Déclaration du mouvement de la Paix. « Ensemble, le 1er mai 2026 pour la Paix, la Justice sociale et les Droits »

Le 1er mai, journée internationale des travailleuses et travailleurs, ensemble réaffirmons que la Paix, la Justice sociale, le respect du Droit international et des Droits humains sont indissociables.

Dans un contexte international d’une gravité exceptionnelle, marqué par la multiplication des conflits armés, des violations du droit international et une militarisation croissante, les travailleurs et travailleuses du monde entier font le plus souvent face à une dégradation de leurs droits, de leurs conditions de vie, de leur sécurité et de leurs libertés.

Les guerres, occupations, agressions interétatiques, crimes contre l’humanité et violations de la souveraineté de certains États -en Palestine, en Ukraine, au Venezuela, en Iran, en République démocratique du Congo, en Amérique latine, au Liban et ailleurs- touchent en premier lieu les populations civiles, aggravent les inégalités et détournent des ressources essentielles nécessaires pour la satisfaction des besoins sociaux fondamentaux : emploi, salaires, santé, éducation, logement, services publics et transition écologique.

Nous affirmons que le droit international doit primer sur la force et que les solutions politiques négociées doivent prévaloir sur la guerre et la violence, dans le respect de la souveraineté des peuples et des droits humains.

Face à l’impasse des logiques de domination, de confrontation et de militarisation, l’action unie des organisations syndicales et des mouvements et associations œuvrant pour la paix, la justice sociale, la justice écologique et les droits humains, est indispensable pour : défendre les droits sociaux, les libertés syndicales et la dignité humaine, faire prévaloir des logiques de coopération, fonder une économie de Paix et construire une culture de la paix.

Nous refusons que nos droits, nos vies, notre avenir et l’avenir des générations futures soient sacrifiés au nom de la guerre, des logiques de militarisation du monde et des escalades militaires qui peuvent faire basculer le monde vers la mondialisation de la guerre.

Le 1er mai 2026, partout ! Ensemble pour la Paix – la Justice – les Droits sociaux – les Droits humains !

Le droit doit primer sur la force ! Pour son avenir l’humanité n’a d’autres choix que la Paix, la Justice, les Droits humains.

Déclaration du Mouvement de la Paix. Stop la guerre d’Israël contre le Liban, stop le massacre des populations civiles, la France doit agir plus fermement

Le Mouvement de la paix condamne les bombardements du Liban par Israël alors qu’un cessez le feu de 15 jours vient d’être signé avec l’Iran. Le cessez le feu doit immédiatement être étendu au Liban et à toute la région

L’invasion du Liban par Israël est inacceptable car totalement contraire au droit international. Le bombardement délibéré des populations civiles tant à Beyrouth que dans d’autres villes du Liban qui ont fait des centaines de morts est un crime contre l’humanité.

La France doit cesser ses atermoiements, et doit accompagner ses déclarations condamnant Israël d’actes concrets et de sanctions concrètes en stoppant toute vente d’armes à Israël, et agissant pour la suspension de l’accord Israël union européenne.

La France doit traduire sa reconnaissance de l’État de Palestine par des actions politiques et diplomatiques marquantes à tous les niveaux, national, européen et mondial pour que l’armée israélienne quitte Gaza et la Cisjordanie.

Le Mouvement de la paix appelle tous ses comités et ses adhérents partout en France à se joindre aux manifestations, rassemblements et protestations qui se dérouleront dès aujourd’hui jeudi mais aussi les jours suivants.

Le Mouvement de la paix le 9 avril 2026

Un Castillet pour la Paix

Le 28 Mars est une journée nationale de solidarité avec le peuple Palestinien portée par 13 organisations Françaises qui demandent justice pour le peuple Palestinien fondé sur le droit international afin que le peuple Palestinien puisse enfin exercer son droit à l’autodétermination, et que cesse l’agression systématique et meurtrière dont il est victime de la part du Gouvernement Israélien..

Ce même jour, en fin de soirée l’Association Cultures de Paix à organisé une action symbolique à Perpignan consistant à revêtir les Murs du Castillet d’images numériques porteuses de messages en faveur de la Paix dans le monde, du refus de l’escalade guerrière et de faire payer par les salariés et la population la facture de la guerre que présentent gouvernants et profiteurs de ces conflits.

Bravant le froid et la pluie une cinquantaine de personnes ont participé à cette action symbolique.

Une action et des messages destinées à être partagés avec les habitants du Département, dans les jours et les semaines à venir afin de faire grandir ces exigences et d’appeler également à la solidarité avec tous les peuples victimes de ces agressions qui les enfoncent dans la terreur et la misère.

Cette initiative portée par « Cultures de Paix » est également soutenue par CGT, FSU, Mouvement de la Paix, AFMD66, MRAP, LSR, PCF, MJCF.

Le Mouvement de la Paix appelle à faire barrage à l’extrême droite

Le Mouvement de la Paix contribue à la construction d’une culture de la paix et de la non-violence à travers l’élimination de toutes les formes de discrimination, le développement de la justice sociale, la compréhension mutuelle, la solidarité et l’amitié entre tous les peuples et toutes les cultures.

Depuis sa création le Mouvement de la paix participe à la promotion de ces valeurs qui sont autant d’éléments constitutifs du vivre-ensemble en paix dans la fraternité au sein de la société française, dans nos communes et quartiers, mais aussi sur le plan international pour la construction d’un monde, devenu multipolaire, de justice, de solidarité et de paix.

Ces valeurs sont portées par la charte des Nations unies, les textes internationaux fondateurs des droits humains et par les résolutions des Nations Unies en matière de culture de la paix et de la non-violence.

Ces valeurs fondent notre rejet du racisme, de la xénophobie, de la stigmatisation des étrangers désignés à tort comme boucs émissaires pour les problèmes que connaît une partie importante de la société. Elles permettent d’élaborer, dans la justice et le respect des droits humains, des politiques nationales ou locales de nature à répondre aux besoins essentiels de la population tout en favorisant le développement du vivre-ensemble dans un esprit d’entraide, de solidarité et de coopération.

À contrario, l’extrême droite porte une idéologie, contraire à ces valeurs humanistes, qui ne peut que nous entraîner vers la spirale des divisions, du racisme, des haines et des violences.

Le Mouvement de la Paix, le 13 mars 2026

Le Mouvement de la Paix appelle à faire barrage à l’extrême droite

Le Mouvement de la Paix contribue à la construction d’une culture de la paix et de la non-violence à travers l’élimination de toutes les formes de discrimination, le développement de la justice sociale, la compréhension mutuelle, la solidarité et l’amitié entre tous les peuples et toutes les cultures.

Depuis sa création le Mouvement de la paix participe à la promotion de ces valeurs qui sont autant d’éléments constitutifs du vivre-ensemble en paix dans la fraternité au sein de la société française, dans nos communes et quartiers, mais aussi sur le plan international pour la construction d’un monde, devenu multipolaire, de justice, de solidarité et de paix.

Ces valeurs sont portées par la charte des Nations unies, les textes internationaux fondateurs des droits humains et par les résolutions des Nations Unies en matière de culture de la paix et de la non-violence.

Ces valeurs fondent notre rejet du racisme, de la xénophobie, de la stigmatisation des étrangers désignés à tort comme boucs émissaires pour les problèmes que connaît une partie importante de la société. Elles permettent d’élaborer, dans la justice et le respect des droits humains, des politiques nationales ou locales de nature à répondre aux besoins essentiels de la population tout en favorisant le développement du vivre-ensemble dans un esprit d’entraide, de solidarité et de coopération.

À contrario, l’extrême droite porte une idéologie, contraire à ces valeurs humanistes, qui ne peut que nous entraîner vers la spirale des divisions, du racisme, des haines et des violences.

Le Mouvement de la paix

Sondage IFOP : Le regard des Français sur la menace atomique et l’engagement de la France dans le Traité sur l’interdiction de l’arme nucléaire

Sondage IFOP / le Mouvement de la Paix / Planète Paix / L’Humanité / La Marseillaise

Éléments d’Analyse

Inquiets par l’utilisation volontaire ou accidentelle des armes atomiques, une grande majorité de Français se déclarent favorables à l’engagement de la France dans le processus de leur élimination.

Ce jeudi 22 février marque le 5ème anniversaire de l’entrée en vigueur du TIAN, le traité d’interdiction des armes nucléaires [1]. A cette occasion, le Mouvement de la Paix a commandé une étude d’opinion à l’institut IFOP, en partenariat avec les quotidiens L’Humanité et La Marseillaise ainsi que le mensuel Planète Paix.

Cette étude a été réalisée les 6 et 7 janvier auprès d’un échantillon de 1000 personnes représentatives de la population française, selon la méthode des quotas par questionnaire auto-administré. Elle fait suite à deux précédentes études menées en 2012 et 2018, avec des items similaires.

Les Français inquiets de l’utilisation de l’arme atomique

Force est de constater que la théorie de la dissuasion a du plomb dans l’aile puisque 79% des personnes interrogées se déclarent inquiètes de l’utilisation accidentelle ou volontaire d’une arme nucléaire, dont la moitié « Oui, tout à fait ». Cette inquiétude se trouve renforcée par la probabilité de son utilisation mesurée à 64%. Si ces angoisses sont moins marquées chez les plus jeunes, la répartition est homogène dans toutes les couches de la population.80 ans après les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki, la réalité des bombes atomiques refait surface. C’est ce qui a motivé la Tournée des Hibakusha [2] – Prix Nobel de la Paix 2024 en PACA et Occitanie en novembre [3].

Un contexte anxiogène qui alimente des aspirations contradictoires

Ce sondage est réalisé après plusieurs séquences politiques qui tendent à inhiber le débat citoyen sur la sécurité et les moyens de défense. L’augmentation du budget militaire est ainsi régulièrement présentée comme une évidence, et sa sanctuarisation comme partagée par l’ensemble de l’échiquier politique.

Dans ce contexte, l’adhésion des Français à différentes propositions sur la stratégie de défense montre des contradictions fortes entre la perception des menaces et la réalité d’y faire face. L’absence de réel débat démocratique, comme l’omerta médiatique de ce sujet participent à enfermer cette contradiction.

Le multilatéralisme plébiscité

Les Français demeurent attachés au multilatéralisme et aux outils internationaux de règlements des différents et de régulation des armements. La proportion de soutien à la participation de la France aux opérations de maintien de la Paix avec l’ONU reste à un niveau élevé de 71%, le plus haut mesuré dans ces études [4]. Il était de 66% en 2012 et de 70% en 2018. C’est dans l’électorat d’Emmanuel Macron et des Républicains que l’on trouve le plus de soutien.

Ce soutien augmente avec l’âge et se trouve renforcé en Ile-de-France à 80%. Au plan politique, on voit que c’est dans la majorité présidentielle que celui-ci s’exprime avec le plus de force, alors que la France s’affiche dans un atlantisme de plus en plus assumé. C’est parmi les électeurs du Rassemblement national que le décrochage avec le soutien de l’ONU est le plus marqué, même s’il demeure majoritaire à 58%.

Pour l’engagement de la France dans le processus d’élimination des armes atomiques

De même l’engagement de la France dans le processus d’élimination contrôlé des armes tels que prévu par l’ONU – c’est-à-dire le Traité d’interdiction des armes nucléaires – recueille près de 2/3 tiers des Français avec 64% de réponses favorables. Là encore les électorats de droite et macronistes y sont les plus favorables, en contradiction avec les prises de position des forces politiques de ce côté de l’échiquier politique.

On peut noter une baisse sensible de ce soutien qui demeure cependant largement majoritaire dans toutes les couches de la population marquant une adéquation entre les aspirations populaires et les acteurs pacifistes, pourtant largement évacués et invisibilisés du débat public.

Soutien contradictoire à la modernisation des armements

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant de voir le soutien à la modernisation des armements en hausse à 69% des opinions exprimées. Cette évolution apparaît cependant en totale contradiction avec un soutien à la réduction des dépenses militaires qui ne faiblit pas, et reste au même taux de 43% qu’il y a 6 ans. On peut y voir là un grand écart moral entre le refus de voir davantage de richesses dilapidées dans des œuvres de mort et la volonté de maintenir une capacité de protection qui passe encore par les armements.

On retrouve dans ces items un clivage gauche / droite plus traditionnel avec un soutien moins marqué à la modernisation des armements parmi les électeurs de gauche. A noter également sur cet item, un écart de réponse important entre les hommes (78%) et les femmes (60 %).

Le soutien au TIAN reste majoritaire

Plus de 7 ans après la signature du traité d’interdiction des armes nucléaires, et 5 ans après son entrée en vigueur, le soutien au traité d’interdiction des armes nucléaires reste majoritaire à 56% bien qu’inférieur à la volonté d’engagement de la France dans un processus d’élimination des armes. Alors que le soutien à ce traité se renforce sur le plan international [5], force est de constater que l’opinion publique française n’a sans doute pas suffisamment connaissance de son contenu et de sa portée. Cette étude ne rentre pas dans ces détails.

Cette mesure doit inciter le mouvement abolitionniste et notamment la campagne ICAN, initiée en France par le Mouvement de la Paix, à intensifier les actions d’éducation populaire autour de la connaissance et du contenu de ce traité.

Le poids de la bataille de l’opinion

Avec le matraquage politique et médiatique visant à disqualifier toute personne, tout expert, toute organisation, qui ose développer un concept de sécurité autre que strictement militaire, on aurait pu s’attendre à une chute libre du soutien à la réduction des dépenses militaires.

Il y a de toute manière là du grain à moudre pour les promoteurs de la culture de la Paix.

Ce sondage intervient après plusieurs années de guerre en Ukraine, après la recrudescence des actes de guerre en Palestine à la suite de l’attaque du 7 octobre 2023, et au moment où Donald Trump kidnappe le président Vénézuélien tout en menaçant d’intervenir en Iran et d’annexer le Groenland. Les solutions pacifiques, pacifistes et politiques s’inscrivant dans le droit international et le fonctionnement démocratique des institutions internationales n’apparaissent pas encore suffisamment comme pouvant répondre à des enjeux immédiats.

Malgré de réelles contradictions, les solutions pacifistes demeurent cependant largement soutenues par l’opinion publique. Il appartient au mouvement pacifiste, et notamment au Mouvement de la Paix, de développer son implantation et ses actions pour que la Culture de la Paix soit considérée comme le seul carburant durable des transformations du monde.

Le slogan « Si tu veux la Paix, … prépare la Paix » est plus que jamais d’actualité.

Contact : Pierre VILLARD 06 82 92 29 46

[1] Le Traité d’interdiction des armes nucléaires a été adopté à l’ONU le 7 juillet 2017. Il est entré en vigueur le 22 janvier 2021, 90 jours après la ratification du 50ème état.
[2] Nom attribué aux victimes des bombardements atomiques
[3] Du 20 au 30 novembre, 19 communes de 7 départements du sud de la France ont accueilli les associations japonaises Hidankyo (Prix Nobel de la Paix 2024) et Gensuikyo.
[4] Précédents sondages en 2012 et 2018
[5] Le TIAN est actuellement ratifié par 74 pays. 25 autres ont engagé des procédures de ratification. Au total 127 états ont exprimé leur soutien.

Lettre ouverte : Requête au président de la République à l’occasion du cinquième anniversaire de l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN)

Monsieur le Président,

Les Nations unies, créées il y a 80 ans, ont affirmé le désarmement nucléaire comme une priorité absolue dans leur toute première résolution, A/Res/1(1). En 2013, frustrée par l’absence de progrès, l’Assemblée générale des Nations Unies a déclaré le 26 septembre Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires (A/Res/68/32). Cette Journée internationale vise à sensibiliser et à informer le public sur la menace que représentent les armes nucléaires pour l’humanité et sur la nécessité de leur élimination totale. Chaque année, le 26 septembre, l’ONU organise également une réunion de haut niveau des dirigeants mondiaux afin de discuter des « mesures urgentes et efficaces » à prendre pour parvenir au désarmement nucléaire mondial.

Le choix de cette date n’est pas arbitraire : l’une des nombreuses occasions où l’humanité a frôlé la guerre nucléaire s’est produite le 26 septembre 1983, au plus fort de la guerre froide. Une guerre nucléaire a été évitée de justesse lorsque le colonel Stanislav Petrov, officier de service dans une installation soviétique d’alerte nucléaire précoce, a enfreint le protocole en ne confirmant pas à ses supérieurs une attaque apparente de missiles balistiques en provenance des États-Unis (qui s’est révélée être une fausse alerte). Deux ans plus tard, les États-Unis et l’Union soviétique ont déclaré conjointement qu’« une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée ». Cet engagement a été réaffirmé au cours des années suivantes, notamment dans une déclaration des États du P5 en 2022 et dans le Pacte pour l’avenir adopté à l’unanimité lors du Sommet des Nations unies pour l’avenir (septembre 2024).

Cependant, aujourd’hui, le risque d’une guerre nucléaire due à un accident, à une erreur de calcul, à une escalade de crise ou à une intention malveillante est plus élevé que jamais, l’Horloge de l’Apocalypse se rapprochant davantage de minuit qu’en 1983. L’utilisation d’armes nucléaires par l’un des neuf États possesseurs de l’arme nucléaire ou par leurs alliés nucléaires aurait des conséquences catastrophiques sur le plan humain, économique et environnemental. L’utilisation d’une petite fraction seulement des quelque 12 240 armes nucléaires stockées dans le monde pourrait mettre fin à la vie telle que nous la connaissons. En outre, les 100 milliards de dollars américains dépensés chaque année pour les armes nucléaires seraient plus utiles pour soutenir la paix, la protection de l’environnement et d’autres besoins urgents de l’humanité et de la planète, comme l’expriment les Objectifs de développement durable (ODD). Ces montants vont encore augmenter comme le montrent en France les programmes de modernisation en cours sur les armes nucléaires.

La plus haute juridiction mondiale, la Cour internationale de justice, a affirmé en 1996 que « la menace ou l’emploi d’armes nucléaires serait généralement contraire aux règles du droit international applicable dans les conflits armés, et spécialement aux principes et règles du droit humanitaire » et qu’il existe une obligation universelle pour les États parties au Traité de non-prolifération (TNP) de négocier de bonne foi afin de parvenir à un désarmement nucléaire complet. Les États qui s’appuient actuellement sur les armes nucléaires pour assurer leur sécurité ont l’obligation de remplacer ces politiques par des approches fondées sur le droit international et la sécurité commune, comme le prévoit la Charte des Nations unies.

Le Pacte de l’ONU pour l’avenir comprend des engagements visant à prévenir la guerre nucléaire et à parvenir à l’élimination totale des armes nucléaires.

Le moment est venu pour tous les États membres de l’ONU, au vu d’une situation internationale d’une gravité extrême et au vu des défis que va devoir affronter l’humanité entière, pour annoncer des propositions et plans concrets visant à atteindre ces objectifs.

Cette urgence est d’autant plus grande que la XIe Conférence d’examen (REVCON) du TNP se tiendra à New York du 27 avril au 22 mai 2026 et que cette même année en septembre sera l’occasion de la première Conférence d’examen de l’état d’avancement de la mise en œuvre du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) entré en vigueur le 22 janvier 2021 et qui, à la date du 19 janvier 2026, a été signé par 99 États dont 74 l’ont ratifié (y compris six États européens).

L’urgence est d’autant plus forte que le panorama nucléaire s’est assombri en 2025, des frappes américaines et israéliennes sur les sites nucléaires civils iraniens au tir d’essai du missile à propulsion nucléaire russe Bourevestnik en passant par les déclarations de Donald Trump sur l’éventuelle reprise d’essais nucléaires.

C’est pourquoi, en tant que Mouvement de la paix et Initiatives citoyennes pour le Désarmement Nucléaire, nous nous adressons solennellement à vous pour vous demander :

  1. De réaffirmer, comme vous l’avez fait au G20 en 2022 et 2023, que la menace ou l’utilisation d’armes nucléaires est « inadmissible » ;
  2. De promouvoir des mesures concrètes de la part de la France et d’obtenir des États dotés d’armes nucléaires et de leurs alliés pour réduire de toute urgence le risque nucléaire, notamment en désactivant une partie de leurs forces nucléaires et en adoptant des politiques visant à ne jamais déclencher une guerre nucléaire ;
  3. De s’engager à agir collectivement pour parvenir à l’élimination mondiale des armes nucléaires dans les délais les plus brefs et au plus tard à l’occasion du centenaire de l’ONU en 2045 comme demandé dans un Appel conjoint de milliers de personnalités et d’organisations de la société civile, et à prendre immédiatement des mesures, notamment par le biais de négociations multilatérales, pour mettre en œuvre cet engagement ;
  4. De geler, réduire les budgets consacrés aux armes nucléaires et mettre fin aux investissements publics et privés dans l’industrie des armes nucléaires, en particulier en stoppant tous les programmes de modernisation de ces armes qui sont illégales, dangereuses, coûteuses et moralement inadmissibles ;
  5. De réorienter ces fonds vers le renforcement des Nations unies, la promotion du maintien de la paix et la résolution des conflits dans le respect de la Charte des Nations unies et en mettant en œuvre la résolution 53/243 de l’Assemblée générale des Nations unies sur la culture de la paix, vers l’accélération des mesures de protection du climat et la satisfaction des besoins humains et économiques, conformément à l’article 26 de la Charte des Nations unies qui stipule que les États membres doivent « favoriser l’établissement et le maintien de la paix et de la sécurité internationales en ne détournant vers les armements que le minimum des ressources humaines et économiques du monde. »

Face à l’aggravation de la situation internationale, alors qu’avaient lieu il y a 80 ans les bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki et la création des Nations unies, le moment est venu de prendre une décision claire en affirmant que la France entend respecter et défendre le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP) dont l’article VI oblige les États parties à négocier « de bonne foi » en faveur du désarmement nucléaire, et donner un gage de sa bonne foi en signant dès maintenant le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN).

Cet acte est nécessaire pour que la France garde un peu de crédibilité sur le plan international en respectant nos engagements, comme l’affirmait le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères le 27 juillet 2025 en réponse au Sénateur Guy Bennaroche : « La France est engagée avec détermination en faveur de la poursuite du désarmement nucléaire. »

Vous trouverez ci-jointe la liste de 600 organisations de différents pays qui formulent les mêmes exigences et soulignent combien nous approchons de l’heure de l’Apocalypse prévue par l’Association internationale de scientifiques Bulletin of the Atomic Scientists.

En France, les principales organisations militant pour la paix (Initiatives pour le désarmement nucléaire, Pax Christi, Pugwash, Action des citoyens pour le désarmement nucléaire, Enseignants pour la paix, Ican, Association des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW), Mouvement de la Paix…) formulent les mêmes exigences.

Recevez, Monsieur le Président, l’expression de nos sentiments respectueux.


Roland NIVET  Porte-parole national du Mouvement de la paix
et Bernard NORLAIN  Général d’armée (2S) – Président de l’association Initiatives pour le Désarmement Nucléaire
Le 19 janvier 2026