Les bergers et vachers catalans ont désormais leur syndicat (L’Indep)

Un syndicat des pâtres des Pyrénées catalanes CGT est en cours de création en cette fin de mois d’avril. Face à la précarité et à l’isolement, ces bergers veulent faire entendre leur voix et obtenir une reconnaissance de leurs conditions de travail.

Le métier de pâtre, ou berger, rime souvent avec un sentiment de liberté, au milieu de la nature, entouré d’animaux… Mais cette activité comporte aussi des difficultés souvent oubliées. En cette fin de mois d’avril, un nouveau syndicat des pâtres est en cours de création dans les Pyrénées Orientales. Une initiative pour que les cinquante à soixante-dix bergers et vachers saisonniers du département puissent être entendus et soutenus par la force du collectif.

Pour Samy, porteur du projet et pâtre depuis six ans dans le massif du Canigó, le point de départ de ce regroupement est « l’amour du métier ». Mais un contexte particulier est venu renforcer cette idée, celui de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) qui a frappé le département les mois derniers. « Je fais partie des rares salariés qui ont perdu leur troupeau. Pendant la DNC, on a vu tout l’emballement médiatique, tous les protagonistes du monde agricole opérer, prendre la parole, mais la conclusion qu’on en a tirée, c’est que le salariat est totalement invisibilisé », insiste-t-il. Ainsi, à l’image du syndicat de l’Ariège, il a décidé de « suivre l’exemple », pour avoir une reconnaissance de leurs conditions.

Sophie, ouvnère agricole en élevage de vaches à Puyvalador, témoigne de son activité : « Il faut être très à l’écoute. Il faut qu’on partage la montagne, alors on a parfois des difficultés avec les gens qui se promènent, qui vont laisser les portes ouvertes… On s’inquiète, pourvu que les bêtes ne sortent pas sur la route, qu’il n’y ait pas d’accident, que les gens ne donnent pas pas des choses à manger qu’il ne faudrait pas, etc… »

Mais aussi sur le plan physique : « On est seuls face aux éléments, parfois il n’y a pas de couverture réseau, il y a des risques avec l’orage. Et nos cabanes ne sont pas en super bon état, il y a à peine de l’électricité et de l’eau », précise un autre berger qui exerce en Cerdagne. Mais Samy tient à rappeler que ces situations sont « très diversifiées » et dépendent des estives dans lesquelles ils travaillent.

Ainsi, ils souhaiteraient « une convention collective spécifique à leur activités », qui leur permettrait notamment de revaloriser leur temps de travail. Mais aussi pouvoir discuter des logistiques de ravitaillement de la nourriture, ou de la gestion et de la formation de leur chien, en dehors de la saison. « Si nos conditions sont améliorées, on fera mieux notre travail », concluent-ils.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 28 avril 2026)

2 000 cartes pétitions contre le travail le 1er mai remises au préfet des Pyrénées-Orientales (L’Indep)

« Le texte ne concerne que certains secteurs d’activité (boulangeries, fleuristes, boucheries…) mais qui dit que ça ne va pas s’élargir après ? » Pour Jean-François Virama, de l’Unsa, la proposition de loi qui vise a autoriser dans certains commerces le travail des salariés le 1er mai, « seul jour obligatoirement chômé et rémunéré » de l’année, pourrait n’être que la première étape d’une remise en question plus globale de la Fête des travailleurs.

Christine Mirroir, de Solidaires, partage la même crainte. « On est en train d’ouvrir la boite de Pandore », estime-t-elle. Le principe du volontariat des salariés évoqué par la proposition de loi ne suffit pas à rassurer les syndicats, inquiets d’éventuelles pressions des employeurs.

Afin de s’opposer au texte, l’intersyndicale, qui comprend également la CGT, la FSU et la CFDT, a déposé ce vendredi 10 avril en préfecture pas moins de 2 000 cartes pétitions. Alors que dans le même temps, du côté du palais Bourbon, les députés macronistes, pourtant favorables à la proposition de loi, venaient de lancer avec succès une motion de rejet à son encontre. Une manœuvre visant vraisemblablement à permettre au texte, déjà adopté par le Sénat, d’être soumis au vote de l’Assemblée sans débat, après avoir été examiné et éventuellement amendé en commission paritaire.

« On avait déjà subi ça avec l’utilisation du 49.3 pour faire adopter la réforme des retraites. Le gouvernement a fait du déni de démocratie son cheval de bataille », juge Géraldine Morales, de la FSU.

Quoi qu’il en soit, les syndicats comptent bien rester mobilisés pour préserver le 1er mai. « C’est un sujet sur lequel on ne va rien lâcher », promet Julien Berthélémy, de la CGT.

A. A. (L’Indépendant, le 11 avril 2026)

« Certains doivent choisir entre manger et se soigner » : ces retraités appellent à la manifestation (L’Indep)

Une intersyndicale s’organise ce jeudi à Perpignan, à l’initiative des retraités qui dénoncent la baisse de leur pouvoir d’achat.

Inflation, prix de l’énergie qui augmentent, pas de perspective de stabilisation de la vie économique… comme beaucoup de Français, les retraités s’inquiètent de la conjoncture. Car cette partie de la population peut faire partie des plus vulnérables face à l’instabilité de l’économie. Eux aussi souffrent d’une baisse du pouvoir d’achat, comme le dénoncent des syndicalistes catalans. « Certains n’ont plus les moyens de se payer une mutuelle et sont donc obligés de choisir entre manger et se soigner », assurent Ginette Kesraoui (FSU), Eugène Rios (CGT), Heuvé Sazé (CGT), Joseph Naudillon (UNRPA), Jean-Pierre Terradas (LSR) et Chantal Argence (FGRFP).

Ce 2 avril, ces cinq syndicats ainsi que Solidaires appellent les retraités à descendre dans la rue. Une manifestation qui prendra le départ place de la Victoire, au pied du Castillet, à 10 heures pour se rendre en préfecture, où une délégation devrait être reçue par le représentant de l’État, Pierre Regnault de La Mothe.

Les syndicalistes iront également jusqu’au siège du Medef, situé rue Camille-Pelletan. Une halte symbolique. Car ces protestataires réclament une reprise des négociations entre les partenaires sociaux et le Medef, syndicat des patrons, pour obtenir des avancées notamment sur la revalorisation des pensions Agirc-Arrco, la caisse de retraite des salariés du privé.

Une revalorisation des pensions Agirc-Arrco réclamée

Ils réclament, entre autres, une augmentation des « pensions de base et complémentaires de 10 % », mais aussi « un accès aux soins et un droit à la santé pour toutes et tous, le développement des services publics sur l’ensemble du territoire et un financement de la Sécurité sociale basé sur les cotisations sociales ».

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 31 mars 2026)

Un Castillet pour la Paix

Le 28 Mars est une journée nationale de solidarité avec le peuple Palestinien portée par 13 organisations Françaises qui demandent justice pour le peuple Palestinien fondé sur le droit international afin que le peuple Palestinien puisse enfin exercer son droit à l’autodétermination, et que cesse l’agression systématique et meurtrière dont il est victime de la part du Gouvernement Israélien..

Ce même jour, en fin de soirée l’Association Cultures de Paix à organisé une action symbolique à Perpignan consistant à revêtir les Murs du Castillet d’images numériques porteuses de messages en faveur de la Paix dans le monde, du refus de l’escalade guerrière et de faire payer par les salariés et la population la facture de la guerre que présentent gouvernants et profiteurs de ces conflits.

Bravant le froid et la pluie une cinquantaine de personnes ont participé à cette action symbolique.

Une action et des messages destinées à être partagés avec les habitants du Département, dans les jours et les semaines à venir afin de faire grandir ces exigences et d’appeler également à la solidarité avec tous les peuples victimes de ces agressions qui les enfoncent dans la terreur et la misère.

Cette initiative portée par « Cultures de Paix » est également soutenue par CGT, FSU, Mouvement de la Paix, AFMD66, MRAP, LSR, PCF, MJCF.

Suite aux incidents qui se sont produits lors de la manifestation contre le racisme. Motion de la commission exécutive de l’UD CGT 66

Ce samedi 21 mars, la Marche des Solidarités contre le racisme et le fascisme s’est déroulée à Perpignan. Cette initiative a été impulsée et organisée par le collectif VISA66, dont la CGT 66 est membre. VISA66 a souhaité associer à cette initiative les associations concernées en leur proposant un temps de parole collectif devant la Mairie de Perpignan.

Avant même le jour du rassemblement, des échanges inadmissibles par mail ont visé la CGT, accusée de racisme et de fascisme.

Le jour de la mobilisation, la prise de parole consistait en la lecture d’un texte inspiré de celui du collectif national « Nés ici venus d’ailleurs ». Le Mrap, la Cimade ont commencé l’allocution puis ont invité l’association Urgence Palestine à prendre la parole accédant ainsi à leur demande insistante de pouvoir s’exprimer sur l’islamophobie.

Or l’intervention de la représentante de l’UP 66 a immédiatement dévié vers les insultes, les invectives à l’attention des organisations de Visa, ciblant spécifiquement la CGT traitées de racistes, d’islamophobes, de colonialistes. Aucune critique, ni même un mot contre l’extrême droite qui venait pourtant de remporter la ville de Perpignan, ne fut prononcé.

Notre secrétaire général, Julien, après consultation des autres membres de Visa, a coupé le son du micro pour stopper ces propos intolérables, diffusés qui plus est avec la sono de la CGT, devant la mairie de Perpignan, et qui allaient à l’encontre de l’action collective et de l’unité des organisateurs. Il s’est ensuite dirigé vers l’intervenante pour récupérer notre micro.

Il n’a exercé aucun geste ou comportement agressif à l’encontre de la militante de l’UP66 : son unique objectif était de récupérer le micro, sans aucune intention malveillante.

À l’inverse, se sentant humiliée, elle s’est retournée contre lui et tenté, en vain, de le
frapper.

Deux autres militantes CGT ont violemment été prises à parties et insultées.

Depuis, un extrait vidéo et une capture d’écran accompagnés de propos profondément fallacieux, haineux et violents circulent sur les réseaux sociaux et sont largement relayés par les membres de cette association et leurs sympathisant·es.

Nous ne pouvons tolérer que notre camarade soit accusé d’islamophobie, de racisme ou encore d’agression raciste ou sexiste. La CGT66 ne laissera personne remettre en question les valeurs ni l’engagement militant de son secrétaire général.

Insulter un militant CGT et, pire, son secrétaire général, c’est attaquer la CGT toute entière.

Nos valeurs, nos combats, nos luttes sont le reflet de notre engagement auprès de tous les opprimés, discriminés, quels que soient leur origine, religion, genre, orientation sexuelle. Nous rappelons que notre organisation est internationaliste et engagée auprès des peuples opprimés dans de nombreux pays.

Fière de son histoire et de ses valeurs, la CGT 66 continuera à défendre les travailleurs et travailleuses, les précaires, les privé·es d’emplois, les retraité·es de toutes les origines et confessions et à lutter contre l’extrême droite et le capitalisme qui les oppriment.

La commission exécutive de l’UD 66 apporte son total soutien à son secrétaire général Julien et aux camarades insultées.

Nous affirmons ici toute notre détermination à protéger notre CGT, ses dirigeant·es et ses syndiqué·es contre toute forme d’attaques.

Perpignan, le 24 mars 2026

500 personnes ont défilé pour la journée contre le racisme (L’Indep)

Ce samedi, environ 500 personnes ont défilé en centre-ville de Perpignan à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, à l’appel de plusieurs syndicats et associations.

Proclamée en 1966 par l’Assemblée générale des Nations Unies, la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale commémore un triste anniversaire. Celui du 21 mars 1960, où la police sud-africaine avait ouvert le feu et tué 69 personnes lors d’une manifestation contre l’apartheid, dans la commune de Sharpeville.

Ce samedi matin, à Perpignan, environ 500 personnes ont défilé en centre-ville dans le cadre de cette journée de mobilisation, a l’appel de plusieurs associations et syndicats locaux. Les militants de la CGT, de la FSU, de Solidaires, de la CNT ou de la Confédération paysanne étaient notamment au rendez-vous. Tout comme ceux d’associations telles que la Cimade ou l’Asti, qui viennent en aide aux migrants, ou encore de la Ligue des droits de l’homme, de SOS Racisme et de collectifs pro-palestiniens.

« La mobilisation est plus que jamais urgente », a estimé lors de sa prise de parole Christophe Moya, du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap). « Les discours de haine se banalisent. Le nombre d’actes racistes, islamophobes et antisémites augmente de façon alarmante sans susciter de réaction massive. »

Dominique Ségard, de la Cimade, a poursuivi sur la même ligne : « Nous devons plus que jamais exprimer ensemble notre résistance. Nous ne voulons pas d’une société raciste. En-semble, construisons la société dans laquelle nous voulons vivre, une société de solidarité, de justice et de respect des libertes. »

Côté syndical, les organisations avaient opté pour une prise de parole commune. « Le combat contre le racisme est un combat de tous les jours, dans nos entreprises, dans nos établissements, nos administrations, nos écoles, nos fermes », a rappelé dans ce cadre Christine Mirroir, de Solidaires. Avant d’appeler « l’ensemble des travailleurs et des travailleuses à poursuivre et construire les mobilisations nécessaires pour gagner un changement de société et un monde de paix, de justice sociale et antiraciste ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 22 mars 2026)