2 000 cartes pétitions contre le travail le 1er mai remises au préfet des Pyrénées-Orientales (L’Indep)

« Le texte ne concerne que certains secteurs d’activité (boulangeries, fleuristes, boucheries…) mais qui dit que ça ne va pas s’élargir après ? » Pour Jean-François Virama, de l’Unsa, la proposition de loi qui vise a autoriser dans certains commerces le travail des salariés le 1er mai, « seul jour obligatoirement chômé et rémunéré » de l’année, pourrait n’être que la première étape d’une remise en question plus globale de la Fête des travailleurs.

Christine Mirroir, de Solidaires, partage la même crainte. « On est en train d’ouvrir la boite de Pandore », estime-t-elle. Le principe du volontariat des salariés évoqué par la proposition de loi ne suffit pas à rassurer les syndicats, inquiets d’éventuelles pressions des employeurs.

Afin de s’opposer au texte, l’intersyndicale, qui comprend également la CGT, la FSU et la CFDT, a déposé ce vendredi 10 avril en préfecture pas moins de 2 000 cartes pétitions. Alors que dans le même temps, du côté du palais Bourbon, les députés macronistes, pourtant favorables à la proposition de loi, venaient de lancer avec succès une motion de rejet à son encontre. Une manœuvre visant vraisemblablement à permettre au texte, déjà adopté par le Sénat, d’être soumis au vote de l’Assemblée sans débat, après avoir été examiné et éventuellement amendé en commission paritaire.

« On avait déjà subi ça avec l’utilisation du 49.3 pour faire adopter la réforme des retraites. Le gouvernement a fait du déni de démocratie son cheval de bataille », juge Géraldine Morales, de la FSU.

Quoi qu’il en soit, les syndicats comptent bien rester mobilisés pour préserver le 1er mai. « C’est un sujet sur lequel on ne va rien lâcher », promet Julien Berthélémy, de la CGT.

A. A. (L’Indépendant, le 11 avril 2026)

Les salariés de Cémoi toujours en grève (L’Indep)

Statu quo à l’usine de chocolat Cémoi de Perpignan. Hier, après une rencontre infructueuse avec la direction dans la matinée, les salariés grévistes ont décidé de poursuivre le bras de fer ce vendredi.

Pour mémoire, l’intersyndicale FO-CGT-Sud Industrie de l’usine, soutenue par l’Unsa, majoritaire au siège, réclame une augmentation générale de 1,7 % et une prime comprise entre 1 200 et 1 500 euros net pour 2026. Elle met en avant les résultats « exceptionnels » de l’entreprise pour 2025.

Lors des récentes négociations annuelles obligatoires, qui se sont achevées sur un désaccord, la direction proposait pour sa part 1,3% d’augmentation générale et diverses autres mesures (paniers-repas…) qui représentaient en tout, selon elle, « 2 % de la masse salariale ».

Ce jeudi, les deux parties se sont donc rencontrées, mais ne sont pas parvenues à tomber d’accord. « Il n’y a eu aucune proposition, mis à part d’arrêter tout de suite la grève, déplore l’un des porte-parole des syndicats. Nous réclamons l’ouverture d’un vrai dialogue. » À suivre.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 10 avril 2026)

Les salariés du groupe Cémoi en grève pour leur pouvoir d’achat (L’Indep)

Ce mardi 7 avril, les salariés de l’usine perpignanaise du chocolatier Cémoi ont entamé un mouvement de grève illimitée à l’appel de Sud Industrie, FO, l’UNSA et la CGT. Alors que l’entreprise a, selon eux, obtenu des résultats « exceptionnels » en 2025, les syndicats réclament une revalorisation des salaires à la hauteur de ces performances.

« L’enveloppe est 3,5 fois plus petite que l’an dernier alors que les résultats sont exceptionnels. » Pour Olivier Roméro, le délégué syndical Unsa des salariés du siège du groupe Cémoi, implanté avenue Panchot à Perpignan, les propositions sur lesquelles campe la direction dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO) ne sont pas acceptables. « En 2025, le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (Ebitda) était de 192 millions d’euros, soit 50 millions de plus qu’en 2024, détaille-t-il. La direction nous dit que la prime d’intéressement et la participation vont augmenter. Mais même en prenant en compte cette hausse, l’enveloppe globale des NAO est intérieure à celle de l’an dernier d’environ 1 500 euros par salarié. »

D’où la colère des employés perpignanais de Cémoi qui ont stoppé le travail ce mardi matin et se sont installes devant l’usine de chocolat de la zone Torremila. Les syndicats assurent que seule une ligne sur huit tournait en matinée.

Concrètement, selon les organisations syndicales, la direction a proposé dans le cadre des NAO une augmentation générale de 1,3 % pour les salariés et un statu quo pour les cadres. « 1,3 % pour un salarié qui touche 2 000 euros brut par mois, ça représente seulement 26 euros brut », constate Olivier Roméro.

Côté revendications, l’intersyndicale réclame une revalorisation des salaires de l’ordre de 1,7 %, ainsi qu’une prime de 1 200 à 1 500 euros nets. « Les salariés en ont besoin », plaide la déléguée syndicale FO de l’usine, Karine Sanchez. « Il faut mettre de l’essence dans la voiture. On n’y arrive plus. »

Le responsable de la section syndicale de Sud Industrie, David Di Fraja, renchérit : « On a su faire des efforts par le passé, mais aujourd’hui, les salariés ne comprennent pas qu’avec des résultats comme ça, on ait moins que l’année dernière. »

Ce mardi, en milieu de journée, les responsables syndicaux était toujours en attente de nouvelles négociations, tout en promettant que le mouvement se poursuivrait jusqu’à ce qu’ils obtiennent gain de cause. Les salariés ont reconduit la grève pour ce mercredi.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 8 avril 2026)

La direction évoque « des mesures salariales cohérentes au regard de la situation économique »

En réponse au mouvement de grève, la direction du groupe Cémoi déclare « rester ouverte à travailler en étroite collaboration avec toutes les parties prenantes pour atteindre des accords favorables ». Cependant, elle met l’accent sur « un contexte de fortes incertitudes internationales et économiques, de volatilité des coûts industriels et des matières premières et de pression accrue de la concurrence ».

« En complément de leur intéressement-participation, qui atteint pour 2025 environ trois mois de salaire (plus de 5 000 € pour un salarié gagnant 1 600 € net par mois), les 1 700 collaborateurs se sont vu proposer des mesures salariales cohérentes au regard de la situation économique dans laquelle nous évoluons », estime l’entreprise. Selon cette dernière, en comptant les 1,3 % d’augmentation générale, la revalorisation des paniers-repas et l’harmonisation des budgets du comité social et économique « redistribues majoritairement sous forme de chéques-vacances ou autres aides aux salariés », les propositions formulées dans le cadre des NAO correspondraient à une augmentation de 2 % du salaire net.

« Cette revalorisation de 2 % doit être comparée à l’inflation constatée en France à fin mars qui est de 1,7% », juge le groupe, qui rappelle par ailleurs avoir engagé un plan d’investissement de 40 millions d’euros, dont 15 millions pour le site de Torremila, sur 2025-2027.

Ouvertures et fermetures de classes : les détails du projet de l’Inspection (L’Indep)

Hier, lors du comité social d’administration consacré à la carte scolaire, l’Inspection a finalement proposé 23 fermetures de classes pour 9 ouvertures à la rentrée prochaine dans les écoles du département Mais une autre réunion sera nécessaire pour valider le projet car les syndicats ont tous voté contre ce mardi.

Quelques évolutions sont encore possibles. Mais la marge de manœuvre semble restreinte. Selon plusieurs sources concordantes, lors du comité social d’administration (CSA) de ce mardi, l’inspectrice d’académie a accepté, après discussion avec les syndicats d’enseignants, de revenir sur 4 des 27 fermetures de classes initialement envisagées pour la rentrée prochaine dans les écoles du département. Le projet dans sa version amendée prévoit donc 23 fermetures de classes pour 9 ouvertures. Mais cette proposition n’est pas encore officiellement adoptée.

« Tous les syndicats ont voté contre. Une nouvelle réunion devra donc se tenir le 15 avril prochain. Le projet peut encore bouger à la marge », souligne Jean-François Nogues, du FSU-SNUipp. Pour l’heure, rien n’est acté donc. Cependant, à l’issue de la « réunion de repli » de la semaine prochaine, après une ultime concertation, l’administration pourra valider son projet quel que soit le vote des syndicats.

De son côté, Éloïse Chenus, du SE-Unsa, ne cachait pas sa déception hier soir : « Aucune ouverture supplémentaire n’a été concédée et sur les 27 fermetures initialement prévues, seules quatre ont pu être sauvées », déplore-t-elle. « De plus, la maternelle Claude-Simon de Perpignan figure toujours dans la liste alors que c’est celle qui a les effectifs par classe les plus élevés après fermeture. »

Tanguy Lorre, de la fédération FO de l’éducation, se veut pour sa part offensif en prévision de la réunion de repli du 15 avril. « Nous allons inviter les écoles à se mobiliser », promet-il.

Quant à Frédérique Tudela-Lorenzo, la déléguée du Snalc, également représenté lors du CSA, elle estime que « sous couvert de baisse démographique (803 élèves en moins prévus à la rentrée 2026 dans les écoles du département), on préfère supprimer des postes plutôt que d’en profiter pour faire baisser les effectifs par classe. » Tout en reconnaissant que le dialogue social n’en a pas moins été respecté.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 8 avril 2026)

Classes menacées. « On réduit les moyens là où il faudrait investir » (L’Indep)

Ce mardi, dans le cadre de la grève des enseignants, entre 150 et 200 personnes se sont rassemblées à Perpignan, devant l’Inspection académique, afin de protester contre les suppressions de postes dans l’éducation et les 27 fermetures de classes envisagées pour la rentrée prochaine dans les écoles du département.

Des conditions de travail et d’apprentissage qui se dégradent aux salaires qui stagnent, les motifs de colère des enseignants sont légion. Cependant, ce mardi matin, lors du rassemblement qui a réuni entre 150 et 200 personnes devant les locaux perpignanais de l’Inspection académique, ce sont bien les 27 fermetures de classes prévues dans les écoles du département à la rentrée prochaine qui focalisaient le mécontentement.

En plus des profs, en grève à l’appel de la FSU, de l’Unsa, de la CGT et de Solidaires, les parents d’élèves de la maternelle Claude-Simon de Perpignan étaient également sur le pont.

« L’administration veut fermer une de nos quatre classes », dénonce une maman mobilisée. « On passerait à 28 élèves par section. C’est triste d’en arriver à réduire les moyens là où il faudrait investir. Les enfants, c’est l’avenir… »

La maternelle Claude-Simon est loin d’être un cas isolé. « Il y a des projets de fermetures partout, y compris dans le rural », déplore l’un des co-secrétaires départementaux du FSU-SNUipp, Jean-François Nogués. « En plus de Perpignan et des villages voisins (Toulouges, Canohès, Saint-Estève), la vallée de l’Agly (Estagel, Latour-de-France, Mauy) et la Cerdagne (Bourg-Madame) sont également concernées. »

Toutefois, pour l’heure, rien n’est acté concernant les écoles. Pour être validé, le projet de l’administration, qui prévoit neuf ouvertures en parallèle des 27 fermetures, doit encore être débattu avec les organisations syndicales, qui comptent bien tenter de faire bouger les lignes. La réunion doit se tenir ce mardi 7 avril.

Des professeurs du secondaire étaient également présents dans le cortège de manifestants qui a traversé le quartier du Moulin à-Vent ce mardi matin. Ce sont d’ailleurs les enseignants du collège du secteur, Saint-Exupéry, qui ouvraient la marche. « On accueille des élèves très défavorisés. Compte tenu des indicateurs sociaux, on devrait au moins être classés en réseau d’éducation prioritaire (Rep) mais on ne l’est pas », résume l’un des profs de maths de l’établissement. « Le ministère a récemment reconnu la situation », poursuit la déléguée syndicale Snes-FSU du collège, Muriel Sabatier. « Cette année, notre dotation a augmenté de 31,5 heures, mais on reste très loin des moyens alloués aux établissements classés en réseau d’éducation prioritaire. On est face à une hémorragie et on nous donne des petits pansements. »

Pour le secrétaire académique de la CGT Educ’action, Nicolas Ribo : « Le fait que la carte de l’éducation prioritaire n’ait plus été revue depuis 2015 pose d’énormes problèmes. L’école Coubertin de Perpignan, située dans le troisième quartier le plus pauvre de France, devrait par exemple elle aussi être classée Rep +. Ce n’est plus possible. On est dans le deuxième département le plus pauvre de France. Le dispositif n’est pas adapté à la situation.»

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 1er avril 2026)

Les enseignants contre les suppressions de postes au collège (L’Indep)

Hier, une nouvelle réunion de concertation autour de la répartition des moyens dans les collèges publics du département s’est tenue dans les locaux perpignanais de l’inspection académique. Consultés, les syndicats d’enseignants ont tous vote contre le projet de l’administration.

Sur ce coup, l’ensemble des syndicats siégeant au comité social d’administration (CSA-SD) sont raccord. Tous ont voté contre le projet de répartition des moyens proposé par l’Inspection qui prévoit neuf suppressions de postes pour trois créations dans les collèges publics du département, soit une baisse globale de six postes de professeurs.

« Mais si on prend en compte les blocs de moyens provisoires (les heures effectuées par des enseignants qui se partagent entre plusieurs établissements, NDLR), on perd 12 équivalents temps plein », souligne Tanguy Lorre, de la fédération FO de l’éducation.

Pour justifier ces suppressions, l’Inspection met en avant la baisse du nombre d’élèves prévue (environ 200 élèves de moins annoncés pour la rentrée prochaine sur les 19 500 que recensent les collèges nord-catalans). Cependant, pour Marc Moliner, du Snes-FSU, l’argument ne tient pas : « Notre département est sous-doté par rapport au reste de l’académie. Pour rattraper la moyenne académique, il faudrait 32 postes de plus et pas 6 de moins. »

Un appel à la mobilisation

Laurent Miffre, du Snalc, acquiesce. « Et on ne parle même pas des indices de position sociale (l’indicateur qui témoigne du niveau de vie moyen des élèves, NDLR) qui sont par endroits inférieurs à ceux de la région parisienne », renchérit-il. Pour mémoire, les Pyrénées-Orientales sont le deuxième département le plus pauvre de France. Une situation qui nécessite encore aux yeux des syndicats des moyens supplémentaires afin de rétablir l’équité.

« De plus, on observe une firagilisation des territoires ruraux et de montagne qui sont au premier plan de ces suppressions de moyens », complète Alexandre Marin, de l’Unsa Éducation.

Compte tenu du vote unanime des syndicats contre le projet de l’Inspection, une nouvelle réunion autour de la répartition des moyens dans les collèges devra se tenir, vraisemblablement le 23 mars prochain. D’ici là, les organisations appellent les professeurs à se mobiliser dans les établissements pour tenter de faire bouger les lignes.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 14 mars 2026)

Menaces sur le 1er Mai : cinq syndicats lancent une pétition (L’Indep)

Alors que l’Assemblée nationale doit se pencher ce 10 avril sur une proposition de loi visant a autoriser le travail le 1er mai pour les salaries de certains établissements et services (boulangeries, fleuristes…), cinq syndicats des P.-O. ont décide de lancer une pétition pour s’opposer a la mesure.

« À partir du moment où on remet en cause le 1er mai on ouvre la boîte de Pandore. » Le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy, précise d’emblée que, pour l’heure, la proposition de loi que l’Assemblée devra examiner le 10 avril prochain parle d’autoriser le travail le 1er mai uniquement dans certains établissements et services, comme les boulangeries et les boutiques de fleurs, « Mais on sait que si cette loi est votée, ce sera comme pour le travail du dimanche. Peu à peu, ce ne seront plus seulement les boulangers et les fleuristes qui seront concernés, mais aussi d’autres commerces », prédit le cégétiste.

Journée internationale des travailleurs, le 1er mai, instauré en 1889, constitue un véritable totem pour les organisations syndicales. À la fois temps de revendication, droit pour les salariés et journée de commémoration « des luttes pour lesquelles certains ont donné leur vie ». « Rien à voir avec la fête du travail de Pétain », souligne Géraldine Morales, de la FSU. « À la Libération, on est revenus à une journée dédiée aux revendications des travailleuses et des travailleurs. »

Afin de défendre le seul jour férié obligatoirement chômé et payé de l’année, les sections départementales de la CGT, de la FSU, de Solidaires, de l’Unsa et de la CFDT ont décidé de lancer une carte-pétition contre sa remise en cause. L’intersyndicale en a fait imprimer 4 000 exemplaires et compte ramener le maximum de cartes signées en préfecture le 10 avril prochain.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 14 mars 2026)

11 suppressions de postes confirmées dans les collèges du département (L’Indep)

Hier, l’Inspection a confirmé la suppression d’environ onze postes de professeurs a la rentrée prochaine dans les collèges des Pyrénées-Orientales. Les syndicats d’enseignants fustigent une « gestion comptable » et estiment que les suppressions prévues dans certains établissements ne se justifient pas.

Pour le syndicat Snes-FSU, la perte d’au moins onze postes d’enseignants à la rentrée prochaine dans les collèges du département constitue « un véritable scandale ». À la sortie du comité social d’administration (CSA) hier, lors duquel l’Inspection les a concertés sur la répartition des moyens entre les établissements publics du pays catalan, les responsables départementaux du syndicat faisaient grise mine. « On est à l’os et on perd encore onze postes », fustige par exemple Ignacio Valenzuela.

La directrice des services départementaux de l’Éducation nationale, Anne-Laure Arino, confirme cette suppression de onze postes de professeurs, qu’elle attribue à la baisse de la démographie scolaire. « Nous rendons des postes car nous perdons des élèves », résume t-elle.

Une analyse qui peine à convaincre les délégués du Snes. « Dans les collèges du département, les services de l’Éducation nationale prévoient pour la rentrée prochaine deux cents élèves en moins, mais sur un total de 19 500 », souligne Marc Moliner.

Des prévisions d’effectifs contestées

Le syndicaliste est d’autant plus remonté qu’il conteste les prévisions de l’administration et table sur des effectifs d’élèves « quasiment stables » à la rentrée prochaine. « De plus, vu la situation économique et sociale du département, il devrait bénéficier de moyens pour compenser et favoriser la réussite des élèves », ajoute-t-il.

L’organisation syndicale évoque en prime des baisses de dotation qui ne lui paraissent pas justifiées pour certains établissements. « Le collège d’Argelès perd par exemple 29 heures d’enseignement, soit l’équivalent d’une classe, alors qu’il ne perdrait que neuf élèves. Tandis qu’à Perpignan, Camus, qui est classé en réseau d’éducation prioritaire (Rep) gagne trois élèves mais perd 28 heures », détaille Guillaume Palanchon. Toujours selon le Snes, le collège Sévigné de Perpignan, qui dépend du réseau d’éducation prioritaire renforcé (Rep +) est lui aussi sur le point de perdre une section de 6e, pour six élèves de moins prévus sur ce niveau. Le Snes conteste également la fermeture d’une section de 4e au collège de Rivesaltes. Entre autres.

Sur la même longueur d’onde, le syndicat d’enseignants de l’Unsa (SE-Unsa) se déclare pour sa part « profondément alerté par les éléments obtenus lors du CSA-SD de ce mercredi » : « Dans un département où la mixité sociale et scolaire est un enjeu connu du ministère, nous ne pouvons que dénoncer l’insuffisance des moyens alloués aux colliges. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 10 février 2026)

La Bressola : de faibles résultats en français aux évaluations nationales pointés du doigt

Le syndicat d’enseignants de l’Unsa a profité de la réunion de ce mercredi pour soulever le lièvre. « Compte tenu de la pénurie de moyens dans le public, nous nous intéressons aux financements alloués aux structures privées, qui ne manquent pas de faire de la publicité sur leurs résultats », resitue la militante du SE Laurie Lemettre. « C’est pourquoi nous avons demandé des indicateurs concernant les écoles catalanistes de La Bressola et appris que leurs résultats globaux en matière de lecture en français sont inférieurs à ceux des établissements publics relevant de l’Éducation prioritaire (Rep et Rep +). » C’est en tout cas ce que laissent apparaitre les résultats des évaluations nationales réalisées en CM2 en 2025 (item « lire un texte seul »). Par ailleurs, selon l’Unsa, qui se base toujours sur les résultats des évaluations nationales de 2025, les résultats globaux des élèves des écoles immersives de La Bressola en élémentaire sont inférieurs à ceux de l’enseignement public hors éducation prioritaire. Ils restent cependant supérieurs à ceux enregistrés en Rep et Rep +, « Nous avons posé cette question car nous voulons déconstruire des idées préconçues, mais nous ne remettons pas en cause l’enseignement du catalan », prend soin de préciser Laurie Lemettre. « Les filières bilingues et immersives dans le public fonctionnent et présentent un réel apport pédagogique. »

Sollicitée ce mercredi après-midi, la direction de La Bressola a demandé un délai afin d’analyser les résultats des évaluations nationales avant de réagir.

1er Mai. On ne touche pas à la journée internationale pour les droits des travailleurs et des travailleuses !

Le 22 janvier l’Assemblée nationale doit rejeter l’attaque du 1er mai, seul jour obligatoirement chômé et payé

Certains groupes parlementaires et les organisations patronales ont lancé de nouvelles offensives pour obliger les salarié·es à travailler le 1er mai, seule journée fériée obligatoirement chômée, rémunérée et symbolique pour les travailleurs·euses à l’international.

C’est le sens de la proposition de loi adoptée au Sénat, « Permettre aux salariés de certains secteurs de travailler le 1er mai » largement appuyée par le gouvernement de l’époque, qui a engagé la procédure accélérée, comme si l’urgence était de faire travailler les salarié·es le 1er mai !

La loi actuelle prévoit que seuls « les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail » peuvent faire travailler leurs salarié·es. La proposition de loi étend la dérogation à un ensemble de secteurs professionnels, aux dépens des salarié·es mais aussi des petits commerces indépendants de proximité qui pouvaient jusqu’ici déjà ouvrir ce jour-ci sans subir la concurrence des grandes entreprises.

Cette proposition de loi, soumise au vote d’une niche parlementaire le 22 janvier, remettrait en cause ce jour de repos rémunéré pour l’ensemble des salarié·es. Le projet d’établir une liste d’établissements visés, constitue une première brèche et remet en cause la précieuse exceptionnalité du 1er mai. Or à chaque fois qu’un principe est remis en cause, la dérogation s’étend progressivement à toutes et tous. Le travail le dimanche en est l’illustration.

Une fois le travail généralisé ce jour-là, les majorations n’ont plus lieu d’être. Quant au « volontariat », ajouté pour rassurer, il n’existe pas réellement du fait du lien de subordination inhérent au contrat de travail, d’autant plus dans les TPE. Comme pour le dimanche, les employeurs obligeront les salarié·es à travailler le 1er mai sous peine de licenciement, ou de non-recrutement pour les nouveaux·elles salarié·es.

Sur notre département, fortement touché par le chômage et la précarité, et contrairement aux idées reçues, cette loi n’aura aucun effet sur l’emploi et dégradera encore plus les conditions de vie et de travail.

Enfin, cette journée fériée doit rester exceptionnelle car elle commémore les luttes pour les droits des travailleuses et travailleurs, depuis les manifestations mortelles, notamment en France avec la fusillade sanglante de travailleurs à Fourmies le 1er mai 1891. Remettre en cause le principe de cette journée, c’est remettre en cause plus de 100 ans d’histoire de lutte sociale.

Par nos alertes syndicales nous avons participé à modifier la première version de la proposition de loi. Le texte adopté au Sénat reste un recul pour des millions de salarié·es. Par nos interpellations et notre mobilisation, nous pouvons encore empêcher cette régression sociale inacceptable.

Alors qu’elle est inscrite dans la niche parlementaire le 22 janvier, les organisations syndicales des Pyrénées-Orientales CFDT 66, CFTC 66, CGT 66, FO 66, FSU 66, Solidaires 66 et UNSA 66 s’opposent fermement à ce projet de loi et seront vigilantes aux votes des député·es. Dans cette période troublée, gardons des temps en commun d’apaisement. Le 1er mai doit rester ce qu’il est : un jour férié et chômé.

Perpignan, le 20 janvier 2026