priscilla regrettait « des journées de classe trop longues. Certains jours nous sommes là de 8 heures à 18 heures ».

Plus concerné par la contagion du mouvement, un groupe de jeunes filles revendique « sa solidarité avec le mouvement national. C’est un combat collectif et nous sommes solidaires de tous les lycéens blessés ou malmenés alors qu’ils ne font que dire notre malaise ».

Dans un bruyant méli-mélo de revendications s’invitait aussi « le manque de temps pour manger à la cantine » ou des « classes surchargées ». « Nous sommes 35 dans la classe, c’est beaucoup trop », pointaient deux jeunes élèves. Dans l’après-midi, la mobilisation a perdu en intensité.

Un acte 2 ce vendredi ?

« Ce sont des revendications déclinées en fait à l’échelle nationale », réagit Anne Auclair. La proviseure de Déodat de Séverac précise « qu’il ne manque pas de professeur en longue durée dans notre établissement. Les profs absents sont remplacés ». Selon d’autres sources, les journées de 8h à 18h ne concernent qu’une classe à plusieurs options et « pas tous les jours ». Rares seraient les classes surchargées à plus de 30 élèves. Quant à la cantine, « c’est un self quasiment neuf ».

À Céret, plusieurs interpellations ont eu lieu avec remises en liberté et convocation à venir devant la justice pour « violences et tentatives de dégradations ». Cette mobilisation lycéenne pourrait se poursuivre ce vendredi en Vallespir

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 2 octobre 2026)

Quatre lycées bloqués à Perpignan : ce que veulent les jeunes (L’Indep)

Hier, les élèves de quatre lycées de Perpignan se sont rassembles en tout début de matinée devant leurs établissements pour mettre en place des blocus. Ils se sont ensuite rejoints en centre-ville pour une manifestation improvisée et imprévisible qui a réuni plusieurs centaines de personnes.

« Désolé du dérangement. On essaie juste de sauver notre avenir. » La pancarte placardée sur le portail du lycée Lurçat résume bien l’état d’esprit des jeunes perpignanais. Ce jeudi, ces derniers ont fait entendre leur colère dès l’aube. Des rassemblements d’élèves se sont formés simultanément devant Lurçat, Picasso, Maillol et Arago au petit matin. Objectif : mettre en place des « blocus » afin de dénoncer une dégradation des conditions d’apprentissage et de réclamer des moyens supplémentaires pour l’éducation.

« Nous sommes là depuis 7h10 », indiquait dans la matinée, Alban, 16 ans, rétérent fédéral de l’Union syndicale lycéenne (USL), mobilisé devant Lurçat. « Nous avons laissé entrer les élèves qui le souhaitaient, mais beaucoup ont préféré rester avec nous. » Ici, la mobilisation s’est globalement déroulée dans le calme.

Vers 9h20, des élèves du lycée voisin de Picasso, dont certains faisaient état d’accrochages avec les forces de l’ordre devant leur établissement, ont rejoint leurs homologues de Lurçat. Puis se sont mis en route avec une partie d’entre eux vers le lycée Arago, en centre-ville. Tout comme le faisaient en parallèle les élèves de Maillol, où des heurts avec la police se sont également déroulés lors du blocus, entrainant une suspension des cours pour la journée. Le cortège ainsi formé s’est ensuite rendu devant le lycée privé Bon Secours, dans les environs duquel un conteneur à poubelles a été incendié, puis devant Marillac, où une adolescente de 16 ans a été blessée, vraisemblablement par un jet de pavé. Les jeunes se sont ensuite dirigés vers le cœur de ville (Castillet, place de la République) pour y poursuivre leur manifestation improvisée.

Beaucoup d’élèves interrogés classent en tête de leurs revendications les journées trop longues (le « 8 heures-18 heures ») et les problématiques d’emploi du temps liées à la récente réforme du lycée. « Cette réforme a engendré des trous non aménageables dans les emplois du temps », explique Alban. « Le jeudi et le vendredi, j’ai des trous de 3 heures au milieu de la journée. Soi-disant, ce sont des créneaux pour les élèves qui font allemand, sauf que nous n’en avons pas dans la classe ! Ce serait au cas où il y en ait qui arrivent en cours d’année », croit savoir Charlize, 16 ans, en première à Picasso.

La « surcharge » des classes liée au manque de profs et le non-remplacement des enseignants absents reviennent également souvent. « Depuis la rentrée, je n’avais pas eu de prof de français jusqu’à hier, alors que j’ai le bac à la fin de l’année », déplore par exemple une élève de première de Lurçat. « 35 par classe, c’est trop. Les professeurs n’ont pas le temps de suivre les difficultés de chacun », renchérit Marie, 16 ans, scolarisée en première à Picasso. « Nous, à Arago, on peut avoir des classes à plus de 40 élèves », assure une élève de terminale de l’établissement. « Il y a aussi le prix de la cantine. C’est 4,60 euros par jour. Des fois, des élèves sautent des repas parce que c’est trop cher: De plus, nous n’avons qu’une heure pour manger. Il y a des files d’attente gigantesques, ce n’est plus possible. »

L’état du bâti scolaire et la chaleur dans les classes font également partie des principaux mots d’ordre. « Dans les salles de classe, il fait super chaud. Et certaines sont dans un état lamentable », estime ainsi Liam, 18 ans, scolarisé en BTS à Picasso. « En carrosserie par exemple, quand il pleut, l’eau s’infiltre dans le plafond et ça fait d’énormes flaques. »

Sur le volet revendicatif, le préfet des Pyrénées-Orientales annonce que « les conseils de la vie lycéenne et/ou les conseils d’administration des lycées concernés vont être réunis dans les tout prochains jours, pour créer l’occasion d’échanges constructifs avec les représentants des lycéens ». Du côté des élèves, certains évoquaient hier une poursuite du mouvement ce vendredi.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 2 octobre 2026)