Immigration : « un système qui fabrique des sans-papiers » (L’Indep)

Contrôles aux frontières, arrestations de sans-papiers… à la suite de la conférence de presse que le préfet des Pyrénées-Orientales a organisée sur ces sujets le 15 janvier dernier au poste frontière du Perthus, seize associations et syndicats ont décidé de prendre la parole en commun pour lui répondre.

Pour les associations, certains des propos que le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Régnault de la Mothe, a tenus le 15 janvier dernier ne passent pas. Mais alors pas du tout. Premier point de désaccord: les contrôles aux frontières, auxquels le représentant de l’État a souligné dédier des moyens conséquents.

« Nous déplorons la remise en place de frontières dans l’espace Schengen sous divers prétextes depuis dix ans. Nous considérons que cette situation est contraire au droit européen », martèle Dominique Ségard, de la Cimade, une des principales associations d’aide aux migrants. « Par ailleurs, nous constatons des abus lors des contrôles, des mineurs non pris en charge ou des refus d’accès qui rendent impossible les demandes d’asile. »

Par ailleurs, en réponse au préfet qui a annoncé que plus de 8.000 étrangers en situation irrégulière avaient été arrêtés dans le département en 2025, les associations pointent du doigt « un système qui fabrique des sans-papiers ». Elles dénoncent plus précisément des « dysfonctionnements » du portail numérique qui permet de déposer des demandes de titre de séjour ou de naturalisation, ainsi qu’un accueil « désastreux » dans le service de la préfecture en charge de ces demandes (files d’attente « des deux heures du matin »…).

« On a des gens qui travaillent, qui veulent juste faire renouveler leur titre de séjour et qui perdent leurs droits car ils n’arrivent pas à avoir de rendez-vous », s’insurge Josie Boucher, de l’Association de solidarité avec tous les immigrés (Asti). « Nous demandons seulement que les gens puissent effectuer leurs démarches et que celles-ci soient examinées en temps voulu dans les conditions prévues par la loi. »

Et les associations de s’interroger : « Combien de personnes « éloignées du territoire » sont-elles devenues ce que certains appellent « des illégaux » simplement parce que l’État, par ses carences, les a empêchées de renouveler ou de demander le titre de séjour auquel elles auraient eu droit ? »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 5 février 2026)

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