Jean-Pierre Lacan. « Reconnaître la Méditerranée comme un espace humanitaire » (La Marseillaise)

À l’aube des dix ans d’opérations de SOS Méditerranée, Jean-Pierre Lacan, bénévole de l’association en Occitanie, appelle à une année 2026 plus solidaire et à la fin des entraves imposées aux ONG, tout en rappelant le rôle crucial de la mobilisation citoyenne.

La Marseillaise : Quels seraient vos souhaits pour cette année 2026, vos attentes ?

Jean-Pierre Lacan : Que cette année soit moins meurtrière, évidemment, en Méditerranée et notamment en Méditerranée centrale, qu’elle ne l’a été en 2025. Aussi, que les actions de sauvetage de la société civile au travers des ONG ne soient plus entravées comme elles le sont aujourd’hui. C’est essentiellement ça que je souhaite pour cette année 2026, qui est, faut-il le rappeler, l’année des 10 ans opérationnels de SOS Méditerranée.

La Marseillaise : Justement, quel regard porter sur le chemin parcouru en 10 ans ?

Jean-Pierre Lacan : C’est un chemin qui n’a pas été pavé de roses. Quand on est né en 2016, 2015 juridiquement, il y a beaucoup de morts en Méditerranée, on parle de 46 000 depuis 2000. On se dit alors qu’il va y avoir une prise de conscience des États. Nous sommes deux ans après le terrible naufrage de Lampedusa en octobre 2013. Quelques semaines après, est lancée l’opération Mare Nostrum par le gouvernement italien mais les États européens ne le soutiennent pas. L’UE explique que ça va créer un appel d’air qui attire l’immigration, que ça coûte très cher et qu’il faut arrêter. Et les choses s’arrêtent. Nous avons donc pris le relais car les naufrages continuent. C’est là que l’Europe va mettre en place cette politique d’externalisation de la frontière. On va confier aux Libyens le soin de verrouiller la frontière maritime de l’Europe et on arrive aujourd’hui à une situation absolument catastrophique, avec ces morts qui s’ajoutent aux morts en Méditerranée, on en dénombre 33 231 depuis 2014. C’est l’axe migratoire le plus mortel du monde, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Dix ans après, on n’est pas très optimiste et on souhaite que ça s’arrête, que les choses évoluent dans le bon sens, qu’enfin la Méditerranée soit reconnue comme un espace humanitaire.

La Marseillaise : D’autant que la situation empire avec cette attaque des garde-côtes libyens qui criminalisent encore plus les actions des ONG…

Jean-Pierre Lacan : Oui, le 24 août 2025, notre navire -battant le pavillon norvégien- était sur une opération de sauvetage et s’est fait tirer dessus par des garde-côtes libyens, une centaine d’impacts ont été relevés sur le navire sans que ça provoque la moindre émotion. L’attitude libyenne est probablement expliquée par le fait que les Libyens appliquent de manière zélée les termes de l’accord d’externalisation de la frontière avec l’UE. C’est-à-dire que l’objectif est chiffré, on empêche les gens de passer, de franchir la Méditerranée par tous les moyens, y compris en allant jusqu’à tirer. Il faut impérativement, pour les Libyens, rendre étanche la frontière. Ils n’y sont pas parvenus, ils n’y parviendront jamais. C’est ça le drame dans cette affaire.

La Marseillaise : Pourtant il est impossible d’empêcher ces exilés de venir…

Jean-Pierre Lacan : Bien évidemment, malgré les efforts que déploient les garde-côtes libyens, les gens continuent à franchir la Méditerranée. Les arrivées en Europe ont un peu baissé par rapport à 2024, en Italie très précisément. Mais de peu. Cette année, à peu près 66 000 personnes sont arrivées en Italie par les voies maritimes. En 2024, on était à 66 600… La différence n’est pas significative, tout ça est très conjoncturel, ça dépend des périodes, des moments. On connaissait les départs depuis la Tunisie et la Libye vers l’Italie. Mais il faut ajouter une autre route qui a émergé ces derniers temps. C’est une route au départ de l’Est libyen, de la région de Tobrouk vers la Crète. En 2025, on était à un peu plus de 18 000 arrivées en Crète.

La Marseillaise : Pour pallier l’absence de réaction des pouvoirs publics, il y a tout le travail des bénévoles. Quelque chose à encourager ?

Jean-Pierre Lacan : Oui, la mobilisation citoyenne, c’est quelque chose de majeur à SOS Méditerranée. Aujourd’hui, on est à plus de 900 bénévoles partout en France, dans une trentaine d’antennes. L’antenne Hérault-Gard est l’une des plus importantes et des plus actives, étant présente dans de nombreux événements pour porter l’image et le plaidoyer de SOS Méditerranée. On fait également beaucoup d’interventions auprès des écoles, des lycées, des collèges pour porter cette parole, qui est le fruit de notre expertise en matière de témoignages à bord des navires. Cette réalité est bien souvent ignorée de bon nombre de gens. Et donc ça, c’est notre boulot de bénévoles. Alors, oui, c’est terriblement important. On fête cette année nos 10 ans d’opérations en mer, on n’aurait jamais pu continuer à vivre, à franchir cette décennie s’il n’y avait pas eu derrière une forte mobilisation citoyenne. L’essentiel de notre budget est apporté par la mobilisation citoyenne.

Propos recueillis par Louis Dupin (La Marseillaise, le 27 janvier 2026)

Camps de la Retirada. Les dessins de Bartoli à La Jonquera (L’Indep)

Artiste prolifique, républicain espagnol engage, le Catalan Josep Bartoli, a témoigné de la guerre, de l’exil et des camps d’internement français dans une série de dessins aujourd’hui exposés en Catalogne, à La Jonquera.

Après avoir été exposées au Mémorial de Rivesaltes de 2021 à 2022, les œuvres de Josep Bartoli traversent cette année la frontière pour témoigner de l’exil à La Jonquera, au MUME, le Musée mémorial de l’exil de la petite commune catalane. Cette nouvelle exposition, baptisée « Dessiner, c’est combattre », s’annonce itinérante.

« Des armes fragiles mais redoutables »

Josep Bartoli (1910-1995) a dû quitter son pays en février 1939 devant l’avancée des troupes franquistes. Comme un demi-million de ses compatriotes, il fut interné dans les camps de la Retirada, au Barcarés, dans les Pyrénées-Orientales, et à Bram, dans l’Aude.

De ses séjours forcés, il a témoigné avec son talent de dessinateur, en croquant le quotidien particulièrement difficile des premiers réfugiés espagnols en France. Des dessins qui prennent à témoin ceux qui les regardent, et qui traversent les générations grâce au travail de son neveu, le photo-reporter Georges Bartoli.

Infatigable promoteur du travail de son oncle, il soulignait ce 17 janvier 2026, lors du vernissage de l’expo à La Jonquera : « Ce n’est pas la première fois que Josep revient en Catalogne mais il revient de plus en plus souvent ». Témoin lui aussi, derrière son objectif, des blessures de son temps, Georges Bartoli a tenu à faire le rapprochement entre deux époques : « Chaque scène dessinée ici peut se retrouver aujourd’hui, à Gaza, en Ukraine, en Iran ou parmi le sort des réfugiés que l’on rejette ».

La trentaine de dessins, présentés dans une scénographie de qualité au cœur du MUME, sont en effet autant de cris contre l’injustice faite aux plus faibles d’une époque. Celles et ceux de la Retirada ont vécu la brutalité de l’internement, après celle de la dictature qui s’installait de l’autre côté des Pyrénées.

Ces dessins, « des armes fragiles mais redoutables », souligne la directrice du Mémorial de Rivesaltes, Céline Sala-Pons, représentée à La Jonquera par Greg Tuban, responsable scientifique du Mémorial.

En plus des dessins, de nombreux documents éclairent sur Josep Bartoli et sa folle vie, de Barcelone à New-York ou Mexico.

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 23 janvier 2026)

Les Pyrénées-Orientales toujours champions du chômage en Occitanie, et en France (L’Indep)

Confirmation d’études Insee en études Insee : le département des Pyrénées-Orientales conserve le taux de chômage le plus haut de France métropolitaine, très au-dessus des douze autres départements d’Occitanie. L’Aude reste fragile.

Du rouge sur la note de conjoncture régionale présentée ce début d’année par l’Insee Occitanie. Alors que le taux de chômage de la région, en progression, est désormais établi à 9,2 % de sa population active, bien au-dessus de la moyenne nationale (hors Mayotte) à 7,7 %, les Pyrénées-Orientales y participent largement. Avec un taux de chômage de 12,2 %, le département reste lanterne rouge. À l’opposé, la Lozère, certes bien moins peuplée (80.000 habitants en 2024 contre 498.000 pour les P.-O.), affiche 4,8 % de chômeurs dans sa population active.

Corollaire, le nombre d’allocataires du RSA, le revenu minimum, passe dans les P.-O. de 25.600 à 26.300 en un an (+ 2,8 %), alors qu’il baisse très légèrement dans l’Aude, 15.500 à 15.400 (- 0,7 %).

D’autres indicateurs d’activités économiques sont communiqués par l’Insee Occitanie. Parmi eux, celui des emplois salariés. Stable au niveau régional à – 0,2 % sur un an, soit – 5.400 emplois (dont – 400 dans la construction qui peine à se relever des années Covid), l’indicateur varie de – 0,8 % dans les Pyrénées-Orientales, soit – 1.200 emplois, le 16,9%, et de – 0,4 % dans l’Aude (- 500 emplois). Quant à l’emploi intérimaire, précaire, il dégringole dans la région à – 4,5 % sur un an mais s’effondre dans les Pyrénées-Orientales, à – 16,9 % affiche – 7,4 % dans quart de la perte régionale, et l’Aude.

104.860 entreprises ont été créées en Occitanie en un an (+ 3,5 %) dont 8.680 dans les P.-O. (4,8 %), 5.630 dans l’Aude (+ 1,8%). Le manque d’emploi explique en bonne partie les créations d’entreprises : 18 440 microentreprises, 8.590 entreprises classiques en région. Parallèlement, l’Aude a perdu 390 entreprises, les Pyrénées-Orientales 630, l’Occitanie entière 6.130.

Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 13 janvier 2026)

Les P.-O. largement en dessous de la moyenne nationale des salaires (L’Indep)

Selon une récente étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), les Pyrénées-Orientales affichent l’un des salaires moyens les plus bas de France dans le secteur privé, avec 2 200 euros net mensuels contre 2 733 au niveau national.

Pas de miracle. Selon la récente étude de l’Insee, qui se base sur des chiffres datant de 2024, non contentes d’être le deuxième département le plus pauvre de l’Hexagone derrière la Seine-Saint-Denis, les Pyrénées-Orientales présentent également l’un des salaires mensuels moyens les plus faibles de France dans le secteur privé.

En pays catalan, la rémunération mensuelle nette moyenne des salariés du privé (en équivalent temps plein) s’élève ainsi à seulement 2.200 euros, contre 2 733 euros au niveau national. Les Pyrénées Orientales font partie des dix départements de France où cet indicateur est le plus bas.

Cependant, le territoire n’est pas le moins bien loti de la région Occitanie. Selon l’Insee, le salaire mensuel net moyen dans le privé y est en effet supérieur à ceux de l’Aude (2 168 euros) et de la Lozère (2 155 euros). Il reste en revanche bien inférieur à celui de la Haute-Garonne, qui culmine à 2 787 euros par mois.

L’étude de l’Insee illustre également les inégalités salariales qui persistent entre hommes et femmes. Dans le secteur privé des Pyrénées-Orientales, celles-ci gagnent en moyenne 185 euros de moins par mois que leurs homologues masculins (un écart d’environ 8 %), avec un salaire moyen de 2 099 euros, contre 2 284 pour ces derniers.

Plus globalement, l’Insee indique qu’en 2024, à l’échelle nationale : « Les femmes gagnent en moyenne 13 % de moins que les hommes en équivalent temps plein. » L’institut précise que cet écart se réduit « de 0,3 point par rapport à l’année précédente » et « de 5,1 points par rapport à 2014. » Il reste cependant encore du chemin pour parvenir à l’égalité salariale.

La publication dissèque aussi les différences de rémunérations entre cadres, employés, ouvriers et professions intermédiaires (infirmières libérales ou assistantes sociales, par exemple). On y apprend ainsi qu’un employé gagne en moyenne 1 859 euros par mois en pays catalan. Contre 1 912 euros pour un ouvrier, 2 414 pour les professions intermédiaires et 3 651 pour les cadres.

Autre élément intéressant : dans une autre étude publiée en octobre dernier, l’Insee note qu’après avoir baissé de 1 % en 2023, le revenu moyen des salariés du secteur privé français en euros constants (corrigé en prenant en compte l’évolution des prix) était remonté de 0,8 % en 2024. Principalement grâce au ralentissement de l’inflation.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 2 janvier 2026)

Pourquoi les agriculteurs d’Occitanie sont-ils parmi les plus pauvres de France (L’Indep)

Parmi les plus virulents dans le mouvement de grogne, les exploitants de la région sont aussi parmi les moins bien rémunérés de France, avec un revenu moyen, avant impôt, de 19 542 euros par an.

« Le principal problème pour nous, c’est le revenu. » Au détour d’un discours sur un barrage, il y a quelques jours, David Sève, président de la FNSEA du Gard, a énoncé une évidence. Le mouvement de grogne des agriculteurs, qui s’est mis sur pause pendant les fêtes, est légitimé sur le papier par un désaccord avec la politique sanitaire de lutte contre la Dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et une opposition au traité d’accord commercial avec les pays du Mercosur. Ce ne sont en réalité que les gouttes faisant déborder un vase d’amertume.

La réalité, c’est que nombre d’agriculteurs n’arrivent plus à vivre décemment de leur métier. Une paupérisation encore plus marquée en Occitanie. « Les aides de la PAC ont été divisées par trois en vingt ans, on subit les cours de nos marchandises », déplorait un maraîcher gardois lors d’une manifestation. Les chiffres sont implacables: avec 19 452 euros de revenu courant avant impôt par salarié, les agriculteurs de la région ne gagnaient en 2023 que 45 % de la moyenne nationale dans ce secteur (43 133 euros). Plusieurs facteurs expliquent cette différence abyssale.

1 – De plus faibles surfaces cultivées

Contrairement à d’autres régions comme la Beauce – le grenier à blé de la France – ou les Hauts-de-France, les exploitations d’Occitanie cultivent des surfaces plus réduites : 49 hectares en moyenne contre 65 à l’échelon national. Ce qui n’empêche pas la région de disposer de 33 % de la superficie viticole nationale.

2 – Aléas climatiques plus impactant

Le pourtour méditerranéen est le secteur le plus impacté par l’ensemble des changements climatiques depuis cinq ans. « Pluies diluviennes, pics de chaleur, gelées… à 50 km de distance, les gens n’ont pas les mêmes problématiques et les rendements s’en trouvent impactés. On observe une accélération de l’incertitude », note Benjamin Devaux, directeur conseil économique et études de Cerfrance Midi Méditerranée, l’association de gestion comptable qui accompagne les exploitants dans le conseil économique, juridique, fiscal et social.

Conséquence, une baisse des rendements qui a induit une fragilité financière accrue face aux gros pics d’inflation qui ont suivi la période Covid et le début de la guerre en Ukraine.

« Les cours ne suivent pas l’inflation », reconnaît Benjamin Devaux, « alors que le prix de l’hectolitre de vin, par exemple, n’a pas bougé depuis vingt-cinq ou trente ans. Certaines matières premières ont pris 15 à 20 % d’une hausse difficile à répercuter dans un marché qui s’impose aux exploitants. De fait, leur marge s’est dégradée. »

Le bio, qui avait connu un essor en période de Covid, a lui aussi déchanté en raison de l’inflation, mais a semblé repartir en 2025.

3 – Disparités liées à l’accès à l’eau

Sur fond de sécheresse, l’eau est devenue une denrée rare et providentielle, source de profondes inégalités entre territoires.

« C’est une tendance de fond depuis deux ans », explique Benjamin Devaux. « Les exploitants qui ont accès a l’eau sécurisent bien mieux leurs revenus. Les vignerons qui n’y ont pas accès travaillent comme avant, mais font 15 hectos au lieu de 35 hectos par hectare. Les Pyrénées-Orientales et l’Aude sont particulièrement touchés, d’où un appauvrissement grandissant, comme sur le piémont héraultais. »

Dans ce contexte, Cerfrance incite nombre d’agriculteurs à se diversifier pour moins subir les conséquences du réchauffement.

« Dans les P-O, on a une grosse activité arboricole et maraichère », note Benjamin Devaux. « Dans le Gard, on a souvent un complément d’activité autour des asperges et de l’arboriculture, en plus de la vigne. Mais l’Aude et l’Hérault restent très viticoles, avec une mentalité très tournée vers la mono-culture. Des exploitants sinistrés cet été dans les Corbières réinvestissent ainsi presque intégralement dans les vignes, alors que certains étaient un peu en bout de course dans ce secteur. On a du mal à faire changer les mentalités. »

En cas de coup dur climatique, les assurances, principal levier de sécurisation de la monoculture, ne font plus leur office, en raison de la baisse des rendements: « Les indemnités sont calculées sur les rendements moyens des cinq dernières années en enlevant la moins bonne, mais ils ont tellement souffert que ces moyennes ne traduisent plus le potentiel des exploitations. »

4 – Pic des exploitations au seuil d’alerte

Selon les chiffres de Cerfrance et de la chambre régionale d’agriculture, les trésoreries sont en baisse.

En 2023, 40 % des viticulteurs atteignaient un seuil d’alerte financière, 12 % pour l’ensemble des exploitations (+ 3 % par rapport à 2022). « Le 6 janvier, j’ai quinze collaborateurs qui partent en formation accompagner les agriculteurs en difficulté », concède Benjamin Devaux. « Cela concerne presque une prestation sur deux chez nous. J’ai vu partir en pleurs un exploitant qui devait licencier une personne salariée depuis vingt ans. Un autre qui devait annoncer à sa fille qu’il ne pouvait plus la rémunérer. On est en train de déstructurer des filières. On détruit les chances d’installer une nouvelle generation. »

Richard Gougis (L’Indépendant, le 31 décembre 2025)

01 et 06 janvier à Gran Junquera, c’est non ! Communiqué de presse : soutien CCOO de Gérone

Nous venons d’apprendre, par nos camarades syndicalistes des CCOO de Gérone, que l’enseigne commerciale « Gran Jonquera » avait refusé à ses salarié.es les jours fériés Catalans et Espagnols du 01 et 06 janvier (nouvel an et épiphanie).

Alors que le centre commercial aura ouvert ses portes 364 jours en 2025 et que plus de 570 salarié.es ont signé la pétition pour le respect de la vie privée et familiale, la direction de l’enseigne ne leur fait pas de cadeaux !

Aujourd’hui c’est eux et demain, à qui le tour ?

Face à cette situation inadmissible et à leur demande totalement justifiée, nous interpellons tous les salariés et la population des Pyrénées-Orientales pour soutenir la revendication des salarié.es de « Gran Jonquera ».

Les 1er et 6 janvier sont des jours fériés, les salarié.es ont le droit au repos et à profiter de leur vie de famille.

L’Union départementale CGT66 avec la CGT Occitanie soutiennent l’action des CCOO de Gérone et appellent la population et les salarié.es à ne pas participez à cette forme moderne d’esclavagisme et à ne pas faire d’achat dans ce centre commercial durant ces 2 jours fériés.

Lettre ouverte de Carole Delga, présidente de la Région Occitanie (PS) à Sébastien Lecornu, Premier ministre

Monsieur le Premier ministre,

Je vous écris depuis ces territoires de l’Occitanie qui voient, chaque heure qui passe, l’indignation et la colère monter inexorablement face au désespoir d’un peuple. Elles sont à la mesure du choc ressenti par toute une profession et, au-delà, par la population, quant à la gestion gouvernementale de la dermatose nodulaire.

Je vous écris car j’estime qu’il est temps pour vous d’intervenir afin de garantir, dans les plus brefs délais, un dialogue franc et sincère avec les agriculteurs de ce pays, seul à même d’apaiser les tensions qui ne cessent de s’aggraver dans de nombreux départements, au-delà de ma seule région.

Vous le savez : je ne suis et ne serai jamais du côté des populistes démagogues qui instrumentalisent le chagrin et le désarroi à des fins politiciennes et électoralistes, pas plus que je ne céderai rien sur ma confiance en la science et les solutions de progrès qu’elles continuent d’apporter à notre société. 

Mais il faut être clair : de très nombreux Français, aux côtés de nos éleveurs, sont choqués par l’image des bêtes qu’on abat. Ils ne comprennent pas l’usage massif de la force publique, notamment celle qui s’est déroulée dans cette ferme de l’Ariège. Ils mesurent surtout la détresse d’éleveurs qui connaissent la douleur violente de perdre leur cheptel et, plus que tout, l’investissement et le sens d’une vie – et même de la vie de plusieurs générations. Nos concitoyens perçoivent cette gestion de crise comme un puissant symbole du fossé grandissant avec un pouvoir sourd, méconnaissant des réalités de vie et de territoires.

Nous devons tout faire pour éviter l’escalade et l’affrontement. Nous devons tout faire, singulièrement à quelques jours du débat européen sur le Mercosur, pour redonner rapidement confiance à une profession meurtrie. Elle s’estime abandonnée ou trahie par les pouvoirs publics, alors qu’elle continue à être massivement soutenue par les Françaises et les Français de par leur participation à notre souveraineté alimentaire.

Dans nos territoires, derrière chaque agriculteur, chaque éleveur, chaque viticulteur, c’est en effet un visage que l’on connaît, une voix que l’on apprécie, une famille que l’on côtoie car, de génération en génération, elle a transmis ce qu’il y a de plus beau : travailler durement mais toujours fièrement la terre de ce pays.

Elu(e) de la République, il est de notre devoir de les écouter et de leur apporter des réponses. Et, au-delà, un espoir, comme à l’ensemble du pays. L’absence d’écoute et d’empathie face à ces agriculteurs, dans ce moment difficile pour eux, ne fait que conforter les Français qui, dans une grande majorité, s’estiment eux aussi, ni respectés ni entendus.

Voilà pourquoi il ne peut y avoir une gestion bureaucratique et froide de cette nouvelle crise. Elle nécessite au contraire une méthode qui fait ses preuves localement et qui doit faire ses preuves au niveau national : l’échange, la compréhension et la recherche collective de l’intérêt général en réunissant au plus vite toutes les parties concernées.

C’est à vous, je le crois, Monsieur le Premier ministre, de donner cette impulsion décisive dans ce moment si important pour toute une profession qui reste le symbole vivant de ce que la France produit de meilleur.

Vous pouvez compter sur mon énergie et ma détermination à vous accompagner dans cette démarche d’ouverture qui doit collectivement, je l’espère, nous grandir.

Carole Delga
Présidente de la Région Occitanie
Présidente des Régions de France

L’édito du webzine. Des ports performants pour la France !

La compétitivité des ports du sud de la France ne vaut certainement pas de passer par-dessus bord les droits des travailleurs, de niveler par le bas leurs salaires et de déséquilibrer l’économie des territoires.

La fédération CGT des Ports et Docks appelait à un large rassemblement jeudi 11 décembre à Port-la-Nouvelle pour protester contre l’ouverture aux pratiques low-cost qui mettent en périls les emplois avec la mise en place d’une ligne confiée à un opérateur grec. Tirer les coûts vers le bas, c’est accepter l’inacceptable : le non-respect du pavillon français.

De plus, le développement des activités portuaires ne peut se réaliser en jouant la concurrence entre les ports français. Certains opérateurs jouent sans vergogne cette carte pour attirer des clients au détriment des autres places portuaires. Mettre en concurrence Marseille, Sète et Port-la-Nouvelle relève d’un calcul à très court terme, où seul l’accumulation de l’argent domine au détriment de l’équilibre économique de toute la façade méditerranéenne.

Ne pas baisser pavillon

Ce sont des personnels de tous les ports de France, très inquiets face à un redoublement de l’offensive libérale, qui se sont mobilisés à Port-la-Nouvelle, craignant que le port audois devienne « une zone de non-droit pratiquant une concurrence déloyale ». La gestion des ports s’organise sans contrôle sur le trafic et on laisse s’implanter des entreprises qui ne respectent pas les statuts des travailleurs. Les Régions et l’État doivent être interpelés sur leur stratégie de développement du trafic maritime et industrialo-portuaire.

L’occitanie ferait office de cheval de Troie de la « low-costisation » des ports en utilisant le dumping social. La présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), proposant de « jouer la complémentarité et faire pack », n’a pas eu l’heur de rassurer les portuaires. Ils exigent aujourd’hui : « La question de la gouvernance opaque de ce port doit être éclaircie, alors que des projets de loi sur l’avenir des ports sont en cours de discussion. »

La mobilisation des travailleurs portuaires est d’intérêt général. Ils attendent aussi de l’État et des collectivités des engagements forts au service des ports.

Dominique Gerbault

Maison de la Région. 120 ans de la loi sur la laïcité : un anniversaire dignement fêté (L’Indep)

« C’est un anniversaire, c’est une fête ! » Ce mardi, plutôt que de faire un long discours, la conseillère régionale Judith Carmona, qui s’est chargée d’ouvrir la commémoration des 120 ans de la loi sur la laïcité à la Maison de la Région, a préféré miser sur la convivialité. Et sur le rassemblement autour du principe de laïcité initié par la loi du 9 décembre 1905 qui garantit la neutralité de l’État par rapport aux cultes et, par ricochet, « l’égalité de toutes et tous quelles que soient leurs convictions ». Afin de célébrer dignement cet anniversaire, élus et agents de la Région ont partagé, avec les représentants des associations partenaires de son festival de la laïcité, des gâteaux réalisés par les apprentis du centre de formation de la Chambre de métiers de Perpignan. Dans la foulée, Patrick Marcel, de la Ligue de l’enseignement, a animé un débat autour du thème « En quoi la laïcité est-elle le garant du triptyque républicain Liberté, Égalité, Fraternité ? » L’ultime acte catalan du festival de la laïcité se tiendra ce mardi 16 décembre, à 18h30, avec une conférence sur le rugby et la laïcité d’un auteur spécialiste du thème, Georges Bringuier. Toujours à la maison de la Région.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 10 décembre)