L’édito du Travailleur Catalan par Nicole Gaspon. Ne les laissons pas tuer la culture

Le festival d’Avignon 2026 se termine, c’était la 80è édition de l’une des plus importantes manifestations internationales du spectacle vivant contemporain. Le public était au rendez-vous mais aussi, hélas, l’expression de l’inquiétude qui traverse le milieu, artistes, techniciens, public face au massacre que subit la culture sous le règne finissant du macronisme.

Des coupes budgétaires d’une brutalité inouïe, déjà réalisées et à venir, des subventions gelées pour 28 établissements culturels, des licenciements redoutés, la précarisation des compagnies, des acteurs… Une saignée ! Le but semble bien de démanteler le service public de la culture. L’argument des économies nécessaires est parfaitement dérisoire, le budget de la culture c’est 0,7 % du budget de l’État soit 14€ par an par habitant. Et il faudrait encore en retrancher ?

On a plutôt l’impression qu’il s’agit d’une guerre idéologique contre la culture et la création, le peuple n’a nul besoin de culture, nul besoin d’imaginaires, nul besoin d’émancipation… Sous la domination de l’argent roi, de l’ultra-libéralisme, il faut une culture et une pensée formatées à la sauce Cnews. L’extrême droite se sent des ailes, ses idées rétrogrades se diffusent. Depuis quand dans notre pays n’avait-on pas interdit une pièce de théâtre ? Le maire de Castres l’a fait pour Passeport d’Alexis Michalik, et il y en d’autres.

La gravité de la situation a amené les artistes du festival d’Avignon à s’adresser publiquement au président de la République depuis la cour d’honneur du Palais des Papes, c’était le 13 juillet dernier. Ils ont solennellement demandé l’annulation de nouvelles coupes budgétaires, l’ouverture d’un débat national sur l’avenir du service public de la culture et un budget qui devrait au moins atteindre le 1 % du budget général.

Une initiative qui n’était que le début de la mobilisation.

Culture : grave menace sur les institutions culturelles du territoire

Des maires et adjoints à la Culture de toute la France interpellent le président de la République

Alors que notre pays est confronté à un mur budgétaire historique, chacun mesure la nécessité de contribuer à l’effort collectif de redressement des finances publiques.

Les collectivités territoriales comme les institutions culturelles qu’elles soutiennent en partenariat avec l’État n’ont jamais ignoré cette exigence. Depuis de nombreuses années, elles ont fait preuve d’esprit de grande responsabilité en assumant leur part des ajustements budgétaires tout en maintenant des services publics essentiels au quotidien de nos concitoyens, comme celui de la culture, et en poursuivant sans relâche leur mission de démocratisation culturelle au service de tous les publics.

C’est dans ce contexte que nous avons appris avec effroi l’annonce d’une réduction sans précédent des subventions de l’État destinées à 28 institutions culturelles majeures engagées sur nos territoires. Un tel arbitrage, brutal et sans concertation préalable, s’ajouterait à une première coupe effectuée sur les budgets culturels de l’État dans les Régions en avril. S’il était confirmé dans les semaines qui viennent, ses conséquences seraient immédiates et désastreuses.

Celle et ceux qui prennent ces décisions à un stade aussi tardif de l’année ont-ils vraiment mesuré leurs conséquences sur la pérennité de ces institutions, alors même que les programmations artistiques sont actées, les contrats signés et les dépenses largement engagées et incompressibles ?

De telles coupes massives conduiraient à constater de très graves déficits à la fin de l’année 2026 et à compromettre dès 2027 l’avenir de ces institutions. En effet, déjà fragilisées par plusieurs années de tensions inflationnistes et budgétaires, elles seraient confrontées à des arbitrages impossibles : annulation de spectacles, abandon de projets, réduction de l’offre culturelle, suppressions d’emplois ou, dans les situations les plus critiques, remise en cause de leur activité même.

Celles et ceux qui prennent ces décisions radicales ont-ils mesuré que les contributions demandées constituent une entreprise de démolition alors qu’elles n’auront en réalité aucun effet sensible sur la réduction du déficit de l’État ?

C’est un prix totalement disproportionné que l’on ferait payer à la culture en raison de la dérive des finances de l’État. La conduite des finances publiques ne peut reposer sur des décisions imposées, sans prévisibilité pour les établissements, et au mépris des engagements déjà contractés et de la confiance qui doit présider aux relations entre l’État et ses partenaires.

Monsieur le Président de la République, ne laissez pas s’accomplir cette atteinte aux fondations de la décentralisation culturelle engagée par André Malraux. N’hypothéquez pas l’avenir des équipes artistiques et techniques qui œuvrent sur les territoires. Ne donnez pas quitus à ce qui constituerait un reniement du pacte culturel républicain avec les territoires et avec tous ses publics.

Monsieur le Président de la République, sachez que nous sommes prêts, comme nous l’avons toujours fait, à participer à la réflexion collective sur les moyens de concilier responsabilité budgétaire et ambition culturelle. Mais un tel projet suppose de la visibilité pluriannuelle et le respect des engagements pris. Il ne peut se faire brutalement dans le mépris de la parole donnée.

Monsieur le Président de la République, la France a toujours puisé une part de sa force dans sa création, dans ses artistes et dans ses institutions culturelles. En faisant de l’opéra, du théâtre, de la danse, de la musique des variables d’ajustement du déficit public, vous oubliez que l’art et la culture sont un levier majeur de démocratisation culturelle, qu’ils réduisent les fractures sociales et territoriales, élèvent le niveau de connaissance et d’émancipation de nos concitoyens, créent de l’emploi et renforcent l’attractivité et l’influence de nos territoires.

Préserver cet héritage et réfléchir à son avenir est une responsabilité que nous nous devons de partager collectivement.

  • Raphaël Adam – Maire de la Ville de Nanterre
  • Rozenn Andro – Adjointe à la culture Ville de Rennes, Présidente du conseil de surveillance du Théâtre National de Bretagne
  • Nathalie Appéré – Maire de la Ville de Rennes, Présidente de Rennes Métropole
  • Bally Bagayoko – Maire de la Ville de Saint-Denis Pierrefitte
  • Xavier Bertrand – Président de la région Hauts-de-France
  • Nathalie Bois-Huyghe – Adjointe au Maire de la Ville de Bordeaux chargée de la culture et des mémoires
  • Sofia Boutrih – Adjointe au Maire de la Ville de Saint-Denis Pierrefitte en charge de la culture, de l’événementiel et des grands rendez-vous populaires
  • Laurent Cathala – Maire de la Ville de Créteil et Président de Grand Paris Sud Est Avenir
  • Claire Chazal – Vice-présidente de l’Opéra de Lyon
  • Thomas Cazenave – Maire de la Ville de Bordeaux
  • Mickael Delafosse – Maire de la Ville de Montpellier, Président de Montpellier Méditerranée Métropole
  • Arnaud Deslandes – Maire de la Ville de Lille
  • Pauline Diaz – Adjointe au Maire de la Ville de Villeurbanne déléguée à la culture et aux droits culturels
  • Agnès Dolhem – Adjointe à la culture de la Ville d’Hérouville-Saint-Clair
  • Grégory Doucet – Maire de la Ville de Lyon
  • Anne Fahmy – Présidente de l’Opéra National de Bordeaux, Adjointe au maire de la Ville de Bordeaux chargée de l’éducation, de l’enfance et des politiques alimentaires
  • Emmanuel Grégoire – Maire de la Ville de Paris
  • Sylvie Hubac – Présidente de l’Opéra de Lyon
  • Sylvie Jacq – Vice-Présidente du conseil départemental du Calvados en charge de la culture
  • Pierre Jakubowicz – Adjoint à la culture, au patrimoine et aux arts de la Ville de Strasbourg, Président de l’Opéra national du Rhin, Président de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg
  • Régis Juanico – Maire de la Ville de Saint-Étienne, Président de Saint-Étienne Métropole
  • Sofienne Karroumi – Maire de la Ville d’Aubervilliers, Vice-Président de Plaine Commune
  • Guillaume Lissy – Président de Grenoble Alpes Métropole
  • Bertrand Masson – Président de l’Opéra national de Nancy – Lorraine et adjoint à la culture de la Ville de Nancy
  • Alexis Monge – Adjoint à la vie culturelle et aux arts Ville de Grenoble
  • Hervé Morin – Président de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen et de la Région Normandie
  • Jean-Luc Moudenc – Maire de la Ville de Toulouse et Président de Toulouse Métropole
  • Patrick Nicolle – Adjoint à la culture de la Ville de Caen
  • Aristide Olivier – Maire de la Ville de Caen
  • Benoît Payan – Maire de la Ville de Marseille
  • Florence Portelli – Présidente de l’Orchestre national d’Île-de-France, Présidente déléguée de la Région Île-de-France en charge de la culture, du patrimoine, de la création et de la francophonie
  • Philomène Récamier – Adjointe à la Culture de la Ville de Lyon
  • Cécile Renault – Présidente de la MC93 Maison de la culture de Seine-Saint-Denis
  • Agnès Robin – Adjointe à la Culture de la Ville de Montpellier, administratrice de l’OONMO
  • Arnaud Robinet – Maire de la Ville de Reims
  • Sylvie Robert – Sénatrice d’Ille-et-Vilaine, Membre du Conseil de surveillance du Théâtre National de Bretagne
  • Johanna Rolland – Maire de la Ville de Nantes, Présidente de Nantes Métropole
  • Laurence Ruffin – Maire de la Ville de Grenoble
  • Florian Sitbon – Adjoint au Maire de la Ville de Paris chargé de la culture
  • Catherine Trautmann – Maire de la Ville de Strasbourg, Présidente de l’Eurométropole de Strasbourg, ancienne ministre de la Culture
  • Rodolphe Thomas – Maire de la Ville d’Hérouville-Saint-Clair, Vice-président de la Région Normandie
  • Stéphane Troussel – Président du Département de la Seine-Saint-Denis
  • Laetitia Valentin – Adjointe chargée des arts et cultures, Ville de Saint-Étienne
  • Cédric Van Styvendael – Maire de la Ville de Villeurbanne
  • Nicole Yardeni – Adjointe à la Culture, Ville de Toulouse, Présidente de l’Établissement public du Capitole – Opéra national et Orchestre national

Disparition. Edgar Morin, l’humaniste qui a révolutionné la sociologie (L’Indep)

L’atypique sociologue et philosophe, installé a Montpellier en 2018, s’est éteint à 104 ans. Il a fait évoluer le regard sur l’être humain, fait dialoguer les disciplines, et laisse une œuvre de référence.

Du haut de son âge centenaire, il croquait encore la vie avec l’appétit d’un adolescent et posait sur les excès de notre monde moderne le regard sage et éclairé de celui qui a traversé tant d’époques et d’épreuves.

En janvier 2019, Edgar Morin avait endossé avec gourmandise l’habit de rédacteur en chef d’un jour à Midi Libre et décortiqué une actualité dont il s’est nourri tout au long de son parcours de sociologue. Une visite en voisin pour celui qui s’était installé, de 2018 à 2024, vers la place de la Canourgue, à Montpellier, où il disait « retrouver une vie de village qui n’existe plus à la campagne ».

Morin, pseudonyme accidentel de résistant

L’œil pétillant et le sourire malicieux s’accordaient parfaitement à la vivacité intacte de l’esprit pour faire oublier qu’il allait intégrer le club des centenaires.

Interrogé par notre Confrère Jean-Marie Gavalda sur son extraordinaire capacité à repousser l’usure du temps, il avait avoué que l’apparence était « trompeuse » et qu’il ressentait « une fatigue intérieure ». Le temps a donc fini par le rattraper ce vendredi. Il n’emportera pas l’épaisseur de son œuvre ni la richesse de son parcours, digne d’un roman hugolien. Car, ironie du destin, en venant au monde à Paris le 8 juillet 1921, il avait déjà survécu à un avortement manqué et à un étranglement par son cordon ombilical.

« J’en ai peut-être gardé une forme de résistance ou de résilience », souriait-il. Fils d’un couple de marchands originaires de Salonique (Grèce), juifs non pratiquants, le petit Edgar Nahoum avait perdu sa mère avant l’âge de 10 ans. Enfant complexé, il disait encore avoir « été psychanalysé par la guerre et la résistance, l’action et la fraternité ».

Après des études d’histoire et de droit, cet engagement dans la Résistance communiste au sein des Forces unies de la jeunesse patriotique, en 1942, marque le premier grand tournant de son existence. Promu ensuite lieutenant dans les forces françaises combattantes, il adopte le pseudonyme de Morin un peu par accident (un camarade l’appelant un jour Morin au lieu de Manin, le pseudo qu’il avait choisi).

Après la libération, l’officier résistant tarde à entrer dans la lumière. Auteur de L’An zéro de l’Allemagne, sur l’état mental du peuple vaincu, il profite de deux ans de chômage pour commencer à écrire L’homme et la mort, son ouvrage le plus vendu dans le monde.

Le poste proposé ensuite par le CNRS (1950) sera, de son propre aveu, « une chance formidable ». La possibilité de jouir d’une totale liberté et de pouvoir mettre en place la méthode qui guidera sa pensée et son existence : naviguer entre les disciplines. Des confrontations de points de vue qui passent par de nombreuses réunions de chercheurs et de scientifiques d’horizons divers, comme lors du célèbre colloque de Royaumont, en 1972, autour de l’unité de l’homme, de ses invariants biologiques et universaux culturels.

Des travaux également nourris par ses séjours aux États-Unis et en Amérique du Sud, et résumés dans Le paradigme perdu : la nature humaine, où il oppose l’interaction de la culture dans l’évolution à la théorie purement darwinienne de l’évolution par la seule sélection naturelle.

Parallèlement, quatre ans après avoir quitté le Parti communiste (1951), Edgar Morin s’engage dans le Comité contre la guerre en Algérie. Dans Autocritique (1959), il ne fait pas seulement l’inventaire de ses erreurs mais réaffirme son inclinaison pour le questionnement permanent, qu’il oppose, lors d’une conférence à l’Unesco, à « des sciences aveugles à elles-mêmes ».

Dans La Méthode, une œuvre de 2 000 pages qui lui a demande près de trente ans de labeur (1977-2004), il partage en profondeur ses convictions sur ce qu’il considère être la meilleure manière d’apprendre. Une apologie de la transversalité et du partage des disciplines qu’il oppose au réductionnisme et à la compartimentation des sciences.

Un thème encore abordé dans Penser Global (2015) mais longtemps aussi illégitime aux yeux de la recherche académique que son attirance précoce pour le sport ou le cinéma. « Jeune étudiant, j’étais fasciné et ravi qu’il puisse se passionner pour le football ou les jeux télévisés », raconte le sociologue Claude Fischler, dans Le journal du CNRS. « Et quand je lui faisais remarquer qu’il ne fallait pas trop raconter aux collègues qu’on regardait la Coupe d’Europe, il me répondait : « Pour comprendre la culture de masse, il faut la vivre soi-même. » »

Chambouler les codes

Fier d’être ainsi devenu ce qu’il appelait un humanologue, un penseur capable de comprendre ce qu’est l’humain, « indiscipline » autoproclamé, il restait un autodidacte dérangeant dans le monde de la sociologie.

Élu maître de recherches sans avoir écrit de thèse de doctorat, Edgar Morin n’aura, de fait, pas vu un tapis rouge se dérouler spontanément dans ce milieu dont il a chamboulé les codes, bousculé les habitudes, repensé les méthodes. « Il y a effectivement eu une ostracisation et une réhabilitation tardive, confiait-il en 2019 dans nos colonnes. Certains m’ont condamné, d’autres m’ont compris. Il me semble qu’aujourd’hui mes idées ont essaimé. »

Elles lui survivent et il nous les laisse comme de précieuses lueurs, pour éclairer le bon chemin.

Richard Gougis (L’Indépendant, le 31 mai 2026)

  • 8 juillet 1921: naissance a Paris.
  • 1942 : entre dans la résistance.
  • 1950 : nommé au CNRS où il deviendra maître de recherches.
  • 1951 : publie L’homme et la mort.
  • 1955 : s’engage dans le Comité contre la guerre d’Algérie.
  • 1959 : Autocritique, analyse de son départ du Parti communiste au début es années 50.
  • 1968 : co-signe Mai 68, la brèche.
  • 1973 : premier des six volumes de La Méthode, son œuvre de référence.
  • 1981 : publie Pour sortir du XXe siècle.
  • 2004 : publie Pour entrer dans le XXI siècle.
  • 2015 : publie Penser Global.
  • 29 mai 2026 : mort à Paris.

De l’inventeur du mot « yé-yé » au combattant de la mondialisation

Edgar Morin a toujours porté un regard lucide sur son époque et ses excès du moment.

Nous avons tous un jour, sans le savoir, cité Edgar Morin. Il avait en effet été le premier à utiliser le terme yé-yé, dans un article publié dans le journal Le Monde, à la suite d’une grande manifestation à Paris le 12 juin 1963, qui avait réuni près de 200 000 jeunes venus célébrer le premier anniversaire de la parution du magazine Salut les copains.

« J’ai utilisé ce terme car les chanteurs de l’époque finissaient souvent leurs phrases par « oh yeah » », racontait-il pour expliquer ce néologisme qui allait s’inscrire dans l’imaginaire collectif. Un terme devenu culte. Bien des années plus tard, il deviendra un combattant affirmé de la mondialisation et un chantre d’un mode de vie et d’une culture raisonnés.

« Une société non pas idéale mais meilleure »

Des convictions partagées avec Pierre Rabhi, essayiste et agriculteur chantre de la sobriété, et que les deux hommes avaient développées dans un livre d’échanges communs début 2021 (Frères d’arme, éditions de l’Aube).

« Nous ne sommes pas maitres de l’avenir mais il faut trouver une nouvelle voie pour l’humanité », insistait Edgar Morin en 2020 dans Midi Libre, en pleine crise du coronavirus. « Il manque une pensée qui indique la voie, pose un diagnostic sur le monde et trouve une issue pour une société non pas idéale mais un peu meilleure. »

« Je ne suis pas pour une dé-mondialisation totale », nuançait-il cependant. « Il faut poursuivre les coopérations entre les peuples mais préserver des choses vitales pour chaque nation, un minimum d’autonomie vivrière et sanitaire. »

Concernant l’impact de la crise sanitaire sur les humains, il y avait décelé de nombreux aspects positifs, comme « cette solidarité qu’on pensait disparue mais qui était dormante, prête à se réveiller ». « Nous pensions être les maitres de nos vies, concluait-il, mais nos rapports avec les autres, notamment ceux qu’on aime, étaient devenus de plus en plus restreints. Nous perdions du temps en choses futiles et cette crise nous a obligés à repenser tout ça. »

R. G. (L’Indépendant, le 31 mai 2026)