Panthéonisation de Marc Bloch « Mon grand-père, ce héros » (L’Indep)

82 ans après son exécution par la Gestapo, le 16 juin 1944 à l’âge de 57 ans, Marc Bloch, historien et membre de la Résistance, fera son entrée au Panthéon le 23 juin 2026. Ce en présence de ses derniers descendants dont sa petite-fille Suzette Bloch, la fille de Louis, l’un de ses 4 fils. Cette dernière vit aujourd’hui à Argelès-sur-Mer, dévoile toute l’admiration et le respect qu’elle a pour ce héros de la France, figure tutélaire de son époque.

Le président Macron avait initialement prévu que l’entrée au Panthéon du catafalque du grand historien et Résistant Mare Bloch (1886-1944) se déroulerait le 16 juin 2026. Ce qui aurait marqué le 83e anniversaire de sa mort. Le 16 juin 1944, Marc Bloch était lâchement fusillé dans le dos par quatre gestapistes, avec 29 autres résistants à Saint-Didier-de-Formans (Ain). Mais deux évènements ont obligé l’Élysée à reporter la date au 23 juin. Ce qui ne dérange pas outre mesure sa petite-fille Suzette Bloch, la fille de Louis, l’un des quatre garçons (deux filles complétaient la fratrie) du futur panthéonisé, et seule encore vivante de sa génération. Ses autres descendants se comptent parmi des arrière et arrière-petits-enfants.

Ancienne journaliste à l’AFP où elle a occupé divers postes aux services économique, politique, diplomatique et reportages, accréditée au Sénat, Suzette Bloch, qui vit a Argelès, a été également chef de la rédaction du bureau de Rome et à Chypre. Elle est par ailleurs l’auteur du « Premier convoi », un documentaire de fiction sur Auschwitz diffusé sur Arte/Ex Ni-hilo. C’est dire que, même si elle n’a jamais connu son illustre ancêtre, elle n’a eu de cesse de convoquer sa mémoire. Elle a pu aussi remettre la main sur quelques livres parmi le millier qui composait l’immense bibliothèque de l’appartement du 7 de la rue de Sèvres a Paris, pillé par les Allemands. De rappeler ses combats et de faire (re)découvrir son œuvre d’historien et d’écrivain marié à Simone, épouse adorée à la santé fragile. Sa famille « dont il a toujours fait sa priorité » confie Suzette.

Contactée par le « conseiller mémoire » de l’Élysée en novembre 2024

Un jour de novembre 2024, Suzette Bloch a été contactée, via Facebook, par le conseiller mémoire de l’Élysée, chargé des commémorations et des futures panthéonisations. Elle relate : « J’ai reçu ce message auquel je ne m’attendais pas du tout en fait. Le conseiller m’a laissé le temps de prévenir mes proches, descendants de Marc Bloch, afin que nous puissions collégialement accepter ou refuser la panthéonisation. Je savais que les avis seraient partagés. Et parfois même très divises sur certains points concernant les valeurs communes que nous souhaitions mettre, ou pas, en avant à travers la figure et la personnalité de notre aïeul. Un homme brillant, courageux, exemplaire, humaniste. On visionnaire doublé d’une grande humilité et paraît-il, très timide. »

Poursuivant : « Finalement, à la majorité il fut décidé de l’écriture d’une lettre adressée directement au président de la République dans laquelle nous acceptions la panthéonisation, mais dans le cadre d’une cérémonie simple et sobre. Nous avions en outre précisé que la présence du Rassemblement National et/ou de tous autres représentants de mouvements communautaristes, Marc Bloch était fervent socialiste et athée, était à exclure. J’espère à présent que nos demandes seront exaucées à tous les niveaux. »

Marc Bloch demande à combattre dès le début de la Seconde guerre mondiale en 1939. Sensible au statut des juifs d’octobre 1940, il fut exclu de son poste de professeur détaché auprès de l’université de Strasbourg repliée à Clermont-Ferrand, rappelle la page Chemins de mémoire du site du ministère des Armées. Entré de plain-pied en résistance, Marc Bloch se fait appeler « Narbonne », « Il devient un des trois membres du directoire régional des Mouvements unis de résistance, pèse dans le mouvement, et devient une cible. Il est arrêté, par une Gestapo bien renseignée, au matin du mercredi 8 mars 1944 à Lyon. Torturé dans les locaux de l’École de santé militaire, interné à la prison de Montluc, Marc Bloch est donc fusillé le 16 juin 1944 avec 29 autres résistants à Saint-Didier-de-Formans ».

Ne serait-ce que pour rendre le plus bel hommage qui soit a ce grand père, son héros au sourire si doux…

Valérie Pons (L’Indépendant, le 16 février 2026)

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