Violences faites aux femmes. Ils ont marché pour Nathalie, Zaïa, Elodie, Adeline, Béatrice, Eva… (L’Indep)

Brandissant ce mardi soir, place de la République à Perpignan, des pancartes blanches où seuls les prénoms de victimes de féminicide étaient écrits en noir, d’autres des slogans, ils étaient environ 250 à déambuler jusqu’au Castillet, au nom des 149 victimes, en 2025 en France, de violences sexuelles et sexistes. Une marche lumineuse digne et émouvante.

Elles s’appelaient Lucie, Mélina, Nathalie, Adeline, Martine, Béatrice… D’autres sont restées anonymes, mais toutes ces femmes sont tombées sous les coups de leur conjoint ou de leur ex-conjoint, depuis le 1er janvier 2025. Leurs prénoms sont venus au fil des mois grossir les rangs d’une liste insupportable, inadmissible.

Toutes victimes de féminicides, -elles sont à ce jour 149 en 2025- les 250 personnes qui ont défilé ce mardi soir dans les rues du cœur de ville de Perpignan ne les ont pas oubliées.

Dans cette foule rassemblée place République en silence et s’éclairant à la lampe torche, avec un flambeau ou un portable suivant les consignes données, se trouve Bryann, 18 ans. Le jeune confie sans hésitation : « J’ai depuis toujours eu la fibre féministe. Pour moi la défense des femmes face à la violence de l’autre partie de l’humanité n’est pas qu’un vague concept, ni un argument électoral.. Enfant, j’ai côtoyé des gens violents, j’en ai souffert et j’ai vu les miens en souffrir aussi. D’où ma présence solidaire ce soir ».

Non loin de lui, Laurence, 35 ans, est venue seule braver le froid. Elle se dit « habituée à défiler pour des causes nobles et évidentes comme la lutte contre les violences faites aux femmes ». Elle écoute d’une oreille attentive les paroles prononcées au micro par Katia Mengo, co-organisatrice de cette marche lumineuse qui mènera plus tard le cortège jusqu’au pied du Castillet. D’un hochement de tête, elle approuve, et frémit lorsque Katia Mengo égrène ces chiffres terribles mais si réels : ceux des féminicides commis en France depuis janvier 2025. D’autres personnes autour ont le visage crispé ou du mal à retenir leurs larmes.

Félix, un Perpignanais de 31 ans, a lui la gorge serrée. « Je me devais d’être là ce soir, en mémoire des 149 victimes en France et de celles du monde entier, où une femme est tuée toutes les 10 minutes par son compagnon », souffle-t-il. « J’ai horreur de la violence sous toutes ses formes et celle à l’encontre des femmes, et des enfants, me débecte. C’est à nous les jeunes de ma génération de montrer l’exemple et d’en finir avec ce machisme, ce virilisme, ce masculinisme… Qui se répand dans toutes les couches de la société comme un virus ».

Le mot de la fin à un petit bonhomme d’à peine 6 ans. Il s’appelle Maël, est venu marcher avec sa mère et sa grande sœur de 10 ans. Tout fier, il tient bien fort leurs mains et crie, « moi aussi je suis féministe ! ». La nouvelle génération est en marche.

Valérie Pons (L’Indépendant, le 26 novembre 2025)

Une marche lumineuse pour ne pas oublier les 149 victimes de féminicide (L’Indep)

Ce mardi à 18h à Perpignan, femmes et hommes marcheront côte à côte au nom des 149 femmes mortes en France sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint et penseront aussi très fort à toutes ces femmes et jeunes filles victimes de violences de toutes sortes.

Toujours en première ligne de la lutte contre toutes les violences faites aux femmes au sein de leur collectif et/ou association respectifs, Katia Mengo, Monique Hernandez, Camille Ferrer, soutenues par SUD Solidaires et la Ligue des droits de l’homme, ont uni leurs voix en organisant, ce mardi 25 novembre 2025 à 18h à Perpignan, une manifestation lumineuse, « éclairée par tout ce qui est possible : portables, flambeaux, bougies, loupiotes, lampes torches, etc. Le but est de rendre hommage aux 149 féminicides en France depuis le fer janvier 2025. Soit 11 % de plus qu’en 2024 ».

403 victimes de tentatives de viol en France en 2024

Cette marche solidaire mise en place dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes, partira de la place de la République pour se rendre jusqu’au tribunal judiciaire ou sera organisé un sit in accompagné de prises de parole. Un concert donné au Théâtre de la Complicité clôturera la manifestation. La veille, Katia, Monique et Camille rappelaient à bon escient quelques chiffres et statistiques qui font froid dans le dos. Ainsi en France en 2024, le nombre de viols intrafamiliaux dont 98 % de femmes ont été les victimes, a augmenté de 9 % par rapport à 2023.

1 132 affaires de violences par conjoint dont 52 dossiers de viols intrafamiliaux ont été traités en 2025. Au niveau des agressions sexuelles commises au sein du foyer 85 % des victimes étaient des femmes, 58 % des mineurs. Toujours en 2024, « 403 femmes âgées de 18 ans et plus ont été victimes de tentatives de viol. 47 % l’ont signalé aux forces de l’ordre (gendarmerie, police) et 81 % ont déposé plainte », résume sobrement
Camille Ferrer. Déplorant, « mais 80 % de ces plaintes ont été classées sans suite ».

20 TGD affectés en 2025 par le parquet de Perpignan

Enfin, dans les Pyrénées-Orientales 20 téléphones (portables) grave danger (TGD) ont été attribués en 2025 par le parquet à des femmes victimes de violences intraconjugales, contre 3 seulement en 2024. Également par décision de justice, 7 auteurs réels ou présumés de violences envers leur conjointe ont dû porter à la cheville un bracelet anti-rapprochement (BAR).

Valérie Pons (L’Indépendant, le 25 novembre 2025)

Prades. Utopies autour du festival du livre dédié aux sciences humaines (L’Indep)

L’association L’amie Bambulle organise la deuxième édition du salon du livre des sciences humaines et sociales vendredi 17, samedi 18 et dimanche 19 octobre.

Le salon du livre dédié aux sciences humaines a pris du tour de taille pour cette seconde édition.

Un événement étoffé qui passe d’un à trois jours. Cinéma, musique, buffet, mais aussi et surtout débat ou encore rencontres avec des auteurs spécialisés sont au programme. « Ce que l’on souhaite, c’est offrir un temps de réflexion sur les grandes questions qui secouent notre siècle à travers les rencontres avec des acteurs de la pensée contemporaine: auteurs, universitaires, historiens, scientifiques, cinéastes, artistes… Populariser les sciences humaines et sociales sans les dégrader, les rendre plus accessibles non pas en les simplifiant mais en les sortant du monde universitaire » explique Constance Cousin, cheville ouvrière de cette organisation.

Au Lido vendredi puis au Foirail samedi et dimanche

Une deuxième édition du festival qui saluera la mémoire de Lionel Pourtau, décédé au mois d’août. « Lionel qui, par la force de ses rêves et convictions, a su impulser ce rendez-vous annuel du livre et des sciences humaines & sociales, ici à Prades. Passeur, il le fut, généreux, curieux et fédérateur tout autant que critique: c’est dans cet esprit que nous souhaitons partager ces temps d’échanges ». Début des festivités vendredi au Lido avec la projection de deux films (en partenariat avec les Ciné rencontres) sur Walter Benjamin, suivi d’un débat. Ceci en présence du réalisateur Jordi Vidal.

Samedi, direction la salle du Foirail des 9h30 pour une présentation et un hommage à Lionel Pourtau. Ensuite, les conférences s’enchainent : « Le Manifeste du parti communiste, une contre-utopie ? » (élèves et prof lycée Renouvier, 10h), « Inventer des territoires, d’utopies d’État en dystopie ? » (Daniel Bartement, 11h), « Le communisme libertaire en acte, Espagne 1936 » (Myrtille Gonzalbo, 14h), « L’Écoféminisme, mouvement utopique ? » (Margot Lauwers, 16h).

Du changement dans le programme

Une journée bien remplie qui se clôture en musique par un concert dessiné (18h) puis l’intervention d’un DJ (dès 20h). Dimanche, rendez-vous à 10h30 (salle du Foirail) pour la reprise des agapes.

Les amateurs vont encore être servis avec « Des années 70 et ce qui en découle » (Catherine Rouvière, 10h30), « Utopies et critique de la réification depuis Fourier » (Hélène Guérin, 14h) et enfin un petit changement dans le programme avec la venue de Christian Di Scipio en remplacement de Catherine Dufour. Professeur, journaliste, romancier, conférencier (et accessoirement grand sportif), il propose une rencontre intitulée « De l’utopie à l’uchronie » à 16h.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 15 octobre 2025)

Stand de la Libambulle et petite restauration prévue. Banquet sur réservation le dimanche midi Programme complet sur le Faceboak de l’Ami Bambulle.

L’écoféminisme selon Margot Lauwers

Enseignante-chercheuse à l’université de Perpignan et désormais enseignante en secondaire (depuis 6 ans), Margot Lauwers est invitée pour cet événement afin de parler d’écoféminisme. Rencontre.

Pourquoi l’organisation a pensé a vous ?

J’ai été contactée suite au désistement de la philosophe Catherine Larrère. C’est un sujet qui m’intéresse particulièrement puisque j’en ai fait ma thèse. Et puis je suis traductrice littéraire et j’ai réalisé la traduction de deux ouvrages sur l’écoféminisme.

Pourquoi avoir accepté ?

Je suis contente que des choses se fassent en local et cela me fait plaisir de revenir à mes premiers amours. J’aime depuis toujours la vulgarisation, ça m’a toujours beaucoup intéressée.

En deux mots, pouvez-vous expliquer l’écoféminisme ?

C’est un courant de pensée né dans les années 70, une autre façon de voir le monde. L’idée principale est de trouver les raisons pour lesquelles les femmes étaient jugées inférieures à l’homme et la nature inférieure à l’humanité. On compartimente tout et la dualité pose problème. Ce qui est marrant, c’est que c’est un mouvement dont certaines origines sont en France, mais qui a longtemps été très mal perçu. Il y a un retour d’intérêt chez nous depuis une quinzaine d’années.