Samedi, environ 20.000 personnes ont défilé dans les rues de Paris, alors que la mobilisation devrait connaître son point d’orgue en début de semaine.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, avait dit laisser sa porte ouverte, samedi, jour de manifestation des médecins libéraux dans les rues de Paris; elle est restée seule. L’ensemble de l’intersyndicale a rejeté la proposition de rendez-vous, « qui ne nous semble pas de nature à modifier le cours des lois votées ou des projets de loi en attente de vote. Votre ministère sait depuis longtemps les points bloquants dont vous n’avez pas pu ou su ou voulu empêcher le vote », ont-ils écrit.
Sur le pavé en revanche, il y avait du monde. Plusieurs milliers de médecins en grève depuis lundi, 20.000 selon les organisateurs, ont défilé en blouse blanche, dans le froid, pour dénoncer la « dérive autoritaire » qui menace, selon eux, leur « liberté d’exercice ». « Nous ne sommes pas des délinquants, nous n’avons rien à faire dans un projet de loi anti-fraudes », a lancé Patricia Lefébure, présidente de la Fédération des médecins de France.
Ce projet de loi prévoit la possibilité d’imposer des objectifs de réduction de prescriptions d’arrêts maladie aux médecins qui en prescrivent plus que leurs confrères en situation comparable. Parmi les autres griefs mis en avant par les manifestants, la possibilité donnée au directeur de l’Assurance maladie de fixer unilatéralement des tarifs médicaux dans certains cas ou la réduction à un mois de la durée maximale d’un premier arrêt de travail.
Ils redoutent également des entraves futures à leur liberté d’installation, alors que deux propositions de lois pour imposer un début de régulation sont en concurrence.
Entamée lundi et prévue pour durer jusqu’au 15 janvier, cette mobilisation devrait connaitre un point d’orgue en début de semaine, avec la fermeture de blocs opératoires dans de nombreuses cliniques privées. Après la manifestation, environ 2.000 médecins – anesthésistes, chirurgiens, obstétriciens – ont d’ailleurs annoncé qu’ils embarqueraient, ce dimanche, à bord de cars pour Bruxelles pour « un exil symbolique ».
Plus globalement, si le gouvernement évoque une diminution de 19 % de l’activité des généralistes et 12 % chez les spécialistes, les syndicats estiment que 80 % des praticiens participent au mouvement, sous la forme d’une grève perlée, souvent. Ils en appellent au Premier ministre pour mettre fin au conflit.
L’Indépendant, le 11 janvier 2026
