À l’approche du scrutin municipal, fleurissent les listes dites « apolitiques », « sans étiquette ». S’il est vrai que, dans certaines des plus petites communes, les listes se sont construites à partir de bonnes volontés, sans regarder de trop près les penchants politiques de telle ou tel, le plus souvent, elles n’en demeurent pas moins très politiques.
Car les élections municipales ne sont pas des élections apolitiques.
Déjà, au soir des résultats, tous les partis politiques, et en priorité le ministre de l’Intérieur, vont faire les comptes pour savoir qui de la gauche ou de la droite, du macronisme à l’extrême droite, a gagné ou perdu…
D’autre part, les maires jouent un rôle éminemment politique, que ce soit en votant pour les élections sénatoriales (savez-vous pour qui vote votre maire ?) ou, pour certains, en votant pour le président de la communauté urbaine (votera-t-il pour ou contre l’extrême droite ?).
Enfin, gérer une commune, quelle qu’en soit son importance, nécessite de faire des choix … qui sont rarement neutres et sont alors très politiques. Face à l’austérité imposée aux collectivités locales, sacrifiera-t-on la politique sociale, l’aide aux associations ou la construction de telle réalisation de prestige ? Privilégiera-t-on la mixité sociale face aux promoteurs qui veulent implanter un habitat haut de gamme ? Se battra-t-on pour les services publics en refusant de privatiser à outrance ?
Alors pourquoi tant de listes sans étiquette ? En regardant de plus près, on s’aperçoit que, très souvent, c’est pour cacher qu’elles sont de droite, voire de droite extrême. Pour cacher qu’elles souscrivent aux choix politiques d’Emmanuel Macron. Pour cacher qu’elles soutiennent, peu ou prou, le système de la caste des tout-puissants dont les frasques, les atteintes aux droits élémentaires, la corruption, écœurent nombre de nos concitoyens.
Aussi, pour être clair, pas question de voter pour des listes qui parfois osent se réclamer de la gauche… en cachant en leur sein, comme à Perpignan, une conseillère départementale élue en 2021 en étant unie à un sénateur LR partisan d’une union de troisième tour avec le RN, et une candidate, en 2020, de la liste de Jean-Marc Pujol , lui qui n’a cessé de rendre hommage à l’OAS. Mais votons pour les listes qui affichent clairement, franchement qu’elles se situent dans la lutte contre l’extrême droite et dans le combat progressiste pour la solidarité, la fraternité , la liberté.
