Les débats du 40e congrès du PCF, qui s’est tenu à Lille du 3 au 5 juillet ont rapidement basculé vers un enjeu majeur : la montée de l’extrême droite et la préparation des échéances de 2027.
La présidentielle est au cœur des discussions. Fabien Roussel, secrétaire national du PCF, a lancé un appel sans détour : « À celles et ceux qui hésitent encore, à ceux qui tergiversent ou voudraient repousser la décision, je dis : il faut y aller maintenant. Chaque semaine qui passe doit servir à mener ce combat. Nous ne pouvons pas nous retrouver dans une impasse comme en 2017. »
La nécessité pour le PCF de présenter un candidat se dresse devant nous. « Nous sommes les seuls à avoir une telle cohérence dans notre programme. Assumons-le et allons le défendre devant les Français ! », a martelé Fabien Roussel, réaffirmant la volonté de « battre l’extrême droite et offrir une alternative crédible ». Pour y parvenir, il mise sur un travail de conviction auprès des abstentionnistes pour redonner de l’élan à la gauche.
Face aux appels à une primaire à gauche, le premier secrétaire du PCF est catégorique : « La primaire n’aura pas lieu. » Une position qui alimente les tensions entre ceux qui prônent l’union de toute la gauche pour contrer le « risque de souffle » d’une victoire du Rassemblement National, et ceux qui défendent la singularité communiste. Une gauche qui abandonne les questions du travail pour se contenter de discours moralisateurs, cela fait le lit à l’extrême droite.
Les congressiste ont tranché sur l’opportunité d’une candidature de rassemblement issue de leurs rangs, en prévoyant un vote des militants le 6 septembre. Ils ont repoussé à une large majorité la « clause de revoyure » que certains voulaient imposer pour janvier 2027.
Préserver l’unité du Parti
Le premier secrétaire du PCF a insisté sur la nécessité de préserver l’unité du PCF. « Des orientations différentes se sont exprimées, avec plusieurs textes et des attentes qu’il faudra prendre en compte », a-t-il reconnu. Trois ans après le congrès de Marseille, marqué par la mobilisation contre la réforme des retraites, il se félicite que le parti n’ait pas lâché ce sujet, ni sur le terrain ni à l’Assemblée. « Contrairement à d’autres forces de gauche, nous plaçons au centre de nos préoccupations le travail, l’emploi et un salaire décent pour vivre dignement », a-t-il rappelé, citant les campagnes menées. Les 7 800 nouvelles adhésions enregistrées sont un bon point de départ pour le renforcement du PCF et le développement de son audience.
Les canicules successives ont remis à l’ordre du jour le « Plan climat empreinte 2050 » porté par Amar Bellal, il a été également question des timides avancées sur la protection de l’enfance où l’actualité montre que le compte n’y est pas. La relance de l’industrie française a été centrale dans les débats avec la nécessité de récupérer et de développer les outils de production. L’exemple de Mittal qui veut produire de l’acier hors d’Europe le montre. « Qu’il parte ! » Nous on veut récupérer et investir avec notre savoir-faire.
Sur la scène internationale, la défense d’une solution à deux États en Palestine a permis au PCF de devenir un « interlocuteur privilégié de l’OLP » dans un contexte complexe. Les cinq conteneurs d’aide humanitaire envoyés à Cuba ont été aussi évoqué. Un appel a été lancé pour renforcer la solidarité avec le peuple cubain. Les 27 délégations étrangères présentes au congrès montrent que l’internationalisme du PCF n’est pas un vain mot.
Les succès parlementaires ont également été salués avec les travaux de Fabien Gay sur les 211 milliards d’aides aux entreprises, ou encore la menace de censure de Stéphane Peu pour faire reculer le gouvernement sur la remise en cause du 1er Mai. Les victoires aux municipales ont été citées comme des signes encourageants, même si le parti reste conscient des défis à relever.
Dominique Gerbault
