L’édito du Travailleur Catalan par Michel Marc. Hésitations et scrupules

Cet édito aurait dû évoquer la fête de notre journal. En toute logique. Trois pages y sont d’ailleurs consacrées, tant la richesse de ce qui s’y est passé est à mettre à l’honneur. Mais là, coup sur coup, une double actualité aussi affligeante qu’inquiétante s’impose.

La première actualité est celle de la canicule durable et de ses incendies associés dans le département et ailleurs. J’écoutais il y a deux ou trois jours, le cri de colère d’un éleveur de cochons de la plaine, du côté de Néfiach.

Il disait sa colère, son inquiétude, son soutien à ceux déjà touchés par les flammes et qui ont tout perdu. Tentant lui-même de gérer au mieux le phénomène destructeur dans son exploitation, nuits et jours, il accusait et disait à peu près ceci : « c’est des avions qu’il nous faut, en plus grand nombre. Au lieu d’abonder par milliards les financements pour le réarmement de la France, en mettre quelques-uns pour des équipements aéroportés supplémentaires qui, s’ils avaient été disponibles, auraient assurément réduit rapidement l’étalement de l’incendie à sa plus simple expression ». Qu’il entende notre solidarité sans faille.

Nicolas Garcia, dans un texte public « Gueule de bois », écrivait ceci : « Lutter contre les incendies difficiles à contrôler, les sécheresses, les canicules… nécessitera des investissements colossaux pour l’adaptation et dans le même temps il faut investir massivement dans la prévention c’est à dire la lutte contre ces bouleversements climatiques et le réchauffement qui va avec. En résumé acheter des camions de pompiers, des Canadairs, travailler les questions de l’eau et végétaliser, s’occuper des friches et de la forêt » et fustigeait les budgets militaires et le laxisme fiscal en rapport avec les ultrariches. Tout est dit. Saluons, malgré tout, l’immense élan solidaire spontané qu’il s’agira, dans les jours qui viennent, de bien organiser pour qu’il puisse agir en pleine puissance.

La deuxième, qui n’est pas sans importance, concerne le RN. Deux « coupables de détournements d’argent public », Marine Le Pen et Louis Aliot, restent qualifiés dans le jeu politique dit « républicain », et ils font les marioles.

Consternant et triste !

Les Angles. Mobilisation et bras de fer autour de la retenue d’eau du Roc d’Aude (L’Indep)

Environ 250 personnes ont répondu à l’appel lancé par un collectif de 20 associations environnementales opposées au projet de retenue collinaire porté par la commune des Angles au Roc d’Aude, ce dimanche. La commune défend une retenue nécessaire à l’enneigement artificiel de la station et donc à l’économie du territoire. Mais aussi à disposition des éleveurs et des secours en cas d’incendie.

Présenté par la municipalité comme une retenue collinaire, qualifié de méga bassine par ses opposants, le projet cristallise les tensions. Destiné à garantir l’enneigement artificiel de la station pour les 30 prochaines années, il prévoit la création d’une réserve de 113 000 m3 d’eau à 2 300 mètres d’altitude, impliquant le décapage de 10 hectares de milieu naturel sur le secteur du Roc d’Aude aux Angles. Pour les associations, « c’est une atteinte supplémentaire à l’environnement, d’autant que les travaux ont commencé sans étude d’impact ni enquête publique. »

Réunis sur le parking de la télécabine ce dimanche matin, les manifestants à 95 % venus de la plaine, ont brandi des pancartes aux slogans sans équivoque pour dénoncer, « en plein réchauffement climatique », un projet « aux impacts délétères sur un paysage exceptionnel, sur l’habitat d’espèces menacées, mettant en péril, en aval, tourbières et zones humides essentielles à la biodiversité montagnarde. »

Le ton a été donné par l’Écologiste David Berrué, coordinateur de la mobilisation : « Nous avons fait le choix d’exposer, de façon très humble et pacifique, nos arguments contre ce que nous sommes nombreux à considérer comme une mal adaptation aux dérèglements climatiques ». Ancien maire des Angles, Christian Blanc s’est montré particulièrement critique : « Ce projet, nous l’avons appris trop tard, tout était déjà ficelé. Jamais je n’aurai imaginé que ce projet aurait vu le jour alors que nous sommes en forêt domaniale, en plein cœur du PNR Pyrénées catalanes et en zone Natura 2000, c’est du jamais vu ! »

Les associations mobilisées assurent « entendre les habitants favorables à cette bassine car, leur préoccupation c’est leur salaire à la fin du mois. Nous ne sommes pas anti-ski, beaucoup en font. Pourquoi ne pas investir plutôt dans des emplois comme l’agriculture, l’entretien des forêts ou la rénovation thermique des bâtiments, afin de mieux nous adapter au changement climatique ».

Elles rappellent que la Charte du PNR des Pyrénées catalanes interdit l’extension des domaines skiables « sauf si c’est pour un usage quatre saisons, ici les besoins fantasmés du pastoralisme et de la sécurité incendie ! »

Un jeune habitant des Angles, Johan Palmier, insiste : « Détruire 10 hectares dans un lieu comme le Roc d’Aude est très choquant. Le volume d’eau sera l’équivalent de 45 piscines olympiques ». Sur le plan juridique, plusieurs recours ont été déposés. Marc Maillet, président de la PRENE66, a indiqué que le tribunal administratif de Montpellier les avait déboutés. L’affaire est désormais portée devant le Conseil d’État.

Frédérique Berlic (L’Indépendant, le 29 juin 2026)

« Une ressource vitale pour que nos brebis et nos vaches
puissent continuer à pâturer »

Les éleveurs au soutien de la retenue d’eau du Roc d’Aude. « Pas d’eau, pas d’estives », alerte le groupe des Jeunes agriculteurs des Pyrénées-Orientales sur leur page Facebook. En effet, si le projet de retenue d’eau est principalement prévu pour alimenter les canons à neige de la station de ski des Angles, l’eau disponible pourrait aussi devenir « une ressource vitale pour que nos brebis et vaches puissent continuer à pâturer sereinement », poursuivent-ils.

« Aujourd’hui, la réalité du terrain et du changement climatique nous frappe de plein fouet. Sur nos montagnes, le manque d’eau devient critique. Sans solution, c’est l’avenir même de l’élevage en estive qui est menacé ». Selon le groupe, l’élevage en montagne permet aussi « d’entretenir nos paysages, prévenir les incendies et permettre à de jeunes éleveurs de s’installer et de vivre de leur métier ».

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 29 juin 2026)

Michel Poudade, maire des Angles :
« C’est avant tout un projet de développement durable et d’utilité publique »

« Je pense qu’il faut continuer ce projet pour pérenniser notre activité », réplique Michel Poudade. Le maire des Angles ajoute : « Le travail que l’on a mené pour cette retenue collinaire a été très constructif avec tous les acteurs du territoire. Nous avons calé un projet de STEP, station par pompage, pour produire aussi de l’électricité. C’est un projet vertueux, réfléchi depuis deux ans. Au-delà de la neige de culture, même si ça reste sa priorité puisque c’est l’activité du ski, sans aides publiques, qui finance la totalité de ce projet global, cette retenue servira aussi d’abreuvoir pour les bêtes, notamment celles de nos éleveurs du Capcir. Elle pourra aussi être utilisée pour la défense contre les incendies ».

À l’accusation de construction d’une « méga-bassine », l’élu précise : « Ce terme désigne un gigantesque ouvrage de stockage d’eau pour l’usage intensif de l’agro-industrie, associe à un pompage dans les nappes phréatiques. Cette définition ne correspond pas a notre projet qui représente 113 000 m’ d’eau, soit 0,33 % du volume du lac de Matemale. Il est avant tout un projet de développement durable et d’utilité publique ».

« Je lutterai toujours contre la paupérisation du territoire »

« Les détracteurs reprochent qu’il n’y ait pas eu d’étude d’impact avec enquête publique », enchaine Michel Poudade. « La loi nous exempte de cette étude d’impact. Des études environnementales ont été menées et je peux vous affirmer que les services de la DDTM ont été très regardants sur tous les dossiers ! Ces études ont permis d’identifier et de protéger des zones humides existantes ainsi que des espèces végétales rares. Avec quelques détracteurs rencontrés, je peux dire qu’avec eux, il n’y aurait jamais eu le lac de Matemale qui est notre joyau l’été. J’ai été élu avec Christian Blanc qui actuellement mène l’opposition au projet. Je peux vous dire qu’on a beaucoup parle ensemble sur cette retenue à construire le plus haut possible pour être en gravitaire. On n’utilise pas plus d’eau, juste différemment. Oui, la commune a gagné au tribunal administratif contre le recours suspension, preuve que le projet répond parfaitement a toutes les exigences environnementales et réglementaires exigées en la matière ». Le maire des Angles de conclure : « En 1964, quand la station est née, c’était un projet économique pour lutter contre l’appauvrissement de notre commune. Depuis, le village a retrouve environ 600 habitants et 1 500 emplois, dont environ 800 à l’année. Ce projet s’inscrit dans la même logique. Je lutterai toujours contre la paupérisation du territoire. »

F.B. (L’Indépendant, le 29 juin 2026)

Alénya. Le comité de jumelage visite les jardins familiaux (L’indep)

Le comité de jumelage a invité les deux classes de CM2 et CM1/CM2 à visiter les jardins familiaux. La rencontre avec les jardiniers présents a permis aux enfants de découvrir les différents fruits et légumes cultivés dans des conditions compatibles avec l’objectif de produits sains et bons pour la santé.

C’était l’aboutissement d’une année de travail avec ces deux classes dans le cadre des tandems solidaires d’Occitanie coopération. Les enjeux de la ressource en eau au Kenya, mais aussi en France, le refroidissement ici et là-bas, le changement climatique, autant de sujets abordés par les enseignants dans leurs classes. Une très belle exposition a été réalisée à cette occasion. Le droit à l’eau est un droit humain fondamental garantissant l’accès à une eau potable suffisante, salubre et abordable pour tous. La visite de la Maison de l’eau et de la Méditerranée (MEM) au Boulou, ainsi que des installations de Sud Roussillon ont illustré ces thématiques d’actualité. Le comité de jumelage salue les enseignants et toutes les personnes qui ont participé à ces initiatives.

L’Indépendant, le 25 mai 2026

Communiqué de presse de « Bien vivre en Vallespir »

Les projets routiers dévorent les terres. Ils sont le front pionnier de l’urbanisation à marche forcée qui dévaste toutes nos campagnes : zones commerciales et zones d’activités économiques s’étendent partout. Ils enferment chacun de nous dans la dépendance à la voiture. Les usager·es, particulièrement dans les territoires ruraux, sont pénalisé.e.s.

Le transport représente 31 % des émissions de gaz à effet de serre de la France. Le transport routier est de 9 à 14 fois plus polluant que le train. Les dépenses de transport constituent 14 % des dépenses de consommation des particuliers. C’est une question de justice sociale et environnementale.

À Céret comme ailleurs, le projet de route et de viaduc serait catastrophique pour l’environnement et la biodiversité. « Bien vivre en Vallespir » milite pour « l’arrêt définitif » de ce projet destructeur et sans intérêt public. Avec le soutien de la Déroute des routes, nous préconisons la restauration de la ligne ferroviaire voyageur : Perpignan-Céret, avec un emplacement de la gare en amont-rive droite du Tech pour permettre un meilleur accès aux habitants de Céret et du haut Vallespir.

L’alternative ferroviaire présente des avantages très supérieurs à ceux attendus du projet routier. Une expertise a montré la faisabilité et la très grande utilité publique de la ligne ferroviaire Céret-Le Boulou-Elne-Perpignan. L’infrastructure ferrée existe déjà en grande partie et est en grande partie récupérable. La réouverture envisagée ne génère aucune incidence sur le site Natura 2000 et son impact CO2 est extrêmement faible contrairement au projet routier. Enfin, l’évaluation de son coût est probablement inférieur au projet routier.

Avec « La Déroute des routes »(*) nous demandons que les financements des transports en commun et en particulier le train du quotidien, soient une priorité politique.

La coalition de « La Déroute des routes », coalition qui rassemble plus de 50 collectifs en lutte contre des projets routiers contestés, propose 3 mesures pour transformer en profondeur nos mobilités et répondre à l’urgence climatique et sociale : 1. Nationaliser les profits des concessions routières pour investir dans les alternatives de transport. 2. Instaurer un moratoire pour mettre fin aux investissements dans les nouveaux projets routiers. 3. Investir dans le développement des alternatives de transport

L’étude conduite par Vizea et Bl Evolution avec le Forum Vies Mobiles montre que l’alternative au « tout voiture » n’est pas une utopie. Cette étude vous sera présentée et suivie d’un débat le :

Samedi 30 mai à 19 heures
Cinéma Le Majestic
17, avenue du GL Santraille – Le Boulou

Venez nombreux !!

Signez la pétition pour le retour du train à Céret
https://www.change.org/p/madame-carole-delga-r%C3%A9ouvrez-la-ligne-de-train-c%C3%A9ret-elne-perpignan

(*) Le forum vies mobiles est un laboratoire d’idées français scientifique et citoyen spécialisé dans l’expertise de la mobilité-Tom Dubois est responsable de la valorisation des recherches, de la communication et des relations publiques du Forum Vies Mobiles. Il est diplômé d’un master en urbanisme et aménagement du territoire et également titulaire d’un master spécialisé en communication.

Pour plus d’INFOS : Bien vivre en Vallespir, La Déroute des routes

Les secrétaires de Bien vivre en Vallespir : Hervé Bazia et Amélie Vicente

« Ici, on enterre les géants »: un journal de résistance (L’Indep)

Les éditions Trabucayres viennent de publier « Non à la THT, ici on enterre les géants », un ouvrage rédigé par Lluís Dagues qui retrace le combat des habitants des Pyrénées-Orientales contre la mise en place d’une ligne très haute tension aérienne de 400 000 volts entre Baixas et Bescano, en Catalogne du Sud. Commencée en 2001, la lutte a finalement abouti à l’enfouissement de la ligne.

THT, pour très haute tension. Le sigle a défrayé la chronique pendant une quinzaine d’années dans les Pyrénées-Orientales. Tout a commencé en 2001, avec la naissance du projet de ligne à très haute tension (400 000 volts) visant à connecter les réseaux électriques français et espagnols. La mise en place de l’infrastructure selon le plan initial aurait nécessité l’implantation de pylônes de 60 mètres de haut sur une distance de 30 km, entre Baixas et Bescanó, à côté de Gérone.

« Rédiger ce livre n’a pas été une mince affaire »

Cependant, un mouvement de résistance inédit n’a pas tardé à éclore en pays catalan. Fédéré autour du collectif Non à la THT, celui-ci misera notamment sur la participation aux débats publics, l’organisation de manifestations et la communication. Une stratégie qui permettra d’obtenir l’enfouissement de la ligne, finalement inaugurée en 2015, et son passage en courant continu.

C’est ce combat que relate l’ouvrage Non à la THT, sous-titré « Ici, on enterre les géants, journal de résistance en terres catalanes », rédigé par Lluis Dagues et publié aux éditions Trabucayres.

« Ce livre retrace l’histoire de cette bataille qui n’est pas anodine : elle a duré plus de 15 ans et fait travailler des centaines de personnes », rappelle l’actuel président du collectif Non à la THT, Laurent Belmas. « Nous arrivons au bout de notre histoire. On voulait laisser une trace pour les générations futures. Le collectif va bientôt être dissous. Ses statuts prévoyaient qu’il aborderait uniquement le sujet de la THT. »

« Rédiger ce livre n’a pas été une mince affaire », confie pour sa part Lluis Dagues. « Il y avait énormément de matière. Il a fallu tout regrouper pour que ce soit clair. » Le format de ce livre bilingue (français-catalan) est particulier.

Il s’agit d’une chronique, d’un journal de lutte, « qui se lit au jour le jour ».

« L’important, c’est de faire vivre cette mémoire pour qu’elle puisse alimenter le présent et le futur, qu’elle puisse éveiller les consciences de ceux qui n’ont pas vécu ce combat », poursuit Lluis Dagues. « On aurait pu vivre avec des pylônes de 60 mètres de haut au pied du Canigou ! Est-ce qu’on a gagné cette lutte ? La question reste en suspens. Pour moi, on l’a gagnée : c’était la première fois qu’une telle ligne était enterrée sur autant de kilomètres, une première mondiale ! »

Vice-président et membre fondateur du collectif, Gérard Amiel semble du même avis. « Cette histoire démontre que dans ce département, quand on le veut, quand il y a une volonté populaire, on peut faire des choses », conclut-il.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 19 avril 2026)

L’ouvrage « Non à la THT, ici on enterre les géants » est disponible « dans toutes les bonnes librairies du département ». Des présentations du livre se tiendront notamment le vendredi 24 avril à 18h30 au Casal de Perpignan (avenue du Lycée) et le samedi 25 avril, pour la Sant Jordi, avenue Torcatis.
Site internet (avec photos et différents compléments à l’ouvrage) : collectif-nonalatht.fr.

Six éoliennes en projet à Passa : le Conseil d’Etat donne son feu vert (L’Indep)

Notamment saisi par plusieurs associations, le Conseil d’État vient de juger irrecevable le nouveau recours déposé contre l’autorisation du projet éolien de Passa, mettant ainsi fin à la contestation juridique dans ce dossier. Mais les détracteurs du programme assurent qu’ils n’ont pas dit leur dernier mot.

Entamé en 2020, le bras de fer juridique aura duré près de six ans. En ce mois de mars 2026, le Conseil d’État vient de clore le dossier en jugeant irrecevable le nouveau recours déposé contre l’autorisation du projet éolien de Passa. Recours qui était notamment porté par l’association Collectif « Le Vent Tourne » et la Fédération pour les espaces naturels et l’environnement (Frene).

Pour mémoire, la cour administrative d’appel avait tout d’abord rendu un jugement favorable au projet en 2022, mais le Conseil d’État, saisi une première fois, lui avait demandé de revoir sa copie. La cour administrative avait alors rendu un second jugement, toujours favorable au projet, en juillet 2025. C’est le recours concernant cette dernière décision que le Conseil d’État vient de juger irrecevable en raison de nouvelles dispositions législatives, mettant ainsi fin à la contestation juridique du projet.

Du côté de la société Éléments, à l’initiative de ce programme qui prévoit l’implantation de six éoliennes de 130 à 150 mètres de haut au sud de Passa, dans le secteur de la chapelle Saint-Luc, la satisfaction est, sans surprise, de mise. « Nous nous réjouissons de cette décision qui permet enfin de passer à l’action concrète. Elle confirme la solidité juridique et technique de notre projet », se félicite le directeur général d’Éléments, Loïc Chazalet.

Le nouveau maire veut organiser un référendum

Toutefois, du côté des onze communes voisines de Passa qui apparaissaient également dans les recours, on ne s’avoue pas encore vaincu. « Nous sommes allés au bout de ce qu’on pouvait faire juridiquement et administrativement », concède la maire de Tordères, Maya Lesné. « Mais nous n’abandonnons pas. Nous pensons qu’il y a d’autres façons de bloquer ce projet et continuons à œuvrer pour qu’il ne voie pas le jour. »

Par ailleurs, un changement de taille est intervenu récemment : vaincu lors des récentes élections municipales, l’ancien maire de Passa, Patrick Bellegarde, favorable à l’implantation des six éoliennes, vient de transmettre son écharpe d’édile à Laurent Girbau. Or, ce dernier s’était engagé lors de la campagne à organiser un référendum sur le projet éolien. Et le nouveau maire assure qu’il tiendra parole. « C’est la moindre des choses concernant un tel projet », estime-t-il.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 1er avril 2026)

Nicolas Garcia. « Plus d’un an et demi de pluviométrie concentré sur quelques mois » (L’Indep)

Après plusieurs années de sécheresse historique, les pluies abondantes de l’hiver ont profondément change la situation dans les Pyrénées-Orientales. Même si certaines zones restent fragiles, les nappes phréatiques du département sont globalement repassées au-dessus des seuils d’alerte.
Président du syndicat mixte pour la protection et la gestion des nappes de la plaine du Roussillon, Nicolas Garcia décrypte cette amélioration.

Après plusieurs années de sécheresse dans les P.-O., peut-on dire que les nappes phréatiques vont mieux ?

La situation s’est nettement améliorée grâce aux pluies importantes tombées depuis le mois de décembre. Si l’on cumule les précipitations sur cette période, on atteint parfois plus de 500 à 600 millimètres d’eau selon les secteurs. En gros, cela représente plus d’une année et demie de pluviométrie normale concentrée sur quelques mois. Cette eau a permis de réalimenter les rivières, les canaux d’irrigation et surtout les nappes superficielles, qui jouent un rôle essentiel dans l’équilibre hydrologique du territoire.

Est-ce suffisant pour reconstituer les réserves d’eau souterraines ou reste-t-on dans une situation fragile ?

La situation reste fragile même si les voyants sont aujourd’hui plutôt au vert.
Une grande partie des stocks d’eau souterraine s’est reconstituée. Mais tout dépendra de l’évolution du climat dans les prochaines années. Si nous devions connaitre à nouveau plusieurs années de sécheresse comme entre 2021 et 2024, les réserves pourraient à nouveau chuter rapidement. Il faut donc considérer la situation actuelle comme une amélioration, mais pas comme une garantie pour l’avenir.

Peut-on parler de fin de la sécheresse dans les Pyrénées-Orientales ?

Je parlerais plutôt d’une pause que d’une véritable fin de la sécheresse. Personne ne peut prévoir la météo sur plusieurs années. Ce que l’on sait, en revanche, c’est que cette période humide est bénéfique. Elle recharge les nappes, mais aussi les barrages et les cours d’eau. Avec les stocks de neige en montagne et les rivières qui coulent à nouveau, l’alimentation des nappes va se poursuivre encore dans les mois à venir.

La nappe des Aspres-Réart reste la plus fragile. Pourquoi ?

Parce qu’il s’agit essentiellement d’une nappe profonde. Contrairement à d’autres secteurs où l’on trouve des nappes superficielles, l’eau doit ici s’infiltrer beaucoup plus profondément dans le sol. Cela prend plus de temps et la recharge est donc plus lente. Mais même sur ce secteur, nous observons une remontée assez impressionnante des niveaux. La courbe de remplissage est très nette, ce qui laisse espérer une sortie prochaine de la situation de crise.

Tous les autres secteurs du département bénéficient-ils de cette amélioration ?

Oui, globalement. Dans les Pyrénées-Orientales, on distingue six unités de gestion : l’Agly-Salanque, Aspres-Réart, bordure côtière Nord, bordure côtière Sud, vallée de la Têt et vallée du Tech. Aujourd’hui, toutes ces nappes sont sorties des niveaux d’alerte renforcée. Les nappes de la plaine du Roussillon et celles liées aux vallées du Tech ou de l’Agly ont très bien réagi. Les rivières ont connu des niveaux que l’on n’avait pas observés depuis plusieurs années. Lorsque les cours d’eau coulent abondamment, ils alimentent aussi les nappes par infiltration, ce qui accélère leur recharge. La seule qui reste encore sous surveillance est celle des Aspres-Réart. Mais la tendance est également à l’amélioration.

Avec cette amélioration, plusieurs secteurs sont sortis des restrictions d’eau…

Dans la plupart des secteurs, les restrictions ont été levées. Les nappes ne connaissent pas le calendrier administratif. Elles réagissent simplement aux conditions hydrologiques. Aujourd’hui, la situation permet de relâcher les contraintes pour les particuliers, les agriculteurs et les collectivités. Seule la zone des Aspres reste encore partiellement concernée par des limitations,

Avec le changement climatique, faut-il s’attendre à davantage d’épisodes de pénurie d’eau ?

Malheureusement, c’est probable. Le réchauffement climatique pourrait accentuer les périodes de sécheresse entrecoupées d’épisodes de pluies très intenses. Cela signifie que l’eau restera une ressource précieuse et qu’il faudra continuer à la gérer avec beaucoup de prudence. Même si la situation est meilleure aujourd’hui, il est essentiel de conserver les bonnes habitudes d’économie d’eau. C’est une ressource rare.

Recueilli par Driss Chait (L’Indépendant, le 13 mars 2026)

Concrètement, comment fonctionne
la recharge des nappes phréatiques ?

L’eau de pluie s’infiltre progressivement dans le sol, traverse différentes couches géologiques et finit par atteindre les nappes souterraines. Mais ce processus peut être lent, surtout pour les nappes profondes. Par exemple, certaines nappes ne réagissent qu’avec plusieurs semaines de décalage par rapport aux épisodes pluvieux.

Vallée de l’Agly. Les recours contre la double lignes à haute tension rejetés (L’Indep)

En juin 2023, une association écologiste et plusieurs vignerons avaient attaqué les arrêtés préfectoraux validant le chantier de double ligne haute tension (2 X 90 000 volts), qui était en train de débuter entre Baixas et Saint-Paul-de-Fenouillet. Ce mardi, la cour d’appel administrative a rejeté leurs recours.

La décision intervient alors que cela fait environ un an que le chantier de double ligne haute tension est terminé. En juin 2023, lorsque les plaignants (des écologistes et des vignerons notamment inquiets de l’impact paysager) ont entamé leurs procédures, ils avaient en premier lieu demandé la suspension du chantier. Mais le tribunal administratif avait rejeté leur demande au mois de juillet suivant. Les travaux avaient donc pu se poursuivre. Ils se sont achevés début 2025.

Cependant, les procédures engagées en parallèle sur le fond de l’affaire se poursuivaient devant la justice. C’est dans ce cadre que la cour administrative d’appel de Toulouse vient de rendre, ce mardi 20 janvier 2026, une décision qui « confirme l’utilité publique du renforcement de la ligne électrique aéro-souterraine sur les communes de Baixas, Calce, Estagel, Tautavel, Maury et Saint-Paul-de-Fenouillet.

Dans le communiqué annonçant sa décision, la juridiction insiste notamment sur le fait que la nouvelle infrastructure « a pour objet de renforcer la ligne existante (…) en raison de l’excédent annuel d’une cinquantaine de mégawatts de la production électrique […) par rapport à la consommation de la zone, du fait d’un fort développement des énergies renouvelables ».

La cour souligne aussi que « ces travaux doivent permettre l’acheminement de la production excédentaire vers les zones de consommation de Carcassonne et de Perpignan ».

Les magistrats ont également estimé que le projet ne portait pas atteinte « aux objectifs et enjeux définis par la charte du parc naturel régional Corbières-Fenouilledes » et que « son impact sur l’activité viticole et sur les paysages est limité ».

En ce qui concerne les effets sur la faune et la flore, la cour juge « que des mesures d’évitement et de réduction suffisantes sont prévues ». S’ils le souhaitent, les plaignants peuvent encore se pourvoir devant le Conseil d’État.

Cependant, plusieurs d’entre eux indiquent d’ores et déjà qu’ils ne le feront pas. « Vu ce qui est pris en compte, on peut être sûrs que le Conseil d’État rejetterait notre requête. L’énergie reste l’une des priorités de ce pays », analyse pas exemple Joseph Genebrier, de la Fédération pour les espaces naturels et l’environnement (Frene).

« De toute façon, aujourd’hui la ligne est terminée et même si on allait au Conseil d’État elle ne serait pas démontée », rajoute Charles Domier, du Clos des vins d’amour. « Mais on continue de penser qu’il est absurde d’avoir mis une ligne en majeure partie aérienne alors qu’on aurait pu l’enterrer intégralement. Tout le monde peu aujourd’hui constater l’impact visuel. Si un tel projet s’était fait sur le littoral, il aurait été enfoui. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 23 janvier 2026)