L’actu de la CGT (n° du 21 novembre)

Le 2 décembre : tou·tes mobilisé·es pour nos salaires et la justice sociale
­
Alors que le gouvernement joue la montre et que la droite et l’extrême droite font tout leur possible pour vider le texte du budget de tout ce qui pourrait menacer les intérêts des ultra-riches et des grandes entreprises, il est plus que jamais nécessaire de maintenir la pression pour gagner de vraies mesures de justice fiscale.
—>­ Se mobiliser
Le 2 décembre, la CGT appelle l’ensemble des jeunes, des salarié·es, des retraité·es et des privé·es d’emploi à se mobiliser par la grève et la manifestation partout en France. Le 2 décembre et après, c’est le moment où tout va se jouer !
—> Télécharger le kit

Kit de communication de la campagne « Urgence salaires »
Retrouvez les tracts et affiches de la campagne « Urgence salaires », disponibles en téléchargement dans différents formats et déclinaisons ainsi qu’un modèle de courrier pour l’ouverture des négociations salariales (NAO) et un modèle de questionnaire en préparation des NAO.
—> Télécharger le kit

Actualités

Manifestons le 22 novembre contre les violences sexistes et sexuelles
À l’occasion de la journée internationale de lutte pour l’élimination des VSS du 25 novembre, la CGT appelle à se mobiliser massivement pour obtenir la mise en place immédiate de mesures efficaces contre les violences sexistes et sexuelles.
—> Trouver un point de rassemblement près de chez vous

Les revendications de la CGT pour la santé des femmes au travail
Se battre pour l’égalité entre les femmes et les hommes, lutter contre les inégalités de genre, c’est renouer avec le progrès pour toutes et tous, parvenir à une société démocratique fondée sur la satisfaction de tous les besoins humains, dont la santé, la paix et la solidarité, et mettre fin à toutes les formes d’exploitation et de domination.
—> Lire la suite

Communiqués de presse

Syndicalistes : mobilisons nous le 29 novembre pour la journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien !
Après le cessez le feu conclu le 9 octobre dernier, et le soulagement de voir la libération des otages et de nombreux prisonniers palestiniens ainsi que l’espoir de voir les bombardements à Gaza enfin s’arrêter, la question palestinienne semble moins présente dans l’actualité. Et pourtant, le gouvernement israélien continue d’exercer une forte activité militaire au-delà de la « ligne jaune » qui délimite les zones sous son contrôle.
—> Manifester le 29 novembre

Choose France : une vitrine ne remplacera pas la politique industrielle dont nous avons besoin !
­
Cette opération de communication vise avant tout à rassurer le Medef et les 12 organisations d’employeurs signataires d’un courrier au Premier ministre, après leurs critiques sur la fiscalité des entreprises, plutôt qu’à définir une stratégie industrielle nationale ambitieuse…
—> Lire le communiqué

Droite et Extrême-Droite s’allient au Parlement Européen pour soutenir les grandes entreprises
Ce jeudi 13 novembre le Parlement Européen a adopté le projet de directive Omnibus. Ce vote est un présage funeste pour l’avenir de la démocratie, l’état de droit et les droits fondamentaux.
—> Lire le communiqué

25 novembre 2025 : journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Au travail aussi, il faut des actes et des moyens !

Les violences faites aux femmes au travail sont massives. Ainsi elles touchent les femmes de toutes professions, du secteur privé comme public et de toutes catégories socioprofessionnelles.

Le 20 octobre 2025, dans un communiqué, l’intersyndicale a alerté sur la profondeur de la colère sociale. Le budget à l’étude n’apporte aucune réponse à la hauteur et fait peser l’essentiel des efforts sur le monde du travail. Nos organisations syndicales demandent un budget de justice sociale et fiscale qui prend en compte l’objectif d’égalité salariale femmes/hommes. La lutte contre les violences faites aux femmes implique de se doter d’un plan global interministériel adossé à des moyens pour prévenir et traiter rigoureusement les violences sexistes et sexuelles. Dans ce cadre, les services publics – en particulier ceux de la santé, la justice, la police, l’éducation – doivent être renforcés et bénéficier d’un budget à la hauteur des enjeux que représente l’éradication de ces violences.

Aujourd’hui encore : 9 % des viols ou tentatives de viols ont lieu au travail, 30 % des salariées ont déjà été harcelées ou agressées sexuellement sur leur lieu de travail et 70 % de ces victimes de violences au travail déclarent n’en avoir jamais parlé à leur employeur. Pour celles qui parlent, c’est souvent la double peine : 40 % estiment que la situation s’est réglée en leur défaveur, par une mobilité forcée voire un licenciement.

De trop nombreux employeurs, qu’ils soient publics ou privés, ne respectent pas leurs obligations relatives à la santé et sécurité des travailleuses et des travailleurs en matière de prévention, de protection des victimes et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail.

Les budgets alloués à la lutte contre les violences faites aux femmes sont encore trop faibles, mal répartis et imparfaitement évalués comme l’indique le rapport sénatorial d’information déposé le 2 juillet 2025 sur « l’évolution du financement de la lutte contre les violences faites aux femmes ».

Le delta est énorme entre les budgets dépensés de 171,6 millions d’euros et ceux nécessaires pour répondre aux besoins estimés à 3,1 milliards d’euros selon la fondation des femmes.

Ainsi dans le domaine du travail, il est urgent de franchir de nouvelles étapes en matière de prévention, d’obligations et de sanctions pour lutter contre ces violences et renforcer la protection des victimes. Le lieu de travail doit pouvoir être une ressource pour la lutte contre les violences conjugales et intra-familiales, par la mise en œuvre de mesures spécifiques et la prise en charge, par le service social du travail de l’entreprise, de l’accompagnement de la victime.

  • La France doit s’aligner sur les meilleures législations européennes, en transposant notamment dans les meilleurs délais la directive 2024/1385 sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Elle doit aller au bout de ses engagements et des concertations doivent être rapidement ouvertes pour intégrer ces nouvelles obligations et de nouveaux dispositifs dans la loi :
  • Faire un bilan rigoureux des mesures de 2018 et identifier les nouvelles dispositions à adopter ;
  • Construire un baromètre annuel sous l’égide du Haut Conseil à l’Égalité pour évaluer le ressenti des travailleuses sur les violences sexistes et sexuelles au travail, dans le secteur privé comme dans les fonctions publiques ;
  • La mise en place de sanctions dissuasives pour toutes les entreprises et établissements qui n’ont pas de plan de prévention des violences sexistes et sexuelles et de dispositif de signalement ;
  • Des droits pour protéger les victimes de violences conjugales, conformément à la convention 190 et la recommandation 206 de l’OIT : abrogation des jours de carence en cas d’arrêt maladie et de la décote salariale de 10 % pour les agentes de la fonction publique, interdiction de licenciement, droit à absences rémunérées pour faire ses démarches, droit à la mobilité géographique et fonctionnelle ;
  • L’obligation de formation des personnels des ressources humaines, personnels encadrants, élu·es dans les instances représentatives du personnel (comité sociaux CSE / CSA…) ;
  • Des moyens pour que les référent∙es harcèlement sexuel/agissement sexiste des CSE et les élues VDHA (violence, discrimination, harcèlement, agissement sexiste) puissent jouer leur rôle syndical : prérogatives clairement définies, temps de délégation, formations… ;
  • L’obligation annuelle d’une campagne de sensibilisation sur les violences sexistes et sexuelles auprès de l’ensemble des salarié∙es sur leur temps et lieu de travail ;
  • L’obligation de mise en place de dispositifs de prévention spécifiques pour les travailleuses et travailleurs les plus vulnérables et notamment les jeunes, les précaires, les apprenties, les personnes LGBTQI+, les travailleuses de nuit ou en milieu non mixte… ;
  • Des droits pour que les victimes de violences sexistes et sexuelles travaillant dans des entreprises sans représentant∙e du personnel puissent être défendues et accompagnées par un syndicat face à leur employeur ;
  • Un accès aux soins garanti avec le remboursement à 100 % des consultations en psycho-traumatologie pour les victimes ;
  • La mise en œuvre partout et sans délai du programme EVARS (Éducation à la Vie Affective, Relationnelle, et Sexuelle ) dans les écoles et les établissements, avec le recrutement de personnel médico-sociaux à hauteur des besoins.

Les violences sexistes et sexuelles au travail ne sont pas une fatalité

Transformer le travail, c’est transformer la société tout entière !

L’édito du TC par René Granmont. Débattre à partir du véritable réel

Le point de vue des milliardaires s’étale partout. Ils possèdent presque tout ce que compte le monde des médias : chaînes d’info en continu, journaux, radios, plate-formes numériques… Cela leur permet de fabriquer « leur réel », de modeler les consciences, d’infliger leurs mensonges comme la seule vérité, d’imposer ce qui mérite d’être discuté, ce qui doit être oublié… Tout doit plier devant leur vision de la société et leurs choix pour l’avenir. Et interdit de sortir du rang ! Vous voulez organiser un colloque d’historiens sur l’histoire de la Palestine au Collège de France ?

Interdit dit le ministre de l’Enseignement supérieur (une première depuis Napoléon III ! ). New-York se dote d’un maire de gauche ? « C’est un antisémite » clament toutes les chaînes ! De Trump à Macron, nous avons aujourd’hui basculé dans le monde de « la post-vérité » où les mots sont vidés de leur sens, de leur complexité pour interdire tout débat qui, de près ou de loin, pourrait remettre en cause un système capitaliste (utilisons les mots justes ! ). D’où la nécessité, devant cette manipulation permanente de l’actualité, de faire connaître des informations claires, vérifiables, de fournir des éléments d’analyses précis, conditions absolument nécessaires pour permettre un débat réellement démocratique où les citoyennes et citoyens peuvent choisir en connaissance de cause. C’est ce qu’a voulu faire Le Travailleur Catalan en publiant cet imposant dossier sur la réalité économique des Pyrénées-Orientales. Sur son évolution, sur les idées fausses la concernant, sur ses caractéristiques essentielles, sur les difficultés (pauvreté, chômage, précarité, logement…) qui persistent… Certes, ce dossier, loin d’être exhaustif, mérite d’être complété, affiné, approfondi. Mais il permet néanmoins d’ouvrir un profond débat sur les causes des difficultés et sur les solutions à mettre en œuvre pour les résoudre. Ce que ce journal a voulu amorcer en interrogeant le secrétaire départemental de la CGT et un responsable du PCF 66.

P.S. : Certains d’entre vous jettent peut-être pour la première fois un œil dans le Travailleur Catalan… Rappelons-leur donc que ce journal presque nonagénaire n’est pas, comme près de 90 % de la presse française, la propriété de quelque milliardaire qui, en investissant dans la presse, ne vise absolument pas le moindre profit financier, mais simplement à imposer sa vision du monde. Le TC, réalisé presque totalement par des bénévoles, ne vit très difficilement que grâce à ses lecteurs, grâce à leur soutien financier. Aussi nous vous invitons à rejoindre la belle famille de ses lecteurs en vous abonnant et/ou à répondre à notre appel à souscrire pour assurer la persistance de cet hebdomadaire…

Le billet de Jean-Michel Galano. Des vilains mots pour désigner de grandes et belles choses

« La France, championne du monde des prélèvements obligatoires …» ; « Les Français ont la gueule de bois pour avoir abusé de la dépense publique… »« Il faut baisser le coût du travail… » Ces mensonges, assénés en boucle à longueur d’antenne, finissent par entrer dans les êtes. C’est là qu’il faut tenir bon et rappeler un certain certain nombre de faits.

Sous le nom de « prélèvements obligatoires », à savoir la différence sur le bulletin de paie entre le salaire brut et le salaire net, il y a le financement de la sécurité sociale et des services publics. Ceux qui veulent comme le RN par exemple en finir avec ces « prélèvements obligatoires » doivent assumer le fait qu’ils veulent tout privatiser ; éducation, hôpital, justice, retraites, sécurité, tout ! C’est l’honneur de la France d’avoir cet élément de communisme, si précieux et si menacé : chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. Et il n’est pas anodin de constater que dans le projet de budget actuellement débattu, le gouvernement cherche à pénaliser les plus modestes avec le doublement des franchises médicales et le reste à charge plutôt que d’aller chercher les recettes nécessaires chez ceux qui engrangent des dividendes faramineux. « Prélèvements obligatoires » et « dépense publique », ce sont les vilains noms donnés par la droite et les puissances d’argent à la solidarité nationale.

S’agissant du « coût du travail »… Parler de « coût » à propos du travail, c’est exactement comme si l’on disait qui la santé est une maladie. Le travail produit de la richesse, il ajoute de la valeur aux choses, il crée en outre un tissu social, permet de satisfaire des besoins humains, et quand il n’est pas normé par des impératifs de profit, d’embellir et de protéger la nature tout en développement les potentialités humaines. Ce qui a un coût, ce n’est pas le travail, c’est l’achat de la force et des moyens de travail, investissement rapidement compensé par la production de richesses, sans compter le fait que le salarié fait l’avance de son travail avant de recevoir son salaire.

Par contre, ce qui coûte aux entreprises, ce sont les frais bancaires, les profits non réinvestis, les taux d’intérêt et le renchérissement du crédit. C’est ce que les communistes appellent « le cancer financier », qui explique à la fois que des entreprises saines soient contraintes de déposer le bilan et que des salariés se retrouvent au chômage, qui , lui, coûte très cher à la communauté nationale.

Jean-Michel Galano