« C’est une urgence absolue »… Après la mort de Lyhanna, des parents d’élèves de Perpignan agissent pour « faire bouger les choses » (L’Indep)

Depuis le 10 juin 2026, Ana Espinosa et l’association des parents d’élèves de l’école Jean-Jacques-Rousseau à Perpignan ont créé un carnet d’activités pour sensibiliser les familles à la prévention des violences sexuelles.

« Mon corps m’appartient ». C’est le nom du carnet d’activités mis en place par l’association des parents de l’école Jean-Jacques-Rousseau à Perpignan. Dans ce cahier d’une vingtaine de pages, des jeux informent les enfants sur leur corps et leur droit à l’intimité. Ana, une mère de deux enfants, est à l’initiative de ce carnet. « Il y a plusieurs années, j’ai assisté avec mon fils de 4 ans à une pièce de théâtre sur la prévention des violences sexuelles, au Mexique. À la suite de cette pièce de théâtre, j’ai fait une formation pour les parents sur la prévention des violences sexuelles. Ça permet d’apprendre à commencer à aborder le sujet avec des enfants. »

L’apprentissage par l’action

L’idée est donc claire : apprendre aux enfants comment réagir sous forme d’activités. « Vu que les enfants apprennent par le jeu, la façon la plus ludique de commencer à leur parler des violences sexuelles, c’est justement de faire des cahiers d’activités », explique Ana. Des systèmes ingénieux permettent de ne pas terrifier les enfants : un feu tricolore pour expliquer les parties intimes du corps, un labyrinthe qui mène vers des personnes de confiance, des mots croisés et enfin, un certificat qui félicite les enfants d’être allés jusqu’au bout du carnet. « Je pense que quand on fait réfléchir l’enfant par lui-même, c’est plus facile pour lui qu’il prenne ensuite des décisions », explique la créatrice du carnet.

Depuis sa création, il connaît un véritable succès : « Quand des parents utilisent cet outil, c’est aussi qu’ils sont un peu perdus pour savoir comment aborder cette question. Pour l’instant, on a eu de très bons retours, je suis contente ».

Une situation trop taboue

Selon Ana Espinosa, beaucoup de parents ne parlaient pas de ce sujet avec leurs enfants. « On a envie de les protéger de tout ce qu’il y a de plus difficile et moche dans le monde et donc, on évite de leur parler du sujet. Mais je me rends compte qu’en fait, on ne les protège pas du tout, parce qu’on est en train de faire comme si le problème n’existait pas. Les enfants sont donc encore plus vulnérables ».

Ce malheureux constat, la mère l’a souligné depuis la mort tragique de Lyhanna. « J’ai vu beaucoup de monde étonné que ça puisse arriver, même près d’ici, parce que Perpignan n’est pas très loin du Gers. Je me suis alors rendu compte que beaucoup de parents avaient tendance à éviter de penser à ça parce qu’ils ne veulent pas être confrontés à l’impensable ».

Depuis la mort de la jeune fille de 11 ans, cette mère et l’association de Jean-Jacques-Rousseau sont déterminées à agir « pour faire bouger les choses ». Pour eux, « c’est une urgence absolue. Parce qu’avant que cette petite fille ne se fasse tuer, il y avait beaucoup d’enfants, et il y en aura encore beaucoup qui se font agresser sexuellement ».

Ils espèrent donc maintenant pouvoir également aider de nombreuses familles, qui pourraient prévenir le danger avant qu’il se produise.

Noémie Becamel (L’Indépendant, le 18 juin 2026)

Le carnet est disponible gratuitement à cette adresse. Elle figure aussi dans la bio du compte Instagram de l’association @ape.jjrousseau66

« Nous pensons à Lyhanna et à tous les enfants victimes » (L’Indep)

Un hommage à la jeune Lyhanna a rassemblé près de 500 personnes devant le tribunal de Perpignan, ce lundi. Sous une fine pluie, associations et citoyens ont réclamé une protection réelle des enfants et l’examen urgent d’une loi intégrale.

L’ambiance qui régnait devant le tribunal de Perpignan était pesante, mais semblait nécessaire pour tout le monde. Ce lundi 8 mai, à 19 heures, environ 500 personnes se sont rassemblées en hommage à Lyhanna, collégienne de 11 ans, retrouvée morte le 4 juin dernier à Puycasquier, dans le Gers. Un appel national relayé par les associations Femmes solidaires 66 et les Chouettes anonymes, soutenues par le Collectif droit des femmes 66.

La pluie a commencé à tomber lors de l’arrivée des manifestants, majoritairement des femmes, accompagnées de quelques hommes et enfants. Charlotte, 36 ans, brandissait une pancarte avec ce mot d’ordre « Justice pour nos enfants ». L’histoire de Lyhanna a fortement résonné dans le cœur de cette jeune maman. « Je ne peux pas imaginer ce que ça peut faire à des parents. Des vies sont brisées par les violences sexuelles et il y en a assez que ça soit traité comme de simples dysfonctionnements », a-t-elle témoigné. Mathilde, 47 ans, avait du mal a retenir son émotion. « C’est beaucoup de tristesse. Mais avant tout, l’idée, c’est d’avoir une réflexion collective sur ce qui tait que des petites filles doivent avoir peur des papas des copines, ou que des femmes ont peur d’aller faire un footing dans la rue ».

Réunis devant le palais de justice, les membres des différentes associations ont pris la parole. « Nous pensons à Lyhanna et, à travers elle, à tous les enfants victimes de violences sexuelles. Nous sommes également réunis parce que nous refusons que la protection des enfants reste une promesse électorale alors qu’elle devrait être une priorité », a scandé Aurélie Martin, de Femmes solidaires 66, encouragée par des applaudissements. Cette dernière a également exprimé « l’examen immédiat » de la loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants, portée par plus de 150 associations et organisations. Monique Hernandez, du Collectif droit des femmes 86, a quant à elle commencé par pointer du doigt l’interdiction de la mobilisation à Paris, avant de s’attaquer aux représentants politiques. « Darmanin s’excuse, mais il aurait pu démissionner, il en est déjà à sa 56e circulaire de l’année. Nous sommes aussi unis contre cette politique de l’émotion et du fait divers ».

Après une minute de silence, le rassemblement s’est ensuite déplacé de quelques mètres, devant le tribunal des affaires familiales de Perpignan.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 9 juin 2026)

Communiqué du collectif Visa 66 sur l’incident du 21 mars

Ce samedi 21 mars 2026, à Perpignan la Marche des Solidarités a été organisée à l’initiative du collectif VISA66 (CNT66, CGT66, Confédération Paysanne 66, FSU66, Solidaires66) et élargie à l’ensemble des associations (ASTI, MRAP, RESF, La Cimade, LDH, le MDLP, SOS Racisme…) qui combattent les discriminations raciales et le fascisme à partir de l’appel du collectif national « Né.es ici, venu.es d’ailleurs ».

Lors des 2 réunions (5 février et 12 mars) qui ont réuni le collectif VISA66 et l’ensemble des associations, il a été décidé de l’organisation de la journée : parcours de la manifestation, concert, conférence et prises de parole, une pour VISA et une pour les associations précitées (sur la base du communiqué « Né.es ici, venu.es d’ailleurs »).

Le 14 mars nous avons été destinataires, VISA66 ainsi que toutes les associations participantes, d’une demande de l’AFPS et d’Urgence Palestine à participer à cette journée. Il a été reproché à VISA66 de ne pas avoir invité ces associations lors des réunions de préparation à la Marche des Solidarités.

Après de longs échanges « tendus » par mail et à la demande de certaines associations, il a été proposé à l’AFPS et l’UP de s’intégrer à la prise de parole des associations. Proposition rejetée, car elles réfutent le communiqué « Né.es ici, venu.es d’ailleurs » qui ne leur convient pas considérant que les musulman.es sont les mieux placé.es pour parler de racisme, que nous sommes « hors sol » et souhaitent prendre la parole, sans cadre, indépendamment des autres associations et sans aucune concertation préalable.

Depuis 2 ans nous rencontrons des difficultés de communication et des désaccords politiques profonds avec ces deux collectifs. Désaccords qui se sont principalement enkystés lors des journées internationales contre les violences faites aux femmes le 25 novembre 2025 et les journées du 8 mars 2025 et 2026 entre le Collectif Droits des Femmes (dont nos organisations syndicales font partie depuis plus de 20 ans) et l’AFPS, Urgence Palestine et les étudiantes musulmanes de France.

En effet, ces associations refusent de faire partie du collectif, refusent de signer la charte dont toutes les associations, organisations syndicales et partis politiques sont signataires mais souhaitent malgré ce prendre la parole toujours sans concertation lors des manifestations.

Devant notre refus, nous avons été insultés, traités d’islamophobes, de racistes envers des femmes voilées. Des pancartes lors de la manifestation du 25 novembre 2025 portant les slogans « les femmes blanches maintiennent la domination raciale » ont été brandies, cette année lors du 8 mars, des posts sur les réseaux sociaux ont été publiés traitant nos camarades à la banderole de « grands-mères de Némésis », insultant le collectif Droits des Femmes de « suprémaciste », « islamophobe », « d’être plus Némésis que Féministe ». Le collectif Droits des Femmes a tenté une réunion de remédiation pour initier des actions ensemble, proposant à ces associations d’intégrer le collectif. Fin de non-recevoir des responsables de l’AFPS, Urgence Palestine et les étudiantes musulmanes de France qui refusent d’être signataires de la charte mais souhaitent malgré tout intervenir lors des actions organisées par le CDDF.

C’est dans ce contexte pesant, que le samedi 21 mars lors de la marche et au moment de la prise de parole des associations devant la mairie RN de Perpignan, dans une rue bondée de passant.es, les représentantes de l’AFPS et UP qui n’avaient rien préparé, ont invectivé au micro les organisations syndicales et associations, les accusant de refuser de donner la parole aux femmes voilées alors que pourtant la parole leur était donnée.

Suite à cette prise de parole individuelle, totalement hors sol les organisations syndicales ont décidé de couper le son de la sono pour mettre fin à ce spectacle lamentable qui contrevenait à tous les objectifs de cette action. La porte-parole de l’AFPS et d’UP hurlant qu’on l’empêchait de s’exprimer a refusé de rendre le micro au secrétaire général de l’Union Départementale de la CGT66 qui a été violemment pris à partie.

Depuis samedi un déferlement de haine à l’encontre des organisations syndicales et plus particulièrement du secrétaire général de l’UD CGT a envahi les réseaux sociaux. Des montages vidéos, sous différents angles, des ralentis avec ou sans son ne laissent aucun doute à une opération de communication réfléchie et préparée dans le seul but d’incriminer nos organisations syndicales et de manipuler l’opinion publique. Les commentaires de haine et diffamatoires qui accompagnent ces vidéos sont une véritable campagne antisyndicale dont notre camarade de l’UD CGT en est la première victime collatérale.

Accuser les organisations syndicales de racisme envers les femmes voilées, instrumentaliser le voile et les religions, détruire les collectifs qui rassemblent et nous unissent ici à Perpignan depuis plus de 20 ans, est abject !

Dans notre département, toutes les journées de mobilisations ont toujours été le fruit d’un travail collectif, concerté et respectueux des différences de chacune des organisations, associations et de toutes les sensibilités.

Cette cabale ne peut être tolérée, elle dégrade et abîme notre combat contre les idées d’extrême droite et fait le lit des idées nauséabondes du rassemblement national qui gangrènent notre département.

Nos organisations dénoncent toutes formes de violences, la cascade d’invectives et les injures incessantes orchestrées depuis des mois envers l’ensemble des collectifs, associations desquels nous sommes membres ou que nous soutenons (Cultures de Paix, Collectif Droits des Femmes, VISA66).

Nous appelons à l’apaisement et au rassemblement. Notre histoire antifasciste et antiraciste n’est plus à prouver.

Près de 4 000 personnes ont défilé pour « porter les voix des femmes » (L’Indep)

De toutes les générations, identités de genre, origines, militantes et militants de la première heure ou jeune garde, ils se sont rassemblés ce 8 mars autour de la défense des droits des femmes place de la Victoire a Perpignan. Hier, l’union faisait la force.

« Contrôle ta b… Avant de vouloir contrôler le monde entier ! », « Ne me libère pas je m’en charge », « Quand je serai grande, je toucherai un salaire d’homme », et tant d’autres pancartes aux slogans bien sentis mais toujours teintés d’une pointe d’humour pour mieux faire passer le message féministe, ont fleuri à Perpignan hier, Journée internationale des droits des femmes.

Au moins 30% de militants hommes

Des femmes de tous âges, représentantes de toutes les générations, origines, identités de genre. Rejointes par au moins 30 % de féministes au masculin, des lycéens, des étudiants, des trentenaires, des seniors qui se sont mobilisés en solo, en couple ou entre amis pour défendre les droits les plus élémentaires, souvent oubliés ou foulés au pied, de l’autre moitié de l’humanité.

Jamais peut-être la notion d’internationale (en lien avec les guerres au Moyen-Orient et en Ukraine) n’avait aussi fortement et tristement résonné au cœur de cette manifestation, suivie d’un défilé revendicatif mais pas revanchard, sur les grands axes perpignanais. Ainsi Katia Mengo, combattante féministe de la première heure, taclait « la violence faite aux femmes parce qu’elles sont simplement des femmes que ce soit en Iran, en Afghanistan et dans d’autres pays peu penchés vers le progressisme. En fait, partout dans ce monde dominé, quoi que l’on puisse en penser ou en dire, par le « mâle » qui se veut tout puissant, par ce machisme et ce masculinisme insupportables ».

Elle martelait : « Nous sommes atterrés -j’inclus évidemment dans ce
« nous » les hommes qui respectent les femmes- par ces féminicides qui ne cessent de grossir la liste -143 l’an dernier dans notre pays- et par la paupérisation galopante des femmes dans notre société. Bref, nos luttes se poursuivent, se renforcent même, déterminées, y compris politiquement parlant puisque j’exhorte les gens qui se sont déplaces ce matin à dire un « non » ferme à l’extrémisme, au nationalisme et à la radicalisation qui opèrent un retour en force »
.

Parmi ces militants justement, nous croisons deux copains : Sébastien, 19 ans et Ludovic, 25 ans, deux novices en matière de lutte sociétale. Ils reconnaissent avec une logique implacable, « on est là parce que sans les femmes, ben on n’existerait tout simplement pas ! ». Non loin Gilles, 54 ans, confie à son tour : « Déjà, j’ai 3 filles, et croyez-moi elles me mènent par le bout du nez (sourire). Et puis, on peut dire que je suis un féministe dans l’âme. L’égalité des sexes dans tous les domaines est un droit fondamental et l’un des piliers de nos démocraties. Il ne faut rien lâcher ».

Sans doute le doyen du militantisme féministe rencontré au cours de cette matinée s’appelle Jean. Il a 83 ans et avoue, « j’ai au moins 50 ans de sit-in, de mobilisations et de défilés au compteur pour défendre les droits des femmes, incessamment bafoués ». Assurant : « et je sais que si un jour je me ramollis, mes deux -grandes- filles âgées de 51 et 59 ans auront les bons arguments pour me remettre illico dans le rang ! ».

Valerie Pons (L’Indépendant, le 9 mars 2026)

Expositions, conférences, spectacles… les droits des femmes mis à l’honneur par le Département (L’Indep)

Les semaines des droits des femmes reviennent du 8 au 28 mars. L’occasion pour le conseil départemental des Pyrénées-Orientales de mettre à l’honneur les femmes et leurs droits, mais aussi de rappeler les problématiques auxquelles elles font encore face aujourd’hui.

22 jours de mobilisation, 40 événements et 55 partenaires mobilisés… La journée internationale des droits des femmes ne se limite plus seulement au 8 mars. Le Département des Pyrénées-Orientales a souhaité leur consacrer plusieurs jours, du 6 au 28 mars prochains.

De nombreuses animations seront proposées sur le territoire, à Perpignan, Cabestany ou encore à Saint-Estève. Tout d’abord des conférences, parmi elles « Être une femme et maître de capoeira, un combat en mouvement », le 27 mars. Des spectacles, tels que celui de « La gui feminista – Parlons féminisme », dimanche 8 mars. Des ateliers et des rencontres, mais aussi du cinéma et des expositions. Enfin, quelques activités : un quiz spécial droit des femmes, un workshop photo et matrimoine ou une course mixte.

Tant d’événements qui s’articulent autour d’un sujet commun : les droits des femmes. Françoise Fiter, vice-présidente du Département des Pyrénées-Orientales, profite du lancement de la programmation pour rappeler des notions importantes. « C’est un combat quotidien. Nous sommes dans une situation paradoxale car la parole commence à se libérer sur certains sujets, mais en même temps nous faisons face à un masculinisme radical qui lutte contre les mouvements féministes. Le numéro 3919 (ligne d’écoute nationale destinée à toute personne se posant des questions sur des situations de violences), est régulièrement saturé volontairement ».

Elle pose également des constats, tels que le fait que seules 64 % des
femmes ont accès à la justice au niveau mondial aujourd’hui, mais aussi que depuis l’année 2026, 20 féminicides ont été enregistrés en France. Face à cela, « un long travail d’explication et de sensibilisation est à accomplir », conclut-elle.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 7 mars 2026)

L’ensemble du programme des semaines des droits des femmes est à retrouver sur le site du Département.

Une manifestation festive pour la journée des droits des femmes (L’Indep)

Une manifestation féministe s’invite à la Journée internationale des droits des femmes ce dimanche 8 mars à Perpignan, organisée par le Collectif droits des femmes 66. L’occasion de pointer du doigt les avancées et les retards pris à l’égard de l’égalité hommes/femmes.

Faire de la Journée internationale des droits des femmes une journée féministe nationale. Pour le 8 mars, le Collectif droits des femmes 66 (CDDF) appelle à une manifestation à Perpignan, place de la Catalogne à 10h30. Un moment festif avec plusieurs temps de parole, notamment devant le tribunal et la préfecture, et la présence d’un village associatif.

Cette journée permet aussi de rappeler les violences et les inégalités toujours présentes entre les femmes et les hommes. Katia Mingo, Karine Tartas et Marie-France Taurinya, membres du CDDF 66, en font le relais. Elles rappellent notamment les écarts de salaires et de retraites, avec les pensions des femmes qui restent « inférieures de 40 % » à celles des hommes. Le manque de moyens consacrés à la lutte contre les violences conjugales, estimant que les dispositifs d’aide aux victimes risquent de « stagner » faute de budget suffisant. Le collectif évoque aussi les « difficultés d’accès à l’avortement, notamment en Cerdagne et Capcir ». Malgré l’inscription de I’IVG dans la Constitution, certains obstacles persistent : fermeture de centres, pénurie de pilules abortives, difficultés d’accès, mais aussi « l’impossibilité de choisir sa méthode d’avortement ».

Un manifeste « pour des communes féministes »

Tant de sujets qui seront mis en avant à l’occasion de la journée de mobilisation du 8 mars, pour « défendre l’égalité et soutenir toutes les femmes victimes d’injustices ou de violences, en France comme ailleurs ».

Lors de la manifestation, le collectif va présenter un manifeste à l’attention des candidats aux élections municipales 2026. « Nous énumérerons les candidats qui ont accepté de signer ce manifeste. Il met l’accent sur une gestion plus féministe d’une ville, notamment avec une adjointe en charge de la question des droits des femmes », résument-elles.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 7 mars 2026)

Dans le cadre de la semaine des droits des femmes, le CDDF 66 s’est également associé à une rifle féministe sur la commune de Maury samedi 7 mars à 18h.

Des examens gynécologiques offerts aux étudiantes de l’université (L’Indep)

Les élus du conseil départemental des départemental ont adopté le renouvellement de ce dispositif mis en place depuis un an mais encore peu connu, permettant aux étudiantes de l’université de Perpignan d’obtenir des soins gynécologiques.

Améliorer l’accès aux soins gynécologiques pour les étudiantes de l’université de Perpignan, c’est tout le sens de la délibération votée ce jeudi par les élus du conseil départemental des Pyrénées-Orientales. Les conseillers départementaux ont adopté le renouvellement d’une offre de soins qui permet aux étudiantes de la faculté de rencontrer un médecin et une sage-femme grâce à des permanences, directement depuis le campus du Moulin à Vent. Un examen gynécologique peut y être assuré ainsi qu’une proposition de contraception personnalisée. Mis en place depuis un an mais encore peu connu, ce dispositif a permis à cinquante patientes d’obtenir des soins gynécologiques en 2025. À noter que ce service de santé assure également des actions de dépistage et vaccination.

Les élus ont adopté le renouvellement de ce service pour une durée d’un an qui pourrait encore être reconduit.

Durant cette même session, les conseillers départementaux ont voté une motion visant à soutenir les éleveurs des Pyrénées-Orientales dont les bêtes ont été touchées par la dermatose nodulaire. Plus de 400 vaches, veaux et taureaux ont été abattus sur les terres catalanes, malgré un déploiement de la couverture vaccinale. Les élus du Département se sont engagés à accompagner ces éleveurs et « activer tous les leviers pour apporter son soutien financier en complément des dispositifs de l’État et de la Région ». Mais, pour l’heure, la collectivité n’a pas déterminé le montant de l’enveloppe de ces aides.

Les conseillers départementaux ont aussi appuyé les requêtes formulées par la Chambre d’Agriculture. À savoir, la prise en charge par la solidarité nationale de la vaccination de tous les bovins avant l’estive 2026. Mais aussi le financement des pertes d’exploitation et le remplacement des cheptels tués, privilégier l’abattement sélectif et mener une étude approfondie sur les vecteurs de l’épidémie et déployer un dispositif de surveillance.

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 28 novembre 2025)

372 bracelets connectés pour alerter sur les violences faites aux femmes (L’Indep)

À l’occasion de la journée nationale de lutte contre les violences faites aux femmes, la préfecture et les différents acteurs institutionnels et associatifs ont renforcé ce mardi 25 novembre 2025 leur partenariat autour du dispositif « App-elles ». Une application avec bracelets ou boutons connectés permettant aux détentrices d’alerter face à une situation de détresse, de danger ou d’urgence.

Les chiffres de progression des violences intra-familiales, notamment celles faites aux femmes, sont sans appel. « Et assez préoccupants » plante Pierre Regnault de la Mothe, préfet des Pyrénées-Orientales, un département qui, à la mesure du phénomène, se distingue par un taux d’utilisation très supérieur à la moyenne nationale du dispositif « App-Elles ».

Depuis 2019, France victimes 66 équipe toutes les femmes en difficulté volontaires de cette application gratuite, créée par l’association Résonantes, avec bracelets et boutons connectés. Elle permet d’envoyer une alerte immédiate aux contacts de confiance, la transmission d’éléments utiles comme la localisation ou l’enregistrement sonore (servant de preuve officielle pour les procédures) et la mobilisation rapide des professionnels. Le projet s’est aussitôt agrégé la collaboration de la préfecture, de partenaires institutionnels (conseil départemental, justice, forces de sécurité intérieure) et d’acteurs associatifs spécialisés dans l’accompagnement des victimes (Mouvement français pour le planning familial, ACAL, AFFED, UDAF, APEX). Le réseau vient d’être renforcé ce mardi par l’entrée du CIDFF et par une coopération accrue avec la police et la gendarmerie détenteurs désormais des noms des personnes bénéficiant de cet outil, afin d’être aussitôt sensibilisés à la situation et mener au besoin une intervention adaptée et plus efficace.

« Retrouver un sentiment de liberté »

Sur cinq années, 372 femmes ont été dotées du dispositif dans le département pour une durée moyenne de 9 à12 mois. En 2024, 86 nouveaux appareils ont été délivrés à des femmes en difficulté élevant le nombre à 155. En 2025, on compte déjà 73 nouvelles détentrices pour 144 accompagnements en cours. Mais ce projet ne se limite pas au matériel, il s’accompagne d’entretiens psychologiques et juridiques (400 effectués en 2024). « Nous avons permis à des femmes bat-tues, harcelées, menacées de retrouver un sentiment de liberté, de reprendre presque normalement leur vie professionnelle, sociale, familiale », précisent les responsables de France victimes 66. « C’est une forme de béquille. Mais aussi l’occasion d’apporter d’autres réponses et d’orienter vers l’ensemble des structures partenaires en fonction des problèmes rencontrés et identifiés. »

Laure Moysset (L’Indépendant, le 26 novembre 2025)