L’Occitanie signe un Pacte « Ma Région, Ma Santé » (L’Indep)

Face à l’augmentation des déserts médicaux, l’Occitanie a signé un pacte « Ma Région, Ma Santé ». Sous forme de Groupement d’intérêt Public (GIP), la structure partenariale, associant les collectivités locales et les universités de médecine de Toulouse et Montpellier, a pour double mission d’embaucher des généralistes salariés et de créer et gérer des centres de santé.

Les maisons de santé privées fondées par des médecins libéraux ont fait des émules dans le public où les centres de santé recrutent, eux, uniquement des blouses blanches salariées. La Région subventionne les premières et s’investit a fond dans les seconds. Main dans la main avec l’ARS, les départements et collectivités, le GIP, lancé et présidé par Carole Delga, a ouvert en 2 ans 25 centres de santé répartis sur 10 départements. « Dans la foulée, il a cosigné 110 contrats de travail avec des professionnels de santé », complète Vincent Bounes, vice-président de la Région Occitanie en charge de la Santé.

L’élu annonce un fort retentissement dans les P.-O. Quatre centres de santé ont vu le jour à Fourques, Millas, Amélie-les-Bains et Céret. Tous sont colportés par la Région et les communautés de communes ou les municipalités.

Au soutien, le conseil départemental. Parmi les prescripteurs en place, le docteur Charlène Boissy, un médecin territorial de PMI (protection maternelle et infantile) a Perpignan. « Le Département m’a proposé un poste de généraliste, c’est mon cœur de métier, j’ai saisi la chance de garder les deux casquettes » Elle intervient une journée par semaine au centre de Céret, les autres à la PMI. Son salaire, les 4 000 € nets mensuels. Au GIP, chacun apporte sa pierre à l’édifice. Vincent Bounes, évoque une échelle d’investissements de 60 000 € à plus d’un million. L’enveloppe sera moindre à Saint-Féliu-d’Amont ou une antenne est en gestation. « Les praticiens y assureront des permanences, un point de consultation, toujours pareil, au plus proche des populations. »

Dans l’Aude, le contexte reste plus complexe. Un centre de santé est né à Bize-Minervois partagé avec Argeliers. « On a Durban-Corbières en candidature active qui a malheureusement été frappé par les incendies de l’été. » Autre postulant, parmi une centaine, Carcassonne Agglomération. « La difficulté est de trouver les hommes et les femmes pour pratiquer dans ces territoires. »

L’ouverture d’une structure est conditionnée au recrutement préalable d’une mini-équipe, un médecin et une sage-femme. « On n’a pas de moule à généralistes alors qu’ils sont la pierre angulaire du système », regrette Vincent Bounes. Malgré l’attraction des jeunes, qui « préféreraient le salariat au libéral », l’offre de santé publique peine. « On se bat, notre objectif est d’embaucher 200 professionnels d’ici fin 2028. »

C. S. (L’Indépendant, le 5 octobre 2025)

Gérone. Les Catalans réunis pour défendre leur langue et leur culture (L’Indep)

Quelque 12 000 Catalans ont défilé ce jeudi 11 septembre 2025 dans le centre-ville de Gérone lors de la traditionnelle et revendicatrice diada.

Il faudrait plus qu’un ciel gris et menaçant pour doucher les envies d’émancipation du noyau dur du mouvement indépendantiste catalan. Ce 11 septembre 2025, Gérone était l’une des trois villes catalanes où la senyera flottait sur une diada qui doublait crânement son nombre de participants par rapport à l’édition 2024.

Deux fois plus de monde que l’an dernier

12 500 personnes, selon les organisateurs, ont en effet rallié la place de l’Indépendance et le pare de la Devèse un kilomètre plus loin. Soit deux fois plus de monde que l’an dernier aux mêmes endroits puisque la diada 2024 avait alors rassemblé 6 500 Catalans.

Un parcours d’un petit kilomètre pavoisé de sang et or et retentissant des indispensables chants, « Volem, volem paisos catalans » en tête.

Dans la foule, Carles, 77 ans, membre d’Omnium et ANC, deux associations organisatrices, qui n’a manqué aucune diada depuis 30 ans. Et qui, malgré la plus forte participation de cette année, remarque bien que le mouvement s’essouffle. La faute aux politiques selon lui. « La dissonance entre Junts et ERC (les deux partis indépendantistes catalans-NDLR) a produit du désintérêt chez beaucoup », grimace-t-il. « Mais quand des personnages incarneront de nouveau la possibilité de l’indépendance, ça repartira car il n’y a pas d’autre solution. On est en stand-by ». En attendant un autre homme providentiel, c’est la langue catalane qui est au cœur des revendications cette année.

Inquiétude sur la langue catalane

Lluis Llach depuis Barcelone ou les « marcheurs » de la diada 2025 à Gérone, tous ont la même inquiétude, la langue catalane serait attaquée et en danger, et la même revendication, la protéger. Car le Tribunal supérieur de justice catalan a amputé le décret sur le très inflammable régime linguistique. L’enseignement scolaire du catalan serait ainsi menacé. « Une offensive sur l’école catalane », selon Lluis Llach.

« C’est simple, les Catalans veulent une seule chose: qu’on respecte leur langue et leur culture », résume Carles, vêtu d’un maillot de l’USAP, et accompagné de son épouse française Véronique et leur fille Estelle. Le couple participe « à toutes les diada depuis quinze ans, chaque année on y est, à Barcelone ou ici ». Et Carles « y croi(t) encore mais en ce moment ce n’est pas possible parce que l’État espagnol nous colonise »,

Le slogan de cette diada 2025 était « Plus de raisons que jamais de réclamer l’indépendance ». La place que gardera, ou pas, la langue catalane dans la société catalane, et pour sa cohésion, est assurément un enjeu pour cette diada comme pour la prochaine.

À Gérone, Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 12 septembre 2025)

« Une base commune pour une école plus juste, inclusive et ambitieuse » (L’Indep)

Le comité régional de la FCPE (Fédération de conseils des parents d’élèves) Occitanie se déroulait hier matin à Cabestany en vue de présenter le projet éducatif de l’année 2025-2026.

La ville de Cabestany accueillait ce samedi le premier conseil d’administration du comité régional FCPE (Fédération de conseils des parents d’élèves) Occitanie 2025 afin de présenter le projet éducatif de l’année scolaire et des trois prochaines. Avec pour mission l’éducation populaire et son attachement à l’école publique, la FCPE Occitanie dont fait partie l’antenne des Pyrénées-Orientales parmi les 9 départements représentés, annonçait les grandes lignes de ce projet. Face à eux, Anne-Laure Arino, directrice académique des services de l’Éducation nationale (Dasen) du département des Pyrénées-Orientales, Agnès Langevine, vice-présidente de la Région Occitanie et Rémi Lacapère, conseiller départemental.

« C’est une proposition de travail de longue haleine sur trois ans que nous présentons aujourd’hui, qui sera envoyé à la Région. Une base qui rassemble des valeurs d’égalité, de savoirs et de solidarité », annonce Sébastien Gilbert, président du CROc (Comité régionale Occitanie). Des valeurs couplées à de grandes priorités pour la réussite et le bien-être des jeunes telles que la santé et le bien-être, l’éducation, la lutte contre les inégalités, le décrochage scolaire, la prévention du harcèlement, l’orientation et l’accompagnement ou encore l’alimentation et le climat scolaire. « Le projet éducatif est une base commune pour co-construire une école plus juste, inclusive et ambitieuse. Il affirme que la co-éducation, l’émancipation des jeunes, la justice sociale et le vivre ensemble sont les piliers de l’école publique de demain », poursuit le président du CROc invitant « chaque parent, acteur de l’éducation et jeune à s’emparer du projet éducatif pour bâtir l’école du XXIe siècle ».

Des paroles écoutées attentivement par les élus et la Dasen des P.-O., Anne-Laure Arino, confiant que « ce projet correspond à celui de l’académie de Montpellier, on s’y retrouve sur pleins de points » et rappelant qu’elle ne manquera pas de faire remonter ces propositions à la rectrice. L’occasion de rappeler aussi pour Rémi Lacapère, conseiller départemental, les problématiques au sein de l’école et l’importance de la présence des parents d’élèves : « Il y a besoin qu’ils aient une voix encore plus forte sur les moyens donnés. Il y a une vraie responsabilité. On fait des choix par défaut, par manque de moyens et on a besoin que les parents poussent ».

Laura Morales (L’Indépendant, le 7 septembre 2025)