Fadwa Barghouti. « Marwan Barghouti est une figure fédératrice » (La Marseillaise)

Avocate et militante palestinienne, Fadwa Barghouti est à l’initiative de la campagne pour la libération de son époux, Marwan Barghouti, détenu depuis 2002 dans les geôles israéliennes. Elle vient en France à la rencontre de la population, de personnalités politiques et syndicales.

La Marseillaise : Quel est l’objet de votre déplacement en France ?

Fadwa Barghouti : Depuis plus de vingt ans, la France est l’un des pays les plus actifs dans la campagne internationale pour la libération de mon époux, où elle recueille un large soutien. Plusieurs dizaines de communes lui ont décerné la citoyenneté d’honneur. Depuis le 7 octobre et l’attention croissante autour de la cause palestinienne, il est très important de veiller à poursuivre cette campagne, car Marwan incarne l’espoir pour le peuple palestinien.

La Marseillaise : Vous avez prévu de nombreuses rencontres avec des personnalités politiques de gauche. Sont-elles les seules à soutenir votre combat ?

Fadwa Barghouti : À chaque fois que je me rends en France ou dans n’importe quel autre pays, je veille à rencontrer différents partis, qu’ils soient de centre-droit ou de gauche. C’est très important de parler à tout le monde car nous ne voulons pas que ce soit un sujet de division, au contraire. Il y a quelques mois, le gouvernement français annonçait la reconnaissance de l’État de Palestine. Pour qu’elle ne soit pas purement symbolique, il faut prendre des mesures concrètes sur le terrain en faveur de la création d’un État palestinien vivant côte à côte avec Israël, conformément au droit international. La seule façon d’y parvenir est de soutenir les acteurs et les initiatives qui y contribueront. La libération de mon époux est en tête de liste, car c’est une figure fédératrice. C’est le dirigeant palestinien le plus populaire, qui a clairement affirmé partager les convictions du gouvernement français, à savoir la solution à deux États et le respect du droit international.

La Marseillaise : Que savez-vous des conditions de détention de votre époux ?

Fadwa Barghouti : Depuis le 7 octobre, une politique de punition collective est menée contre l’ensemble du peuple palestinien. Personne n’est à l’abri des attaques israéliennes. À Gaza, c’est la dévastation et le génocide. En Cisjordanie, on assiste au pillage des terres et au terrorisme des colons. Au sein d’Israël, les Palestiniens sont confrontés à une discrimination et à un racisme extrêmes. Dans ce contexte, ce que subissent les prisonniers politiques palestiniens est ce que j’appelle « l’arrière-cour du génocide ». Plus de 100 Palestiniens ont été tués en prison. Ce ne sont pas des combattants ni des personnes représentant une quelconque menace mais des détenus, tués à l’intérieur même de la prison. Nous disposons des rapports de l’ONU et du New York Times concernant les viols de prisonniers palestiniens et les mauvais traitements infligés aux prisonniers politiques palestiniens. Mon époux fait partie de ces victimes. Ils l’ont pris pour cible dès le 7 octobre, date à laquelle ils l’ont transféré en isolement cellulaire. Il s’y trouve depuis lors, et il est transféré de prison en prison. D’après les documents dont nous disposons, il a été agressé au moins dix fois. On lui refuse toute visite familiale. Je suis la dernière de ses proches à l’avoir vu et c’était il y a trois ans et demi. Il est donc très important que les gens comprennent que cette situation dure depuis longtemps, bien avant le 7 octobre. Son état de santé nous inquiète, il a perdu beaucoup de poids et a été blessé à plusieurs reprises. On craint réellement pour sa sécurité au sein d’un système pénitentiaire en pleine dérive dirigé par nul autre que Ben-Gvir [ministre israélien d’extrême droite, en charge de la Sécurité nationale, Ndlr], connu pour être un partisan du génocide et du nettoyage ethnique du peuple palestinien.

La Marseillaise : Justement, en août 2025, Itamar Ben-Gvir a diffusé, sur les réseaux sociaux, une vidéo dans laquelle il menace votre époux dans sa cellule. Le gouvernement israélien craint-il votre époux ?

Fadwa Barghouti : C’est une honte pour Israël de violer ouvertement le droit international. Mais la communauté internationale a aussi sa part de responsabilité pour ne pas avoir clairement dénoncé le fait qu’un député élu au Parlement palestinien, quelqu’un qui est, comme je l’ai dit, une figure qui rassemble, un militant pacifiste, soit humilié aux yeux du monde entier. C’est tout simplement révoltant. Cette scène entre Itamar Ben-Gvir et mon époux illustre parfaitement la lutte. Car on voit ici un dirigeant palestinien qui a été agressé et humilié, comme l’est son peuple. Il incarne en cela la lutte palestinienne. Et vous avez, en la personne d’Itamar Ben-Gvir, le visage du gouvernement israélien actuel et de sa politique. Connaissant mon époux, je pense qu’il a croisé des dizaines de Ben-Gvir au cours de sa vie et il reste résilient. Nous n’avons aucune crainte quant à son état mental, ses capacités intellectuelles et sa force d’esprit. Nous sommes en revanche vraiment inquiets pour sa santé.

La Marseillaise : Marwan Barghouti est souvent comparé à Nelson Mandela. Quelles sont les similitudes entre les deux ?

Fadwa Barghouti : Nelson Mandela et mon époux ont tous deux lutté contre le régime d’apartheid. En Palestine, malheureusement, cela s’ajoute au nettoyage ethnique, au génocide, à l’occupation et à de nombreux crimes de guerre. Marwan Barghouti se bat contre cela depuis plus de 50 ans. Ce qui les rapproche, c’est qu’ils sont tous deux des figures fédératrices pour leur peuple. Tous deux ont incarné l’espoir dans une période de désespoir. Si vous aviez dit à un Sud-Africain au début des années 1980 que dans dix ans, l’apartheid prendrait fin dans son pays, je ne pense pas qu’il vous aurait cru. C’est cet espoir que Nelson Mandela a insufflé au peuple. Ces figures historiques sont essentielles pour que les mouvements de libération gardent espoir. C’est précisément pour cette raison que le gouvernement israélien actuel tente de réduire mon époux au silence car il ne veut pas de quelqu’un qui incarne cet espoir. Le fait que Nelson Mandela ait été qualifié de terroriste par l’Occident et par le régime d’apartheid en Afrique du Sud constitue une autre similitude car le terrorisme est un terme colonial qui a toujours été utilisé pour désigner les opprimés qui tentent de lutter contre leur oppresseur.

La Marseillaise : Mahmoud Abbas a annoncé la tenue d’élections législatives en novembre prochain et une présidentielle en début d’année 2027. Marwan Barghouti sera-t-il candidat ?

Fadwa Barghouti : Il est encore trop tôt pour se prononcer là-dessus. C’est à lui de prendre cette décision, pas à nous. Néanmoins, nous saluons la décision d’organiser des élections car nous n’en avions pas eu depuis plus de vingt ans. Nous n’avons pas de conseil législatif opérationnel ce qui pose de nombreux obstacles à tout système politique. Nous saluons donc cette initiative et nous regardons vers l’avenir, pas seulement pour l’élection présidentielle mais pour l’ensemble du système politique qui a besoin d’un renouveau et qui va se renouveler. La vision politique de mon époux a toujours été axée sur la lutte contre la corruption ainsi que sur une plus grande participation des femmes et des jeunes au pouvoir. Cela ne peut se produire que si nous nous engageons dans un processus démocratique. Marwan croit en la démocratie et il est fier de n’avoir jamais occupé de poste sans avoir été élu. Je pense qu’il se réjouit de cette décision, de même que nous tous, en tant que peuple palestinien. Nous en avons désespérément besoin. Ainsi, l’Autorité palestinienne pourra se renforcer face aux défis et aux tentatives du gouvernement israélien visant à faire disparaître les institutions palestiniennes.

La Marseillaise : Qu’a concrètement changé sur le terrain la reconnaissance de l’État de Palestine par la France ?

Fadwa Barghouti : Honnêtement, sur le terrain, on ne perçoit aucun changement. La situation empire car, malheureusement, Israël agit en dehors du cadre de la loi. C’est ainsi qu’il fonctionne depuis des décennies. Notre rôle en tant que Palestiniens est d’essayer de trouver et de tisser des liens avec la communauté internationale pour nous assurer qu’elle comprenne qu’il existe un partenaire pour la paix du côté palestinien mais qu’il n’y en a pas côté israélien. Pour y parvenir, des mesures doivent être prises. Les élections constituent un grand pas en avant. Depuis le cessez-le-feu et jusqu’aujourd’hui, plus d’un millier de personnes y ont été tuées. Les souffrances n’ont malheureusement pas pris fin. Il faut veiller à ce qu’un véritable cessez-le-feu soit en place, à ce qu’il y ait un retrait total des forces israéliennes de Gaza et des territoires occupés en Palestine, et bien sûr, à ce que la reconstruction commence. C’est une priorité absolue pour les Palestiniens. Nous devons aller de l’avant, en réclamant la libération de mon époux et en faisant appel aux personnalités qui peuvent réellement contribuer à apporter la paix et la stabilité dans la région. Telles sont les mesures par lesquelles la communauté internationale, y compris la France, peuvent véritablement aider.

La Marseillaise : L’ambassadeur de Palestine auprès de l’ONU a alerté, lundi, sur l’accélération de l’annexion de terres palestiniennes par Israël. Comment la stopper ?

Fadwa Barghouti : Si l’expérience sud-africaine nous enseigne quelque chose, ce n’est pas que le régime de l’apartheid s’est réveillé un beau matin en décidant de traiter équitablement les populations autochtones, c’est la pression de la communauté internationale qui a permis de concrétiser cela. La seule façon pour qu’Israël cesse ses agissements et comprenne qu’un changement s’impose, c’est qu’il constate qu’il y a un prix à payer pour avoir violé le droit international. Nous ne demandons pas à la communauté internationale de prendre parti pour nous mais de prendre des mesures à l’encontre de tout pays et de tout État qui viole le droit international. Et Israël enfreint manifestement ce droit.

La Marseillaise : Comment votre famille garde espoir ?

Fadwa Barghouti : Nous puisons notre force dans mon époux et dans la résilience dont il a fait preuve au fil des années. Un jour, il a dit à notre fils Arab, que le désespoir est un privilège que nous, Palestiniens, ne pouvons pas nous permettre, et qu’il fallait rayer ce mot de notre vocabulaire. J’aimerais vraiment que notre famille soit la seule à traverser ce que nous vivons. Mais il y a des milliers de familles palestiniennes qui vivent la même souffrance. C’est ce qui nous rend plus forts ensemble, car nous savons que ce combat vise un grand objectif : la liberté des Palestiniens, pour que nos enfants puissent vivre en paix et en sécurité. L’ampleur des sacrifices que nous endurons ne signifie pas que nous devrions abandonner à un moment donné. D’un point de vue historique, ce n’est pas de cette façon que les peuples obtiennent leur libération et leur liberté.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 1er juillet 2026)

La France bannit le ministre Itamar Ben-Gvir (L’Indep)

Jean-Noël Barrot a officialisé cette décision sur X en raison des « agissements inqualifiables » du ministre israélien de la sécurité nationale.

La France a décidé d’interdire d’accès à son territoire le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a annoncé samedi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, après la diffusion d’une vidéo le montrant à côté de membres d’une flottille pour Gaza agenouillés et mains liées, parmi lesquels des Français.

« À compter de ce jour, Itamar Ben-Gvir est interdit d’accès au territoire français », a ainsi déclaré Jean-Noël Barrot sur X (ex-Twitter).

« Cette décision fait suite à ses agissements inqualifiables à l’égard de citoyens français et européens passagers de la flottille Global Smud », a ajouté le ministre, tout en désapprouvant la « démarche » de cette flottille, qui, selon lui, « ne produit aucun effet utile et surcharge les services diplomatiques et consulaires ».

Une demande de sanctions adressée à l’UE

Jean-Noël Barrot a demandé en outre à l’Union européenne, comme l’Italie a également pu le faire, de prendre des sanctions contre Itamar Ben-Gvir.

Les forces de sécurité israéliennes ont arrêté mardi 430 personnes à bord de cinquante navires dans les eaux internationales afin d’empêcher cette flottille d’atteindre la côte de la bande de Gaza, dont elle avait l’intention de briser le blocus par Israël afin d’y distribuer de l’aide humanitaire.

Itamar Ben-Gvir, membre d’un parti ultranationaliste, a par la suite diffusé une vidéo, publiée sur sa chaîne Telegram (avec l’hymne national israélien en fond sonore), dans laquelle il se moque de ces militants agenouillés et les mains liées.

Plusieurs d’entre eux ont par ailleurs dénoncé des « violences », des « attouchements », ou des « humiliations », qui leur auraient été imposés par les forces israéliennes lors de leur détention.

« Nous ne pouvons tolérer que des ressortissants français puissent être ainsi menacés, intimidés ou brutalisés, qui plus est par un responsable public », a encore déploré Jean-Noël Barrot.

L’Indépendant, le 24 mai 2026

Après 32 mois, une population effrayée sans perspectives à Gaza la dévastée (témoignage d’un gazaoui)

Nous sommes début mai 2026, 32 mois d’agression, 7 mois d’un cessez-le-feu fragile et sans cesse violé. 7 mois pendant lesquels les médias et les dirigeants du monde parlent moins de Gaza où la situation a encore empiré depuis le début de la guerre contre le Liban et l’Iran. Gaza se sent abandonnée, oubliée par le reste du monde.

Le sentiment d’impuissance est un sentiment terrible. On ne peut rien faire, on n’a aucune perspective. Le cessez-le feu n’est pas respecté, il y a chaque jour des bombardements certes moins intensifs, qui ont fait 830 morts et 2 400 blessés palestiniens jusqu’à présent, la ligne jaune imposée par l’occupation avance chaque jour, l’armée contrôle aujourd’hui 61% de la surface de la bande de Gaza.

130-140 camions entrent chaque jour par les passages contrôlés par l’occupation. Le problème est que ces camions transportent des bonbons, des biscuits, des chocolats, des boissons gazeuses dont on n’a pas besoin. Par contre, nous manquons de pain, de farine, d’œufs, de fruits, de légumes, de poulet, d’eau potable, de chaises et de tables pour les centres éducatifs et les tentes éducatives, de beaucoup de matériels nécessaires.

Les matériaux de reconstruction n’entrent pas non plus.

Dans les centres médicaux, il n’y a plus de médicaments. Les malades d’hypertension, de diabète, et d’autres maladies chroniques ne peuvent pas être soignées.

Pour la journée mondiale du travail du Premier mai, le ministère palestinien du travail a indiqué que le taux de chômage en Cisjordanie occupée dépasse les 65 %, et dans la bande de Gaza les 92 %, les revenus sont en baisse constante, et que les conditions de travail sont terribles dans tous les territoires palestiniens occupés, colonisés et morcelés.

L’hiver ne veut pas quitter Gaza, nous sommes au mois de mai, mais on a peu de soleil actuellement, deux heures de soleil le matin, l’après-midi, il fait frais et le soir, il fait très froid, et c’est malheureux pour les déplacés dans les camps qui vivent sous des tentes qui ne sont pas solides, et aussi pour les toits qui possèdent des panneaux solaires, car ils n’ont pas assez d’électricité à cause de cette pénurie et ils ne peuvent pas faire monter l’eau dans leurs foyers.

Personnellement, c’est très difficile de décrire notre quotidien, et de raconter notre souffrance dans une région dévastée.

Le matin, quand je me lève, je réfléchis mille fois avant de me préparer une tasse de café ou de thé parce qu’on n’a ni gaz (300-350 euros la bouteille de 10kg, qui coûtait 20 euros avant l’agression), ni électricité, et qu’on est obligé de cuisiner sur le feu de bois (mais il faut trouver du bois, des cartons, des papiers pour allumer un feu et cela demande beaucoup de temps et d’efforts alors je préfère manger un petit sandwich au fromage blanc pour éviter de faire du feu).

En général, on prépare pour le déjeuner des repas légers qui ne demandent pas beaucoup de feu, et pour le dîner, soit on oublie ce repas, soit on mange comme le matin des sandwichs.

Je m’occupe de trois centres éducatifs – deux qui se trouvent dans des immeubles visés par les bombardements, et une tente éducative dans un camps de déplacés – et passe deux heures par jour avec les enseignants et les enfants, ce sont des moments de bonheur pour moi, même si, quand je rentre, je suis triste parce que je n’ai pas pu satisfaire tout le monde. J’essaie, grâce au soutien des amis et solidaires francophones de leur apporter quelque soutien, des repas chauds, du matériel scolaire, des chaussures, des vêtements, des jouets quand on en trouve sur le marché. J’organise des séances de soutien psychologique pour les enfants avec des jeunes motivés. J’essaie également d’aider quelques familles déplacées autour de moi grâce à mes relations et à des associations locales. Après je vais une fois par semaine pour voir ma mère qui habite chez mon frère à 2 km de chez moi. À part cela je passe mon temps à la maison, je ne reçois pas beaucoup de monde, je ne sors presque pas, même s’il y a des occasions sociales (deuil, mariages, fiançailles) où j’essaie de ne pas aller car cela me rend triste de voir la ville détruite, les tentes où survivent 85 % des habitants de Gaza dans des conditions inhumaines.

Actuellement, il n’y a ni administration, ni gouvernement ni autorité, ni banques à Gaza. Les commerçants imposent les prix du peu de produits qui entrent dans l’enclave, les organisations internationales sont débordées et ne peuvent pas distribuer de l’aide à tout le monde. C’est un nouveau phénomène à Gaza, il y a moins de solidarité. Le prix des loyers a augmenté (1 000 à 1 500 euros par mois pour un petit appartement dans un immeuble partiellement détruit). Il n’y a pas de lois, les gens qui possèdent un générateur augmentent le prix de l’électricité vendue (200-300 euros par mois pour pouvoir charger les lampes, les portables, les ordinateurs, internet).

Malgré leur volonté de survivre, les gens sont tristes. Moi, j’ai la chance d’avoir des amis au travers des réseaux sociaux, j’écris, je lis, je témoigne, et j’échange avec eux.

Je ne m’imagine pas vivre en dehors de Gaza malgré cette situation catastrophique, et malgré la souffrance de tous les jours, Gaza pour moi n’est pas seulement un espace, un territoire, une ville natale, c’est un refuge, une protection, et une source de résilience et de vie. Mais surtout une raison d’exister et d’espérer même au milieu des ruines.

Actuellement, et via le passage de Rafah, seuls 30 malades ou blessés sont autorisé à sortir de Gaza quotidiennement. En sens inverse, seulement 150 Palestiniens entrent à Gaza de l’extérieur. Ils savent qu’ils vont trouver la dévastation et qui vont habiter dans des tentes déchirées et dans des appartements visés par des bombardements, mais c’est leur façon de résister, de montrer leur attachement à leur terre.

Actuellement, presque 97 % de la population à Gaza souffrent de l’insécurité alimentaire, 82 % de la population de Gaza survivent difficilement grâce à l’aide humanitaire internationale souvent limitée.

15 % touchent la moitié de leur salaire versé par l’autorité palestinienne ou le gouvernement de Gaza, mais, eux, doivent payer leur loyer très cher, l’électricité, internet, l’eau et lorsqu’ils ont tout payé, ils n’ont presque plus de quoi acheter à manger tellement les prix ont augmenté.

Les 3 % restants travaillent soit pour des organisations internationales ou locales, soit comme influenceurs sur les réseaux sociaux pour avoir des dons de l’extérieur qu’ils utilisent, soi-disant, pour aider la population dans le besoin.

C’est difficile pour moi d’écrire de raconter, de témoigner. J’aurais besoin de livres et de livres pour cela, 2 à 3 pages c’est insuffisant pour décrire la situation, la réalité et le vécu à Gaza depuis 32 mois mais j’essaie. Pourtant, même si je suis optimiste, trop c’est trop.

La vie continue, c’est vrai. Il y a des fêtes, des fiançailles, des mariages, des universités ont réparé des salles et proposent à nouveau des cours en présentiel, des commerces et des cafés ouvrent … mais malgré cela, tout est anormal. Il y a la volonté mais le désespoir domine. Même moi qui suis privilégié, je préfère rester chez moi pour ne pas avoir à affronter la réalité et montrer mon impuissance à être plus utile à la population.

C’est la routine mortelle à Gaza. Je vis avec ma femme qui travaille beaucoup pour notre maison, et avec mes trois garçons, deux fils poursuivent leurs études de façon virtuelle à l’université et ont beaucoup de cours et devoirs. Mon dernier fils va trois jours par semaine suivre des cours dans un centre éducatif, et quand il rentre, il a beaucoup de révisons. Toute la famille est occupée, donc, pas le temps de discuter. Moi, je dors beaucoup en ce moment pour éviter de penser à notre souffrance, pour éviter les questions. J’essaie d’être plus dynamique, mais actuellement, voilà, c’est comme ça.

Heureusement que les solidaires existent parce qu’avec le silence des médias et des dirigeants internationaux, c’est le seul point positif. Je reçois chaque jour des photos de manifestation partout dans le monde francophone, ça nous montre que la mobilisation se poursuit, à l’image de la Flottille de la Liberté qui a été interceptée la semaine dernière par la marine israélienne avant même d’arriver dans les eaux internationales de Gaza.

Fin avril ont eu lieu des élections municipale mais seulement à Deir El-Balah –qui est soi-disant la ville la moins détruite- au centre de la bande de Gaza qui abrite 70 000 habitants. Le taux de participation était de 22 %. Cela montre que les gens sont peu intéressés. Ils veulent le changement mais ils ont d’autres préoccupations et savent que les maires et les conseillers municipaux sont impuissants, qu’ils n’ont même pas les moyens de faire réparer une rue, d’enlever les déchets dans les rues, de réparer le système électrique ou les égouts. Alors ils attendent. Désespérément.

Dans la bande de Gaza, la souffrance devient banalité, la précarité réalité, la survie privilège et la patience rêve !

Même si qu’on ne peut jamais enfermer ni effacer l’espoir.

L’armée israélienne intercepte 15 à 20 voiliers de la flottille Sumud pacifiste et solidaire pour Gaza

Expression collective suite à l’acte de piraterie de cette nuit du 29 au 30 avril 2026 perpétré par l’armée israélienne contre une des flottilles citoyennes dans les eux internationale (Le Mouvement de la paix est signataire) rassemblement à 18h ce soir partout où c’est possible

Cette nuit, de nombreux bateaux de la flottille Sumud pour Gaza ont subi des attaques de l’armée israélienne. Il s’agit d’un acte de piraterie commis dans les eaux internationales, à plus de 900 kilomètres des côtes de Gaza. Entre 15 et 20 voiliers auraient été interceptés sur une flottille composée de 50 bateaux. Les flottilles sont des actions militantes et pacifiques, qui ne violent aucune loi, mais visent à contester le blocus illégal de Gaza. Ce blocus criminel emprisonne une population civile de plus de 2 millions de personnes, privées de leurs besoins les plus élémentaires et désormais plongées dans le plus grand dénuement après une guerre génocidaire.

Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces attaques contre des bateaux humanitaires par l’armée israélienne, qui piétinent une nouvelle fois le droit international.

Nous appelons à des rassemblements pour témoigner de notre solidarité envers les flottilles, exiger la libération des personnes arrêtées et revendiquer leur droit à poursuivre leur navigation sans entrave.

La communauté internationale doit, de toute urgence, mettre fin à l’impunité de l’État voyou israélien. Seules des sanctions fortes pourront contraindre cet État, qui repousse chaque jour davantage les limites de l’inacceptable, au respect des règles les plus élémentaires du droit international. Nous appelons à des rassemblements, partout en France et à Paris á 18h place de la République, pour témoigner de notre solidarité envers les flottilles, exiger la libération des personnes arrêtées et revendiquer leur droit à poursuivre leur navigation sans entrave.

Liberté pour la Palestine. Le Mouvement de la paix est signataire

Une séance d’animation et de soutien psychologique pour les enfants de Gaza mi-avril 2026

Afin de rassurer les enfants profondément traumatisés après les 31 mois de l’agression horrible sur la bande de Gaza, des jeunes motivés poursuivent leurs actions et leurs activités récréatives, afin d’apporter un soutien psychologique aux enfants partout dans la bande de Gaza.

Ces jeunes ont organisé une activité d’animation mi-avril 2026 dans un centre éducatif de Gaza.

Les 30 participants ont été très attentifs et très intéressés. Ils ont fortement apprécié ces activités ludiques. Ils ont montré une joie et un excellent accueil.

L’équipe bénévole, et qui s’occupe de différents centres d’accueil de la bande de Gaza, leur a proposé plusieurs activités.

Lors de cette séance proposée par ces jeunes, les enfants, garçons comme filles se sont bien amusés, avec de moments de bonheur et de rires mélangés à des applaudissements chaleureux malgré leur contexte après la tragédie vécue.

—> Visionner une partie de cette activité d’animation proposée aux enfants de Gaza, réalisé par la chaîne francophone « Gaza la vie ».

Les enfants de Gaza dessinent la Palestine, l’espoir et la vie, malgré la tragédie vécue

Les enfants de Gaza dessinent la vie,

Ils dessinent l’espoir,

Ils dessinent la Palestine

Et ils dessinent l’avenir !

Malgré une situation dramatique dans leur région dévastée, les enfants de Gaza montrent dans des jolis dessins, leur attachement à la vie.

En dépit d’une agression horrible qui dure depuis plus de 30 mois, les enfants de Gaza sont toujours là pour pratiquer leurs loisirs.

Malgré la tragédie vécue, les enfants de Gaza dessinent avec joie.

Suite à un atelier de dessin organisé début avril 2026 par des jeunes motivés dans un centre éducatif, les enfants de Gaza essayent d’oublier le drame et la souffrance.

Leurs dessins sont très émouvants !

Ils expriment une volonté, une détermination, un regard positif vers l’avenir et des espérances.

La vie continue à Gaza et l’espoir est toujours là avec cette volonté remarquable de notre population civile confiante, et avec le sourire et la joie de nos enfants.

Vidéos sur les dessins de ces enfants palestiniens de Gaza réalisées par la chaîne francophone : (Gaza la vie).
—> Atelier de dessin pour les enfants de Gaza. Avril 2026
—> Les enfants de Gaza dessinent la Palestine et la vie malgré la tragédie vécue. Avril 2026

50ème anniversaire de la Journée de la Terre en Palestine. Cette terre même brûlée restera toujours palestinienne !

Dans un contexte marqué par les guerres, la violence et les événements terribles qui se produisent dans notre région, les Palestiniens partout dans le monde, commémorent avec émotion le 50ème anniversaire de la Journée de la terre, de la résistance et de l’attachement indéfectible à leurs racines. Et avec eux, tous ceux qui sont les solidaires de la cause palestinienne, la cause de la justice.

Une commémoration symbolique et particulière aura lieu en ce 30 mars 2026, en raison de l’intensification des attaques sanglantes contre la population civile partout dans l’ensemble des territoires palestiniens, l’assassinat de plus de 73 000 palestiniens de Gaza, et 1200 en Cisjordanie par les soldats et les colons, dont des enfants ,des femmes et des personnes âgées durant les deux dernières années de l’agression horrible, l’accélération de la colonisation en Cisjordanie occupée, des destructions de centaines de maisons palestiniennes et des sévices insoutenables infligés aux prisonniers palestiniens par les autorités israéliennes.

Cette commémoration, qui a commencé le 30 mars 1976 et se poursuit jusqu’à nos jours, montre que les Palestiniens demeurent extrêmement déterminés, malgré les années qui passent et qui se ressemblent tragiquement, malgré la souffrance, le malheur et la mort qui sont leur lot quotidien, et malgré les innombrables obstacles qui se dressent sur leur route pour les empêcher d’obtenir ce à quoi ils aspirent si ardemment et légitimement : la liberté, l’indépendance et la fin de l’occupation.

C’est ici notre Terre ! Nous ne partirons pas, nous resterons attachés à cette terre sacrée de Palestine, nous y poursuivrons notre résistance sans relâche, quelles que soient les mesures atroces de l’occupation aveugle ! Nous continuerons à y vivre, envers et contre tout, jusqu’à la liberté et l’indépendance, jusqu’à l’instauration d’une paix juste et durable dans notre région.

C’est le message de tout un peuple palestinien existant et résistant, le message fort qu’il adresse au monde entier et en particulier, aux forces de l’occupation, chaque année, le 30 mars, à l’occasion de la célébration symbolique de la Journée de la terre et de la résistance en Palestine.

Notre peuple commémore cette Journée partout où il vit, quel que soit l’endroit du monde où il s’est exilé. C’est la journée de l’attachement à ses racines et à son histoire, cette histoire profondément marquée par la résistance face à l’occupant, qui continue de violer ses droits fondamentaux et le droit international, de lui voler ses champs, ses oliviers, ses arbres, ses ressources, ses maisons et sa terre.

Les Palestiniens qui vivent dans les territoires de 1948, ceux des territoires de 1967, sans oublier ceux de l’exil, montrent, par cette commémoration, la force des liens qui les unissent tous.

Le 30 mars 1976, des dizaines de Palestiniens, civils et paysans, ont été tués par les forces de l’occupation alors, qu’ils manifestaient pacifiquement contre la confiscation de leur terre. Et depuis, pour rendre hommage à ces victimes, pour montrer l’attachement des Palestiniens à cette terre, nous commémorons chaque année le triste anniversaire de cette répression sanglante.

En 50 ans, la confiscation des terrains appartenant aux Palestiniens par l’armée d’occupation et par les colons agresseurs, n’a jamais connu de trêve. La résistance populaire non-violente de la part des paysans palestiniens non plus.

50 ans après, la conjoncture difficile et instable dans notre région en général et dans les territoires palestiniens en particulier, est marquée par la poursuite de la lutte populaire contre les forces de l’occupation malgré les morts et les blessés. Elle est aussi marquée par la poursuite de la souffrance des Palestiniens en Cisjordanie, dans la bande de Gaza, et partout en Palestine.

En ce 50ème anniversaire de la Journée de la Terre, nous rendons un vibrant hommage à toutes les victimes, qui sont mortes pour une Palestine libre, à nos blessés, à nos prisonniers qui n’en finissent pas de croupir derrière les barreaux de geôles infâmes, à nos paysans qui continuent de labourer leurs champs, malgré la présence des soldats et des colons sur leur terre.

À cette occasion et plus que jamais, nous confirmons notre attachement à nos racines, et à notre terre. Elle est ici, notre patrie. Nous ne partirons pas, en dépit de l’horreur de ce que nous subissons et du silence d’une communauté internationale officielle complice. Nous comptons sur le soutien des citoyens du monde, solidaires de notre cause juste. Nous allons continuer notre mobilisation pour notre terre de Palestine.

Ici, notre terre, Ici, nos racines, Ici, notre histoire, Ici, notre vie, Ici, notre avenir, Et ici, notre Palestine !