Déclaration du Mouvement de la Paix. Stop la guerre d’Israël contre le Liban, stop le massacre des populations civiles, la France doit agir plus fermement

Le Mouvement de la paix condamne les bombardements du Liban par Israël alors qu’un cessez le feu de 15 jours vient d’être signé avec l’Iran. Le cessez le feu doit immédiatement être étendu au Liban et à toute la région

L’invasion du Liban par Israël est inacceptable car totalement contraire au droit international. Le bombardement délibéré des populations civiles tant à Beyrouth que dans d’autres villes du Liban qui ont fait des centaines de morts est un crime contre l’humanité.

La France doit cesser ses atermoiements, et doit accompagner ses déclarations condamnant Israël d’actes concrets et de sanctions concrètes en stoppant toute vente d’armes à Israël, et agissant pour la suspension de l’accord Israël union européenne.

La France doit traduire sa reconnaissance de l’État de Palestine par des actions politiques et diplomatiques marquantes à tous les niveaux, national, européen et mondial pour que l’armée israélienne quitte Gaza et la Cisjordanie.

Le Mouvement de la paix appelle tous ses comités et ses adhérents partout en France à se joindre aux manifestations, rassemblements et protestations qui se dérouleront dès aujourd’hui jeudi mais aussi les jours suivants.

Le Mouvement de la paix le 9 avril 2026

L’édito du webzine. Le monde en feu, la France en crise

Donald Trump et Benjamin Netanyahu méprisent les règles internationales, ils mettent le monde en feu. Pendant ce temps la France s’enfonce dans la crise, quelques lueurs d’espoir perdurent.

La situation internationale est explosive : au Moyen-Orient, la guerre s’étend (Iran, Israël, Liban, Palestine), avec des milliers de morts. Depuis fin février, Donald Trump et Benjamin Netanyahu mènent une offensive « foudroyante » contre l’Iran, sans succès décisif. Le régime iranien résiste, tandis que la répression contre les démocrates s’intensifie. En Israël, une loi instaurant la peine de mort contre les « terroristes » (ciblant en réalité les Palestiniens) est dénoncée comme un pas vers l’apartheid, s’ajoutant au génocide à Gaza et à la colonisation de la Cisjordanie.

Un néofascisme émerge, bafouant le droit international et les droits humains. Le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole et du gaz mondial, provoque une hausse des prix, une inflation galopante et un ralentissement économique, aggravant chômage et pauvreté. Pendant ce temps, les compagnies pétrolières françaises réalisent des bénéfices records (11 millions d’euros supplémentaires par jour), sans réaction du gouvernement.

À la tête de leurs multinationales, les grands patrons enchainent en France des fermetures massives d’entreprises (Alinea, ArcelorMittal, Cap Gemini…), entraînant dans leur sillage moult PME et TPE provoquant des milliers de suppressions d’emplois.

Pendant ce temps, Emmanuel Macron, toujours le premier pour aider les riches, laisse une Éducation en péril provoquant des fermetures de classes, 19,4 millions d’heures de cours non assurées en 2023-2024, et 80 % des parents inquiets pour l’avenir scolaire de leurs enfants.

La Santé est également en souffrance : L’hôpital public est au bord de la rupture. Se soigner devient un luxe. Plutôt que d’améliorer les conditions de travail, le gouvernement préfère fliquer médecins et patients.

Une lueur d’espoir avec les résultats des municipales

Les communiistes reste la troisième force après la droite et le PS en nombre d’élus. Au total, 39 des 100 plus grandes villes du pays sont désormais dirigées par un maire socialiste, communiste, écologiste ou insoumis. La France de gauche, à forte propension unitaire, s’est incarnée dans les nombreuses fusions réalisées durant l’entre-deux-tour.

L’exemple de Nîmes est révélateur : dans ce bastion de la droite depuis 25 ans, la liste « Nîmes en commun », menée par le communiste Vincent Bouget, a battu le RN. Une victoire obtenue par un travail de terrain patient, sans stratégie d’appareil, et soutenue par une coalition populaire (PCF, PS, Place publique). Seul LFI ne s’y est pas associé, récoltant moins de 6 % des voix.

Dans notre département Alènya et Cabestany gardent leur maire communiste et c’est Vernet-les-Bains qui se dote d’un maire communiste. À Prades, l’équipe à Castex est battue, elle fait place à une jeune femme conseillère départementale apparentée socialiste prenant aussi à la droite la ccommunauté de commune Canigó-Conflent.

Cela prouve que rien n’est jamais écrit d’avance. Des coalitions locales émergent, prouvant que des victoires inattendues sont possibles.

Dominique Gerbault

L’édito du webzine. Enrayer la machine du mensonge de l’impérialisme

La guerre américano-israélienne fait rage en Iran, au Liban et dans les territoires palestiniens. Cela relève toujours du même schéma impérialiste : mensonges, guerres pour les ressources, mépris du droit international.

Cette guerre soutenue par Reza Pahlavi (fils de l’ancien shah) est condamnée par l’opposition iranienne en exil. Elle s’inscrit dans une logique impérialiste où le mensonge justifie l’agression. L’impérialisme prend habitude de cette politique pour déclarer la guerre aux régimes qui vont à l’encontre de ses intérêt comme en 1964 au Vietnam ou en 2003 en Irak, où des prétextes fallacieux (attaques imaginaires, armes de destruction massive) avaient servi à déclencher des conflits meurtriers.

Le mensonge sert d’argument à Trump et Netanyahu recyclant des falsifications historiques pour légitimer leurs actions : Trump affirme que l’Iran est « proche de la bombe atomique », une allégation démentie par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).

Une logique économique mortifère

Netanyahu revendique la Palestine au nom d’un lien historique de 3 000 ans, ignorant que ces terres étaient occupées bien avant par les Natoufiens, ancêtres des Palestiniens. Une rhétorique similaire à celle de Charles X en 1830, qui prétendait que l’Algérie « n’appartenait à personne ».

En réalité l’objectif d’Israël est de s’étendre territorialement et d’affaiblir ses voisins, celui de Trump est de contrôler les flux énergétiques mondiaux. Le blocage du détroit d’Ormuz permet aux États-Unis -premier producteur mondial de pétrole et de gaz-, de spéculer sur les prix et d’imposer leurs exportations aux Européens, privés de gaz russe.

La guerre sert les intérêts d’une oligarchie économique qui s’enrichit grâce à la crise, tandis que les Européens sont contraints d’acheter du gaz américain à prix d’or. Cette dynamique rappelle les seigneurs de guerre du passé où le profit prime sur les vies humaines.

Il s’agit d’une mécanique implacable : fabriquer un ennemi, frapper, et justifier la violence par des mensonges. Face à cette répétition tragique de l’histoire, la question se pose : jusqu’où iront ces logiques de domination, et à quel prix les populations civiles sont condamnées au silence ?

Il s’avère indispensable de déjouer cette répétition du schéma impérialiste. D’avoir une réflexion sur la responsabilité collective face à l’histoire qui « bégaie ».

Dominique Gerbault

Thierry Coville. « L’Iran et Israël veulent une guerre longue » (La Marseillaise)

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé, mardi, « l’élimination » d’Ali Larijani, l’un des principaux dirigeants iraniens, et du général Gholamréza Soleimani, commandant de la milice du Bassidj, après des frappes menées dans la nuit en Iran par l’armée israélienne. Un nouveau coup dur pour Téhéran dans cette guerre déclenchée par une offensive israélo-américaine sur la République islamique et qui s’étend à toute la région. À ce stade, le pouvoir iranien n’a pas confirmé ces morts et demande à son peuple à se manifester « sur toutes les places des villes » pour un « rassemblement populaire afin de déjouer les complots potentiels des ennemis sionistes ».
Entretien avec Thierry Coville est chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), spécialiste de l’Iran.

La Marseillaise : Israël a annoncé avoir tué Ali Larijani, présenté comme le dirigeant de facto de l’Iran depuis l’assassinat d’Ali Khamenei. Que représenterait sa mort ?

Thierry Coville : Le pouvoir iranien est très opaque, mais j’avais la perception que depuis la guerre des douze jours comme on l’appelle, Ali Larijani avait pris des fonctions importantes. En tant que secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, il était un des personnages clés du système politique iranien. Si sa mort est confirmée, c’est un coup dur, oui. C’était un conservateur, mais d’un courant plutôt pragmatique. Il a eu un rôle en matière de diplomatie au début des années 2000 sur la question nucléaire, en négociation avec les Européens. Pour donner une idée de son importance, certains parlaient de lui comme une porte de sortie pour l’après-guerre. Il aurait pu être capable de mener un gouvernement de transition. Tout en restant très prudent, je pense que sa mort met les Pasdaran (Corps des gardiens de la révolution islamique) à la manœuvre aujourd’hui. Mojtaba Khamenei est d’ailleurs très proche d’eux, c’est pour cela qu’il a été nommé comme successeur du guide. On a un pouvoir iranien qui se radicalise et dont la stratégie est de faire durer la guerre.

La Marseillaise : Israël et les États-Unis ont sous-estimé les capacités de défense iraniennes ?

Thierry Coville : Concernant Israël, c’est difficile à dire, parce qu’on voit très bien qu’ils veulent que le conflit dure. Côté américain, la réponse est oui, puisqu’on commence à comprendre que Donald Trump n’avait pas vraiment de raison de commencer cette guerre qui ne respecte aucune règle du droit international. L’Iran ne constitue pas une menace directe au plan balistique, ni nucléaire, pour les États-Unis. Donald Trump dit une chose et son contraire le lendemain. Dans son premier discours, il avait annoncé qu’il bombarderait l’Iran pendant trois semaines et préviendrait les Iraniens quand ils pourraient sortir dans la rue. Des propos lunaires et méprisants. D’autant qu’on commence à voir que c’est un petit peu plus compliqué que ça. L’élément qui fait réfléchir beaucoup de gens, c’est la fermeture du détroit d’Ormuz. Comment n’y avait-il pas pensé ? On sent beaucoup d’improvisation. Il en est réduit à demander l’aide des pays occidentaux.

La Marseillaise : Israël et l’Iran veulent faire durer ce conflit ? Pourquoi ?

Thierry Coville : L’Iran et Israël veulent une guerre longue, mais pas pour les mêmes raisons. L’Iran a une stratégie de guerre asymétrique. Ils ne font effectivement pas le poids sur le plan des forces militaires parce qu’ils n’ont pas la maîtrise de l’espace aérien. Mais ils sont prêts à accepter beaucoup de pertes, avec l’idée de faire subir des pertes importantes à l’ennemi pour qu’il regrette d’avoir lancé cette guerre. Le contrôle du détroit d’Ormuz rentre complètement dans cette logique. Ils ont bien identifié que Donald Trump ne pouvait pas se permettre d’avoir une hausse du prix de l’essence aux États-Unis. Ils ont intérêt à ce que le conflit dure, à moins qu’il y ait une proposition d’un cessez-le-feu acceptable de la part des Américains. Je ne suis pas spécialiste des questions israéliennes, mais de l’extérieur, il semble qu’Israël veuille faire durer le conflit et affaiblir au maximum la République islamique d’Iran, ses programmes balistique et nucléaire. L’objectif est de provoquer une telle désorganisation dans le pays qu’il puisse y avoir un changement de régime.

La Marseillaise : Et pourtant, on sait que les opérations similaires ont toutes échoué dans la région au détriment des peuples…

Thierry Coville : L’Iran est un pays très compliqué et prévoir ce qu’il va s’y passer est impossible. Mais c’est un fait, toutes les expériences similaires dans la région ont été catastrophiques. L’autre élément important est qu’il n’y a pas une opposition politique en Iran qui fasse consensus à l’intérieur du pays, qui soit organisée, capable de renverser le régime et surtout qui ait les moyens de prendre les armes. La seule force d’opposition identifiée par les Iraniens, c’est le fils de l’ancien chah Reza Pahlavi, mais il ne représente pas une porte de sortie pour tous les Iraniens. Dans les scénarios qu’on voit, le régime pourrait rester en place, d’autant qu’il a encore le soutien de millions d’Iraniens. Une autre possibilité, c’est une guerre civile.

La Marseillaise : Quid des victimes à ce stade ?

Thierry Coville : Il y aurait déjà un peu plus de 1 300 victimes civiles en Iran. Un chiffre qui est sans doute sous-estimé. Cette idée d’attaquer un pays sans respecter le droit international, avec pour but une évolution politique très incertaine, sans parler des victimes civiles, c’est très dommageable et injustifiable. Effectivement, il y a eu une répression sauvage en Iran en janvier avec des estimations entre 20 000 et 30 000 victimes, ce qui est gigantesque. Ce n’est jamais arrivé en Iran depuis la Révolution. Cela justifie-t-il de ne pas prendre en compte les victimes civiles dans ce conflit ? Si le droit international n’existe plus, c’est la loi de la jungle et c’est dangereux pour tout le monde.

La Marseillaise : Que signifierait une radicalisation du régime pour la population ?

Thierry Coville : La population iranienne demande la démocratie et l’état de droit. Quand Trump est sorti de l’accord sur le nucléaire iranien en mai 2018, il a réimposé des sanctions, ce qu’il a appelé une politique de pression maximale contre l’Iran. Le pays a pris 15 ans d’inflation à 40% directement liés à ces sanctions. Et les Européens n’ont rien dit. La population iranienne est épuisée par les sanctions. Une partie des Iraniens est tellement en colère contre le pouvoir actuel que certains se sont réjouis quand les attaques américaines et israéliennes ont commencé. Mais cela commence à changer parce que les gens sont très inquiets face à la guerre, à l’ampleur des destructions et craignent l’après car ils voient un pouvoir iranien de plus en plus radical. Ils ont peur que la répression de janvier se reproduise.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 18 mars 2026)

L’édito du TC par René Granmont. Le vote démocratique et la guerre…

Treize jours après l’attaque des États-Unis et d’Israël sur l’Iran et les répliques de Téhéran sur les bases américaines au Moyen-Orient, les Français subissent déjà les conséquences économiques de la guerre. Dans les stations-service, les notes se font de plus en plus salées et une question brûle les lèvres : de combien mon plein d’essence va-t-il bondir ?

Les missiles tirés de part et d’autre dans la région touchent les bases militaires, les civils, mais aussi les infrastructures énergétiques et, par extension, l’économie mondiale, le principal enjeu étant la flambée des cours du pétrole et du gaz. Les peuples du monde commencent à en payer le prix fort, avec la spéculation sur les prix des carburants qui va tout renchérir, puisque nos économies sont basées sur le pétrole, depuis les carburants, les engrais ou les plastiques. Cependant les grands groupes pétroliers remplissent leurs caisses pendant qu’on tue à Beyrouth, à Téhéran ou à Tel-Aviv. Économiquement, le président états-unien n’a pas beaucoup à perdre dans ce conflit : Washington est excédentaire en gaz naturel et en pétrole. Il a en revanche beaucoup à y gagner.

Comme au Venezuela, la Maison-Blanche ne refuserait pas de mettre la main sur les stocks de Téhéran, d’autant que 80 % de l’or noir iranien est exporté vers le rival chinois. C’est donc pour orchestrer le marché à coups de missiles que le milliardaire partisan de la « paix par la force », aidé de son criminel partenaire de Tel-Aviv, bombarde allègrement le peuple iranien…

Certes le vote de dimanche ne mettra malheureusement pas fin à la guerre provoquée par des rapaces à la recherche de profits. Mais voter pour des listes ayant des exigences fortes de justice sociale et climatique et mettant en débat des propositions très concrètes pour protéger les habitantes et habitants et améliorer leur cadre de vie aura des conséquences importantes pour la vie quotidienne de chacune et chacun d’entre nous.

Les villes comme les petits villages sont des espaces démocratiques où peuvent se pratiquer des solidarités en actes et s’inventer de nouveaux communs à rebours des injonctions individualistes et des impératifs austéritaires portés par les libéraux de droite et d’extrême droite. Logement, éducation, santé, transports, petite enfance… Les communes sont en première ligne pour faire face au désengagement de l’État dans les territoires, pour faire face au démantèlement des services publics, pour faire face à la désindustrialisation et à la fragmentation toujours plus grande de notre société, pour faire face à l’extrême droite.

Dimanche, c’est à l’aune de ces analyses que nous choisirons le bulletin que nous glisserons dans l’urne.

Ofer Cassif. « Cette guerre n’est pas dans l’intérêt des peuples »

Ofer Cassif, député communiste israélien s’oppose avec fermeté à la guerre déclenchée par Israël et les États-Unis en Iran.

La Marseillaise : Comment vivez-vous cette nouvelle guerre ?

Ofer Cassif : Je viens tout juste de rentrer de l’abri et je vais peut-être devoir y retourner… Qui sait ? Sur un plan personnel, je suis coincé entre les missiles iraniens et la persécution de l’establishment israélien. Parce qu’évidemment, je me suis opposé à cette attaque sur l’Iran, ce qui nous a valu à mes camarades et moi d’être accusés par le gouvernement israélien et une partie de l’opposition de soutenir le régime iranien, auquel nous nous sommes toujours opposés. C’est un régime assassin. Les Américains et les Israéliens ont attaqué l’Iran pour leurs propres intérêts politiques et économiques, rien d’autre. Nous sommes contre cette intervention impérialiste.

La Marseillaise : Pourquoi déclencher cette guerre maintenant ?

Ofer Cassif : Les intentions de Trump et Netanyahu n’ont jamais été de parvenir à un quelconque accord. Il y a quelques jours, dans un message vidéo, Trump a exposé les deux objectifs de cette attaque massive : la destruction des capacités nucléaires et balistiques de l’Iran et le changement de régime. Le premier objectif, n’est que mensonges. Car en juin 2025, à la fin de la première offensive sur l’Iran, Netanyahu a dit « nous avons éliminé le projet nucléaire iranien ». Soit il a menti à l’époque, soit il ment maintenant. Je crois que les deux sont vrais. Chaque personne rationnelle sait qu’il n’y a pas de moyen militaire d’arrêter le projet nucléaire iranien mais des moyens diplomatiques et politiques. N’oublions pas que ceux qui se sont retirés de l’accord sur le nucléaire iranien, c’était les États-Unis sous le premier mandat de Trump, à la demande de Netanyahu ! C’est ce qui nous a menés à la situation actuelle. Cette guerre n’est pas dans l’intérêt des peuples de la région.

La Marseillaise : Selon les derniers sondages, l’opinion publique israélienne et l’opposition autoproclamée à Netanyahu soutiennent ces frappes.

Ofer Cassif : Notre position est actuellement minoritaire dans le pays, même si de plus en plus de gens ouvrent les yeux et se rendent compte que le gouvernement ne se soucie pas du bien-être des Israéliens, ni des autres peuples. Nous nous sommes opposés avec dégoût au terrible massacre commis par le Hamas le 7 octobre. Mais nous avons aussi dit que l’unique façon de prévenir de tels carnages des deux côtés est d’arrêter l’occupation et de parvenir à un accord de paix avec les Palestiniens. C’est au cœur de tout ce qui se passe dans le Moyen-Orient, y compris vis-à-vis de l’Iran. Encore une fois, nous nous opposons à ce régime répressif, dirigé par des assassins. J’aimerais qu’il disparaisse, mais cela ne peut pas se faire par des moyens militaires, c’est aux Iraniens de s’en débarrasser.

La Marseillaise : Benjamin Netanyahu poursuit ces campagnes militaires dans le but d’éviter des élections ?

Ofer Cassif : Non, je pense que c’est le contraire : il veut continuer cette guerre afin de gagner l’élection, c’est la seule chose qui le préoccupe. Il se demande comment l’emporter et se fout de savoir que des gens mourront. Netanyahu et ses acolytes, son gang fasciste, savent qu’ils sont minoritaires : si le scrutin avait lieu aujourd’hui, ils seraient battus. Pour eux, l’attaque sur l’Iran est une réussite jusqu’à présent. C’est pourquoi ils veulent convoquer l’élection au plus tôt -probablement en juin- et profiter de ce « succès » pour mener campagne.

La Marseillaise : Il craint aussi le procès qui l’attend ?

Ofer Cassif : Netanyahu est accusé de corruption, de fraude et d’abus de confiance. Sous son maquillage et sa voix de baryton, nous avons affaire à un lâche. Il sait qu’une fois qu’il perdra sa position en tant que Premier ministre, il se retrouvera derrière des barreaux. Il en est terrifié. Ajoutons à cela qu’il est entouré de fanatiques messianiques, au sein du Likoud et d’autres partis qui constituent la coalition gouvernementale. Il y a une convergence entre les intérêts personnels de Netanyahu pour éviter la prison et les rêves des messianiques qui l’entourent. Ces derniers croient que le messie est juste au coin de la rue et qu’Israël doit s’emparer de Gaza, voire même du Liban et de la Syrie. Pour eux, il s’agit d’une guerre divine. Mais Netanyahu n’est pas un fanatique messianique, c’est un psychopathe mégalomane qui ne se soucie que de lui-même.

La Marseillaise : Prévoit-il une guerre à long terme ?

Ofer Cassif : Il veut une guerre sans fin. C’est la seule chose qui le maintient au pouvoir. Il n’a rien d’autre à « vendre » à la population, si ce n’est la peur et la haine.

La Marseillaise : Pendant ce temps, les frappes se poursuivent sur Gaza et l’annexion de la Cisjordanie s’accélère…

Ofer Cassif : Toutes ces choses sont connectées : l’attaque sur l’Iran, le nettoyage ethnique en Cisjordanie, le génocide à Gaza et le fascisme à l’intérieur de l’Israël avec la persécution des citoyens palestiniens, des juifs de gauche et démocrates. Cela fait partie du « plan décisif » présenté par Bezalel Smotrich en 2017. Derrière l’écran de fumée de l’attaque en Iran, le nettoyage ethnique en Cisjordanie s’accélère au quotidien. Les milices judéos-nazis des colons, sous l’égide des forces d’occupation, avec le soutien et le financement du gouvernement attaquent les Palestiniens, les activistes israéliens et internationaux. Ceux qui veulent soutenir Israël doivent comprendre que l’ennemi des Israéliens est le gouvernement israélien. Avec Trump, ils constituent le principal danger pour les Israéliens, pour la région et même pour le monde !

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 4 mars 2026)