81 ans après les tragédies atomiques de Hiroshima et Nagasaki. De la compassion à l’abolition, le Mouvement de la Paix en actions

À quelques mois de la 1ère conférence d’examen du Traité d ‘interdiction des armes nucléaires (TIAN)(1) qui verra la grande majorité des états se réunir à l’Onu à New-York, les pacifistes français et leurs homologues du monde entier rendent hommage aux victimes des bombardements atomiques et construisent les convergences humaines pour préserver les générations futures du fléau de la guerre et des armes nucléaires.

Il y a 81 ans les États-Unis larguaient les 2 premières bombes atomiques de l’histoire, mettant durablement l’humanité en danger. Les décennies qui ont suivi ont vu les vainqueurs de la 2nd Guerre mondiale leur emboiter le pas dans une course folle vers la mort et le néant. Cependant, la mise en œuvre progressive d’un droit international et les fortes mobilisations citoyennes internationales ont permis au fil des ans de réduire le nombre d’états voulant posséder l’arme nucléaire, d’éliminer 80 %(2) des têtes atomiques et d’obtenir de nombreux traités de réduction puis d’interdiction des armes atomiques.

Pourtant, les derniers 9 états à posséder l’arme atomique continuent de moderniser leurs arsenaux en contrevenant aux traités internationaux qu’ils ont pourtant signés. C’est le cas de la France qui aurait -au contraire- tout intérêt à prendre le leadership d’une politique d’élimination des armes nucléaires. Au moment où les réels défis de la sécurité humaine passent par des investissements massifs pour le climat, l’éducation et la santé, les choix politiques strictement militaires de la France sont à contre-courant d’une culture de la Paix, telle que promue par l’UNESCO et l’ONU.

Dans ce contexte, le Mouvement de la Paix sera une nouvelle fois présent à Hiroshima et Nagasaki les 6 et 9 août pour rendre hommage aux victimes des bombardements, saluer le courage des Hibakushas et construire les mobilisations citoyennes à venir. Roland Nivet, porte-parole de l’association, et Pierre Villard, président honoraire, interviendront dans les différents moments dédiés à la mise en œuvre des mobilisations à venir pour parvenir à l’élimination définitive des armes atomiques.

Le Mouvement de la Paix proposera à ses homologues lors de la Conférence mondiale à Hiroshima d’organiser des évènements citoyens simultanés dans le monde entier le jour de l’ouverture de la 1ère conférence d’examen du TIAN, pour engager tous les gouvernements du monde. En France, une journée d’action est en préparation le 30 novembre devant toutes les préfectures pour demander que la France ne laisse pas sa chaise vide au TIAN. Dans la foulée, le Mouvement de la Paix prépare en janvier/février la 3ème étape de la Tournée française du Prix Nobel de la Paix 2024 attribué à Hidankyo, l’association des Hibakushas(3), avant une journée nationale de mobilisations en mars devant les lieux du crime où la France prépare la guerre atomique. Ainsi le Mouvement de la Paix entend peser dans les mois à venir, pendant la campagne des élections présidentielles en France, en interpellant l’opinion et les candidats sur les choix à effectuer pour que la France s’engage à son tour dans la voie inéluctable de l’élimination définitive des armes atomiques, option majoritairement soutenue par l’opinion publique française(4).

À Paris, le mercredi 5 août 2026
Le Mouvement de la Paix

(1) La première conférence d’examen du TIAN aura lieu à l’ONU du 30 novembre au 4 décembre 2026.
(2) De 75 000 au pire moment de la guerre froide le nombre de têtes nucléaires est aujourd’hui estimées à 12 000.
(3) Hibakushas : victimes survivantes des bombardements atomiques.
(4) Sondage IFOP de janvier 2026, commandé par le Mouvement de la Paix et publié par l’Humanité, La Marseillaise et Planète Paix.

Conférence mondiale contre la bombe A et H. Intervention de Pierre Vilard

Pierre VILLARD
Former national chair of Le Mouvement de la Paix
Chair of Provence’s coordination of French’ peace comities

Chers amis,

C’est avec un immense plaisir que je m’adresse une nouvelle fois à vous aujourd’hui à l’occasion de la Conférence mondiale contre les bombes A et H, organisée par Gensuikyo, C’est pour moi la 6ème fois que je suis à vos côtés pour commémorer les tragiques évènements de 1945. J’éprouve à chaque fois la même émotion, la même tristesse. J’ai des frissons. J’en veux à tous ces dirigeants qui ont osé utiliser l’arme atomique et à ceux qui continuer à justifier sa possession au nom de leurs intérêts vitaux.

Aujourd’hui, nous n’avons qu’un seul et même intérêt vital. Notre intérêt vital c’est l’élimination définitive des armes atomiques. Et nous savons que tous ensemble nous sommes une force extra-ordinaire.

Gensuikyo au Japon et Le Mouvement de la Paix en France sont deux organisations amies qui ont le même objectif : éliminer les armes nucléaires pour offrir aux générations futures l’assurance d’un monde apaisé, débarrassé de la menace atomique. Pour cela, nous devons faire de la Paix le moteur des transformations du monde. C’est possible avec la Culture de la Paix.

Je coordonne les activités des comités du Mouvement de la Paix dans le sud de la France et nous avons eu le plaisir d’accueillir cet automne une délégation de Gensuikyo et du Prix Nobel de la Paix Hidankyo.

Paul Valery, un grand écrivain français disait « la guerre est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas ». Nous, les peuples japonais et français, nous voulons nous connaître pour ne pas accepter que nos gouvernements nous massacrent. C’est aussi valable pour tous les autres peuples du monde. Nous avons besoin de nous connaître pour ne pas avoir peur les uns des autres, et ne rien avoir à craindre les uns des autres.

La situation du monde est contrastée. A la fois de grandes inquiétudes, mais aussi de grandes opportunités. Le multilatéralisme est attaqué de toutes parts. L’organisation des nations unies est remise en cause par tous ceux qui veulent s’affranchir des règles internationales.

Mais nous avons obtenu l’interdiction des armes atomiques grâce à nos mobilisations. 65% des états du monde vivent dans des zones exemptes d’armes nucléaires. Un jour, il n’y aura plus d’armes nucléaires sur la planète.

En France, nous devons faire face à une vaste campagne de militarisation des esprits. Les budgets militaires sont à la hausse. L’idée d’une armée européenne refait surface. Les industries militaires augmentent leur production. Elles embauchent. Le gouvernement vient de réinstaurer un service militaire volontaire. Un deuxième porte-avion va être construit. Le complexe militaro-médiatico-industriel se porte bien.

La guerre n’est pas qu’une vue de l’esprit. Ce sont des vies meurtries, des vies fauchées. Des familles endeuillées. Des corps mutilés. L’angoisse permanente. Les peuples n’ont aucun intérêt à la guerre. Ce message, nous devons le faire passer ensemble. Pour cela, nous avons besoin de vous et vous avez besoin de nous.

Le Mouvement de la Paix a été très heureux de voir le Prix Nobel de la Paix attribué à Hidankyo, l’association des victimes et survivants des armes atomiques. Après Pugwash, IPPNW et ICAN, c’est une nouvelle fois aux citoyens engagés pour l’élimination des armes atomiques que le comité Nobel a décidé d’attribuer son illustre Prix.

Comme je vous l’ai dit, nous avons invité nos amis de Hidankyo et des représentants de Gensuikyo dans le Sud de la France pour une Tournée du Prix Nobel. Durant 10 jours ils ont sillonné 7 départements et ont visité 18 localités. Des grandes villes comme Marseille ou Montpellier mais aussi de villes plus petites dans nos campagnes françaises.

La délégation était composée de 7 personnes :

  • Mme Emiko Honma, membre du conseil exécutif de Hidankyo, quartier de Chugoku.
  • M Hideto Matsuura, membre du conseil d’administration d’Hidankyo, issu de l’arrondissement de Shikoku.
  • M Saburō Sugasawa, secrétaire général du Gensuikyo de la préfecture de Yamanashi.
  • Mme Masako Watanabe, secrétaire générale du Gensuikyo de la préfecture d’Akita
  • Yayoi Tsuchida, secrétaire générale adjointe de Gensuikyo, responsable du secteur international
  • Yuhi Shimada, membre du conseil exécutif de Gensuikyo, responsable du service jeunesse.
  • Fumiko Kataoka, responsable des interprètes de Gensuikyo

Nous avons constitué deux équipes qui ont réalisé un total de 40 rencontres. Chaque équipe a parcouru un millier de kilomètres, depuis la Méditerranée jusqu’aux Alpes ou aux Cévennes.

Avec eux, nous avons pu rencontrer près de 7 000 citoyens de France pour faire connaître les conséquences humaines et humanitaires des armes atomiques et soutenir le Traité d’interdiction des armes nucléaires.

Ils ont été accueillis dans des établissements scolaires. Le 21 novembre leur témoignage a été retransmis en visio-conférence dans près de 60 établissements scolaires, avec la participation du représentant du ministère de l’éducation nationale. 2000 élèves y ont assisté. Ce fut une grande première pour nous. Les élèves français ont appris des chants japonais, réalisé des chorégraphies.

Plusieurs opérations de pliages de grues ont permis de partager l’histoire de Sadako et la légende des 1000 grues. Des musiciens ont apporté leur soutien artistique.

Leur périple a permis de rencontrer de nombreux élus français, dont certaines localités membres de Mayors for Peace. Cela a renforcé la campagne de nos comités pour le soutien des villes au Traité d’interdiction des armes nucléaires. Après leur passage, plusieurs maires ont décidé de rejoindre l’appel des villes pour le TIAN.

Les témoignages de Mme Emiko Honma et de M Hideto Matsuura ont permis de faire connaître la réalité des souffrances des victimes et les angoisses des hibakusha de seconde ou troisième génération. Ils sont devenus de véritables stars des cours de récréations. De nombreuses personnes se sont rendues compte qu’elles ne connaissaient finalement pas grand-chose des armes atomiques.

La presse locale a donné un écho important à cette tournée. Nous avons plusieurs dizaines d’articles de presse qui relate cette tournée.

Au-delà du témoignage de Hidankyo, la participation de Gensuikyo a permis de faire connaître vos mobilisations pour l’engagement du Japon en faveur du TIAN. Nous avons mieux compris la politique actuelle du Japon et les volontés de militarisation. Il est difficilement compréhensible que votre pays soit prêt à disposer de la bombe atomique. Vraiment votre gouvernement n’a rien retenu des souffrances des Hibakusha.

La participation de Gensuikyo à la tournée française vous aura permis d’aller à la rencontre du peuple français. Sans doute nos amis ont mieux mesuré la difficulté d’agir pour la Paix dans un pays doté de l’arme atomique. C’est pourquoi vos témoignages ont été si essentiels pour nous.

Nous voulons que la France soit le premier pays doté à s’engager dans le TIAN. C’est pourquoi nous avons besoin de vous pour réaliser cet objectif.

Nous allons continuer à venir régulièrement à Hiroshima et Nagasaki avec de jeunes français. Nous vous attendons en France début 2027 pour une nouvelle tournée de Hidankyo et Gensuikyo.

Vive la coopération des pacifistes japonais et français.
Vive la solidarité internationale des peuples pour la paix, l’abolition des armes nucléaires et l’abolition de la guerre.

Hiroshima le 5 août 2026

Hiroshima-Nagasaki 2026: Intervention de Roland Nivet porte-parole national du Mouvement de la Paix français et représentant du Mouvement de la paix à la commission Ecosoc des Nations unies

Mesdames, Messieurs,

Chers amis de la paix, bonjour,

Je suis Roland Nivet porte-parole national du Mouvement de la Paix français et représentant du Mouvement de la paix à la commission Ecosoc des Nations unies. Cela fait 50 ans que j’ai fait de la lutte pour la paix et le désarmement nucléaire mon engagement prioritaire.

Dans mon intervention je développerai 4 idées principales :

  1. Nous sommes à un point de bascule dans l’histoire de l’humanité
  2. Les peuples peuvent changer le cours de l’histoire
  3. Le Nord et le Sud doivent agir ensemble
  4. Je proposerai quatre rendez-vous annuels pour structurer une mobilisation mondiale durable

Il y a quatre-vingt-un ans, à Hiroshima puis à Nagasaki, l’humanité découvrait qu’elle possédait désormais le pouvoir de s’autodétruire.

En quelques secondes, deux villes furent anéanties.

Des dizaines de milliers de femmes, d’hommes et d’enfants furent tués. Des centaines de milliers d’autres furent condamnés à des souffrances physiques et morales qui les accompagnèrent toute leur vie.

Mais des ruines d’Hiroshima et de Nagasaki est née une force extraordinaire.

Les Hibakushas.

Au lieu de transmettre la haine, ils ont choisi de transmettre l’espérance. Au lieu d’appeler à la vengeance, ils ont consacré leur vie à un message universel :

Plus jamais Hiroshima. Plus jamais Nagasaki.

Je voudrais aujourd’hui leur rendre hommage.

Grâce à leur courage, grâce à leur témoignage, grâce à leur persévérance, un immense mouvement mondial s’est construit. Des citoyens, des scientifiques, des villes, des associations, des syndicats, des organisations internationales, des États et les Nations unies ont fait progresser l’idée qu’un monde sans armes nucléaires n’était pas un rêve naïf mais un objectif politique réaliste.

Nous leur devons beaucoup. Mais aujourd’hui, nous leur devons davantage encore.

Nous avons le devoir de poursuivre leur combat.

Car leur message est plus actuel que jamais. Nous vivons un moment décisif de l’histoire de l’humanité.

Les guerres s’étendent. Les populations civiles en paient le prix.

Le droit international est de plus en plus contesté.

Les dépenses militaires mondiales atteignent des niveaux jamais connus

Selon le SIPRI, elles ont atteint près de 2 900 milliards de dollars en 2025, contre environ 840 milliards en l’an 2000. En vingt-cinq ans, elles ont donc plus que triplé. Selon le Congressional Budget Office américain : l’ensemble des forces nucléaires des USA, de leur fonctionnement, de leur entretien et de leur modernisation devrait coûter 946 milliards de dollars entre 2025 et 2034, soit en moyenne environ 95 milliards de dollars par an.

Dans le même temps, les neuf États dotés de l’arme nucléaire modernisent leurs arsenaux.

Les engagements pris en faveur du désarmement sont progressivement abandonnés.

Les grands traités qui limitaient la course aux armements disparaissent les uns après les autres, jusqu’au traité New START, dernier accord contraignant entre les États-Unis et la Russie sur les armes nucléaires stratégiques.

En France aussi, cette évolution est visible.

La France engage un vaste programme de modernisation de sa force nucléaire : nouveaux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, nouveaux missiles, nouvelles têtes nucléaires, deuxième porte-avions nucléaire… Un ensemble de programmes représentant près de 90 milliards d’euros, sans compter les coûts futurs de fonctionnement et d’entretien.

À l’échelle de l’Union européenne, les dépenses militaires ont augmenté de 62 % entre 2020 et 2025, tandis que le plan ReArm Europe prévoit encore 800 milliards d’euros supplémentaires.

Tous ces faits conduisent à une conclusion simple.

Le risque nucléaire n’appartient plus au passé. Il est redevenu une menace bien réelle pour notre présent.

Mais je voudrais vous dire aujourd’hui une chose essentielle. À mes yeux, le véritable enjeu dépasse la seule question nucléaire.

Nous sommes à un point de bascule Deux chemins s’ouvrent devant l’humanité

Le premier est celui que nous voyons malheureusement se dessiner sous nos yeux.

C’est le chemin de la peur. Le chemin d’une économie de guerre où les budgets militaires progressent plus vite que les budgets consacrés à la santé, à l’éducation, à la lutte contre la pauvreté ou contre le dérèglement climatique. C’est le chemin de la domination de la force sur le droit.

Le chemin où quelques puissances économiques, financières, médiatiques et militaires imposent de plus en plus leurs intérêts aux peuples. Le chemin où progressent les nationalismes, le racisme, les idéologies d’extrême droite, les logiques de domination et de confrontation.

Ce chemin nous conduit vers toujours plus de guerres, toujours plus de violences et toujours plus d’insécurité.

Mais il existe un autre chemin.

Le chemin de la coopération. Le chemin du dialogue. Le chemin du droit international. Le chemin du multilatéralisme. Le chemin d’une véritable sécurité humaine.

Une sécurité qui ne se mesure pas au nombre de missiles, de chars ou de sous-marins nucléaires, mais à la capacité de chaque être humain à vivre dans la dignité, à avoir accès à l’alimentation, à la santé, à l’éducation, à la culture, à un environnement préservé et à tous les droits humains.

Voilà le choix qui est devant nous. Voilà le véritable point de bascule.

Pourquoi je garde espoir

Certains disent qu’il est déjà trop tard. Je ne le crois pas. Pourquoi ?

Parce que l’histoire nous enseigne une leçon essentielle. Lorsque les peuples s’unissent, ils changent le cours de l’histoire.

Ils ont obtenu la décolonisation.Ils ont conquis des droits sociaux Ils ont fait progresser les droits des femmes. Ils ont vaincu l’apartheid. Ils ont fait naître les Nations unies.

Ils ont obtenu des avancées importantes en matière de désarmement nucléaire.

Rien de tout cela n’était écrit d’avance.

Chaque fois que des femmes et des hommes se sont levés ensemble, ils ont montré que l’histoire n’était pas une fatalité.

Comme le disait Edgar Morin philosophe et sociologue français: « Plus on s’approche de l’abîme, plus il existe la possibilité du sursaut. »

Je crois profondément que nous sommes aujourd’hui dans ce moment où le sursaut est encore possible.

Mais ce sursaut ne viendra pas tout seul.

Il dépend de nous.

Construire une mobilisation mondiale

Il dépend de notre capacité à rassembler. À rassembler les mouvements pour la paix. Les organisations de défense des droits humains, les syndicats, les mouvements féministes, les organisations écologistes.

Les associations de solidarité. Les chercheurs. Les artistes. Les élus. Les jeunes.

Mais il dépend surtout de notre capacité à unir les opinions publiques.

Les opinions publiques des pays du Nord. Les opinions publiques des pays du Sud.

Car les armes nucléaires ne distinguent ni les frontières, ni les religions, ni les couleurs de peau.

Nous appartenons tous à une même communauté de destin.

Je voudrais d’ailleurs saluer ici les luttes des peuples du Pacifique, qui ont permis la reconnaissance des conséquences humaines des essais nucléaires français, ainsi que les avancées récentes intervenues en Polynésie française. Elles montrent qu’aucun combat pour la vérité et la justice n’est perdu d’avance.

N’oublions jamais une chose. Le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires n’aurait jamais été adopté en 2017 sans la mobilisation des pays du Sud, qui ont fait entendre à l’Assemblée générale des Nations unies la voix de la majorité de l’humanité.

Le désarmement nucléaire n’est donc pas seulement l’affaire des neuf puissances nucléaires.

C’est l’affaire de tous les peuples.

Je voudrais faire trois propositions

La première est de soutenir et d’élargir l’appel mondial déjà signé par plus de 600 organisations de 99 pays. Cet appel fixe un objectif clair : parvenir à un monde sans armes nucléaires d’ici 2045, pour le centième anniversaire de la Charte des Nations unies. C’est un appel ouvert à toutes les organisations, quelles que soient leurs sensibilités, dès lors qu’elles partagent cet objectif commun.

La deuxième est de structurer une mobilisation mondiale autour de deux grands rendez-vous annuels liés à la paix et au désarmement nucléaire.

Du 6 au 9 août, pour faire vivre partout dans le monde la mémoire d’Hiroshima et de Nagasaki.

Puis du 21 au 26 septembre, de la Journée internationale de la paix à la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires, afin d’organiser partout des marches, des débats, des rencontres avec les élus, des initiatives dans les écoles, les universités, les entreprises, les quartiers et les villages

Enfin, je propose de participer activement à deux grands rendez-vous de convergence avec l’ensemble des mouvements sociaux.

Le 1er mai, parce que la paix est une condition du progrès social. Comment répondre aux besoins des peuples lorsque les dépenses militaires absorbent des ressources considérables ?

Et le 10 décembre, Journée internationale des droits humains. Car le premier des droits humains est le droit de vivre.

Le droit de vivre sans la menace d’une guerre nucléaire.

Le droit de transmettre aux générations futures une planète habitable et un monde en paix.

Conclusion

Les Hibakushas nous ont transmis un témoin. Aujourd’hui, ce témoin est entre nos mains.

À nous de le porter. À nous de convaincre. À nous d’agir. À nous d’unir les peuples du Nord et du Sud.

À nous de faire grandir cette immense majorité de femmes et d’hommes qui veulent simplement vivre en paix. Alors, un jour, nous pourrons dire aux Hibakushas :

Votre combat est devenu le nôtre. Et grâce à vous, grâce à des millions de femmes et d’hommes de tous les continents, l’humanité aura choisi la vie plutôt que la peur…

La coopération plutôt que la confrontation… le droit plutôt que la force… la paix plutôt que la guerre.

Je vous remercie.

Roland Nivet Hiroshima- Nagasaki aout 2026

Communiqué du Mouvement de la Paix. Solidarité avec les victimes des incendies et avec tous ceux et celles qui luttent contre ces incendies

La France doit investir pour une sécurité humaine : sanitaire, sociale et écologique et non pour une économie de la guerre. Moins de Rafales plus de Canadair !

Le Mouvement de la paix exprime sa solidarité avec toutes les personnes, toutes les familles, qui sont victimes des terribles incendies qui ravagent notre pays, qui subit de plein fouet les conséquences de la crise et du réchauffement climatique.

Malgré les moyens dégagés par l’État et les collectivités locales, malgré le courage des pompiers et de tous les autres corps de métier impliqués dans la défense des forêts et la lutte contre les incendies, malgré l’engagement et la solidarité de nombreux bénévoles, et malgré la solidarité internationale, notre pays vit un drame terrible, qui frappe durement de nombreuses familles, cause la mort et détruit des villes, des villages, la forêt, des maisons, des entreprises.

Depuis des années, les ONG écologistes, les mouvements environnementalistes, les syndicats et aussi des élus et des institutions comme la cour des comptes, les organisations des pompiers et les personnels hospitaliers qui sont aux premières loges lors de ces catastrophes et bien d’autres corps professionnels et des scientifiques à travers le Giec ont souligné la nécessité d’investir massivement en faveur de la sécurité écologique de notre pays.

Dans ce contexte le Mouvement de la paix souligne en permanence que les choix du gouvernement actuel n’étaient pas les bons choix car ils privilégient la mise en œuvre d’une économie de la guerre au détriment de tous les investissements utiles pour une sécurité humaine à la fois sanitaire, sociale et écologique.

C’est d’ailleurs cette sécurité humaine que les Nations Unies appellent à mettre en œuvre, en invitant tous les États à mettre les moyens politiques et financiers pour construire cette sécurité humaine sur la base d’une culture et d’une économie de paix, s’accompagnant d’une diminution drastique des moyens pour la guerre.

Les choix du gouvernement actuel sont terribles et condamnables car il avait toutes les informations nécessaires sur l’urgence d’investir massivement dans la sécurité écologique, contre le réchauffement climatique et contre le danger de terribles incendies comme la France en a déjà connu au cours des dernière années

Or en une trentaine d’années les effectifs de l’ONF, l’Office national des forêts, a été divisé par 2, passant de 16.000 salariés à 8.000 actuellement. Une question écrite publiée par l’Assemblée nationale en 2023 soulignait que cette baisse des effectifs réduisait de manière considérable les capacités de surveillance des forêts, mais aussi de protection des écosystèmes et de lutte contre les incendies. Les efforts n’ont pas été faits alors que tout le monde savait combien l’entretien des forêts est une chose importante pour la prévention des incendies et aussi pour la sécurité écologique planétaire.

Le sous équipement en avions canadair est notoire malgré les revendications des pompiers. Il faut retenir à cet égard que le coût d’un canadair c’est environ 50 millions d’euros, alors que le coût d’un Rafale, cet avion susceptible de porter l’arme nucléaire (avec tous ses équipements,) c’est de l’ordre de 250 millions d’euros. La France possède 170 rafales et la loi de programmation militaire prévoit d’atteindre rapidement le chiffre de 225 avions Rafales. MAIS !!!La France ne dispose actuellement que de 12 canadairs seulement au sein de la sécurité civile basés à Nîmes, 2 autres doivent être livrés en avril et novembre 2028, et 2 autres viennent d’être commandés. La flotte devrait donc atteindre 16 Canadair d’ici 2032. Vous avez tous et toutes compris ou est l’erreur. Aidez-nous à faire faire avancer les bons choix rejoignez le Mouvement de la paix contact : national@mvtpaix.org

Le Mouvement de la paix le 26 juillet 2026

Journée internationale de la Paix du 21 septembre 2026. « Stop les guerres, stop les violences, stop la misère »

Le Collectif national des marches pour la paix appelle à multiplier les initiatives, partout du 19 au 26 septembre. L’espoir réside dans notre capacité collective à imposer d’autres choix que l’économie de la guerre et la guerre

Le Collectif national des marches pour la paix appelle les citoyennes et les citoyens, les organisations syndicales, associatives, politiques, culturelles, humanistes, philosophiques à multiplier les initiatives partout en France pour faire entendre l’immense aspiration de la population et des peuples à vivre en paix.

La situation internationale est d’une extrême gravité. Les guerres s’étendent, le droit international est trop souvent bafoué, les dépenses militaires augmentent massivement, les arsenaux nucléaires sont modernisés, et le risque d’une extension mondiale de la guerre, incluant l’utilisation possible d’armes nucléaires, ne peut être ignoré.

Dans ce contexte, le Collectif réaffirme son refus de la résignation et de la banalisation de la guerre. Depuis 2015, il rassemble près de 200 organisations nationales et locales autour d’un appel clair : « Pour la paix : stop la guerre, stop la violence, stop la misère. Exprimons notre volonté de vivre en paix dans un monde de solidarité, de justice, de fraternité. »

La guerre est toujours un échec. Elle détruit les vies, jette les populations civiles sur les routes de l’exil, aggrave les inégalités, nourrit les violations des droits humains, les crimes contre l’humanité et détourne des ressources considérables qui devraient être consacrées à l’emploi, aux salaires, à la santé, à l’éducation, au logement, aux services publics et à la transition écologique.

Nous refusons que les droits sociaux, les libertés, la dignité humaine, la sécurité des peuples et l’avenir des générations futures soient sacrifiés aux logiques de guerre, de domination et de militarisation. Le droit international doit primer sur la force. Les solutions politiques négociées doivent prévaloir sur la guerre et la violence. Une paix durable ne peut se construire sans justice sociale, justice écologique, coopération entre les peuples, respect de la souveraineté des États et réalisation concrète de tous les droits humains.

À travers cette mobilisation, le Collectif appelle à agir pour une sécurité humaine sur le plan national et mondial, construite sur les principes de la Charte des Nations Unies, la réalisation des objectifs de développement durable (ODD, la mise en œuvre des huit domaines de la culture de la paix définis par les Nations Unies et la concrétisation des recommandations du GIEC pour lutter contre le réchauffement climatique.

Face à la spirale de la guerre, l’espoir réside dans l’action citoyenne, dans l’unité des forces sociales, syndicales, associatives, écologistes, féministes, humanistes, culturelles et politiques qui refusent la guerre comme horizon.

Le 21 septembre 2026, et durant toute la semaine du 19 au 26 septembre, le Collectif national des marches pour la paix invite donc à organiser partout des marches, rassemblements, débats publics, forums, concerts, expositions, initiatives culturelles, rencontres avec les élus, actions dans les quartiers, les villages, les entreprises, les écoles et les universités. Chaque initiative compte. Chaque prise de parole compte. Chaque présence dans l’espace public compte.

Le Collectif appelle également à prolonger cette dynamique autour de la Semaine des Nations Unies pour le désarmement (fin octobre-début novembre), en organisant des forums départementaux pour la paix afin de faire connaître les alternatives pour une sécurité humaine mondiale, portées par le collectif et fondées sur la réalisation concrète de tous les droits humains. Marchons ! Débattons ! Rassemblons-nous ! Agissons ! Ensemble pour la paix, la justice, les droits sociaux et les droits humains.

Le collectif national des marches pour la Paix – Juillet 2026

Courrier du mouvement de la paix aux député•es. Le 1er juillet, ne votez pas l’actualisation de la loi de programmation militaire

Madame la Députée,
Monsieur le Député,

Le 1er juillet 2026, vous serez appelé·e à vous prononcer sur le projet de loi actualisant la loi de programmation militaire.

Le Mouvement de la Paix vous appelle solennellement à ne pas voter ce texte. Une loi de programmation militaire engage la Nation pour plusieurs années, pour des montants considérables et pour des choix stratégiques majeurs. Elle ne peut être adoptée dans la précipitation, à l’issue d’une commission mixte paritaire restreinte, sans véritable débat public et démocratique.

Nous vous demandons donc de refuser toute adoption qui empêcherait une rediscussion complète du texte. Le Parlement doit pouvoir examiner sérieusement les conséquences budgétaires, sociales, diplomatiques, démocratiques et internationales d’une telle loi.

Les chiffres montrent l’ampleur du basculement engagé. La loi de programmation militaire 2014-2019 représentait 190 milliards d’euros. La loi 2019-2025 atteignait 295 milliards d’euros. Le projet actuel, initialement annoncé à 400 milliards d’euros, serait porté à 436 milliards d’euros après les 36 milliards supplémentaires demandés par le ministère des Armées. Le Sénat a par ailleurs évoqué une rallonge supplémentaire de 14 milliards d’euros, qui porterait l’effort total à 450 milliards d’euros si elle était retenue.

Cette augmentation colossale traduit un choix politique majeur : celui d’une économie de guerre, qui prépare d’abord la guerre, les guerres à venir,sans évoquer les moyens nécessaires pour construire la paix, la diplomatie, la coopération internationale et une sécurité humaine commune.

À cela s’ajoutent les propositions du président de la République visant à accroître le rôle des armes nucléaires françaises et à ouvrir la voie à une européanisation de la dissuasion nucléaire. De telles orientations posent de graves questions au regard des engagements internationaux de la France, notamment la Charte des Nations unies et le Traité de non-prolifération nucléaire et ne particulier de son article 6.

Cette actualisation comporte aussi d’autres mesures préoccupantes. Après l’échec du SNU, elle prévoit la mise en place d’un service national pour les jeunes et dégage des moyens pour cela. Dans le même temps, alors que l’Éducation nationale, la santé, la jeunesse, la recherche, la transition écologique et les services publics manquent cruellement de moyens, la majorité présidentielle propose à la jeunesse l’horizon d’une économie de guerre et d’une militarisation croissante des esprits.

Cette orientation se retrouve également dans le projet de loi Blanchet, qui vise à imposer dans l’enseignement secondaire, de la sixième à la terminale, des cours hebdomadaires de défense nationale, à raison de 35 heures par an et par classe, assurés par des militaires. Le Mouvement de la Paix est conscient que le monde actuel comporte des dangers majeurs et des défis existentiels pour la paix, voire pour la survie de l’humanité. Mais la réponse à ces dangers ne peut pas être la fuite en avant militaire, la préparation permanente à la guerre, ni l’idée que la jeunesse devrait être préparée au sacrifice.

Ce que nous réclamons, c’est une autre orientation : une loi de programmation pour la paix, pour la sécurité humaine, pour la diplomatie, pour la coopération internationale, pour la culture de la paix et pour le respect du droit international.

La Charte des Nations unies prévoit, dans son article 26, que les États doivent favoriser le maintien de la paix et de la sécurité internationales en ne détournant vers les armements que le minimum des ressources humaines et économiques du monde. Elle affirme également que les différends doivent être réglés par des moyens pacifiques. Or, ces dernières années, les moyens diplomatiques de la France ont été affaiblis, tandis que les dépenses militaires connaissent une hausse massive.

Nous demandons que des moyens soient engagés pour la diplomatie, la prévention des conflits, la coopération internationale, l’éducation à la paix, les échanges entre universités, la santé, la jeunesse, les personnes âgées, la lutte contre le dérèglement climatique et la réalisation des objectifs de développement durable adoptés par l’Assemblée générale des Nations unies.

Nous ne nions pas la nécessité de moyens de défense pour assurer la sécurité de la France et de l’Europe, notamment dans le cadre d’une sécurité commune fondée sur le droit international et pouvant s’inscrire dans le cadre de l’OSCE. Mais nous refusons que la sécurité soit réduite à l’accumulation d’armements, à la dissuasion nucléaire, à l’économie de guerre et à la militarisation de la société.

C’est pourquoi le Mouvement de la Paix vous demande :
de voter contre le projet de loi actualisant la loi de programmation militaire ;d’exiger une nouvelle lecture permettant un véritable débat démocratique à l’assemblée et dans le pays avec les citoyennes et citoyens ;de demander la réorientation d’une partie des crédits militaires supplémentaires vers les besoins sociaux, éducatifs, sanitaires, écologiques et diplomatiques ; d’ouvrir le débat sur une loi de programmation pour la paix, la sécurité humaine, la coopération internationale et la culture de la paix.

Le Mouvement de la Paix appelle notamment à débloquer immédiatement 3 milliards d’euros pour la santé, l’éducation et le climat, prélevés sur les crédits supplémentaires prévus pour la loi de programmation militaire.

Madame la Députée, Monsieur le Député,

Au moment où les tensions internationales sont graves, la responsabilité du Parlement n’est pas de valider dans l’urgence une fuite en avant militarisée. Elle est d’ouvrir un débat national sur les choix de sécurité, de paix, de justice sociale et d’avenir que notre pays doit porter.

Pour son avenir, l’humanité n’a d’autre chemin que la paix.

Nous vous demandons donc de ne pas voter ce projet de loi le 1er juillet.

Veuillez recevoir, Madame la Députée, Monsieur le Député, l’expression de notre considération républicaine.

Pour Le Mouvement de la Paix
Roland Nivet porte parole National

Communiqué du Mouvement de la Paix. Pour la défense de nos libertés : Stop aux LGBT-phobies ! Stop à la répression politique et syndicale !

Rassemblement le 1er juillet 2026, à 18h,
devant le Ministère de l’Agriculture, 78 rue de Varennes, à Paris

Au petit matin du samedi 30 mai 2026, à Metz, un jeune homme de 19 ans a été lynché à mort. Pour des témoins, amis de la victime, interrogés par le Républicain Lorrain, « c’était une agression homophobe et horrible ». Les LGBT-phobies continuent de tuer dans notre pays… Même si la police et le Parquet nient le caractère homophobe de cet homicide !

À Paris, le 20 juin dernier, nous étions des centaines à manifester du siège de la Banque Postale au Ministère du Travail, pour dénoncer la répression syndicale. Le 25 juin, devant le tribunal de Paris, porte de Clichy, à 11h, nous serons au rassemblement de soutien à Anasse Kazib, poursuivi pour sa solidarité avec la Palestine. Durant le mois de mai, Julien Le Guet, porte-parole de « bassines, non merci », a subi trois procès suite aux luttes organisées contre l’accaparement de l’eau à Sainte-Soline. Il a été condamné à de la prison pour avoir participé à organiser des manifestations violemment réprimées. La CGT évoque un millier de militants syndicaux victimes de répression patronale ces dernières années.

Les militants pacifistes ne sont pas en reste face à répression. Le trésorier national adjoint du Mouvement de la Paix, Pierre-Olivier Poyard, subit depuis 3 ans une odieuse cabale. Stigmatisé par quelques collègues de l’Enseignement agricole en tant que personne LGBT, soi-disant dangereuse pour les jeunes, il est victime de LGBT-phobie. Il a perdu son poste d’enseignant suite à ces dénonciations calomnieuses… Et comme il refuse de se taire, il est réprimé par le Ministère de l’Agriculture en raison de sa liberté d’expression.

Le 2 septembre 2025, il est passé au tribunal correctionnel pour avoir syndiqué ses collègues. Circonstance aggravante pour le Parquet : il est responsable national de son syndicat, le SNETAP-FSU. Le 7 octobre suivant, il a été relaxé, reconnu innocent de toutes les accusations portées contre lui. Cependant, malgré cette innocence reconnue en Justice, le Ministère de l’Agriculture continue de le réprimer et de s’acharner contre lui. Il a été poussé à accepter un poste à 93 kilomètres de chez lui, à la rentrée de septembre 2026, ce qui l’éloigne de ses enfants… Sans aucune protection contre l’homophobie qu’il subit encore.

Pour le Mouvement de la Paix, il est inacceptable que des personnes LGBT soient encore stigmatisées dans notre société, assassinées ou poussées au suicide. Il est tout autant inacceptable que des syndicalistes et/ou des militants politiques et pacifistes soient réprimés.

Le Mouvement de la Paix appelle :

  • à soutenir les victimes de LGBT-phobies et de répression politique et/ou syndicale partout en France ;
  • à se rassembler le 1er juillet 2026, à 18H, 78 rue de Varennes, à Paris, contre les LGBT-phobies et la répression syndicale au Ministère de l’Agriculture.

Déclaration du Mouvement de la Paix. Manifestons contre tous les racismes dimanche 21 juin à Paris

Dans la foulée des élections municipales, un déferlement de haine raciste a visé nombre d’élu·es de la République. L’extrême-droite et les médias qui lui sont affiliés ont orchestré des campagnes virulentes d’attaques racistes, amplifiées sur les réseaux sociaux. Visée par l’une d’elles, le maire de Saint-Denis-Pierrefitte-sur-Seine Bally Bagayoko a appelé à un rassemblement contre toutes les formes de racisme, que nos organisations ont soutenu et qui a été un succès de mobilisation de la société civile.

Nous, organisations de la société civile, considérons que le 21 juin, nous avons la possibilité d’amplifier encore le mouvement, en manifestant à Paris, avant les festivités de la Fête de la Musique, pour affirmer la large cohésion de la société contre tous les racismes, les discriminations, la haine de l’autre et en faveur de l’égalité en droits.

C’est cette égalité que l’extrême-droite ne peut supporter, c’est cette égalité qu’elle continue d’attaquer frontalement partout où elle se sent suffisamment forte, là où elle a obtenu des municipalités, là où elle voudrait peser dangereusement sur les institutions. Ainsi, elle s’en prend à ce qui fait notre socle politique partagé depuis 1789, la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen et toutes les Constitutions républicaines depuis lors, qui proclament l’égalité de toutes et tous devant la loi.

Déterminées ensemble, partout, face à l’extrême-droite, pour l’égale dignité de tous les êtres humains, nos organisations appellent à rejoindre largement le cortège du 21 juin à Paris, 14h à Barbès.

Signataires : CGT (Confédération générale du travail), Fédération syndicale unitaire (FSU), LDH (Ligue des droits de l’Homme/droits humains), Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Mouvement de la Paix, Union syndicale Solidaires

Le 15 juin 2026

Communiqué de presse du Mouvement de la Paix. Pour une solution politique au conflit entre la Russie et l’Ukraine

La France doit mettre tout son poids en faveur d’une solution politique au conflit entre la Russie et l’Ukraine. C’est la solution pour stopper l’aggravation du conflit et construire une sécurité commune en Europe.

Après les bombardements intenses de la Russie sur Kiev fin mai 2026, touchant gravement une fois de plus des populations civiles, suite, selon la Russie, à une frappe meurtrière de l’Ukraine contre un lycée de la région de Lougansk, la diplomatie russe a appelé le lundi 25 mai les ressortissants étrangers vivant à Kiev, dont les personnels diplomatiques, à quitter la capitale ukrainienne avant de nouveaux bombardements de l’armée russe.

Le ministère russe des Affaires étrangères a en effet déclaré que « des frappes seront menées sur des centres de décision » et des « entreprises du complexe militaro-industriel » à Kiev, et a indiqué « Nous avertissons les ressortissants étrangers, y compris le personnel des missions diplomatiques et des représentations d’organisations internationales, de la nécessité de quitter la ville dès que possible… »(1)

Le Mouvement de la paix à cette occasion rappelle sa condamnation de l’agression russe contre l’Ukraine en violation du droit international et de la Charte des Nations unies (cf déclarations antérieures).

Le Mouvement de la Paix rappelle que seule une solution diplomatique, s’inspirant par exemple des propositions avancées dans le cadre des négociations en vue des accords de Minsk était susceptible d’arrêter ces atrocités dont sont victimes les populations civiles. Le Mouvement de la paix se réjouit de la position de la Suisse qui, en tant que pays assurant la présidence de l’OSCE a déclaré le 24 février 2026 que « L’OSCE a été conçue comme un lieu de dialogue entre adversaires — non comme un club d’États partageant les mêmes vues. En temps de guerre plus encore, ce dialogue doit rester réel. Il ne peut se réduire à deux monologues parallèles. Telle est l’ambition de la présidence suisse : défendre les principes d’Helsinki et préserver cette plateforme unique de dialogue inclusif. Face au retour des logiques de puissance, nous ne devons pas marginaliser notre organisation ; nous devons la rendre opérationnelle et utile, en y apportant les réformes et le courage nécessaires. La paix exige anticipation et détermination. Il nous appartient, collectivement, de faire de l’OSCE un instrument crédible au service de la paix et de la sécurité en Europe. »(2)

Le Mouvement de la paix estime que la France doit agir dans ce sens non seulement au sein de l’OSCE mais aussi en tant que membre du conseil de sécurité des Nations Unies.

Le Mouvement de la Paix estime qu’il est urgent que la France révise totalement sa politique et son positionnement en particulier au niveau européen et mette tous ses moyens diplomatiques au service de la construction d’une issue politique et donc de remettre complètement en cause ses logiques de militarisation de l’Europe, d’européanisation de l’arme nucléaire, de doublement du budget militaire, de soumission aux exigences de Trump et de l’Otan visant à augmenter les dépenses militaires ; d’augmentation du potentiel en armes nucléaires de la France en violation du TNP.

La France doit faire des propositions pour ce qui concerne le désarmement nucléaire, l’arrêt de la militarisation de l’Europe, et agir pour une sécurité commune européenne basée sur les principes réactualisés des accords d’Helsinki.

C’est la raison pour laquelle le Mouvement de la paix participera aux cotés des organisations pacifistes européennes, du bureau international de la paix, du collectif No Rearm Europe (dont fait partie le Mouvement de la Paix) à la manifestation qui aura lieu à Bruxelles le 14 juin 2026, « Le bien-être, pas la guerre »(3)

Le Mouvement de la paix
Le 9 juin 2026

(1) Article du Figaro du 26 mai 2026.
(2) Vienne, 24.02.2026 — Discours du président en exercice de l’OSCE, le conseiller fédéral Ignazio Cassis, devant le Conseil permanent de l’OSCE.
(3) « Le 14 juin à 15h, nous descendrons dans les rues de Bruxelles, devant les institutions qui pilotent le réarmement de l’Europe. Avec la Plateforme Halte à la militarisation, nous appelons les mouvements sociaux, les syndicats, les organisations de la société civile, les médias indépendants, les forces politiques et les parlementaires –aux niveaux européen et national– à nous rejoindre. Nous nous réunirons ensuite en assemblée pour discuter et définir les prochaines étapes d’une mobilisation européenne contre le réarmement. Le 14 juin est un point de ralliement commun, et non une date butoir. Tout au long du mois, les mouvements, les organisations et les communautés de tout le continent sont appelés à organiser leurs propres manifestations, réunions publiques et actions coordonnées ».

Wellfare NOT Warfare – La justice sociale PAS la guerre ! Manifestation à Bruxelles le 14 juin 2026 à 15h

Le Mouvement de la Paix fait partie des organisations qui appellent à cette manifestation, et est membre du Bureau International de la Paix (BIP) et du collectif Stop RearmEurope 2 qui appellent aussi à cette manifestation.

Cette manifestation est organisée par deux plateformes principales : la plateforme « Stop Militarization » en Belgique et la coalition européenne « Stop Rearm Europe ».

Départ de la manifestation : Bruxelles-Nord à 15 h (initialement 14 h , décalée à la demande de la police). Parcours en direction du quartier européen, à confirmer.

Après la manifestation, assemblée animée par Stop Rearm Europe pour discuter des stratégies futures.

Appel de la plateforme « Stop militarisation »

Les conflits se multiplient dans le monde entier, la loi du plus fort piétine de plus en plus le droit international et le multilatéralisme, l’autoritarisme gagne du terrain, les armes nucléaires continuent de menacer l’humanité et, malgré tout cela, des milliards sont dépensés dans le militaire et l’armement et dans la préparation des conflits. Ce sont les travailleurs et travailleuses, les familles et notre planète qui en paient le prix.

Nous nous opposons à la militarisation irresponsable de notre société. Nous sommes opposés aux projets de l’UE visant à dépenser 800 milliards d’euros supplémentaires en armement, argent qui est retiré des services sociaux, des soins de santé, de l’éducation, du travail, de la consolidation de la paix, de la coopération internationale, d’une transition juste et de la justice climatique. Comme en Belgique, où des économies sociales massives sont présentées comme nécessaires, tandis que des dépenses militaires supplémentaires passent sans débat.

L’Europe doit se remettre de la fièvre guerrière et arrêter de capitaliser sur un climat de peur afin de laisser à nouveau place à une perspective de paix et de désarmement, seule voie possible pour notre avenir commun. Nous appelons toutes celles tous ceux qui choisissent la paix et la justice sociale à participer à une manifestation européenne à Bruxelles pour plaider en faveur d’investissements pour la société et non dans la guerre.

Nous exigeons :

  • Pour la paix et la sécurité – des investissements dans les soins de santé, l’éducation, le travail décent, la justice, la transition climatique et la protection sociale, et non dans la militarisation de la société ;
  • Pour le respect du droit international – le respect de la Charte des Nations Unies, la défense des droits humains et des droits du travail, la promotion de la justice sociale et climatique ;
  • Pour le dialogue et la diplomatie – rassembler les peuples et les pays, plutôt que de les monter les uns contre les autres ;
  • Pour l’investissement dans la solidarité et la coopération internationales – le développement durable est la meilleure garantie d’une société stable et sécurisée, et donc le meilleur moyen de prévenir les conflits ;
  • Pour le désarmement – le contrôle des armements et le désarmement nucléaire garantissent la paix et la sécurité.

Rejoignez-nous pour une Europe de paix et de solidarité.

Invitation de la coalition « Stop rearm Europe »
dont est membre le Mouvement de la Paix

Nous assistons à des niveaux sans précédent de destruction et à une guerre contre la vie elle-même.

Les génocides sont en train d’être normalisés, les infrastructures civiles deviennent la cible privilégiée, les institutions internationales paralysées par l’inaction.

L’Europe n’est pas un spectateur.

À travers le continent, les gouvernements préparent les citoyens à la guerre, réintroduisent la conscription et détournent les ressources publiques vers la machine de guerre — tandis que l’industrie se prépare à faire du profit.

Les institutions européennes, désireuses d’apaiser la superpuissance mondiale, se contentent de soutenir les fantasmes impériaux de forces réactionnaires telles que représentées par Trump, Netanyahu et Alex Karp de Palantir : le tapis rouge est toujours déployé, les systèmes d’armes toujours exportés, leurs bombardiers réapprovisionnés. Cette nouvelle ère qu’ils souhaitent annoncer sera encore plus sombre grâce à l’expansion des logiciels testés sur les Palestiniens et conçus pour maximiser la mort et la destruction.

Nous refusons cela. Et nous nous mobilisons.

Rejoignez-nous — à Bruxelles et à travers l’Europe !

Le 14 juin à 15h, nous descendrons dans les rues de Bruxelles, devant les institutions qui mènent le réarmement de l’Europe. Avec la Plateforme Stop Militarization, nous appelons les mouvements sociaux, les syndicats, les organisations de la société civile, les médias indépendants, les forces politiques et les parlementaires -aux niveaux européen et national- à se joindre à nous. Ensuite, nous nous réunirons en assemblée pour discuter et élaborer une stratégie des prochaines étapes d’une mobilisation à l’échelle européenne contre l’agenda ReArm.

Pourquoi nous mobilisons-nous ?

Au nom de la « sécurité », l’Union européenne et l’OTAN poussent une expansion militaire sans précédent. 800 milliards d’euros sont déjà réaffectés vers l’armement — des ressources retirées de la santé, de l’éducation, de l’action climatique et de la protection sociale. Au cours de la prochaine décennie, ce chiffre pourrait atteindre 6,8 000 milliards d’euros, alors que l’OTAN exerce des pressions sur les États membres pour des dépenses militaires allant jusqu’à 5 % du PIB.

C’est une économie de guerre permanente qui va transformer chaque aspect de la vie en Europe et au-delà :

  • Cela approfondit les conflits plutôt que de les résoudre. Investir des milliards dans les armes alimente les tensions mondiales et renforce la logique selon laquelle la force militaire -et non la diplomatie- est la réponse de l’Europe à chaque crise.
  • Cela accélère une course aux armements. Les pays réagiront à l’armement de leurs voisins, avec plus d’armes. Les frontières armées, la prolifération de bases militaires et la volonté d’investir dans les armes nucléaires deviendront la nouvelle norme.
  • C’est un transfert de richesse de la vie vers la destruction. Chaque euro dépensé en armes est un euro retiré de la protection sociale, de la transition juste et des services publics. Le réarmement et le démantèlement de nos systèmes de protection sociale ne font qu’un.
  • Il cible la prochaine génération. Une Europe réarmée exigera des soldats. Les jeunes seront invités à combattre et mourir dans des guerres qu’ils n’ont pas choisies. De plus, cela laissera les générations futures avec une dette encore plus importante.
  • Elle transforme nos sociétés. La militarisation entraîne la surveillance, la répression de la dissidence et un espace démocratique rétréci. La politique de guerre a toujours des conséquences autoritaires.

Nous rejetons cette direction. Nous défendons une Europe fondée sur la paix, la démocratie, les droits de l’homme, ainsi que la justice sociale et climatique — une Europe qui investit dans les soins, la solidarité et la coopération internationale plutôt que dans l’industrie de l’armement.

Informations pratiques

  • Manifestation Quand : 14 juin, 15h00. Où : Bruxelles Nord. Matériel utile (affiches, banderoles, etc.)
    https://stoprearm.org/materials/
  • Assemblée : Quand : 14 juin, 17h00 – 21h00. Où : Bruxelles près de Pl. Jean Rey. Pour toute question ou demande.

Sur le site de l’IPB (International Peace Bureau) : Welfare not Warfare! 14th of June we take the streets for peace and justice! – IPB – International Peace Bureau.

Sur le site de VREDE (Belgique) : Stop Militarisation | Vrede.

Paix et sécurité humaine selon le Mouvement de la Paix

Nos exigences pour cultiver la paix du quartier à la planète. Un autre monde est possible !

L’approche globale

Jamais les problèmes qu’affronte l’humanité n’ont été aussi graves : conflits sans fin, prolifération des armes, y compris nucléaires, atteintes à l’environnement, mauvaise gestion des ressources vitales, malnutrition et épidémies… Cependant jamais l’humanité n’a autant qu’aujourd’hui disposé de moyens (connaissances, techniques, analyses) pour résoudre ces problèmes et créer les conditions afin que chaque être humain puisse vivre en paix et en sécurité, sécurité physique, sociale, médicale, nutritive et environnementale.

Les engagements pris par les chefs d’État en l’An 2000 et réaffirmés depuis pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) destinés à réduire de moitié la pauvreté dans le monde, ne sont pas tenus.

Cette situation qui plonge plus d’un milliard d’habitants de la planète dans l’extrême pauvreté, est un facteur majeur d’insécurité sociale, de violences et de conflits armés. La volonté d’une remilitarisation des relations internationales, sous la pression de certains gouvernements dont ceux engagés dans l’OTAN, se confirme.

La « sécurité humaine » conçue comme le respect des droits, individuels et collectifs, et la satisfaction des besoins, fondée sur une éthique de solidarité, doit devenir la référence commune pour promouvoir un développement durable, soutenable par la planète, partagé et respectueux de l’environnement.

Au premier rang des besoins, figure le droit pour tous de vivre en paix et en sécurité, dans des frontières garanties et reconnues, le droit de vivre sans crainte en tous lieux et à tout moment de sa vie.

Citoyens motivés, nous appelons à un sursaut civique. Pour cultiver la paix du quartier à la planète, nous mettons dans le débat des propositions pour le court, le moyen et le long terme en vue de la co-élaboration d’alternatives sous la dénomination de sécurité humaine et/ou culture de la paix.