Grève à l’usine Cémoi de Perpignan : les salariés ont voté la reprise du travail (L’Indep)

Les salariés de l’usine de chocolat Cémoi de Perpignan s’étaient mis en grève le mardi 7 avril 2026 pour obtenir de meilleures rémunérations. Hier, après presque une semaine de lutte et deux rencontres infructueuses avec la direction, ils ont décidé de mettre fin au mouvement.

La grève est finie du côté de l’usine de chocolat Cémoi de Perpignan. Ce lundi 13 avril, entre 12 heures et 14 heures, les salariés ont voté pour la reprise du travail. Ils ont ainsi mis fin à un mouvement « inédit » au sein de l’entreprise depuis plus de 30 ans. Soutenu par l’intersyndicale Sud-FO-CGT de l’usine et la section Unsa des salariés du siège, ce mouvement, enclenché le 7 avril, aura duré six jours pleins.

Cependant, pour les salariés qui se sont impliqués dans la mobilisation, cette reprise laisse un arrière-goût amer. Et pour cause : les deux rencontres avec la direction qui ont eu lieu en fin de semaine dernière n’ont pas permis de trouver d’accord.

« Les salariés vont rentrer, mais ils restent mécontents », souligne le responsable de la section syndicale Sud Industrie de l’usine, David Di Fraja. « C’est dommage que la direction n’ait pas fait un geste envers nous pour apaiser la situation. Les élus resteront vigilants pour qu’il n’y ait pas de représailles. »

Pour rappel, l’intersyndicale demandait une augmentation générale des salaires de l’ordre de 1,7 % (là où la direction n’avait concédé que 1,3 % lors des récentes négociations annuelles obligatoires) ainsi qu’une prime en complément. Pour appuyer ces revendications, elle mettait en avant l’impact de l’inflation sur le pouvoir d’achat et les résultats « exceptionnels » de l’entreprise en 2025 (« 192 millions d’euros de bénéfices avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement, soit 35 % de plus qu’en 2024 »).

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 14 avril 2026)

Sollicitée, la direction de Cémoi n’a pas donné suite.

2 000 cartes pétitions contre le travail le 1er mai remises au préfet des Pyrénées-Orientales (L’Indep)

« Le texte ne concerne que certains secteurs d’activité (boulangeries, fleuristes, boucheries…) mais qui dit que ça ne va pas s’élargir après ? » Pour Jean-François Virama, de l’Unsa, la proposition de loi qui vise a autoriser dans certains commerces le travail des salariés le 1er mai, « seul jour obligatoirement chômé et rémunéré » de l’année, pourrait n’être que la première étape d’une remise en question plus globale de la Fête des travailleurs.

Christine Mirroir, de Solidaires, partage la même crainte. « On est en train d’ouvrir la boite de Pandore », estime-t-elle. Le principe du volontariat des salariés évoqué par la proposition de loi ne suffit pas à rassurer les syndicats, inquiets d’éventuelles pressions des employeurs.

Afin de s’opposer au texte, l’intersyndicale, qui comprend également la CGT, la FSU et la CFDT, a déposé ce vendredi 10 avril en préfecture pas moins de 2 000 cartes pétitions. Alors que dans le même temps, du côté du palais Bourbon, les députés macronistes, pourtant favorables à la proposition de loi, venaient de lancer avec succès une motion de rejet à son encontre. Une manœuvre visant vraisemblablement à permettre au texte, déjà adopté par le Sénat, d’être soumis au vote de l’Assemblée sans débat, après avoir été examiné et éventuellement amendé en commission paritaire.

« On avait déjà subi ça avec l’utilisation du 49.3 pour faire adopter la réforme des retraites. Le gouvernement a fait du déni de démocratie son cheval de bataille », juge Géraldine Morales, de la FSU.

Quoi qu’il en soit, les syndicats comptent bien rester mobilisés pour préserver le 1er mai. « C’est un sujet sur lequel on ne va rien lâcher », promet Julien Berthélémy, de la CGT.

A. A. (L’Indépendant, le 11 avril 2026)

Les salariés de Cémoi toujours en grève (L’Indep)

Statu quo à l’usine de chocolat Cémoi de Perpignan. Hier, après une rencontre infructueuse avec la direction dans la matinée, les salariés grévistes ont décidé de poursuivre le bras de fer ce vendredi.

Pour mémoire, l’intersyndicale FO-CGT-Sud Industrie de l’usine, soutenue par l’Unsa, majoritaire au siège, réclame une augmentation générale de 1,7 % et une prime comprise entre 1 200 et 1 500 euros net pour 2026. Elle met en avant les résultats « exceptionnels » de l’entreprise pour 2025.

Lors des récentes négociations annuelles obligatoires, qui se sont achevées sur un désaccord, la direction proposait pour sa part 1,3% d’augmentation générale et diverses autres mesures (paniers-repas…) qui représentaient en tout, selon elle, « 2 % de la masse salariale ».

Ce jeudi, les deux parties se sont donc rencontrées, mais ne sont pas parvenues à tomber d’accord. « Il n’y a eu aucune proposition, mis à part d’arrêter tout de suite la grève, déplore l’un des porte-parole des syndicats. Nous réclamons l’ouverture d’un vrai dialogue. » À suivre.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 10 avril 2026)

Les salariés du groupe Cémoi en grève pour leur pouvoir d’achat (L’Indep)

Ce mardi 7 avril, les salariés de l’usine perpignanaise du chocolatier Cémoi ont entamé un mouvement de grève illimitée à l’appel de Sud Industrie, FO, l’UNSA et la CGT. Alors que l’entreprise a, selon eux, obtenu des résultats « exceptionnels » en 2025, les syndicats réclament une revalorisation des salaires à la hauteur de ces performances.

« L’enveloppe est 3,5 fois plus petite que l’an dernier alors que les résultats sont exceptionnels. » Pour Olivier Roméro, le délégué syndical Unsa des salariés du siège du groupe Cémoi, implanté avenue Panchot à Perpignan, les propositions sur lesquelles campe la direction dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO) ne sont pas acceptables. « En 2025, le bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement (Ebitda) était de 192 millions d’euros, soit 50 millions de plus qu’en 2024, détaille-t-il. La direction nous dit que la prime d’intéressement et la participation vont augmenter. Mais même en prenant en compte cette hausse, l’enveloppe globale des NAO est intérieure à celle de l’an dernier d’environ 1 500 euros par salarié. »

D’où la colère des employés perpignanais de Cémoi qui ont stoppé le travail ce mardi matin et se sont installes devant l’usine de chocolat de la zone Torremila. Les syndicats assurent que seule une ligne sur huit tournait en matinée.

Concrètement, selon les organisations syndicales, la direction a proposé dans le cadre des NAO une augmentation générale de 1,3 % pour les salariés et un statu quo pour les cadres. « 1,3 % pour un salarié qui touche 2 000 euros brut par mois, ça représente seulement 26 euros brut », constate Olivier Roméro.

Côté revendications, l’intersyndicale réclame une revalorisation des salaires de l’ordre de 1,7 %, ainsi qu’une prime de 1 200 à 1 500 euros nets. « Les salariés en ont besoin », plaide la déléguée syndicale FO de l’usine, Karine Sanchez. « Il faut mettre de l’essence dans la voiture. On n’y arrive plus. »

Le responsable de la section syndicale de Sud Industrie, David Di Fraja, renchérit : « On a su faire des efforts par le passé, mais aujourd’hui, les salariés ne comprennent pas qu’avec des résultats comme ça, on ait moins que l’année dernière. »

Ce mardi, en milieu de journée, les responsables syndicaux était toujours en attente de nouvelles négociations, tout en promettant que le mouvement se poursuivrait jusqu’à ce qu’ils obtiennent gain de cause. Les salariés ont reconduit la grève pour ce mercredi.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 8 avril 2026)

La direction évoque « des mesures salariales cohérentes au regard de la situation économique »

En réponse au mouvement de grève, la direction du groupe Cémoi déclare « rester ouverte à travailler en étroite collaboration avec toutes les parties prenantes pour atteindre des accords favorables ». Cependant, elle met l’accent sur « un contexte de fortes incertitudes internationales et économiques, de volatilité des coûts industriels et des matières premières et de pression accrue de la concurrence ».

« En complément de leur intéressement-participation, qui atteint pour 2025 environ trois mois de salaire (plus de 5 000 € pour un salarié gagnant 1 600 € net par mois), les 1 700 collaborateurs se sont vu proposer des mesures salariales cohérentes au regard de la situation économique dans laquelle nous évoluons », estime l’entreprise. Selon cette dernière, en comptant les 1,3 % d’augmentation générale, la revalorisation des paniers-repas et l’harmonisation des budgets du comité social et économique « redistribues majoritairement sous forme de chéques-vacances ou autres aides aux salariés », les propositions formulées dans le cadre des NAO correspondraient à une augmentation de 2 % du salaire net.

« Cette revalorisation de 2 % doit être comparée à l’inflation constatée en France à fin mars qui est de 1,7% », juge le groupe, qui rappelle par ailleurs avoir engagé un plan d’investissement de 40 millions d’euros, dont 15 millions pour le site de Torremila, sur 2025-2027.

Classes menacées. « On réduit les moyens là où il faudrait investir » (L’Indep)

Ce mardi, dans le cadre de la grève des enseignants, entre 150 et 200 personnes se sont rassemblées à Perpignan, devant l’Inspection académique, afin de protester contre les suppressions de postes dans l’éducation et les 27 fermetures de classes envisagées pour la rentrée prochaine dans les écoles du département.

Des conditions de travail et d’apprentissage qui se dégradent aux salaires qui stagnent, les motifs de colère des enseignants sont légion. Cependant, ce mardi matin, lors du rassemblement qui a réuni entre 150 et 200 personnes devant les locaux perpignanais de l’Inspection académique, ce sont bien les 27 fermetures de classes prévues dans les écoles du département à la rentrée prochaine qui focalisaient le mécontentement.

En plus des profs, en grève à l’appel de la FSU, de l’Unsa, de la CGT et de Solidaires, les parents d’élèves de la maternelle Claude-Simon de Perpignan étaient également sur le pont.

« L’administration veut fermer une de nos quatre classes », dénonce une maman mobilisée. « On passerait à 28 élèves par section. C’est triste d’en arriver à réduire les moyens là où il faudrait investir. Les enfants, c’est l’avenir… »

La maternelle Claude-Simon est loin d’être un cas isolé. « Il y a des projets de fermetures partout, y compris dans le rural », déplore l’un des co-secrétaires départementaux du FSU-SNUipp, Jean-François Nogués. « En plus de Perpignan et des villages voisins (Toulouges, Canohès, Saint-Estève), la vallée de l’Agly (Estagel, Latour-de-France, Mauy) et la Cerdagne (Bourg-Madame) sont également concernées. »

Toutefois, pour l’heure, rien n’est acté concernant les écoles. Pour être validé, le projet de l’administration, qui prévoit neuf ouvertures en parallèle des 27 fermetures, doit encore être débattu avec les organisations syndicales, qui comptent bien tenter de faire bouger les lignes. La réunion doit se tenir ce mardi 7 avril.

Des professeurs du secondaire étaient également présents dans le cortège de manifestants qui a traversé le quartier du Moulin à-Vent ce mardi matin. Ce sont d’ailleurs les enseignants du collège du secteur, Saint-Exupéry, qui ouvraient la marche. « On accueille des élèves très défavorisés. Compte tenu des indicateurs sociaux, on devrait au moins être classés en réseau d’éducation prioritaire (Rep) mais on ne l’est pas », résume l’un des profs de maths de l’établissement. « Le ministère a récemment reconnu la situation », poursuit la déléguée syndicale Snes-FSU du collège, Muriel Sabatier. « Cette année, notre dotation a augmenté de 31,5 heures, mais on reste très loin des moyens alloués aux établissements classés en réseau d’éducation prioritaire. On est face à une hémorragie et on nous donne des petits pansements. »

Pour le secrétaire académique de la CGT Educ’action, Nicolas Ribo : « Le fait que la carte de l’éducation prioritaire n’ait plus été revue depuis 2015 pose d’énormes problèmes. L’école Coubertin de Perpignan, située dans le troisième quartier le plus pauvre de France, devrait par exemple elle aussi être classée Rep +. Ce n’est plus possible. On est dans le deuxième département le plus pauvre de France. Le dispositif n’est pas adapté à la situation.»

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 1er avril 2026)

27 fermetures de classes prévues, les enseignants en grève ce mardi (L’Indep)

Ce mardi, quatre syndicats (FSU, Unsa, CGT et Solidaires) appellent les personnels des écoles, collèges et lycées à se mettre en grève et à manifester a Perpignan. Entre autres pour dénoncer les fermetures de classes envisagées pour la rentrée prochaine en primaire.

À l’origine de la colère enseignante : le manque de moyens, encore et toujours. Alors que la réunion qui doit valider les fermetures de classes pour la rentrée prochaine dans les écoles des Pyrénées-Orientales doit se tenir le 7 avril, la contestation des dites suppressions s’annonce au cœur du mouvement de grève de ce mardi 31 mars.

Selon nos informations, le projet de l’Inspection pour la rentrée prochaine prévoirait 27 fermetures de classes pour neuf ouvertures dans le premier degré. Du coté de la maternelle perpignanaise Claude-Simon ou de l’école primaire de Bourg-Madame, les parents d’élèves ont déjà manifesté leur opposition aux fermetures envisagées dans leurs établissements, tandis que ceux de l’élémentaire Pierre-et-Marie-Curie de Canet-en-Roussillon ont lancé une pétition contre la perte d’une classe.

Les craintes de fermeture semblent également vives à la maternelle d’Arles-sur-Tech, ou encore dans deux de ses homologues perpignanaises (Lamartine et Pont-Neuf), tout comme dans les écoles élémentaires d’Alénya, de Prades (Jean-Petit) et de Corbère, ainsi qu’à l’école Arrels du Vernet, à Perpignan.

Non contents de dénoncer les fermetures, les syndicats d’enseignants entendent aussi réclamer ce mardi des ouvertures de classes dans un certain nombre d’écoles où les effectifs le justifieraient.

Un autre choix était possible

« À la maternelle de Pollestres, sil n’y a pas d’ouverture, ils seront à 27 par classe à la rentrée prochaine », s’inquiète l’un des responsables départementaux du FSU-SNUipp, Jérôme Guy. « Il y a aussi un gros problème à Pia, où plusieurs écoles (maternelles Curie et Mitterrand, élémentaire Torcatis…) sont surchargées et où on constate en plus des problèmes de violence. »

Selon la secrétaire départementale du SE-Unsa, Héloise Hiroux, qui évoque elle aussi « une hausse des situations d’intimidation en milieu scolaire » : « Cette grève est un appel à un changement de cap. Il s’agit de rappeler qu’un autre choix que celui des fermetures de classes était possible. On aurait pu profiter de la baisse démographique pour donner des moyens à même d’assurer un climat scolaire serein et propice aux apprentissages. »

Autres problématiques mises en avant : celles liées à l’inclusion des enfants en situation de handicap. « Nous accueillons de plus en plus d’élèves à besoins particuliers. C’est une richesse. Mais ça nécessite du temps, de la formation et des moyens adaptés qui ne sont pas au rendez-vous », résume Héloise Hiroux. De plus, « lorsque des gamins explosent, on n’a pas de solution de repli en raison du manque de places dans les structures spécialisées (IME, Itep) », renchérit Jérôme Guy.

Pour ce qui est du second degré, la question des moyens est également au cœur des revendications. Pour mémoire, la semaine dernière, l’Inspection a acté la suppression de 12 postes d’enseignants en équivalents temps plein dans les collèges du département. Au grand dam des organisations syndicales.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 31 mars 2026)

Une manifestation au parcours inédit partira ce mardi vers 10 heures de l’inspection académique, avenue Giraudoux à Perpignan.

500 personnes ont défilé pour la journée contre le racisme (L’Indep)

Ce samedi, environ 500 personnes ont défilé en centre-ville de Perpignan à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, à l’appel de plusieurs syndicats et associations.

Proclamée en 1966 par l’Assemblée générale des Nations Unies, la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale commémore un triste anniversaire. Celui du 21 mars 1960, où la police sud-africaine avait ouvert le feu et tué 69 personnes lors d’une manifestation contre l’apartheid, dans la commune de Sharpeville.

Ce samedi matin, à Perpignan, environ 500 personnes ont défilé en centre-ville dans le cadre de cette journée de mobilisation, a l’appel de plusieurs associations et syndicats locaux. Les militants de la CGT, de la FSU, de Solidaires, de la CNT ou de la Confédération paysanne étaient notamment au rendez-vous. Tout comme ceux d’associations telles que la Cimade ou l’Asti, qui viennent en aide aux migrants, ou encore de la Ligue des droits de l’homme, de SOS Racisme et de collectifs pro-palestiniens.

« La mobilisation est plus que jamais urgente », a estimé lors de sa prise de parole Christophe Moya, du Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap). « Les discours de haine se banalisent. Le nombre d’actes racistes, islamophobes et antisémites augmente de façon alarmante sans susciter de réaction massive. »

Dominique Ségard, de la Cimade, a poursuivi sur la même ligne : « Nous devons plus que jamais exprimer ensemble notre résistance. Nous ne voulons pas d’une société raciste. En-semble, construisons la société dans laquelle nous voulons vivre, une société de solidarité, de justice et de respect des libertes. »

Côté syndical, les organisations avaient opté pour une prise de parole commune. « Le combat contre le racisme est un combat de tous les jours, dans nos entreprises, dans nos établissements, nos administrations, nos écoles, nos fermes », a rappelé dans ce cadre Christine Mirroir, de Solidaires. Avant d’appeler « l’ensemble des travailleurs et des travailleuses à poursuivre et construire les mobilisations nécessaires pour gagner un changement de société et un monde de paix, de justice sociale et antiraciste ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 22 mars 2026)