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L’édito du webzine. Le plan Bayrou menace des millions de retraités
L’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) annonce, dans sa dernière publication que le plan Bayrou entraînerait la baisse de pouvoir d’achat de près de 90 % des retraités.
François Bayrou a promis de ramener le déficit public à 4,6 % du PIB d’ici à deux ans. Pour y parvenir, le gouvernement table sur 43,8 milliards d’euros d’économies. Les pensions de retraite figurent parmi les cibles prioritaires. Deux mesures sont particulièrement scandaleuses : le gel total de l’indexation des pensions sur l’inflation en 2026, une première depuis la Ve République, et la refonte de l’abattement fiscal de 10 % appliqué aux pensions, remplacé par un forfait unique de 2.000 € par foyer.
Ce double coup fiscal et social réduira le revenu net de la quasi-totalité des retraités. Dans un contexte inflationniste, le gel des pensions équivaudrait la perte de revenu réel qui pourrait atteindre entre 200 et 400 € pour une pension moyenne. Quant à la réforme de l’abattement, elle augmentera l’impôt dû pour tous ceux dont les revenus dépassent 20.000 € par an, amputant encore davantage leur budget.
La double peine pour les seniors
Pour de nombreux ménages, la retraite représente la principale source de revenus. Toucher à la fois au pouvoir d’achat et à la fiscalité revient donc à rogner sur des dépenses essentielles : alimentation, énergie, santé, loisirs… Dans certaines zones rurales ou petites villes, où les retraités soutiennent largement l’économie locale, la baisse de consommation pourrait aussi condamner commerces et services.
Ce plan aggravera l’isolement, les difficultés financières et l’accès aux soins pour une population déjà vulnérable. Les associations caritatives, déjà sollicitées, pourraient faire face à une demande accrue, tandis que les solidarités familiales seraient davantage mises à contribution.
Après des années de débats sur les retraites, une nouvelle tempête s’annonce. Présenté comme l’outil phare pour redresser les comptes publics, le plan de François Bayrou va frapper de plein fouet les 17 millions de retraités français.
Dominique Gerbault
L’édito du webzine. Le Conseil constitutionnel corrige la loi Duplomb
La charte de l’environnement fait partie de la Constitution française, c’est ce que le Conseil constitutionnel a rappelé au législateur en retoquant l’article 2 de la loi Duplomb.
Le sénateur Duplomb soutenue par la macronie a balayé d’un revers de main la charte environnemental en accédant à la volonté de la FNSEA de réintroduire le pesticide tueur d’abeille, l’acétamipride, dans l’agriculture. Il faut dire que ce monsieur Duplomb est un ancien dirigeant de ce puissant syndicat de l’agro-alimentaire.
À l’heure du dérèglement climatique impliquant la sécheresse et les mégafeux de forêt, les multinationales agro-industrielles tenants de la mal-bouffe rejoignent les climato-sceptiques de tout poil. Ils veulent passer en force. La droite, son extrême soutenue par la macronie assoiffée par l’appât du gain jettent par dessus bord les recommandations des spécialistes du climat et de l’environnement.
Alors que le gouvernement Bayrou remet en cause les budgets dédiés à l’écologies, les juges constitutionnels en retoquant l’article 2 de la loi Duplomb n’ont certes pas renversé la table mais ils remettent la France sur les rails.
La France fait figure d’exemple en Europe en interdisant l’acétamipride quand d’autres membres de l’UE l’autorisent. C’est aussi un des enjeux que pose ce débat sur la loi Duplomb, qui a suscité un mouvement citoyen d’ampleur : l’Union européenne doit impérativement harmoniser par le haut les règles pour une agriculture saine, expurgée de l’agrochimie et de la loi de la jungle.
Une victoire pour les progressistes
En recourant au Conseil constitutionnel, la gauche avait bloqué la promulgation de la loi. Les Sages censurent « les dispositions de l’article 2 de la loi qui permettaient de déroger par décret à l’interdiction d’utiliser des produits phytopharmaceutiques contenant des néonicotinoïdes ou autres substances assimilées ». Ils appuient leur décision sur les « exigences de la Charte de l’environnement ». Cette charte a une valeur constitutionnelle depuis son inclusion, en 2005, dans le bloc de constitutionnalité du droit français. Elle consacre les devoirs fondamentaux relatifs à la protection de l’environnement.
Dans la foulée de la décision du conseil, l’Élysée a annoncé que le président Emmanuel Macron promulguera la loi, mais sans la disposition censurée par les Sages. Autant dire que c’est une victoire pour les opposants au texte. L’article 2 de la loi Duplomb vient d’être censuré. Plus de deux millions de citoyens mobilisés par la pétition lancée par une jeune étudiante en Master QSE et RSE (Qualité, Sécurité, Environnement / Responsabilité Sociétale des Entreprises ont été entendus par les Sages du Conseil constitutionnel. Le sénateur communiste Ian Brossat se réjouit de cette « excellente nouvelle pour la santé publique et l’environnement ». Il dénonce une « loi absurde et dangereuse ».
La bataille n’est pas gagnée pour autant puisque le sieur Duplomb sous pression de la FNSEA prépare un nouveau projet pour réintroduire par la fenêtre ce que le Conseil a jeté par la porte. La pétition a encore de beaux jours devant elle !
Dominique Gerbault
CGT Éduc’Action. L’éducation et l’ensemble des services publics sacrifiés, l’armée et le monde de l’entreprise sanctuarisés
Le 15 juillet, François Bayrou a dévoilé ses orientations pour faire des économies dans le cadre du prochain budget présenté à l’automne. Alors qu’E. Macron avait la veille, lors du défilé du 14 juillet, annoncé « faire de la Défense une priorité » (une augmentation de 3,5 milliards en 2026 et 3 milliards supplémentaires l’année suivante), François Bayrou a, quant à lui, égrainé ses recettes pour éponger la dette à travers l’objectif de son plan « stop à la dette », avec comme seul leitmotiv la baisse de la dépense publique.
« Tout le monde devra participer à l’effort ». La plupart des ministères devront se serrer la ceinture et consentir à des efforts budgétaires avec in fine des coupes dans les services publics (dont 3.000 postes de fonctionnaires). C’est bel et bien une casse sociale qui est annoncée et qui touchera davantage les plus précaires et les plus modestes.
Par ailleurs, ce sont surtout les travailleuses et travailleurs qui devront faire des efforts avec la prévision de deux jours fériés en moins. Non content de faire travailler le monde du travail 2 ans de plus avec la dernière réforme des retraites, le gouvernement s’en prend une nouvelle fois à ceux et celles qui produisent les richesses de ce pays. C’est aussi la protection sociale qui est visée : une année blanche avec de surcroît, des contrôles renforcés pour les arrêts maladies. De contrôles, en revanche, il n’en est pas question pour les entreprises : après leur avoir donné des subventions à foison à hauteur de 211 milliards, sans aucune contrepartie, le gouvernement parle de les réduire de façon marginale mais leur promet des marges de « liberté » par ordonnance. Traduction, moins de contrôles. Et que le patronat se rassure ! 900 millions de financement sont prévus pour l’investissement.
Quant à notre secteur, alors que l’Éducation manque de tout et que le service public de l’Éducation ne tient que par la conscience professionnelle des personnels, la situation ne va pas s’améliorer. En effet, François Bayrou s’est voulu rassurant, avec notamment une augmentation du budget pour financer la réforme de la formation initiale. Pourtant avec la suppression de 3.000 postes puis le non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois à partir de 2027, le nombre de personnels va décroître inévitablement alors qu’il faudrait, à contrario, des créations de postes pour toutes les catégories de personnels. En effet, les conditions de travail n’ont cessé de se dégrader pour l’ensemble du secteur de l’Éducation, le manque d’attractivité pour tous les métiers et en particulier pour les enseignantes et enseignants devient de plus en plus prégnant.
Pour la CGT Éduc’action, l’Éducation nationale et l’ensemble des services publics, ne peuvent être sacrifiés sur l’autel de l’austérité à l’heure où tant de chantiers seraient à finaliser et à financer comme la réduction des effectifs par classe en créant massivement des postes, la titularisation des AESH, la rénovation du bâti… La liste est longue et l’urgence est bel et bien là au risque de voir l’Institution dysfonctionner encore davantage dans son rôle qui est le sien : former toute la jeunesse de ce pays en lui offrant une éducation solide et émancipatrice. Ces mesures annoncées par le 1er ministre sont brutales et inacceptables.
À nous d’imposer d’autres choix !
À Montreuil, le 16 juillet 2025
L’édito du webzine. La santé dans le collimateur des fonds vautours
Les fonds spéculatifs ne connaissent rien à notre système de santé mais suite au déficit d’investissements des pouvoirs publics organisé par la macronie, ils ont flairé le « pognon de dingue » à se faire.
Depuis des décennies les politiques libérales revanchardes ont mis à mal notre système de santé né du Conseil national de la Résistance et mis en œuvre par le communiste Ambroise Croizat. Cette année, on célèbre les 80 ans des la Sécurité sociale, ce système financé par les cotisations sociales et géré par les représentants des travailleurs. Son seul but est de répondre aux besoins de la population, il a été conçu en indépendance totale du capital.
Quatre-vingts ans plus tard, des fonds d’investissement veulent s’accaparer notre système de santé pour faire du profit, dans un contexte de vieillissement de la population. La financiarisation du système de santé pilotée par les appétits voraces des fonds de pensions est soutenue par la macronie. Elle organise sa dérégulation sous la bienveillance de la Commission européenne qui, elle aussi préfère les valeurs libérales à celles de la solidarité et de la puissance publique.
La financiarisation est « un processus par lequel des acteurs privés, non directement professionnels de santé, capables d’investir de façon significative, entrent dans le secteur des soins avec comme finalité première de rémunérer le capital investi », selon la Caisse nationale d’assurance maladie.
Revitaliser la Sécurité sociale
Ces nouveaux acteurs, fonds d’investissement et autres investisseurs privés, fonds de dette, attirés par la rentabilité du secteur, peuvent être conduits à « tirer rapidement et massivement profit de situations de rentes, à arbitrer entre activités au détriment des moins rentables, ou à faire évoluer les conditions d’accès aux soins en fonction de leurs intérêts économiques » selon l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) et l’IGF (Inspection générale des finances).
C’est l’essence même d’un système solidaire, universel, qui est menacé. Tout cela impacte évidemment la qualité et l’accès aux soins assurés par la Sécurité sociale. La CGT tire la sonnette d’alarme : « Nous devons nous battre contre cette marchandisation et retrouver une Sécurité sociale financée par la cotisation sociale, gérée par les représentants travailleurs et qui répondent aux besoins des assurés », indique la centrale syndicale dans un communiqué.
Revitaliser notre système de santé est la seule option pour éviter une bulle spéculative qui mettrait tout par terre est organiserait un retour en arrière d’autant plus insupportable que le vieillissement de la population et les épidémies pouvant découler du dérèglement climatique feront exploser les besoins.
Dominique Gerbault







