L’édito du webzine. Le tourisme français à l’épreuve du climat

Le ministre du Tourisme, Serge Papin, vient de se féliciter d’une saison estivale « au beau fixe », malgré les crises internationales et les canicules répétées. « Les clignotants sont au vert sur tous les registres, géographiques et clientèles, du camping au palace », a-t-il déclaré à l’AFP. Pourtant, les professionnels du secteur dressent un constat moins reluisant.

Avec 102 millions de visiteurs internationaux en 2025 (contre 100 millions en 2024), la France a battu des records de recettes, atteignant 77,5 milliards d’euros. L’objectif ? 100 milliards en 2030. Mais cette ambition se heurte à une réalité climatique de plus en plus pressante. Les prévisions de Météo-France pour 2030 annoncent une multiplication des journées de fortes chaleurs et des nuits tropicales, un scénario bien éloigné des +2°C visés par l’Accord de Paris. La France a même défini en 2023 une Trajectoire de réchauffement de référence préparant le pays à un réchauffement de +4°C d’ici 2100.

L’Occitanie sera la région la plus touchée. Selon une note de l’Agence d’Attractivité et de Développement d’Occitanie, 55 % des professionnels du tourisme y ont constaté une activité « dégradée » en juin 2026, contre 45 % de satisfaits. Une canicule historique et précoce (du 17 au 30 juin), avec des températures jusqu’à +8°C au-dessus des normales et 8 nuits tropicales consécutives à Toulouse a entraîné annulations de séjours, baisse de fréquentation et fermetures partielles d’établissements mal équipés.

Les professionnels pointent aussi d’autres facteurs : la flambée des prix du carburant et la baisse du pouvoir d’achat. « Les réservations avaient bien démarré, mais tout s’est effondré après le conflit au Moyen-Orient et la hausse des carburants », témoigne un gérant de gîte rural..

Un avenir incertain

Pire, ces perturbations ne sont qu’un avant-goût. Une étude de l’Insee Occitanie (novembre 2024) révèle que 72 % des lits touristiques de la région seront exposés à plus de 35 journées à +30°C ou 50 nuits tropicales par an d’ici 2050. Aujourd’hui, seulement 2 % du territoire régional subissait des fortes chaleurs fréquentes (1976-2005). En 2030, ce sera 12 %, puis 50 % en 2050. Les touristes se tournent déjà vers des destinations plus fraîches, comme le littoral atlantique.

Face à ce constat, l’urgence est double : réduire les émissions de gaz à effet de serre et s’adapter pour préserver un secteur qui génère jusqu’à 180 000 emplois en été. Sans action, le pilier économique qu’est le tourisme en Occitanie pourrait s’effriter, emporté par les vagues de chaleur.

La question n’est plus de savoir si le climat impactera le tourisme, mais comment y faire face. Entre records économiques et réalités climatiques, la France devra innover pour concilier attractivité et durabilité. Un défi de taille, alors que les canicules, autrefois exceptionnelles, deviennent la norme.

Dominique Gerbault

Déserts médicaux : Le dispositif de médecins salariés de la Région est une « réussite » (Dis-leur !)

Plus de 500 000 consultations, 133 professionnels de santé recrutés, travaillant dans 27 centres de santé en quatre ans : c’est le bilan du dispositif porté par la région Occitanie moyennant 15 M€ pour pallier aux déserts médicaux.

« Au début, on ne m’a pas cru. » C’est Béranger Irdondelle, généraliste salarié comme un autre médecin du centre de santé de Ma Région à Sainte-Croix Volvestre (Ariège) alors que ce territoire devenait un désert médical, qui le dit ; c’est Nathalie Iglesias secrétaire salariée elle aussi du même centre qui le redit. Et c’est Vincent Bounes, vice-président chargé de la santé à la Région Occitanie et directeur du Samu de Haute-Garonne qui, lorsque Carole Delga lui en avait parlé lors de la précédente campagne des régionales, il y a quatre ans, a voulu « faire demi-tour » devant l’immensité de la tâche. Depuis, 27 centres ont ouvert un peu partout en Occitanie où l’on peut prendre rendez-vous. La canicule y envoie 10 % à 15 % de ses patients actuellement pour être auscultés par un médecin.

« Nous avons beaucoup de visites à domiciles et beaucoup de patients en Ehpad. Il y a aussi un gros volet sur la santé des femmes qui ont, disons-le, la plus grande charge mentale à supporter mais qui ne prennent pas forcément soin de leur santé »

Et tous le disent aujourd’hui : « Ce service public de santé en soins primaires est une réussite. » Il se présente sous la forme d’un GIP avec un partage souvent des bâtiments. « Nous avons beaucoup de visites à domiciles et beaucoup de patients en Ehpad. Il y a aussi un gros volet sur la santé des femmes qui ont, disons-le, la plus grande charge mentale à supporter mais qui ne prennent pas forcément soin de leur santé. Nous avons aussi recruté des médecins spécialistes. » Sur lui, Catherine Llinares-Trape, sage-femme, salariée du centre de santé de Ma Région à Les Cabanes, petite commune d’Ariège, a renchéri en substance sur le fait que « les femmes vivent certes plus longtemps mais en mauvaise santé… »

« C’est un confort pour les patients » a expliqué Béranger Irdondelle. Et pour les 133 professionnels de santé recrutés en quatre ans et qui ont tous parmi les clauses de ce salariat l’obligation de participer à la permanence de soins et d’effectuer des visites à domicile. « Parce que ce n’est que chez les patients que l’on se rend vraiment compte de la situation, parfois de précarité et de solitude. Et quand on va chez le médecin, on se fait beau… », a appuyé Carole Delga.

Occitanie, 700 000 habitants sans médecin traitant

C’est un confort pour les patients en Occitanie qui compte 700 000 habitants qui n’ont pas de médecins traitants… Plus largement, les inégalités d’accès à la santé se creusent : plus de 26 millions de Français vivent dans un désert médical et plus de 6 millions n’ont pas de médecin traitant. Enfin, 36 % ont déjà renoncé à des soins faute de rendez-vous. « C’est un confort, aussi, pour les personnels soignants », a explicité Béranger Irdondelle : « Avec ce dispositif, on peut se concentrer sur ses patients ; c’est du temps pour les consultations et la prévention. Et pris il y a notre confort salarial. Je n’ai pas connu la gestion d’un cabinet médical ; mais là je travaille avec des collègues pas des personnes que j’emploie… » Vincent Bounes précise que les payes sont calquées sur les grilles hospitalières de praticiens hospitaliers, de sages-femmes et des autres professionnels de santé.

Le but : salarier 200 professionnels de santé

En quatre ans, le dispositif « qui n’est pas le seul en France mais qui est le plus développé », a souligné Vincent Bounes emploie 133 professionnels du soin (à 86 % occitans ou catalans) dans 151 maisons et centres de santé, parfois partagés avec d’autres professions libérales. L’enveloppe qui y a été consacré pour lutter contre les déserts médicaux s’élève à 15 M€ pour la région Occitanie. Le but étant de salarier 200 professionnels de santé d’ici la fin du mandat. À ce jour, plus de 500 000 consultations (507 500 exactement) y ont été comptabilisées auprès de 38 854 patients. Ces derniers sont à 63 % des femmes. âgées en moyenne de 47 ans (avec 24 % de moins de 35 ans et 41 % de plus de 55 ans).

Des médecins spécialistes aussi

Sur ces 133 professionnels de santé, on compte 119 médecins généralistes, dix sages-femmes et quatre infirmiers en pratique avancée exerçant dans 26 centres de santé. Ce jour, la Région en inaugure un 27e centre à Saint-Gaudens. Carole Delga a également annoncé la création de six postes supplémentaires de médecins spécialistes territoriaux dans les hôpitaux de Castres-Mazamet (cardiologie) : Rodez. (néphrologie) : Albi (pneumologie) : Uzès (psychiatrie) : Clermont-l’Herault (pharmacie) et Narbonne (médecine physique et de réadaptation) portant le dispositif à 26 au total.

« La santé n’est pas une compétence de la région mais j’ai fait le choix des ma réélection en 2021 d’en faire une priorité » a souligné Carole Delga. « Ce dispositif est une réussite ». ont qualifié unanimement les personnels de santé présents à ce point presse. Par ailleurs, les centres de santé sont amenés à travailler en réseau. « On est davantage à l’écoute des patients », a souligné Nathalie Iglesias, précisant recevoir « beaucoup d’urgences ».

Olivier Schlama (Dis-leur !, le 24 juin 2026)

Bourse du travail de Carcassonne. Leș leaders syndicaux nationaux écrivent au ministre de l’intérieur (L’Indep)

Les leaders nationaux de la CGT, de la FSU, de l’Unsa, de Solidaires, de la CFE-CGC, de la CFDT et de FO ont adressé un courrier aux ministres de l’Intérieur et du Travail, Laurent Nuñez et Jean-Pierre Farandou. Ils y expriment leurs inquiétudes face à la procédure du maire Christophe Barthès, visant à expulser les organisations syndicales de leurs locaux à Carcassonne, et leur demandent d’intervenir « pour garantir le respect des libertés syndicales ».

Après la manifestation intersyndicale de ce mercredi 13 mai, à Carcassonne, pour protester contre la volonté du maire RN Christophe Barthès d’exproprier la CGT de la Bourse du travail, rue Voltaire, une nouvelle expression de l’indignation suscitée par cette décision est venue d’acteurs majeurs de la démocratie sociale en France.

C’est en effet un courrier signé par sept leaders syndicaux nationaux, Sophie Binet (CGT), Caroline Chevé (FSU), Laurent Escure (Unsa), Julie Ferrua et Murielle Guilbet (Solidaires), François Hommeril (CFE-CGC), Marylise Léon (CFDT), Frédéric Souillot (FO), qui a été adressé au ministre de l’Intérieur et ministre du Travail, Laurent Nunez et Jean-Pierre Farandou. « À Carcassonne, le nouveau maire a engagé une procédure visant à expulser les organisations syndicales de leurs locaux. Cette décision constitue une attaque grave contre la liberté syndicale et contre nos organisations qui participent depuis des décennies à la vie démocratique et sociale de notre pays », commencent-ils.

Avant de rappeler : « Messieurs les ministres, s’attaquer à une Bourse du travail n’est jamais anodin. Ces lieux sont issus de l’histoire du mouvement ouvrier et de la construction des solidarités populaires. Un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales de 2013 sur les Bourses du travail et les maisons des syndicats chiffrait leur fréquentation à plus d’un million de personnes dans le cadre des permanences juridiques et sociales. Les affaiblir ou les faire disparaître revient à porter atteinte à la capacité des salariés à se défendre collectivement et à accéder concrètement à leurs droits. Cette décision est contraire à la Convention sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical de 1948. »

Et d’afficher leur inquiétude : « Ce qui se joue à Carcassonne dépasse largement le cadre local. Si une municipalité peut, pour des raisons idéologiques, expulser des organisations syndicales d’un lieu qu’elles occupent parfois depuis près d’un siècle, alors c’est un précédent extrêmement dangereux qui est créé pour l’ensemble du pays. Nous vous demandons solennellement d’intervenir afin que soit garanti le respect des libertés syndicales et des principes républicains. Nous appelons également les services de l’État et la préfecture de l’Aude à prendre leurs responsabilités face à une décision qui remet directement en cause l’exercice normal de l’activité syndicale. Il ne s’agit pas seulement de défendre un bâtiment. Il s’agit de défendre un principe fondamental : dans une démocratie, les syndicats ne doivent jamais être réduits au silence par le pouvoir politique. »

Christophe Parra (L’Indépendant, le 15 mai 2026)

L’édito du webzine. « Changer la vie » et lutter contre les idées reçues

Les élu•es de la Région Occitanie reprenne leurs bâtons de pélerins pour retourner sur le terrain afin d’être au plus près à l’écoute des citoyens. Une démarche inédite de démocratie participative.

La Région Occitanie a lancé en 2025 l’opération « La Région à vos côtés », une tournée des élu•es régionaux pour rencontrer les habitant·e·s sur le terrain. 30 000 habitant•es ont été rencontré•es lors de 330 événements et 5 000 questionnaires remplis, donnant lieu à 1 500 propositions concrètes.

Critiquée par l’opposition (droite, RN) pour son coût (310 000 €) et son aspect « communication », cette initiative, unique en France, vise trois objectifs :

  • Expliquer l’action concrète de la Région, à l’occasion de ses 10 ans ;
  • Recueillir les attentes et doléances des citoyen •nes ;
  • Démonter les idées reçues et les mensonges propagés par l’extrême droite.

Pour Carole Delga (PS), présidente de la Région, cette démarche est nécessaire face au « désamour » croissant entre élu•es et citoyen• nes, alors que ces dernier sont demandeurs de contact direct. « L’an passé, ils ne nous fuyaient pas et venaient nous questionner, quel que soit leur âge », souligne Zina Bourguet (écologiste).

Cette consultation a permis de confirmer des priorités (transports, pouvoir d’achat, santé) et d’y répondre. En matière de santé, la Région a recruté 20 spécialistes dans 12 hôpitaux et 150 médecins. Il y a eu l’amélioration des services de transport avec le développement de l’application Fairtiq pour simplifier l’accès aux tarifs des trains ainsi que l’instaurations du TER à 1 € pour les clubs sportifs. Les retours des citoyen•nes ont mis également en lumière des points de mécontentement, comme les retards des trains ou la paperasse administrative, incitant la Région à agir.

Cette tournée est aussi l’occasion de « démonter les contrevérités » du Rassemblement National (RN), qui « réécrit l’Histoire ». Jérôme Monamy (PCF) rappelle que le RN vote contre le TER à 1 €.

Face à la montée des idées d’extrême droite, la Région entend réaffirmer les valeurs de solidarité et de service public, en s’appuyant sur des réalisations tangibles et un dialogue direct avec les citoyen•nes.

L’opération « La Région à vos côtés » illustre une démarche innovante de démocratie participative, permettant à la fois de répondre aux attentes des habitant•es, de corriger des dysfonctionnements et de lutter contre la désinformation politique. Une initiative qui montre que l’action publique peut être proche du terrain et efficace, malgré les critiques.

Dominique Gerbault

Région Occitanie : un budget de 3,54 milliards d’euros pour « protéger les habitants » (L’indep)

Le budget de la Région Occitanie a été adopte ce jeudi 12 février 2026 par le conseil régional. « Face aux injustices de la Loi de finances 2026, l’Occitanie fait le choix de la stabilité pour protéger ses habitants », a assuré la présidente Carole Delga.

Dans le cadre d’une assemblée plénière organisée au Parc des expositions de Montpellier et marquée par les dégâts de la tempête Nils, au cœur de toutes les conversations, la Région Occitanie s’est dotée d’un budget pour l’exercice 2026.

Le rapporteur Stéphane Bérard, avait des son préambule indiqué que « nos services ont dû composer avec un climat national incertain avec une situation des finances publiques dégradée, et en étant soumis à de nombreuses contraintes : le Projet de loi de finances pour 2026 impacte durement la Région Occitanie. »

« Effort disproportionné »

Et de présenter ce qu’il qualifie de « budget volontariste et responsable », sur la base « d’une stratégie financière constante dans un contexte tendu, et en dépit des décisions unilatérales de l’État ». Qui, selon lui, demande aux Régions, à l’Occitanie en particulier, « un effort disproportionné ».

Une référence à la baisse de 144 millions d’euros de dotations de l’État, déjà déplorée et stigmatisée par Carole Delga, lors de son discours d’ouverture. Lors duquel elle avait estimé qu’avec ce budget, « nous renforçons la résilience de notre territoire (…), pour anticiper les crises et mieux y faire face. Nous restons aux côtés des communes, des agriculteurs et des viticulteurs, des acteurs économiques, des associations et de toutes celles et ceux qui font vivre l’Occitanie au quotidien ».

« Les territoires sont la solution pas le problème »

Du côté des oppositions, Christophe Riveng, président du groupe Nous Occitanie (droite et centre-droit) assurait : « Sur ce budget, nous nous abstiendrons. il faut que l’on soit solidaire et protéger les collectivités locales que l’État met à genoux. Alors que les territoires sont la solution, et pas le problème. Je ne valide pas toutes les décisions de la majorité. Notamment les politiques d’interventions pour des compétences qui ne relèvent pas de la Région. Mais la tendance affichée nous convient suffisamment pour ne pas s’opposer à ce budget. Voter contre serait un acte politicien pas politique ».

Aurélien Pradié sévère

Aurélien Pradié, qui préside l’autre groupe de la droite et du centre, Occitanie courageuse (qui, lui, a voté contre ce budget), réorientait les débats sur le contexte national qui a justement présidé à l’élaboration de ce budget de l’État 2026: « Jusqu’ici, vous étiez en droit de contester les orientations budgétaires du gouvernement. Mais là, vous avez co-écrit ce budget 2026 de l’État », lançait-il à l’adresse de la socialiste Carole Delga.

Et de juger celui de la Région comme « un budget d’affichage qui tourne le dos aux priorités et besoins des Occitans. ils attendent des réponses concrètes sur les mobilités, l’emploi, la formation, les lycées. Au lieu de cela, la Région disperse les crédits dans des politiques périphériques guidées par l’affichage plutôt que par l’efficacité. »

Un montant similaire à celui du budget 2025

Quant à Yoann Gillet, à la tête du groupe Rassemblement national, il vilipendait « un budget d’austérité contrainte en raison de la mauvaise gestion de ces dernières années. » Et de proposer 64 millions d’euros d’économies, en « mettant fin à un appareil administratif coûteux et peu lisible, aux dépenses de rayonnement international hors compétences régionales, au saupoudrage de subventions idéologiques et clientélismes, aux projets écologiques surdimensionnés ».

Le budget primitif 2026 de la Région Occitanie a finalement été adopté. D’un montant de 3,54 milliards d’euros, similaire à celui de l’exercice 2025.

Vincent Coste (L’Indépendant, le 13 février 2026)

Les Pyrénées-Orientales toujours champions du chômage en Occitanie, et en France (L’Indep)

Confirmation d’études Insee en études Insee : le département des Pyrénées-Orientales conserve le taux de chômage le plus haut de France métropolitaine, très au-dessus des douze autres départements d’Occitanie. L’Aude reste fragile.

Du rouge sur la note de conjoncture régionale présentée ce début d’année par l’Insee Occitanie. Alors que le taux de chômage de la région, en progression, est désormais établi à 9,2 % de sa population active, bien au-dessus de la moyenne nationale (hors Mayotte) à 7,7 %, les Pyrénées-Orientales y participent largement. Avec un taux de chômage de 12,2 %, le département reste lanterne rouge. À l’opposé, la Lozère, certes bien moins peuplée (80.000 habitants en 2024 contre 498.000 pour les P.-O.), affiche 4,8 % de chômeurs dans sa population active.

Corollaire, le nombre d’allocataires du RSA, le revenu minimum, passe dans les P.-O. de 25.600 à 26.300 en un an (+ 2,8 %), alors qu’il baisse très légèrement dans l’Aude, 15.500 à 15.400 (- 0,7 %).

D’autres indicateurs d’activités économiques sont communiqués par l’Insee Occitanie. Parmi eux, celui des emplois salariés. Stable au niveau régional à – 0,2 % sur un an, soit – 5.400 emplois (dont – 400 dans la construction qui peine à se relever des années Covid), l’indicateur varie de – 0,8 % dans les Pyrénées-Orientales, soit – 1.200 emplois, le 16,9%, et de – 0,4 % dans l’Aude (- 500 emplois). Quant à l’emploi intérimaire, précaire, il dégringole dans la région à – 4,5 % sur un an mais s’effondre dans les Pyrénées-Orientales, à – 16,9 % affiche – 7,4 % dans quart de la perte régionale, et l’Aude.

104.860 entreprises ont été créées en Occitanie en un an (+ 3,5 %) dont 8.680 dans les P.-O. (4,8 %), 5.630 dans l’Aude (+ 1,8%). Le manque d’emploi explique en bonne partie les créations d’entreprises : 18 440 microentreprises, 8.590 entreprises classiques en région. Parallèlement, l’Aude a perdu 390 entreprises, les Pyrénées-Orientales 630, l’Occitanie entière 6.130.

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 13 janvier 2026)

01 et 06 janvier à Gran Junquera, c’est non ! Communiqué de presse : soutien CCOO de Gérone

Nous venons d’apprendre, par nos camarades syndicalistes des CCOO de Gérone, que l’enseigne commerciale « Gran Jonquera » avait refusé à ses salarié.es les jours fériés Catalans et Espagnols du 01 et 06 janvier (nouvel an et épiphanie).

Alors que le centre commercial aura ouvert ses portes 364 jours en 2025 et que plus de 570 salarié.es ont signé la pétition pour le respect de la vie privée et familiale, la direction de l’enseigne ne leur fait pas de cadeaux !

Aujourd’hui c’est eux et demain, à qui le tour ?

Face à cette situation inadmissible et à leur demande totalement justifiée, nous interpellons tous les salariés et la population des Pyrénées-Orientales pour soutenir la revendication des salarié.es de « Gran Jonquera ».

Les 1er et 6 janvier sont des jours fériés, les salarié.es ont le droit au repos et à profiter de leur vie de famille.

L’Union départementale CGT66 avec la CGT Occitanie soutiennent l’action des CCOO de Gérone et appellent la population et les salarié.es à ne pas participez à cette forme moderne d’esclavagisme et à ne pas faire d’achat dans ce centre commercial durant ces 2 jours fériés.

Lettre ouverte de Carole Delga, présidente de la Région Occitanie (PS) à Sébastien Lecornu, Premier ministre

Monsieur le Premier ministre,

Je vous écris depuis ces territoires de l’Occitanie qui voient, chaque heure qui passe, l’indignation et la colère monter inexorablement face au désespoir d’un peuple. Elles sont à la mesure du choc ressenti par toute une profession et, au-delà, par la population, quant à la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire.

Je vous écris car j’estime qu’il est temps pour vous d’intervenir afin de garantir, dans les plus brefs délais, un dialogue franc et sincère avec les agriculteurs de ce pays, seul à même d’apaiser les tensions qui ne cessent de s’aggraver dans de nombreux départements, au-delà de ma seule région.

Vous le savez : je ne suis et ne serai jamais du côté des populistes démagogues qui instrumentalisent le chagrin et le désarroi à des fins politiciennes et électoralistes, pas plus que je ne céderai rien sur ma confiance en la science et les solutions de progrès qu’elles continuent d’apporter à notre société. 

Mais il faut être clair : de très nombreux Français, aux côtés de nos éleveurs, sont choqués par l’image des bêtes qu’on abat. Ils ne comprennent pas l’usage massif de la force publique, notamment celle qui s’est déroulée dans cette ferme de l’Ariège. Ils mesurent surtout la détresse d’éleveurs qui connaissent la douleur violente de perdre leur cheptel et, plus que tout, l’investissement et le sens d’une vie – et même de la vie de plusieurs générations. Nos concitoyens perçoivent cette gestion de crise comme un puissant symbole du fossé grandissant avec un pouvoir sourd, méconnaissant des réalités de vie et de territoires.

Nous devons tout faire pour éviter l’escalade et l’affrontement. Nous devons tout faire, singulièrement à quelques jours du débat européen sur le Mercosur, pour redonner rapidement confiance à une profession meurtrie. Elle s’estime abandonnée ou trahie par les pouvoirs publics, alors qu’elle continue à être massivement soutenue par les Françaises et les Français de par leur participation à notre souveraineté alimentaire.

Dans nos territoires, derrière chaque agriculteur, chaque éleveur, chaque viticulteur, c’est en effet un visage que l’on connaît, une voix que l’on apprécie, une famille que l’on côtoie car, de génération en génération, elle a transmis ce qu’il y a de plus beau : travailler durement mais toujours fièrement la terre de ce pays.

Elu(e) de la République, il est de notre devoir de les écouter et de leur apporter des réponses. Et, au-delà, un espoir, comme à l’ensemble du pays. L’absence d’écoute et d’empathie face à ces agriculteurs, dans ce moment difficile pour eux, ne fait que conforter les Français qui, dans une grande majorité, s’estiment eux aussi, ni respectés ni entendus.

Voilà pourquoi il ne peut y avoir une gestion bureaucratique et froide de cette nouvelle crise. Elle nécessite au contraire une méthode qui fait ses preuves localement et qui doit faire ses preuves au niveau national : l’échange, la compréhension et la recherche collective de l’intérêt général en réunissant au plus vite toutes les parties concernées.

C’est à vous, je le crois, Monsieur le Premier ministre, de donner cette impulsion décisive dans ce moment si important pour toute une profession qui reste le symbole vivant de ce que la France produit de meilleur.

Vous pouvez compter sur mon énergie et ma détermination à vous accompagner dans cette démarche d’ouverture qui doit collectivement, je l’espère, nous grandir.

Carole Delga
Présidente de la Région Occitanie
Présidente des Régions de France

L’édito du webzine. Des ports performants pour la France !

La compétitivité des ports du sud de la France ne vaut certainement pas de passer par-dessus bord les droits des travailleurs, de niveler par le bas leurs salaires et de déséquilibrer l’économie des territoires.

La fédération CGT des Ports et Docks appelait à un large rassemblement jeudi 11 décembre à Port-la-Nouvelle pour protester contre l’ouverture aux pratiques low-cost qui mettent en périls les emplois avec la mise en place d’une ligne confiée à un opérateur grec. Tirer les coûts vers le bas, c’est accepter l’inacceptable : le non-respect du pavillon français.

De plus, le développement des activités portuaires ne peut se réaliser en jouant la concurrence entre les ports français. Certains opérateurs jouent sans vergogne cette carte pour attirer des clients au détriment des autres places portuaires. Mettre en concurrence Marseille, Sète et Port-la-Nouvelle relève d’un calcul à très court terme, où seul l’accumulation de l’argent domine au détriment de l’équilibre économique de toute la façade méditerranéenne.

Ne pas baisser pavillon

Ce sont des personnels de tous les ports de France, très inquiets face à un redoublement de l’offensive libérale, qui se sont mobilisés à Port-la-Nouvelle, craignant que le port audois devienne « une zone de non-droit pratiquant une concurrence déloyale ». La gestion des ports s’organise sans contrôle sur le trafic et on laisse s’implanter des entreprises qui ne respectent pas les statuts des travailleurs. Les Régions et l’État doivent être interpelés sur leur stratégie de développement du trafic maritime et industrialo-portuaire.

L’occitanie ferait office de cheval de Troie de la « low-costisation » des ports en utilisant le dumping social. La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), proposant de « jouer la complémentarité et faire pack », n’a pas eu l’heur de rassurer les portuaires. Ils exigent aujourd’hui : « La question de la gouvernance opaque de ce port doit être éclaircie, alors que des projets de loi sur l’avenir des ports sont en cours de discussion. »

La mobilisation des travailleurs portuaires est d’intérêt général. Ils attendent aussi de l’État et des collectivités des engagements forts au service des ports.

Dominique Gerbault