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Les mobilisations convergentes font bouger les lignes ! Poussons l’avantage !!
Dans le cadre de l’instabilité politique que nous connaissons, des contraintes budgétaires qui sont difficiles et s’annoncent impactantes pour nombre de dossiers, il est bon et encourageant de souligner quelques avancées, à mettre au compte des mobilisations convergentes = salariés-syndicats- associations- élus-es-citoyens-es !
Il en est ainsi, en appui de la « Marche du Rail » organisée du 01 au 04 Octobre 2025 aux fins d’exiger la réouverture de la ligne ferroviaire AGEN- AUCH. Cette déambulation sur la voie ferrée a été pilotée par les structures CGT, cheminots et autres, par le CRVF N-A ((Comité Régional de Vigilance Ferroviaire de Nouvelle Aquitaine) avec ses diverses associations d’usagers (adhérentes pour certaines à la CNR) et appuyée par l’implication d’élus-es progressistes et de citoyens-es. Ce rapport de force a conduit le Vice-Président en charge des transports en Nouvelle Aquitaine, à demander au Président ROUSSET, d’écrire au prochain Président de la SNCF, Jean CASTEX, afin d’obtenir la réouverture aux trafics ferroviaires de la ligne susvisée … position qui a été adoptée en séance plénière du Conseil Régional.
À la suite de multiples mobilisations engagées depuis plusieurs mois dont il faut saluer l’apport important des collectifs d’usagers, visant à s’opposer à la fermeture programmée de certaines lignes ferroviaires et à mettre en avant des propositions de relance (voir courrier de la CNR du 07 Octobre 2025 au Ministre des Transports), la réunion du 16 Octobre 2025 du Conseil Régional de Bourgogne Franche Comté, a dû en tenir compte !!
C’est ainsi que le nouveau Président du Conseil Régional a annoncé l’engagement de sa Région à hauteur de 12,1 millions d’euros pour des travaux d’urgence sur la ligne historique et touristique du JURA, dite des « Hirondelles » (Andelot-La Cluse) afin d’éviter la fermeture envisagée à court terme. De plus, la ligne ferroviaire CLAMECY- CORBIGNY, située dans le département de la Nièvre (58), se verra doter d’une enveloppe de 3,6 millions d’euros afin, qu’à la suite de travaux, d’y rétablir des relations ferroviaires (ce sont des cars qui ont assuré les dessertes cet été). D’autre part, il a été annoncé la remise en place des « comités de lignes », instance qui permet aux usagers de définir avec les élus-es la consistance du Service public ferroviaire à partir des besoins exprimés.
Parallèlement aux annonces de la Région Bourgogne Franche Comté (BFC), l’Etat a engagé 300 000 euros pour des travaux permettant de maintenir les trafics FRET dans cette Région et d’autres financements pour la ligne ferroviaire LURE-EPINAL, pour laquelle une importante mobilisation a eu lieu le 12 Avril 2025. En attente du CPER (2027-2032), la Région BFC a affecté 98 millions d’euros à SNCF Voyageurs pour permettre la rénovation de 23 trains AGC.
Si on peut se féliciter que sous la pression d’actions convergentes, les choses bougent, on ne peut que dénoncer le fait que de plus en plus les collectivités territoriales se substituent aux obligations et responsabilités de l’Etat qui demeure quand même le propriétaire des infrastructures ferroviaires !! Ce n’est pas étonnant quand on voit que la France se situe dans le peloton de queue en Europe dans la part en euros consacrée par habitant aux infrastructures ferroviaires.
L’argent existe et il est mobilisable lorsqu’il y a une volonté politique !! L’actualité le démontre !! IL faut massivement investir dans le Rail public ! C’est un choix d’avenir, un choix de société !!
Conformément à ses statuts, visant à aider, coordonner, fédérer, à relayer les actions de celles et ceux qui œuvrent à la défense et au développement du Service public ferroviaire, la Convergence Nationale Rail a le plaisir d’annoncer la création d’une antenne CNR dans le Nord-Pas de Calais et celle d’une nouvelle association de défense des intérêts des usagers du rail, intitulée : « Convergence pour le développement du Rail en Bourgogne Franche Comté- CDR ». Ce nouvel outil, portant l’intérêt général, construit autour des Secteurs fédéraux CGT des cheminots de Strasbourg, de Dijon, de Auvergne-Nivernais, de Paris Sud Est et de la CNR, constitue un appui conséquent pour aider à la construction et à la coordination d’actions concernant les activités ferroviaires des Régions Grand Est et Bourgogne Franche Comté.
Pour terminer dans l’évocation de « bougés » à mettre au crédit d’actions, de projets, portés par des acteurs comme des collectifs d’usagers, des syndicats CGT de la Région PACA, d’élus-es, de citoyens-es engagés-es, signalons l’action développée depuis plusieurs années par le Collectif DSA (Digne-St Auban), revendiquant la réactivation et la réouverture de cette voie ferrée aux trafics ferroviaires. Après l’audience du 11/06 /2025 accordée par la Maire de Digne les Bains (04), le collectif a été reçu le 08/10/2025 par le cabinet de la Présidente du Conseil Départemental des Alpes de Haute Provence. Dans le cadre de l’inauguration de la gare de ANNOT, la Présidente du CD 04 a demandé publiquement la réouverture de la ligne ferroviaire Digne-St Auban.
La situation que nous vivons est certes difficile, n’offrant pas de perspectives sérieuses car instables mais forts de l’engagement, de l’investissement de toutes celles et de ceux qui luttent pour un monde meilleur, plus vivable pour aujourd’hui et pour demain, nous pouvons changer la donne ! Les avancées compilées dans ce communiqué en constituent les premières expressions !! La véritable transition écologique et énergétique se fera avec le développement du rail ! Seule alternative crédible pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, permettant d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 !!
Le Billet d’Yvon Huet. Billard à trois bandes…
Quand le PS joue les facilitateurs pour sauver la Macronie, il favorise la confrontation de LFI, seule contre tous et du RN avec le risque probable d’un rassemblement des droites pour confirmer la fin de la démocratie…
Quand la Macronie rapproche son programme de celui du RN au point de ne plus savoir où sont les nuances, elle favorise l’entrée en fanfare du RN à l’Élysée et à Matignon…
Quand LFI joue le maximalisme de façade en jouant solo et en humiliant systématiquement le reste de la gauche dans la majorité des circonscriptions et assemblées territoriales, elle favorise un score ubuesque du RN qui risque de remporter le morceau plus encore qu’hier, à l’Assemblée nationale et dans les municipalités.
Cette situation risque bien, dans ces trois cas de figure, de finir en catastrophe démocratique annoncée…
Sur ce coup, vous avouerez que malgré ses tentatives répétées et affichées pour arrêter ce billard à trois bandes mortifères, le PCF n’a aucune responsabilité dans ce fiasco annoncé particulièrement lassant dans les relais médiatiques qui ne se privent pas pour enfoncer le clou d’une débâcle à gauche. Ne serait-ce que pour cela, je conseille à mes contacts de plus et mieux le soutenir, même s’il peut y avoir des désaccords sur tel ou tel sujet. Au PCF, on n’exclut pas. On réfléchit, on débat et on soutient toutes les luttes populaires pour le progrès social et pour la paix.
Yvon Huet
L’édito du webzine. Budget 2026, la purge continue
Pour économiser 200 millions d’euros, le gouvernement envisage de relever à 18 ans l’âge de revalorisation des allocations familiales, sans demander l’avis au Parlement. Sébastien Lecornu n’a même plus besoin de 49.3 pour squeezer le débat parlementaire.
Le gouvernement envisage de réduire les prestations sociales pour réaliser des économies en augmentant l’âge de revalorisation des allocations familiales de 14 à 18 ans pour le deuxième enfant.
Actuellement, les allocations familiales sont augmentées lorsque le deuxième enfant atteint 14 ans, avec des montants variant de 18,88 euros à 75,53 euros par mois selon les revenus du foyer. Si cette nouvelle mesure est adoptée, elle pourrait entrer en vigueur en mars 2026 et entraîner une perte sèche pour les familles d’environ 200 millions d’euros par an. L’impact de cette mesure serait très lourd notamment pour les familles monoparentales et les familles modestes.
Le ministère de la Santé justifie cette décision par une étude de sa Direction des études statistiques, qui remet en question les coûts associés aux enfants de moins et de plus de 14 ans, suggérant que le soutien devrait être ajusté en fonction des dépenses réelles.
Le projet de décret concernant les allocations familiales sera examiné en parallèle du projet de loi de finances de la Sécurité sociale, le gouvernement a choisi de ne pas l’inclure dans ce projet de loi donc pas de débat parlementaire
Une atteinte à l’esprit de la Sécurité sociale
Cette décision constitue une atteinte aux Droits de l’Enfant dont les besoins en matière d’éducation, santé, loisirs augmentent à l’adolescence et méritent la solidarité et le soutien du gouvernement. Elle constitue une atteinte au budget des familles modestes, les familles monoparentales pour lesquelles les allocations familiales sont indispensables. Elle constitue une atteinte à l’esprit de la sécurité sociale fondée il y a 80 ans par Ambroise Croizat, ministre communiste. Une sécurité sociale dont le principe est : Chacun reçoit selon ses besoins et cotise selon ses moyens.
Dans le même temps, le gouvernement refuse obstinément de taxer les grandes entreprises (LVMH, Auchan, Michelin, Arcellor Mital …) qui reçoivent chaque année 211 milliards d’aides fiscales et d’allégement de cotisations sociales de l’État.
L’argent public doit servir enfin l’intérêt général et améliorer notre vie. La justice fiscale, ça urge ! Taxe Zucmann, Impôt de Solidarité sur la Fortune… Des dizaines de milliards que la gauche veut arracher.
Dominique Gerbault
Communiqué de presse de l’UCR-CGT. Les retraité∙es ne sont pas les vaches à lait du gouvernement !
Alors que le PLFSS 2026 n’a pas encore été débattu à l’Assemblée nationale, le Premier ministre a fait valider en conseil des ministres exceptionnel du 23 octobre 2025, une lettre rectificative au PLFSS 2026.
Non content de geler les pensions en 2026, de les revaloriser de 0,4 % en dessous de l’inflation de 2027 à 2030, le gouvernement Lecornu alourdi la facture pour financer le pseudo décalage de l’application de la réforme des retraites 2023, dont le coût est estimé à 100 millions d’euros pour 2026 et 1,4 milliards d’euros en 2027.
Il faut donc trouver de nouvelles ressources.
Le gouvernement les a trouvés principalement chez les retraité·es !
Elles et ils seront, à nouveau, mis à contribution par une nouvelle sous-indexation des pensions en 2027. Les pensions seront sous-revalorisées de 0,9 % par rapport à l’inflation. Autrement dit, 2027 sera une nouvelle année blanche pour les pensions des retraité·es.
Cette mesure est une attaque sans précédent contre le niveau de vie des retraité·es.
L’UCR-CGT appelle l’ensemble des retraité·es à se mobiliser massivement, dans les rassemblements et manifestations, le 6 novembre 2025.
Montreuil, le 23 octobre 2025
L’actu de la CGT (n° du 24 octobre 2025)
Budget Lecornu : un concentré de violence sociale
Face à la mobilisation massive de la population, le premier ministre a été contraint à renoncer au vol de deux jours fériés, et à « suspendre » en décalant la réforme des retraites. Malgré tout, le budget qu’il présente reste bien pire que celui de son prédécesseur.
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« Suspension » ou blocage de la retraite à 64 ans, quel impact pour vous ?
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Actualités
Salaires : 9 raisons de contacter la CGT en territoire
Pour gagner des augmentations générales de salaires, souvent pendant les périodes des négociations annuelles, un syndicat peut s’appuyer sur les organisations interprofessionnelles CGT.
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16 associations et syndicats attaquent l’État
Sanctions contre les allocataires du RSA : 16 associations et syndicats attaquent l’Etat
Un collectif demande au Conseil d’État l’abrogation du décret sur les sanctions infligées aux allocataires du RSA et aux chômeurs.
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[Dossier] L’urgence c’est d’augmenter les salaires
L’inflation est amplifiée par les profits. L’urgence est d’augmenter les salaires, les pensions et les minima sociaux.
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Pétition et simulateur pour un prix juste de l’énergie
Signez la pétition de la CGT de l’énergie pour réduire les factures d’énergie, lutter contre la précarité énergétique et augmenter les salaires.
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Communiqués de presse
Le patronat empêche la revalorisation des retraites complémentaires : inacceptable
Alors même que les réserves de l’organisme sont au plus haut à 88 milliards d’euros, soit le double de ce qui est exigé, le patronat a refusé de voter toute autre proposition que 0.2 % d’augmentation, et a profité des règles de vote en sa faveur pour empêcher tout accord.
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Les députés doivent voter contre le report du vote des élections provinciales en Kanaky
Pour l’USTKE et le FLNKS, ce report constitue une remise en cause de la logique de co-construction issue des Accords de Matignon et de Nouméa.
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ARPÈGE : un fiasco définitif, un scandale d’État
Depuis octobre 2024, le logiciel ARPÈGE, développé par Sopra Steria et imposé par la CNAM, a plongé les CPAM de Loire-Atlantique et de Vendée dans un chaos sans précédent.
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Vie Ouvrière spéciale 80 ans de la Sécu. Prix : 9,50 €
Pour en savoir plus, lisez le numéro 14 de la Vie Ouvrière : « La sécu : une idée toujours révolutionnaire ».
Plongez dans l’histoire de cette conquête syndicale essentielle et découvrez dans ce numéro comment la lutte collective reste une force pour que ce rêve de justice ne soit jamais détricoté !
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Philippe Corcuff. « Une extrême-droitisation structurée par un confusionnisme durable » (La Marseillaise)
Alors que la présence de l’extrême droite s’affirme dans l’espace public, Philippe Corcuff, sociologue, philosophe politique et professeur à Sciences Po Lyon, analyse les ressorts profonds de cette banalisation. Philippe Corcuff, auteur de « La Grande Confusion. Comment l’extrême droite gagne la bataille des idées » (Textuel, 2021), prépare un nouvel ouvrage intitulé « Réinventer l’émancipation », consacré à la reconstruction d’un imaginaire de gauche face à la montée des droites radicales. Entretien.
La Marseillaise : Comment qualifiez-vous la période actuelle : simple « banalisation » ou quelque chose de plus profond ?
Philippe Corcuff : Nous sommes dans une phase d’extrême-droitisation amorcée en France dès 1983-1984, marquée par 2002, puis renforcée depuis la dernière Présidentielle et les Législatives. L’extrême droite n’est pas majoritaire, mais elle est devenue la force la plus importante. Cette dynamique est internationale, avec la Hongrie d’Orbán, l’Italie ou les États-Unis par exemple. En France, elle s’adosse à ce que j’ai appelé dans La Grande confusion un « confusionnisme » : des interférences croissantes entre thèmes d’extrême droite, de droite et parfois de gauche.
La Marseillaise : Justement, qu’entendez-vous par « confusionnisme » ?
Philippe Corcuff : Une aimantation des débats par l’extrême droite, facilitée par l’effondrement des gauches. Le pôle communiste et le pôle social-démocrate, dominants au XXe siècle, se sont marginalisés, comme on l’a vu à la Présidentielle. Dans ce vide, l’extrême droite a réinvesti la question sociale avec un lexique nationaliste xénophobe, tandis qu’une droite sarkozyste a importé des thèmes d’identité nationale, d’islam et d’insécurité au cœur de l’agenda. À cela s’ajoute une galaxie ultraconservatrice (Zemmour, Renaud Camus avec le « grand remplacement ») qui a d’abord prospéré dans des cercles intellectuels avant de diffuser à grande échelle (CNews, etc.). C’est d’ailleurs intéressant de voir que ces milieux ont été précurseurs sur internet : Soral, Dieudonné, puis une génération de youtubeurs mêlant virilisme, xénophobie et formats courts. La gauche, longtemps accrochée à l’écrit, a pris du retard.
La Marseillaise : Sarkozy a brouillé les repères. Macron a-t-il donné, selon vous, le « coup de grâce » ?
Philippe Corcuff : Le premier à vraiment porter ce confusionnisme au pouvoir est effectivement Sarkozy, à l’Intérieur puis en tant que président, avec le « Karcher », le thème de l’identité nationale ou la menace musulmane. Ce sont des thématiques traditionnellement d’extrême-droite, mais insufflées au cœur du débat public de manière soft par un homme de droite. Il fait cela de manière particulièrement perverse puisqu’il fait venir des ministres socialistes, et il nomme un ancien dirigeant socialiste pour diriger le ministère de l’identité nationale. Et puis, il met du Jaurès et du Antonio Gramsci dans ses discours, il fait lire dans les écoles la lettre du résistant communiste Guy Môquet. Il brouille vraiment les frontières. Actuellement, les deux locuteurs les plus confusionnistes, dans mon analyse, sont Macron et Mélenchon, mais pas au même niveau. Chez Macron, le basculement intervient fin 2018, avec les Gilets jaunes : émergence d’un triptyque immigration-laïcité-identité, loi sur le « séparatisme », et sarkozysation durable du discours. Paradoxe : il est élu deux fois contre l’extrême droite au second tour, tout en légitimant plusieurs de ses thèmes. Mélenchon, lui, fait parfois appel, lorsqu’il est en difficulté, à des schémas conspirationnistes qui sont habituellement une méthode d’extrême-droite.
La Marseillaise : L’intimidation est-elle devenue un levier de la banalisation de l’extrême droite ?
Philippe Corcuff : Concernant les procédures bâillon, l’extrême droite a su développer une capacité accrue à instrumentaliser le droit. Ces actions n’aboutissent pas toujours, Marine Le Pen a déjà perdu plusieurs procès. Mais elles intimident des rédactions précaires : même gagnée, une procédure coûte cher. Ce sont des pressions douces qui visent à marginaliser les voix critiques et à présenter l’extrême droite comme une force politique « normale ». Dans la rue aussi, les signaux se multiplient. Ces actions visibles relèvent surtout d’une logique d’intimidation. Le RN joue un double jeu : il profite de la pression symbolique des groupes identitaires plus violents tout en s’en distanciant au nom de la légalité, ce qui peut lui servir électoralement. On observe également une porosité croissante avec la droite classique, de Dupont-Aignan à Ciotti, jusqu’aux calculs de Bolloré. L’objectif est clair : briser le vieux cordon sanitaire.
La Marseillaise : Cette extrême-droitisation est-elle réversible ?
Philippe Corcuff : Rien n’est écrit, mais je suis pessimiste à court terme. L’extrême droite a appris de ses échecs et sait se stabiliser : regardez l’Italie ou la Hongrie, avec un Orbán qui est en place depuis près de 15 ans. En face, il manque un imaginaire commun de gauche : un bain culturel fait de valeurs, d’images, d’émotions partagées, autrefois porté par de vastes partis militants et des réseaux d’éducation populaire. Aujourd’hui, les organisations sont faibles, obsédées par la Présidentielle, et l’espace culturel est saturé par les questions identitaires. Sans laboratoires intellectuels et sociaux hors partis, difficiles à discerner en France, l’alternative restera fragmentée. Réversible ? Oui, théoriquement, mais cela suppose de réinventer l’émancipation et de reconstruire un imaginaire à la hauteur.
Propos recueillis par Axel Jolidon (La Marseillaise, le 24 octobre 2025)
L’édito du TC par de René Granmont. Ensemble !
On change de Premier ministre presque chaque matin, mais le projet de budget reste absolument le même entre austérité et militarisme. C’est que, pour maintenir au plus haut les profits, le grand capital a besoin de détruire tous les conquis sociaux et démocratiques, de laminer le droit, de mettre le feu à l’État social. Et tous les moyens sont bons pour y parvenir, y compris de laisser pousser les graines du fascisme sur le terrain d’un régime institutionnel en décomposition.
De plateau en plateau, la cohorte des éditorialistes et des économistes vient débiter les mêmes mots, dette, ordre, submersion migratoire, réduction des dépenses, rejet de l’assistanat, lourdeur des charges et des normes, économie de guerre… pour que l’ouvrier, le petit paysan, l’artisan, le retraité acceptent sans broncher d’être encore plus sacrifiés au profit des grandes fortunes et des milieux d’affaires. Tout est fait pour brouiller les pistes, empêcher de comprendre, décourager, détourner les regards du fait essentiel : il n’y a pas de majorité dans le pays pour des politiques de soutien au capitalisme. Alors la même cohorte vient clamer que le pays est trop fragmenté pour être gérable…
Pourtant, il n’y a pas trente-six blocs politiques, il n’y en a que deux ! L’un est la gauche, les progressistes et les écologistes dans leur diversité qui, non sans difficultés certes, se sont mis d’accord sur un programme minimal : celui du Nouveau Front populaire. L’autre est la droite qui, de plus en plus, fait mouvement vers l’extrême droite qui, elle-même, fait mouvement vers la droite. Ensemble elles combattent de toutes leurs forces tout ce qui, de près ou de loin, remet en cause les intérêts du capital et des grosses fortunes. Ensemble elles prônent un « ordre nouveau » contre les acquis sociaux et démocratiques. Ensemble, elles sont prêtes à tout, même au pire, pour maintenir la domination sans partage de la haute bourgeoisie.
Or, on voit combien les seuls cadres institutionnels ne suffisent pas à ouvrir une issue pour les intérêts des salariés et de l’ensemble des travailleurs. Il y a donc nécessité que toutes les forces qui agissent pour la transformation sociale et écologique s’attellent à la construction d’une solide unité populaire. Tâche difficile certes. Mais la situation est devenue si dangereuse qu’aucun effort ne doit être négligé pour une union de qualité nouvelle comme avaient commencé à le faire les parties prenantes du Nouveau Front populaire.








