1.200 emplois de moins dans les P.-O. « Tous les vouants sont au rouges » (L’Indep)

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié début janvier 2026 toute une série d’indicateurs sur la situation départementale en matière d’emploi. Celle-ci est pour le moins inquiétante : 1.200 emplois en moins sur un an, chômage record, nombre d’allocataires du RSA en hausse… Syndicats et patronat livrent leurs analyses respectives.

Les syndicats de salariés et le Mouvement des entreprises de France (Medef) sont d’accord sur un point : les tendances que révèlent les dernières données de l’Insee sur l’emploi en pays catalan sont de bien mauvais augure. Et pour cause: 1.200 emplois de moins entre le troisième trimestre 2024 et le troisième trimestre 2025, l’un des taux de chômage les plus élevés de France métropolitaine (12,2 %), un nombre d’allocataires du RSA qui dépasse la barre des 26.000…

« Tous les voyants sont au rouge », résume le secrétaire départemental de PO, Jérome Capdevielle. « On a un cocktail qui montre un enkystement de la paupérisation de notre département. C’est très inquiétant. »

Selon Jérôme Capdevielle, les données de l’Insee laissent présager une nouvelle hausse du nombre d’allocataires du RSA en 2026 et une poursuite globale de l’enlisement. « Le déclin de l’intérim (qui passe de 3.000 à 2.500 emplois, NDLR) est une très mauvaise nouvelle », estime-t-il. « L’intérim est souvent utilisé comme main-d’œuvre d’appoint quand le carnet de commandes se remplit. Son déclin montre un ralentissement économique notable, un essoufflement. »

Le président du Medef 66, Julien Coulomb, tire peu ou prou les mêmes conclusions de la baisse du nombre d’emplois en intérim. « L’incertitude politique actuelle et le flottement autour du budget de l’État pèsent sur l’économie », rajoute-t-il. « Ce contexte inquiète les chefs d’entreprise et les freine dans leurs projets d’investissements à même de créer de l’emploi. Beaucoup se mettent au point mort en attendant de voir comment les choses vont évoluer, quelle fiscalité va être prévue.»

De son côté, le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy, indique ne pas être surpris par les données de l’Insee. « Ces chiffres confirment ce que l’on dit depuis des mois, voire des années, sur la situation de l’emploi dans les Pyrénées-Orientales », analyse-t-il. « Le département n’échappe pas non plus à la conjoncture nationale qu’illustrent les plans sociaux qui touchent de nombreuses entreprises en France. »

À l’instar du président du Medef, Julien Berthélémy pointe du doigt la problématique du budget de l’État. Mais dans une tout autre perspective. « Cette publication de l’Insee montre qu’on a raison de maintenir le rapport de force pour obtenir un budget de l’État qui réponde aux besoins », juge-t-il. « On connait les secteurs qui sont en grande difficulté. Comme l’hôpital de Perpignan où le personnel n’est plus assez nombreux. Il faut y créer des emplois. Le budget de l’État doit servir à ça. Il faut arrêter l’austérité et mettre de l’argent dans les services publics pour relancer l’emploi. »

Par ailleurs, compte tenu des remontées du terrain, le secrétaire départemental de la CGT craint que 2026 n’apporte encore son lot de licenciements dans les Pyrénées-Orientales. Son homologue de FO partage cette inquiétude.

« Nous pouvons déjà constater lors de nos permanences juridiques qu’il y a des licenciements tous azimuts dans le département », dénonce Jérôme Capdevielle, qui appelle à « une union sacrée dépassant les clivages politiques », pour éviter d’en arriver à un point « où la situation en matière d’emploi ne sera plus rattrapable ».

Autre signe révélateur de la mauvaise santé de l’emploi en pays catalan: le nombre d’offres recueillies par France Travail est en chute libre (-23,5 %) entre 2024 et 2025. À ce sujet, Julien Coulomb soulève cependant un « paradoxe » : « Nous avons dans le département un taux de chômage élevé, mais beaucoup d’offres d’emploi restent non pourvues. Il ne se passe pas un mois, sans que des chefs d’entreprise me disent qu’ils ont du mal à recruter: Je pense qu’il y a une question d’adéquation entre les qualifications et les postes proposés. »

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 18 janvier 2026)

Protection sociale complémentaire. Les organisations syndicales CGT, FO, SUD, UNSA quittent la table des « négociations ».

Le cycle de négociations sur la mise en place de la Protection Sociale Complémentaire (PSC) pour les 1,2 million de fonctionnaires hospitaliers s’est ouvert vendredi 9 janvier 2026 en l’absence de la Ministre, cinq ans après la promulgation de l’ordonnance prévoyant la participation des employeurs à la PSC.

La lettre de cadrage des trois ministres de la Santé, du Budget et de la Fonction Publique a été envoyée la veille aux organisations syndicales.. Elle fixe la négociation à 4 mois alors que les négociations dans l’État et la Territoriale en ont duré 18! Le gouvernement annonce d’entrée de jeu qu’il n’y aura aucune extension de la gratuité des soins. qu’il n’est pas question d’un financement supplémentaire de la PSC, et qu’il dispose d’un « scénario » d’avance de décision unilatérale en cas d’échec des « négociations »…

Dans ces conditions nous ne signerons aucun accord !

Lors de l’ouverture des discussions, l’intersyndicale CGT, FO, SUD, UNSA a posé deux questions :

  • Quelle est l’enveloppe financière garantie par l’État hors ONDAM ?
  • Le gouvernement compte-t-il amender l’article 722 du Code Général de la Fonction Publique afin de pouvoir étendre et garantir effectivement la gratuité des soins à l’ensemble des agents de la Fonction Publique Hospitalière ?

Les représentants du Ministère n’ont pas été en mesure de nous donner ces garanties minimales.
Sans financement clair garanti par l’État, la PSC reposerait :

  • Sur les hôpitaux, c’est-à-dire, à moyens constants sur les suppressions de postes, de services et d’établissements, la poursuite de la dégradation de travail pour les agents.
  • Sur l’augmentation des cotisations des agents comme c’est déjà le cas dans les autres fonctions publiques.

Les hospitaliers refusent de faire davantage de sacrifices sur leur santé !

L’intersyndicale CGT, FO, SUD, UNSA exige une nouvelle lettre de cadrage et se donne rendez-vous le 16 janvier au Ministère.

Lycée pro : une réforme qualifiée de « fiasco »

Depuis 2019, les réformes se suivent et se ressemblent dans les lycées professionnels. Au grand dam des syndicats de professeurs, qui déplorent entre autres une diminution du nombre d’heures d’enseignement général.

Dernière nouveauté qui a le don de les faire grincer des dents : la mise en place au printemps 2025 des « parcours en Y » en fin d’année de terminale. En clair : de la possibilité offerte aux élèves de choisir entre 6 semaines de cours préparant à la poursuite d’étude (BTS…) et 6 semaines de stage rémunérées 600 euros après les épreuves du bac pro (ramenées en parallèle à la mi-mai). Résultat : « Les élèves choisissent le stage, alors qu’ils ont déjà perdu énormément d’heures de cours avec les réformes successives », déplore le secrétaire départemental de la CGT Educ’action, Christophe Moya. « De nombreux chefs d’établissement parlent eux aussi d’un fiasco… » Marlène Hostaillé, du syndicat Snuep-PSO, confirme : « Le sentiment que de nombreux collègues ont, c’est que cette réforme n’a servia rien à part à vider les lycées et à faire croire aux élèves qu’on peut avoir le bac avec moins d’heures de cours. »

Le ministère semble en partie revenu sur ses pas, en annonçant fin aout que le nombre de semaines de stage en fin d’année allait passer de 6 à 4. Mais les syndicats veulent plus. « Nous demandons l’abrogation des parcours en Y et le retour des épreuves du bac pro à la fin juin, pour avoir le temps de bien préparer les élèves », indique Christophe Moya. « Si on veut que les élèves aillent en BIS et qu’ils réussissent, il faut aussi mettre plus de moyens dans les ateliers, il faut plus d’enseignants et plus d’heures de cours », rajoute Marlène Hostaillé.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 15 octobre 2025)

Retraites : « Cela ne change rien, nous militons pour l’abrogation » (L’Indep)

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé hier suspendre la réforme des retraites, cœur de la crise sociale et politique depuis 2023. Dans les P.-O., si certains syndicats reconnaissent un premier pas, l’abrogation de ce texte est attendue au tournant.

Une lumière au bout du tunnel de la colère politique et sociale ? Sébastien Lecornu aura au moins mis un bon coup de pioche dans le mur séparant le gouvernement des syndicats et plus largement de la gauche.

Ce mardi, lors de son discours de politique générale devant les députés, le Premier ministre a annoncé la suspension de la réforme des retraites. Érigée comme l’un des principaux moteurs de la crise sociale et politique -avec la loi sur l’immigration- cette réforme prévoyait de progressivement porter l’âge de la retraite à 64 ans pour les générations nées à partir de 1968. Avec cette suspension annoncée « jusqu’à l’élection présidentielle », cet âge pivot resterait donc à son niveau actuel, soit 62 ans et 9 mois.

En actant cette suspension, exigence absolue du Parti socialiste, Sébastien Lecornu tend une main à la gauche et aux syndicats qui n’ont cessé de mobiliser contre cette loi depuis 2023.

Dans les Pyrénées-Orientales, le délégué départemental de Force Ouvnière, Jérôme Capdevielle, reconnait « un premier signal encourageant ». Mais, de son point de vue, la bataille est loin d’être remportée. « Cela ne change en rien notre revendication : nous militons pour l’abrogation de la réforme des retraites. C’est une réponse positive, mais ce n’est pas la conclusion ».

Pour la CFDT, syndicat militant pour la suspension, dont la voix est portée dans les Pyrénées-Orientales par Omar Belguellaoui, « cette suspension est une première réponse à la blessure démocratique. Des travailleurs et travailleuses nés en 1964 et 1965 vont pouvoir en bénéficier immédiatement, soit entre 600 000 et 700 000 ».

À la CGT le constat reste toujours plus amer. Julien Berthélémy estimant que ce premier pas « n’est pas suffisant ». Il détaille, et tacle : « Ce discours n’est pas un virage social. il est quasi identique à celui de François Bayrou, hormis l’abandon de la suppression des deux jours féries et la suspension de la réforme des retraites. Nous voulons son abrogation mais aussi une augmentation des salaires, la création d’emplois et une vraie taxation des plus riches et plus hauts revenus ».

Au perchoir de l’Assemblée nationale, Sébastien Lecornu a également annoncé relancer les discussions avec les partenaires sociaux, au printemps prochain, pour notamment border les contours de la future réforme des retraites. « Nous soutenions l’idée sa suspension », appuie Jean-François Virama, responsable départemental du syndicat UNSA. « Nous en sommes satisfaits. D’autant que le Premier ministre remet dans le paysage cette conférence avec les partenaires sociaux, nous espérons y être conviés ». Un sentiment partagé par Jérôme Capdevielle qui milite pour le retour de ce dialogue social. « Si la volonté est de relancer la discussion parlementaire et de redonner de la légitimité au corps intermédiaire, nous sommes dans le positif. Car c’est le cœur de la démocratie ». Dans cette même veine, Omar Belguellaoui estime que « la porte est ouverte à un vrai débat pour l’élection de 2027, loin des postures idéologiques ».

Mais la prudence reste de mise. Certes, les promesses sont posées sur la table de l’Assemblée nationale mais maintenant les syndicats attendent des actes.

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 15 octobre 2025)

Mouvement du 10 septembre : la CGT appelle à la mobilisation dans les Pyrénées-Orientales (L’Indep)

En soutien au mouvement citoyen annonce pour ce mercredi 10 septembre 2025, l’union départementale de la CGT a décidé d’appeler ses militants à organiser ce jour-là des assemblées générales dans les entreprises et à se rassembler à 11 heures sur la place de la Victoire à Perpignan. Le syndicat Solidaires et la fédération locale du Parti communiste appellent également à se joindre a la contestation, à l’instar de La France insoumise.

« Si on n’appelait pas à la mobilisation le 10 septembre, ça ne serait pas compris. » Pour le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy, il sagit d’une évidence: « La colère sur la question du budget est là et la mobilisation du 10 septembre (un mouvement citoyen né sur les réseaux sociaux, NDLR) prend dans les entreprises. On ne pouvait pas faire l’impasse. » Après avoir réuni les syndicats qui la composent ce mardi, l’union départementale de la CGT a donc finalement décidé d’appeler elle aussi à se mobiliser le 10 septembre prochain.

L’organisation a plus précisément demandé à ses militants de tenir ce jour-là des assemblées générales dans toutes les entreprises où elle a déposé des préavis de grève, puis de se rassembler à 11 heures sur la place de la Victoire à Perpignan.

« Mais pour nous, le 10 n’est qu’une étape », précise Julien Berthélémy. « Nous nous mobiliserons aussi le 18, avec une intersyndicale la plus large possible, contre les restrictions budgétaires et pour réclamer des revalorisations salariales, l’abrogation de la réforme des retraites et la fin des aides aux entreprises sans contreparties. »

Une première réunion du collectif « Indignons-nous »

Côté syndical, les enseignants de la FSU-SNUipp et l’union Solidaires prévoient également de se retrouver dans la rue le 10 septembre. « Nous appelons à la mobilisation car Bayrou propose un budget qui demande des efforts toujours aux mêmes, aux classes moyennes, à ceux qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts, alors qu’il y a d’autres solutions », résume Christine Mirroir, de Soldaires. À l’inverse, d’autres organisations préfèrent se focaliser sur la préparation du 18. C’est notamment le cas de FO. « Après, chacun est libre de participer au mouvement du 10 septembre à titre de citoyen », précise le secrétaire départemental de FO, Jérôme Capdevielle.

Côté politique, la fédération départementale du Parti communiste a annoncé qu’elle soutiendrait le mouvement à l’instar de La France insoumise. « Nous entendons participer à toutes les initiatives qui vont s’organiser », assure l’un des porte-parole locaux du PC, Michel Coronas.

Pour ce qui est du collectif citoyen Indignons-nous des Pyrénées-Orientales, né d’un groupe de discussion sur une application de messagerie, il a organisé une première assemblée générale qui aurait réuni plusieurs dizaines de personnes à Perpignan fin août. Une nouvelle réunion devrait se dérouler d’ici peu.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 4 septembre 2025)