L’édito du webzine. Mercosur : la trahison de Macron

Le président de la République n’a plus de parole, alors qu’il faisait parti des fers de lance européens contre l’accord de libre échange Mercosur, il vient de faire volte-face en marge de la COP30 à Bélem, au Brésil.

À contre-courant de l’opinion publique, du monde agricole et du Parlement, Emmanuel Macron vient de se dire prêt à accepter l’accord commercial entre l’UE et quatre pays latino-américains du Mercosur.

Cet accord, sur la table depuis des décennies mais signé fin 2024, doit permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, machines, vins… en Argentine, au Brésil, en Uruguay et au Paraguay. Mais il facilitera aussi l’entrée de bœuf, volaille, sucre, miel… via des droits de douane réduits, des produits souvent fabriqués avec des normes interdites en France à cause de leurs dangerosités pour la santé publique.

La parole présidentielle a rapidement été désavouée par son propre gouvernement. « Les lignes rouges de la France sont connues depuis le départ (…) Et aujourd’hui, même s’il y a des avancées, le compte n’y est pas », s’est insurgée la ministre française de l’Agriculture Annie Genevard, pour qui les garanties obtenues par la France pour protéger ses cultivateurs et éleveurs ne sont pas suffisantes.

Les syndicats agricoles n’ont pas tardé à réagir. « C’est un reniement total (…) cette déclaration, prononcée qui plus est à Belém, au cœur du territoire de nos concurrents agricoles, sonne comme un nouvel affront », s’est insurgé le patron de la FNSEA Arnaud Rousseau. « Nous appelons les eurodéputés français à faire bloc pour s’opposer à cet accord inacceptable et à défendre nos producteurs », martèle-t-il.

La Confédération paysanne dénonce « une trahison ». « Il nous avait dit, la main sur le cœur, au Salon de l’agriculture, qu’il s’opposerait à cet accord. C’était sa responsabilité d’aller chercher le soutien des autres États membres pour trouver une minorité de blocage. On est plus qu’en colère », a déclaré à l’AFP un de ses porte-parole, Stéphane Galais.

Un Président discrédité

« Macron veut ratifier le Mercosur, ouvrir nos marchés à des produits fabriqués avec des normes interdites chez nous. Un président aussi discrédité devrait se taire et laisser le Parlement décider ! », conspue le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel.

Emmanuel Macron s’est défendu en citant l’obtention par la France de clauses de sauvegarde renforcées censées préserver les produits agricoles européens en cas de brusque hausse des importations ou baisse des prix liées à l’importation de produits latino-américains.

« Aucune « clause de sauvegarde » ne fera le poids face à un compétiteur aux exploitations 100 fois plus grandes, aux salaires 5 fois inférieurs au Smic et qui déforeste à tour de bras », tacle le député GRS Emmanuel Maurel.

La représentation nationale a déjà affirmé à plusieurs reprises le rejet du texte. Deux résolutions s’opposant à l’accord de libre-échange, portées par les groupes socialiste et insoumis ont été adoptées le 30 janvier 2025 par les députés. Deux mois plus tôt, en novembre 2024, le gouvernement avait convoqué un débat suivi d’un vote confirmant l’opposition de la France à ce traité, approuvé par 485 élus sur 555 votants.

L’accord avec le Mercosur, c’est le renoncement à nos paysans, à notre modèle agricole et à nos engagements climatiques. Le Parlement a dit non. Les Français le rejettent. Et malgré tout, le Président s’apprête à dire oui. C’est une faute grave.

Dominique Gerbault

« Depuis la France, je regarde mon pays, le Soudan, s’effondrer » (Politis)

Salih Mo, originaire du Soudan, vit à Calais. Il raconte son déchirement de voir la guerre qui oppose deux généraux et ravage son pays depuis des mois.

Au Soudan, les morts encombrent les rues depuis des mois. À tel point que les Forces de soutien rapide (FSR) conduites par le général Mohammed Hamdan Daglo, dit « Hemetti », coupables de ces massacres, entreprennent une vaste entreprise de dissimulation de preuves. C’est le cas à El-Fasher, capitale du Darfour du Nord, où des images satellitaires ont révélé l’existence de fosses communes. À plusieurs dizaines de milliers de kilomètres de là, à Calais, où vit Salih Mo, originaire du Soudan, les informations s’affichent sur son téléphone et sont constamment dramatiques. Mais il parvient malgré l’horreur à nouer des liens de solidarité avec la communauté soudanaise locale et des personnes solidaires du coin.

« Je viens du Soudan, un pays que j’ai quitté le cœur lourd, emportant avec moi les bruits de la guerre, les visages de ceux que j’aime, et l’espoir têtu de survivre. La guerre m’a tout pris, sauf la volonté de continuer. J’ai vu ma ville se vider de sa vie, j’ai entendu les cris, senti la poussière brûlante des bombardements et, un jour, j’ai compris qu’il fallait partir. Le départ n’a pas été un choix, mais une urgence. On ne quitte pas sa terre parce qu’on le veut, mais parce qu’on ne peut plus y vivre. J’ai traversé des frontières, des silences, des nuits sans sommeil. Chaque pas vers l’inconnu était un adieu.
Sur le même sujet : Soudan : une guerre par procuration

En arrivant en France, je croyais trouver enfin un peu de paix. Mais le destin avait encore une épreuve à m’imposer. Peu de temps après mon arrivée, j’ai eu un grave accident de la route. Ma jambe a été brisée, trois opérations ont suivi, et des mois à l’hôpital m’ont enfermé dans un autre type de guerre – celle du corps et de la patience. Allongé sur un lit d’hôpital, loin des miens, j’ai souvent pensé à la fragilité de la vie. J’avais fui les bombes pour me retrouver face à un autre combat : celui de la douleur, de la solitude, et de la lente reconstruction.

Avec le temps, j’ai recommencé à marcher, à rêver, et j’ai repris mes études universitaires, dans l’espoir d’achever ce que la guerre avait interrompu. Je croyais que, cette fois, la vie me laissait enfin une chance. Mais un jour, la guerre est revenue, comme une ombre que l’on ne peut fuir. Je ne sais pas ce que nous avons fait, nous, les enfants du Soudan, pour que la vie nous punisse de toutes les manières possibles.

Depuis la France, je regarde mon pays s’effondrer, encore une fois. À El-Fasher, les habitants vivent aujourd’hui un enfer. Les bombardements ne cessent pas, les civils meurent dans l’indifférence, les hôpitaux sont détruits, les enfants manquent de nourriture et d’eau. Les rues sont pleines de peur et de poussière. Chaque jour, je reçois des nouvelles terribles : des proches blessés, des familles déplacées, des quartiers entiers effacés.

Cette douleur ne me quitte pas. Même loin, nous portons la guerre dans nos cœurs. Nous ne parvenons plus à nous concentrer, nous pensons sans cesse à ceux qui sont restés là-bas, prisonniers de la faim et du silence. Nous cherchons comment les aider, comment faire sortir nos familles de cette tragédie qui semble sans fin. Et pourtant, au milieu de cette obscurité, il y a des mains qui se tendent. Des personnes et des organisations, discrètes mais présentes, qui nous soutiennent, qui nous écoutent, et qui partagent notre douleur. Elles ne viennent pas seulement apporter une aide matérielle, mais aussi une chaleur humaine, une attention sincère. Elles ont ressenti, à leur manière, une part de notre souffrance.

Pourtant, malgré tout, je garde au fond de moi une petite lumière – celle de l’espérance, têtue, fragile, mais vivante. Parce que tant qu’on continue à raconter, à témoigner, à aimer, la guerre n’a pas totalement gagné.

Politis, le 7 novembre 2052

Une planète en péril, malgré trois décennies de COP (L’Indep)

Les efforts réalisés ne sont pas suffisants face au réchauffement climatique extrême qui se dessine.

Alors que de nombreux dirigeants internationaux se réunissent depuis jeudi au Brésil à l’approche du début de la 30e Conférence annuelle des Nations unies sur les changements climatiques (COP30), lundi, les données du réchauffement de la planète donnent à réfléchir.

Malgré des années de négociations, d’engagements et de sommets, les émissions de gaz à effet de serre ont grimpé d’un tiers depuis la première COP, la consommation de combustibles fossiles continue d’augmenter et les températures mondiales sont en passe de franchir des seuils qui entraîneraient des dommages irréversibles pour la planète.

La diplomatie climatique mondiale est-elle en train d’échouer ? Selon Simon Stiell, secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques, sans ces rendez-vous internationaux, les températures mondiales se dirigeraient vers une hausse catastrophique de 5°C. Mais, depuis 1995, les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont augmenté de 34 % Bien que ce taux soit inférieur à l’augmentation de 64 % enregistrée au cours des trois décennies précédentes, il représente toujours une trajectoire incompatible avec la stabilité du climat. Et les objectifs gouvernementaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour 2035 restent insuffisants pour empêcher les températures mondiales d’augmenter de plus de 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle, seuil fixé par les gouvernements mondiaux lors de l’accord historique sur le climat conclu à Paris en 2015.

Progrès et lacunes

Les températures mondiales ont déjà dépassé ce seuil 1,5°C certaines années, 2023 et 2024 figurant parmi les plus chaudes jamais enregistrées, bien que la moyenne mobile sur 30 ans soit encore intérieure à ce niveau. « Il y aura un dépassement, estime James Fletcher, représentant des Caraïbes. Tout dépassement de 1,5°C sera catastrophique pour les petits États insulaires en développement.

Facteur aggravant, la consommation de combustibles fossiles -principale source d’émissions responsables du réchauffement de la planète- reste obstinément élevée, sous l’effet de la croissance économique et, désormais, de la demande d’énergie des centres de données pour l’IA L’Agence internationale de l’énergie (AIE) prévoit, dans le même temps, un maintien de la demande en charbon -l’un des combustibles fossiles les plus polluants- à des niveaux record jusqu’en 2027, l’augmentation de la demande en Chine, en Inde et dans d’autres pays en développement compensant les baisses enregistrées ailleurs. Avancée notable, les investissements mondiaux dans les énergies propres ont atteint 2 200 Md$ (1 890 Md€) l’an dernier, dépassant les 1 000 MdS injectés dans les combustibles fossiles. Et l’adoption de l’énergie solaire et éolienne s’est accélérée. Les ventes de véhicules électriques ont également bondi. « Il y a dix ans, nous n’aurions jamais pu imaginer que ces avancées technologiques se seraient produites », salue Jennifer Morgan, ancienne envoyée de l’Allemagne pour les questions climatiques. Mais l’essor des énergies renouvelables et des véhicules électriques a principalement contribué à compenser la croissance de la demande en énergie, plutôt que de remplacer les combustibles fossiles. Signe que la bataille du climat est encore loin d’être gagnée.

Lula pointe les mensonges des « extrémistes »

À l’approche de la COP30, qui organisée du 10 au 21 novembre à Belém, la présidence brésilienne réunit depuis jeudi, pour deux jours 53 chefs d’État, dont le Français Emmanuel Macron. Un pré-sommet boudé par les dirigeants des économies mondiales les plus polluantes – Chine, États-Unis, Inde et Russie, à l’exception de l’Europe. Le président brésilien, Lula, a dénoncé, jeudi, les mensonges de « forces extrémistes » qui favorisent « la dégradation de l’environnement ». Alors que le climato-sceptique Donald Trump a annoncé la sortie des États-Unis de l’Accord de Paris et multiplie les discours et mesures anti-environnementaux.

Le Brésil a également exhorté les pays à ne plus chercher à effectuer de nouvelles promesses, mais plutôt à remplir les centaines d’engagements déjà pris dans l’objectif de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de financer des solutions salvatrices face au changement climatique.

L’Indépendant, le 7 novembre 2025

Zohran Mamdani, le nouveau visage de l’Amérique anti-Trump (L’Indep)

Les candidats démocrates ont remporté mardi soir les trois premiers scrutins majeurs organisés depuis que le républicain Donald Trump est revenu à la Maison Blanche en janvier dernier, redonnant du souffle à un parti en difficulté depuis son revers électoral de l’an dernier et alors que se profilent les élections de mi-mandat au Congrès (midterms) l’an prochain.

Le socialiste Zohran Mamdani est élu maire de New York, concrétisant une ascension politique fulgurante qui a fait de lui l’une des personnalités les plus éminentes du Parti démocrate, tandis qu’Abigail Spanberger et Mikie Shemill ont nettement remporté les élections pour les postes de gouverneur en Virginie et dans le New Jersey.

Un test crucial

Ces trois élections étaient considérées comme un premier indicateur de l’état d’esprit de la population américaine après neuf mois de présidence tumultueuse de Donald Trump. Elles constituaient également l’occasion pour les démocrates d’évaluer différentes stratégies de campagne, alors que le parti peine à se remettre de sa défaite lors de la présidentielle de novembre 2024. Les scrutins de mardi se sont tenus, cependant, dans des régions qui penchent plutôt à gauche.

Mais, alors que nombre d’électeurs démocrates appellent au renouvellement du parti, les trois candidats victorieux pourraient le redynamiser et susciter une nouvelle vague d’engouement. Ils ont pour point commun d’avoir mis l’accent durant la campagne sur les problèmes économiques – en particulier le coût de la vie. Si Abigail Spanberger et Mikie Sherrill font partie de l’aile modérée du Parti démocrate, Zohran Mamdani s’est distingué en se décrivant comme un progressiste décomplexé dans la lignée du sénateur Bernie Sanders et de l’élue Alexandria Ocasio-Cortez.

Durant la campagne, Zohran Mandani a appelé à relever les impôts versés par les grandes entreprises et les plus fortunés afin de financer des politiques ambitieuses, comme le gel des loyers pour près d’un million d’appartements new-yorkais ou encore la gratuité des transports en bus dans la ville. À Wall Street, des patrons ont exprimé leur préoccupation à l’idée de voir un socialiste à la tête de la capitale mondiale de la finance. Donald Trump l’a décrit à tort comme un « communiste » et avait apporté lundi soir son soutien à son rival Andrew Cuomo, reitérant sa menace de réduire les fonds fédéraux alloués à New York, sa ville natale, si Zohran Mamdani gagnait le scrutin.

L’Indépendant, le 6 novembre 2025

L’édito du Travailleur Catalan par Michel Marc. Dangers multiples

Le monde va mal. Passons vite sur les guerres, sur le règlement violent des conflits de tous ordres, sur les détresses en Afrique, au Moyen-Orient et en Ukraine, sur les destructions des êtres humains et des biens. L’humanité, dans tous les sens du terme, est menacée. Quelques états, dans le monde, mettent en danger la planète entière. Ajoutons les menaces dominatrices des USA à l’égard de l’Amérique latine, le blocus de Cuba, la course engagée au surarmement dans le monde, en France et ailleurs, l’absence de volonté d’agir pour la paix de la part des pays dominants. Assurément, si les peuples ne s’en mêlent pas…

La France va mal. Comme ailleurs, les puissances économiques nationales et internationales, capitalistes, écrasent les notions d’intérêt commun, de solidarité, d’égalité, de société, de progrès et de préservation de la planète. Elles sont au pouvoir. Elles sont aussi les hauts-parleurs de leurs propres intérêts. On n’est jamais aussi bien servi… Pédagogie oblige. Le bonheur n’est plus à l’ordre du jour. Délocalisations industrielles, pressions sociales sur les salaires et les pensions, remise en cause du formidable principe solidaire des cotisations sociales, services publics, qui appartiennent à tous, affaiblis. Les milliards improductifs « spoliés », parfois financés par de l’argent public, sont protégés avec les griffes et les chroniqueurs. Le Medef, le RN, les partis de droite sont en ordre de bataille. Ils attaquent, ensemble. Assurément, si le peuple ne s’en mêle pas…

Le département va mal. L’immense détresse des éleveurs locaux en est un exemple. Le chômage est en hausse, encore, pour une place de second département de France dans le domaine du sous-emploi et de la pauvreté. Les friches et les arrachages se multiplient. L’autoritarisme grandit. Assurément, si les citoyens « catalans » ne s’en mêlent pas, …

Appel du mouvement de la Paix

Ni essais réels ou simulés, ni modernisation des armes nucléaires ! Application du droit international qui porte l’exigence de l’élimination totale des armes nucléaires via par exemple le Traité de Non-Prolifération Nucléaires (TNP) et le TIAN. La France doit signer et ratifier le Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN).

La course insensée aux armes nucléaires se poursuit.

Juste avant sa rencontre avec le président chinois, Trump annonce sa volonté de relancer les essais nucléaires. Vladimir Poutine quelques jours auparavant avaient annoncé les essais d’un nouveau missile.

Les Echos et la Tribune annoncent dans leurs éditions du 28 octobre que « La France vient de mettre en service la nouvelle version de son missile nucléaire balistique intercontinental, le M 51.3, marquant ainsi une avancée majeure dans la modernisation de sa dissuasion nucléaire océanique ».

Ce missile est destiné à équiper les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins SNLE. Selon les informations données « ce missile est plus puissant plus précis que ses prédécesseurs, le M 51.3, Trois bénéficie d’une nouvelle tête nucléaire (TNO–2) et d’améliorations technologiques destinées à contrer les défenses antimissiles adverses. »

Le mot important est énoncé : « les défenses antimissiles ».

Cela confirme une fois de plus qu’à la suite de la fin du traité ABM (traité anti balistique missile) en raison du retrait unilatéral des USA le 13 juin 2002 (sur décision du Président Bush) le monde est replongé dans la perspective d’une utilisation tactique des armes nucléaires et à une résurgence de la guerre des étoiles. Un nouveau seuil est en train d’être franchi, qui nécessite une nouvelle mobilisation des opinions publiques en France et au plan au plan mondial.

Où en est-on en matière d’essais nucléaires ?

Pour infos les USA n’ont jamais ratifié le Traite sur l’interdiction des armes nucléaires (TICEN – traité d’interdiction complète des essais nucléaires- en anglais CTBT), empêchant ainsi ce traité d’entrer en vigueur ,car les usa font partie des Etats dont la signature conditionne l’entrée en vigueur du TICEN alors qu’il a été signe par 184 États et ratifié par 168. La Russie avait ratifié ce traité en 2000 et s’en est retirée en novembre 2023.

La France a ratifié ce traité mais nous considérons qu’elle viole l’esprit et la lettre du Ticen à travers les « essais en laboratoire » réalisés garce au Laser Mégajoule installé au Barp près de Bordeaux. En effet , un des objectifs du TICEN est de stopper les modernisations des armes nucléaires, modernisations qui passent essentiellement par les essais nucléaires.

Parmi les États qui poursuivent des essais simulés en laboratoire et il y a donc les USA (au Nevada et expériences au laser à Livermore), le Royaume-Uni, la Russie, la Chine, le Pakistan, Israël et la France.

Au 21e siècle seule la Corée du Nord a réalisé un essai nucléaire souterrain, le 3 septembre 2017.

Le 26 janvier 2025, Monsieur Shiguemitsu Tanaka, survivant du Bombardement atomique des USA sur Nagasaki le 9 aout 1945, en tant que représentant de l’association Nihon Hidankyo lauréate du prix Nobel de la paix en 2024 , a prononcé, devant la base de sous-marins nucléaires de l’ile longue (Crozon dans le Finistère), plusieurs interventions et lu en français et en japonais l’appel mondial pour l’élimination totale des armes nucléaires que vous trouverez ci-après et qui est actuellement porté par une quarantaine d’organisations au niveau mondial et par les presque 200 organisations du collectif national des marches pour la paix. D’autres appels au plan international ont vu le jour ce qui renforce la dynamique pour l’élimination totale des armes nucléaires, tout comme l’obtention du traité sur l’interdiction des armes nucléaires voté à l’ONU le 7 juillet 2017 et ratifié le 22 janvier 2021.

La conférence internationale contre les bombes A et H qui s’est déroulée à Hiroshima les 4et 5 août 2025 à laquelle participaient une centaine de militants français conduite par le Mouvement de la paix dont 35 militants du Mouvement de la paix, des militants de Mayors for Peace – les maires pour la paix- et des jeunes de MJC maisons des jeunes et de la culture des côtes d’Armor) a appelé à relancer mondialement les actions pour l’élimination totale des armes nucléaires.

Le Mouvement de la paix poursuit sa bataille pour l’élimination totale des armes nucléaires, et appelle en particulier à faire signer :

1) L’appel mondial pour l’élimination total des armes des armes nucléaires.
Sur cette question nous avons le soutien total de l’ONU qui appelle en particulier le 26
septembre de chaque année à la journée mondiale pour l’élimination totale des armes
nucléaires.

2) La pétition pour que la France signe et ratifie le Traité sur l’interdiction des
armes nucléaires
.

La Question communiste, de Domenico Losurdo

Traduction de Lorenzo Battisti
avec le concours de
Jean-Pierre Martin
et d’Éric Le Lann
Préface de Florian Gulli

« Ce livre de Losurdo a quelque chose à voir avec l’ascension des hautes montagnes. Losurdo n’y occupe pas la place de l’alpiniste, mais celle de l’observateur. Il analyse l’action de ceux qui, au cours du siècle, ont tenté l’ascension. Il essaie de déceler les “faux pas” qui ont précipité la chute des uns ou ont égaré les autres à tel point qu’ils ont perdu de vue le sommet.

Mais Losurdo s’enquiert aussi et surtout des “chemins détournés” qui, contre toute attente parfois, ont permis de repartir à l’assaut de la montagne.

La “question communiste” au XXIe siècle n’est donc pas la réactivation d’un vieux dogme romantique ou la contemplation du bel idéal. Elle est reprise des luttes concrètes “contre le démantèlement de l’État social, pour la défense de la souveraineté de l’État, de l’indépendance nationale et du droit au développement”, luttes qui ne seront efficaces qu’à la condition d’avoir appris des échecs et des victoires d’hier. »

Extrait de la préface de Florian Gulli.

Commander le livre
https://editionsmanifeste.fr/livre/losurdo/

La poursuite de la contre-insurrection au Chiapas : spoliation, création de conflits et incursion des forces militaires et étatiques contre l’EZLN

Communiqué publié par le Centre des droits humains Fray Bartolomé de Las Casas

San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, Mexique, le 30 septembre 2025

Spoliation du territoire à Belén, une nouvelle provocation dans le cadre des stratégies visant à mettre fin à la lutte pour la vie et El Común.

Depuis le Centre des droits humains Fray Bartolomé de Las Casas (Frayba), nous dénonçons les stratégies d’encerclement et de spoliation du territoire récupéré par la lutte de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN), menées dans le village autonome zapatiste de Belén, région paysanne, appartenant au Caracol 8 « La Luz que Resplandece al Mundo » (La lumière qui illumine le monde), dont le siège se trouve dans la communauté Dolores Hidalgo (municipalité officielle d’Ocosingo, Chiapas).

L’Assemblée des Collectifs des Gouvernements Autonomes Zapatistes (ACGAZ) – qui fait partie des structures zapatistes qui promeuvent El Común – a dénoncé les attaques qui ont commencé au mois d’avril, notamment le refus du dialogue, l’incursion et la mesure du territoire autonome récupéré en 1994, les menaces, le vol des récoltes, l’incendie de deux maisons et spoliations, perpétrés par un groupe de civils en collaboration avec la police municipale d’Ocosingo, la police d’État, le délégué du gouvernement, le procureur général de l’État du Chiapas et des membres de l’armée mexicaine.

Le but était de transformer le territoire récupéré en terre privée, ce qui a entraîné le déplacement forcé d’au moins 13 personnes, toutes membres des bases de soutien de l’EZLN, ainsi que de 40 paysans non zapatistes, à qui l’on a retiré la terre qui leur servait de subsistance et de travail, tous chargés du travail collectif de la région et de la milpa commune.

Ces faits ne sont pas isolés et constituent une reprise de la stratégie de harcèlement et d’agression contre le territoire zapatiste, son projet politique et sa lutte pour la vie, provoquée par les forces de l’État mexicain. Comme à l’époque du PRI, aujourd’hui déguisé en 4T, c’est la deuxième fois cette année que des opérations conjointes (armée mexicaine et forces étatiques, dont les Forces de réaction immédiate Pakal) ont été menées sur le territoire zapatiste ; la première a eu lieu le 24 avril dernier dans la communauté de San Pedro Cotzilnam, municipalité d’Aldama, Chiapas, région autonome Vicente Guerrero. En outre, des actes de harcèlement et de surveillance ont été signalés en avril 2025 lors de la Rencontre zapatiste (Rebel y Revel) Arte.

Cette spoliation s’inscrit dans le cadre de la poursuite de la stratégie anti-insurrectionnelle, qui utilise désormais le système judiciaire pour affronter les peuples du Chiapas, dans le cadre d’un processus de « restitution des terres », avec le soutien du ministère de la Défense nationale, ce qui constitue une provocation et une confrontation directe contre l’EZLN, mettant en danger la vie et l’intégrité des personnes qui habitent le territoire.

La violence politique actuelle s’accompagne d’un profond processus de spoliation visant à livrer le territoire des peuples et des communautés du Chiapas aux intérêts qui entourent les mégaprojets extractifs, d’infrastructure, touristiques et énergétiques.

Cette nouvelle attaque viole les droits collectifs des peuples, en particulier les articles 1 et 2 de la Constitution mexicaine. Elle viole également le système régional et international des droits humains auquel le Mexique a adhéré, notamment les articles 13, 14 et 15 de la Convention 169 de l’OIT sur les droits des peuples autochtones et tribaux, ainsi que les déclarations de l’ONU et de l’OEA sur les droits des peuples autochtones dans les articles 25 à 32 et 25 à 27, respectivement, les deux déclarations soutenant le respect de la terre et du territoire des peuples et des biens communs. De même, les accords de San Andrés qui définissent le territoire comme la colonne vertébrale de l’existence des peuples.

Le Frayba, dans le but d’éviter que le conflit ne s’aggrave et de mettre fin aux violations des droits humains, a transmis toutes les informations au gouvernement de l’État et au gouvernement fédéral, afin qu’ils agissent sous leur responsabilité pour respecter le territoire zapatiste face aux agressions, menaces et spoliations qui proviennent de leurs propres agents étatiques.

Nous exigeons que l’intégrité des personnes non zapatistes et des bases de soutien de l’EZLN soit respectée, ainsi que celle de leurs territoires où se construisent le commun et la non-propriété. Nous appelons à la solidarité nationale et internationale pour mener des actions en défense de la vie et du territoire.

Source : https://frayba.org.mx/boletin-8-ataque-belen-despojo-territorio-zapatista

L’édito du TC par Jacques Pumaréda. Ici et là-bas

Le parti de Milei la Libertad Avanza a récolté 40,7 % des voix aux élections législatives de mi-mandat en Argentine ce dimanche 26 octobre. Ces élections lui permettent de quasi-tripler sa base parlementaire, sans atteindre la majorité absolue. La participation dimanche, de 67,9 % était quasiment la plus faible de toutes les élections depuis le retour de la démocratie en 1983.

La brutalité du « plus grand ajustement budgétaire de l’histoire » a déjà vu plus de 200.000 emplois perdus, une activité anémiée, en contraction de 1.8 % en 2024, une reprise en 2025 qui s’essouffle et 80 % des Argentins qui gagnent moins de 600 euros. Quel vent mauvais souffle sur l’Argentine ? Le rouleau compresseur de la droite extrême, en France et dans le monde ? La Hongrie, l’Italie, les États-Unis… Comme une fatalité.

Et pourtant la candidate de la gauche irlandaise a remporté haut la main l’élection présidentielle ce dimanche 26 octobre, avec un programme prônant, entre autres, l’action urgente contre le réchauffement climatique, la réunification de l’Irlande et les droits des Palestiniens. C’est une victoire éclatante avec plus de 63 % des voix, contre 29,5 % à sa rivale de droite, Heather Humphreys, la députée Catherine Connolly devient la nouvelle cheffe de l’État d’Irlande pour un mandat de sept ans, succédant à Michael D. Higgins. Respectée pour son intégrité, elle était soutenue par les formations de gauche, notamment le parti communiste d’Irlande et le Sinn Fein. Comme un espoir.

Á l’Assemblée nationale, en France, la bataille d’amendements bat son plein, sur le budget de l’État et de la Sécu. Les compromis minimums vantés par Sébastien Lecornu entre forces que tout oppose sèment plutôt la confusion. La gauche se disperse entre les socialistes qui regardent vers le centre et les insoumis persuadés que le rassemblement se fera autour d’eux. De quoi réjouir la droite et l’extrême droite qui bâtissent les ponts pour briser le cordon sanitaire autour du RN. La gauche a mieux à faire pour présenter une alternative crédible avec un imaginaire commun, un horizon culturel capable de contrer le bain identitaire actuel.