Ille-sur-Têt. Les jardins familiaux d’Ille restent fermés (L’Indep)

Le tribunal administratif de Montpellier a valide, jeudi 3 septembre, l’arrêté municipal interdisant l’accès aux jardins familiaux d’Ille-sur-Têt, endommagés par un incendie en juillet. Le collectif « Sauvons nos jardins » a contesté cette décision, soulignant l’impact sur les activités des habitants.
Le maire a proposé des parcelles alternatives.

C’est un nouveau coup de massue pour les habitants qui cultivaient les jardins familiaux d’Ille-sur-Têt. Le jeudi 3 septembre 2026, le tribunal administratif de Montpellier a statué en faveur de la municipalité, alors qu’un de ses arrêtés, en date du 11 août 2026, a été attaqué en référé devant la justice.

Ce document concernait une interdiction de se rendre dans les jardins familiaux de la commune, au lieu-dit le Tuire, « à toute personne non autorisée, jusqu’à nouvel ordre ». Il était également évoqué « un risque pour la sécurité des personnes en raison de son état de dégradation », mais aussi que « des personnes étrangères à la propriété concernée pénètrent sur les lieux, s’’exposant ainsi a des risques graves portant atteinte à la sécurité publique ».

Une décision qui intervenait alors qu’un feu venait de parcourir pris de 5 000 hectares, début juillet, en partant de Trévillach, avant de poursuivre sa route vers Ille-sur-Tet et les environs. Les jardins familiaux avaient en partie été dévorés par les flammes. Seules quelques parcelles situées au plus près de la déchetterie étaient à peu près intactes.

Un arrêté qui, dès le lendemain, a donc été attaqué devant la justice pour le faire suspendre.

Parmi les motifs évoqués par les requérants : la légalité de cette mesure et « le préjudice actuel et renouvelé, à raison de l’impossibilité d’entretenir les parcelles, de nourrir les animaux de basse-cour, de la perte des cultures, activités pratiquées sous le bénéfice d’autorisations d’occupation de longue date ».

Les jardins familiaux Henry Demay, la solution ?

Contacté par L’Indépendant, le collectif « Sauvons nos jardins » a réagi à la décision du tribunal administratif de Montpellier. Pour lui, cette décision est incompréhensible et il a assuré que « le juge n’avait pas toutes les cartes en main ».

Il est aussi revenu sur la proposition du maire, Alain Fabresse, qui expliquait que des parcelles étaient disponibles aux jardins familiaux Henry Demay (situés à proximité du camping municipal Le Colomer, NDIR). Le problème, « c’est que ces jardins n’accueillent pas les animaux », a ajouté le collectif. « Et ce n’est pas le maire qui peut décider qui peut venir. C’est l’association qui gère les attributions, et ça, le juge ne le savait pas non plus ».

De son côté, Alain Fabresse a rappelé que sa décision était justifiée par sa volonté de protéger les habitants. « Pour certains, les jardins familiaux étaient de venus une extension de leur habitation. Ils faisaient des barbecues et il y avait aussi des bouteilles de gaz qui ont mis en danger les pompiers lors de l’incendie de Trévillach. Il y avait aussi des clôtures et des haies qui n’étaient pas entretenues », a-t-il ajouté.

Concernant les jardins familiaux Henry Demay, le premier magistrat a souligné qu’une vingtaine de parcelles étaient encore disponibles. « Elles appartiennent à la ville, mais la gestion a été déléguée à un collectif, avec un règlement, ce qui », toujours selon le maire, « n’était pas le cas pour ceux présents sur le lieu le Tuire. « Il n’y avait pas de commission pour l’attribution des jardins », a-t-il assuré.

Enfin, en réponse au collectif « Sauvons nos jardins », Alain Fabresse a annoncé qu’il aimerait libérer un espace pour les animaux dans les jardins familiaux Henry Demay et qu’une parcelle collective était déjà présente avec un barbecue pour les moments collectifs.

À noter que cette décision du tribunal administratif de Montpellier n intervenait que sur la forme et non sur le fond de l’affaire.

Antoine Castellet (L’Indépendant, le 10 septembre 2026)

Ille-sur-Têt. Jardins familiaux interdits d’accès : « C’est notre seule bouffée d’air » (L’Indep)

La mobilisation se poursuit pour sauver les jardins familiaux.

Réunis jeudi 27 août devant la salle La Catalane, où devait se tenir un conseil municipal, les usagers des jardins familiaux ont une nouvelle fois demandé à être entendus par la municipalité. Celle-ci souhaite en effet revoir l’aménagement de ces parcelles après l’incendie de Trévillach. Mais, le conseil a finalement été reporté…

Depuis l’incendie du samedi 4 juillet, le devenir des 18 jardins familiaux est au cœur d’un bras de fer entre les occupants et la mairie. La municipalité, qui invoque les risques liés à la proximité d’un couloir de feu, a notamment interdit l’accès aux terrains par arrêté le mardi 11 août. Les jardiniers, contraints et forcés d’abandonner leurs cultures, eux, contestent cette fermeture. Ils réclament une véritable concertation sur l’avenir du site.

Ce jeudi à 18h, près d’une centaine de personnes ont répondu à l’appel des mécontents. Parmi elles, des jardiniers, mais aussi des familles, des habitants d’Ille-sur-Têt et des personnes venues des communes voisines pour soutenir leur revendication. Une dizaine de policiers municipaux et de gendarmes était également sur place pour encadrer le rassemblement qui s’est déroulé dans le calme. Les manifestants sont restés devant la salle, vide d’élus, où plusieurs prises de parole se sont succédé.

Marie-Josée, une Illoise, a rappelé « l’ancienneté des jardins » et « leur importance pour la commune ». Elle a annoncé chercher des solutions auprès du nouveau maire, Alain Fabresse : « Lors d’un entretien le mardi 21 juillet, il est resté ferme sur sa décision ». Pour Hayad, ces jardins représentent bien plus qu’un terrain à cultiver. « C’est le seul coin de jardin qu’on a avec ma famille, c’est notre seule bouffée d’air », témoigne-t-elle. Elle explique y cultiver, récolter et élever des poules, mais aussi installer une piscine et organiser des repas pour les enfants. « Je regrette surtout de ne pas avoir plus d’information sur le devenir de ces parcelles, ni les solutions proposées aux familles ». Sarah, qui a eu une altercation avec un élu, insiste elle aussi sur le besoin de dialogue. Elle décrit les jardins comme « des lieux de partage, de solidarité ».

L’incompréhension et la colère imprègnent ces prises de paroles, où l’on ressent aussi beaucoup de tristesse. « Je suis peiné pour ces jardiniers. Je ne pensais pas qu’on en arriverait là », a déclaré Alain Margalet élu d’opposition. Il a également exprimé son espérance de discussion, persuadé « qu’ils peuvent faire quelque chose ensemble ».

Parmi les soutiens aux manifestants, Dominique Benoit, ancien élu, adjoint au maire William Burghoffer chargé de l’environnement et du développement durable et ancien responsable des jardins familiaux, rappelle avoir suivi leur fonctionnement entre 2001 et 2014. Pour lui, ces jardins font partie du « patrimoine de la commune » et « leur suppression ne peut se faire sans aucune consultation ».

La mobilisation dépasse les seuls jardiniers. Jeunesse populaire du Conflent et alentours, la Confédération paysanne, ainsi que des habitants venus notamment de Perpignan ont pris la parole. Tous insistent sur le rôle social, agricole et patrimonial de ces terrains communaux. Dans la foule, des habitants qui pourtant ne possèdent pas de jardins partagent cette inquiétude. « Ça fait partie de la culture, de l’histoire de la ville », estiment-ils tout en regrettant que le maire « n’ait pas pris davantage le temps de discuter » avec eux.

Contacté, le cabinet du maire explique que depuis l’incendie de Trévillach, « beaucoup de dossiers sont à traiter » et que « la municipalité n’est pas encore prête à délibérer » à ce sujet. Aucune nouvelle date n’a été communiquée pour un prochain conseil municipal.

La mobilisation s’est achevée par une photo de groupe, au cours de laquelle les participants ont scandé, les poings vers le ciel, « Résistance ! ».

Une pétition contre la décision municipale a circulé parmi la foule.

Lola Gilbert (L’Indépendant, le 29 août 2026)

Ille-sur-Têt. Les jardins familiaux menacés d’être rasés interdits d’accès (L’indep)

Menacés d’être rasés par la mairie car situés dans un couloir de feu, les jardins familiaux d’Ille-sur-Tet sont interdits d’accès aux usagers selon un arrêté municipal publié le mardi 11 août. Une décision prise dans un contexte tendu entre les habitants concernés et la municipalité depuis l’immense incendie de Trévillach, d’Ille-sur-Têt et des environs.

« Tristes. Dégoûtés. » Celles et ceux qui entretenaient depuis des décennies les jardins familiaux d’Ille-sur-Tet, au lieu-dit le Tuire, ne cachaient pas leur amertume, hier, en découvrant à l’entrée un arrêté municipal intitulé « Interdiction d’accès à un espace publie pour raisons de sécurité publique ».

Une plainte déposée

Signé du mardi 11 août 2026, ce document faisait savoir que les lieux étaient interdits « à toute personne non autorisée, jusqu’à nouvel ordre ». Considérant qu’il y a « un risque pour la sécurité des personnes en raison de son état de dégradation » et que « des personnes étrangères à la propriété concernée pénètrent sur les lieux, s’exposant ainsi à des risques graves portant atteinte à la sécurité publique ». Selon les informations de L’Indépendant, il intervient deux jours après une altercation qui se serait produite entre des personnes entretenant les jardins familiaux et un élu.

Une plainte a été déposée et une enquête a été ouverte, après qu’une personne se serait vue infliger un coup ayant entraîné, à la suite de plusieurs examens médicaux, une ITT (Incapacité Temporaire Totale) de deux jours. En fonction de l’évolution des investigations, la municipalité se réserve le droit d’agir en justice.

Pour rappel, cette décision s’inscrit dans un contexte où il y a quelques semaines après le feu immense qui a parcouru Trévillach, Ille-sur-Tet et les environs, les occupants des jardins familiaux apprenaient que la municipalité allait raser les parcelles, cultivées et peuplées d’animaux de basse cour, car situées « dans un couloir de feu qui longe de Casenoves jusqu’au chemin de Regieille », d’après le maire Alain Fabresse. Il expliquait alors à L’Indépendant vouloir « repenser tout l’aménagement du territoire » tout en réfléchissant à des solutions de repli pour satisfaire les familles qui n’avaient pas encore de nouveau lopin de terre à entretenir.

Un bras-de-fer s’enclenchait alors entre les parties. Au point, pour les usagers des jardins familiaux, d’organiser une manifestation sous les fenêtres de l’hôtel de ville au début du mois d’août. En cause, selon eux, non seulement la privation de leur coin de verdure mais aussi « le manque de communication du maire » disaient-ils alors à L’Indépendant. Ils envisageaient même, « si le maire ne nous répond pas », à se « mobiliser » lors d’une « réunion publique avec la mairie », ou encore en organisant « une grande manifestation paysanne ». À ce jour, « nous attendons toujours un rendez-vous. Et nous n’avons toujours rien », déploraient auprès de L’Indépendant les principaux concernés.

Laura Causanillas (L’Indépendant, le 13 août 2026)

« Il est de ma responsabilité de protéger ces gens-là »

« Ce n’était plus possible d’avoir des parcelles en l’état, la réalité est là. Il est de ma responsabilité de protéger ces gens-là. »

Contacté par L’Indépendant, le maire Alain Fabresse justifiait la publication de son arrêté municipal vu « les parcelles des jardins familiaux du lieu-dit le Tuire pas toujours entretenues, et la présence de ferraille, de bonbonnes de gaz, de bâti, de barbecues… Là ou le feu du mois de juillet est passe. Vous vous rendez compte, pour les habitations de la rue Mouillard à proximité, la situation aurait pu être catastrophique.

Il certifiait, qu’avant parution dudit document, « le 21 juillet et le 11 août, des courriers ont été envoyés aux intéressés pour leur signifier la situation et des élus sont allés à leur rencontre pour les prévenir de nos attentes et notre demande à quitter les lieux dans les meilleurs délais comme le stipule le contrat qui lie la municipalité aux occupants des jardins familiaux. Après, chacun dit qu’il reçoit ou pas… » Et précisait, « que si l’on veut me voir, il n’y a aucun problème, mais il faut être résident d’Ille-sur-Têt ». Il rappelait enfin « que des parcelles sont disponibles aux jardins familiaux Henry Demay (situés à proximité du camping municipal Le Colomer, NDLR) » et « qu’une véritable réflexion va être enclenchée sur notre territoire face au danger des feux ». En effet, sur au moins 3 kilomètres, depuis Casenoves jusqu’au lieudit de Régleille, « tout un axe le long de la rive gauche de la Têt pourrait voir une requalification de ces espaces pour du pastoralisme, de l’agriculture, de la viticulture, des jardins botaniques pour faire tampon ».

La. Ca (L’Indépendant, le 13 août 2026)

Ille-sur-Têt. Des citoyens qui veulent être entendu (L’Indep)

« On ne va rien lâcher. » Opposés à une décision municipale de fermer voire même de raser les jardins familiaux qu’ils entretiennent en famille depuis des décennies, des habitants d’Ille-sur-Têt et leurs soutiens ont passé la seconde, quelques jours après avoir déploré cette décision.

Hier matin, sous les fenêtres de l’hôtel de ville, ils ont organisé une manifestation et fait entendre leur mécontentement. Plus que l’émoi encore de voir disparaître leur « petit coin de jardin pour prendre l’air », « ce lieu de liberté », « ce bout de terre qui joue un vrai rôle économique et social », les riverains concernés y ont déploré « le manque de communication du maire ». Si d’ici un mois leurs appels du pied restent lettre morte, ils seraient prêts à envisager de nouvelles actions.

« Nous sommes des Illois, des citoyens qui veulent être entendus », martèle Leticia. « Nous sommes ouverts au dialogue », renchérit Fatima. « Que le maire vienne à notre rencontre, que l’on ait des explications ». « Nous avons tenté à plusieurs reprises de rentrer en contact avec lui ou de prendre rendez-vous en mairie. Rien », assurent les deux jeunes femmes.

« Nous avons des animaux qui vivent aux jardins familiaux. Nous voudrions savoir ce que nous allons faire d’eux si nous devons partir », anticipent les intéressées. « Autre chose », poursuivent-elles. « Nous avons appris, depuis l’incendie de Trévillach (qui a parcouru près de 5 000 hectares dont une partie à Ile-sur-Têt, NDLR), que les jardins familiaux sont sur un couloir de feu. Nous voulons assurer au maire que nous sommes prêts à payer la location des jardins tous les mois pour continuer à les entretenir, et même à payer les travaux pour mieux les aménager. »

« Si le maire ne nous répond pas, nous avons réfléchi à comment nous mobiliser d’ici un mois », préviennent-ils. Ainsi, outre de nouvelles demandes de rendez-vous, « pourquoi pas organiser une réunion publique avec la mairie invitée », ou encore « une grande manifestation paysanne de pair avec un syndicat paysan. Pour mettre un nouveau coup de pression ».

Contacté à plusieurs reprises hier, le maire d’Ille-sur-Têt n’a pas donné suite à nos sollicitations. Interrogé par l’Indépendant la semaine dernière, il évoquait la possibilité de déplacer six familles vers des « parcelles disponibles dans les autres jardins familiaux Henry Demay ». Il avait aussi précisé que la mairie cherchait « une solution pour satisfaire » les trois dernières familles qui n’auraient pas encore pu être relogées.

Laura Causanillas (L’Indépendant, le 4 août 2026)

Ille-sur-Têt. Qui a volé la plaque rendant hommage à ces sœurs déportées ? (L’Indep)

La disparition de la plaque de rue des sœurs Juliette et Marcelle Molins, à l’angle de la rue Maurice Iché (route de Saint-Michel), le jour de la cérémonie nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation, qui a eu lieu ce dimanche 26 avril au cimetière las Castillounes, en présence des élus, a semé un émoi au sein de la population illoise. Jérôme Panilla, président de l’association des Pavés catalans de la mémoire a tenu réagir. « Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la Déportation. C’est en ce jour hautement symbolique qu’une main haineuse a choisi de dérober la plaque de rue au nom des sœurs Molins, résistantes, déportées à Ravensbrück ».

Rappelons que Juliette et Marcelle Molins, résistantes, ont été arrêtées par les Allemands le 25 avril 1944 dans la Maison de la presse qu’elles tenaient sur l’avenue Pasteur, a Ille, avant d’être déportées vers le terrible camps de Ravensbrück où, dans des conditions de détention très dures, partageant notamment le sort de Geneviève De Gaulle Anthonioz, elles ont survécu à ce voyage en enfer.

Des années plus tard, Juliette Lafont-Molins témoignera souvent de son expérience auprès des élèves du collège et rédigera d’excellents articles dans les Cahiers des amis du vieil Ille.

O. A. (L’Indépendant, le 28 avril 2026)