Grève à la SNCF. Le trafic très perturbé (L’Indep)

En raison d’un mouvement social national, la circulation des trains régionaux sera très perturbée en Occitanie, ce mercredi. Les Trains LiO seront les plus impactés, avec seulement 7 sur 10 en circulations et des liaisons partiellement assurées par des autocars.

C’est une première pour Jean Castex. Ce mercredi 10 juin, l’ancien Premier ministre, ex-maire de Prades, fait face à son premier conflit social à la SNCF, dont il est désormais PDG. Le mouvement est annoncé pour 24 heures. Un premier test social donc pour Jean Castex qui avait apaisé ce climat social quand il était à la tête de la RATP. Les syndicats du rail revendiquent une hausse des salaires et S’inquiètent de la multiplication de sociétés filiales et du transfert annoncé dans ces structures de salariés de la SNCF.

Une certitude, dans la région Occitanie et donc dans les Pyrénées-Orientales et l’Aude, la circulation sera très perturbée ce mercredi 10 juin. « En raison d’un mouvement social national, la circulation des trains régionaux sera très perturbée en Occitanie », confirme SNCF voyageurs.

Dans le détail : 7 trains LiO (TER) sur 10 seront en circulations, avec un trafic partiellement assuré par autocars.

Des perturbations sont à prévoir aussi pour les TGV INOUI et OUIGO avec en moyenne 2 TGV sur 3 en circulation, mais aussi sur les lignes Intercités de jour et de nuit avec environ 1 train sur 2.

La SNCF recommande aux voyageurs de se renseigner avant de se déplacer, la veille à partir de 17h.

« Les équipes SNCF Voyageurs sont pleinement mobilisées pour accompagner ; informer et être au plus près des voyageurs », assure-t-elle par communiqué.

Toutes les informations sur les conditions de circulation sont à retrouver sur LiO Trafic pour suivre en temps réel l’état du trafic en Occitanie et consulter les prévisions du lendemain Site liO Train SNCF : trainlio.sncf.com (rubrique Info Trafic) Chaine WhatsApp liO Occitanie. L’application et le site SNCF Connect : sncfconnect.com.

T. B. (L’Indépendant, le 10 juin 2026)

Romain Pitelet. « Nous sommes à la SNCF dans un état d’urgence sanitaire » (La Marseillaise)

Romain Pitelet, secrétaire général adjoint de la CGT cheminots, dénonce les réorganisations successives qui ont conduit à une situation alarmante. Les fédérations des cheminots de la CGT, de l’Unsa, de Sud et de la CFDT ont déposé un préavis de grève unitaire à la SNCF, pour le 10 juin, en dénonçant une politique d’entreprise anxiogène après une vague de suicides.

La Marseillaise : Vous appelez les cheminots à la grève, ce mercredi 10 juin, avec un mouvement unitaire. Quel a été le déclencheur ?

Romain Pitelet : Nous observons une dégradation de plus en plus visible de la situation sociale et sanitaire de l’ensemble des cheminots à la SNCF. Depuis plusieurs années, ils subissent des réorganisations importantes, des déstructurations des collectifs de travail, une diminution de plus en plus forte des moyens. Cela amène à des tensions, auxquelles s’ajoute le désengagement de l’État sur la question du ferroviaire. Et il y a la question de l’ouverture à la concurrence, de la filialisation, du transfert de personnels, qui sont des épreuves pour les salariés. Cela amène à un climat de souffrance extrêmement fort, qui dure depuis plusieurs mois. Au fil des combats locaux, des mobilisations de proximité, que ce soit pour défendre une gare, une ligne, des emplois, des conditions de travail, petit à petit, il y a une colère qui monte de plus en plus, partagée par l’ensemble des organisations syndicales qui, depuis des mois, interpellent la direction de la SNCF. À cette heure, le peu de réponses apportées ne suffisent pas à régler la situation. Nous sommes dans un état d’urgence sanitaire extrêmement préoccupant.

La Marseillaise : Comment se manifeste cette urgence sanitaire au quotidien ?

Romain Pitelet : Cela s’exprime de la manière la plus dramatique. Le sujet des suicides a fait la Une de l’actualité [douze suicides de cheminots ont été recensés en quatre mois au début de l’année, Ndlr.], mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg. La situation est grave aussi bien chez les employés, les ouvriers, les agents de maîtrise, que chez les cadres, y compris supérieurs. Nous ne nous retrouvons plus dans la politique menée dans l’entreprise SNCF et, plus globalement, dans l’ensemble des entreprises de la branche ferroviaire. Les statistiques internes montrent une hausse des arrêts de travail, une hausse des risques psychosociaux, une augmentation des burn-out… De nombreux cheminots, y compris de l’encadrement, viennent nous voir et font état de situations totalement folles dans leur quotidien, ils font et défont leur travail en permanence, ou sont placardisés… Nous sommes dans une situation qui rappelle les processus qui ont eu lieu dans d’autres entreprises, qui ont amené à des drames. Nous ne voulons pas en arriver là. Nous avons alerté à de multiples reprises la direction de la SNCF sur des mesures d’urgence, avec un moratoire sur l’ensemble de ces réorganisations, l’arrêt de la concurrence. Et il y a la question salariale, exacerbée par le retard de paiement du travail des cheminots depuis plusieurs années, pas à la hauteur de la reconnaissance de leurs qualifications.

La Marseillaise : Pourquoi la SNCF pousse-t-elle ces réorganisations ?

Romain Pitelet : La plupart du temps, il s’agit d’accroître la productivité non pas pour améliorer le service -on voit le service public se dégrader- mais pour une raison simple : la SNCF se met en disposition pour pouvoir répondre à des appels d’offres. Donc il faut saucissonner, étanchéifier un certain nombre de sujets de production et pressurer les cheminots pour qu’il y ait des bénéfices sortis. Le système libéral amène jusqu’à tenter de sacrifier un certain nombre de sujets de sécurité, un élément fondamental du métier de cheminot.

La Marseillaise : Quels sont ces risques pour la sécurité ?

Romain Pitelet : Cela peut-être des sujets réglementaires : essayer de rogner des repos, allonger de manière forcée le temps de travail, rogner sur la question de la formation professionnelle. Nous embauchons beaucoup à la SNCF, mais conduire des trains, entretenir des voies, faire un poste d’aiguillage, être sur les quais demande une connaissance très fine du milieu ferroviaire. C’est un milieu dangereux et donc il faut une formation extrêmement solide. Les signes envoyés vont en permanence vers un rabougrissement de cette formation, pour des questions de coûts. On le voit dans toutes les entreprises du ferroviaire, avec des tentatives de formations de conducteurs en cinq mois, alors que notre critère, ce sont des formations de douze mois. C’est extrêmement dangereux pour la cohérence de l’ensemble du système.

La Marseillaise : Vous parliez de l’ouverture à la concurrence du rail. Quelles conséquences observez-vous ?

Romain Pitelet : Il y a le sujet de la gabegie financière. Le comité central d’entreprise a diligenté une expertise sur les surcoûts de la concurrence. Ce document a bousculé le gouvernement et les directions d’entreprises parce qu’il montre un système absurde de mise en concurrence dans un système qui doit être intégré. Oui, la concurrence coûte plus cher que de maintenir une entreprise publique intégrée. Le deuxième aspect, c’est sur la qualité du service : en rabougrissant les moyens, on ferme une gare, des dessertes, on met en danger des lignes qui pourraient faire circuler des trains. Dans le centre de la France, autour de Limoges, les associations d’usagers, avec la CGT cheminots, font de multiples initiatives parce que, bientôt, il n’y aura plus de train dans le Limousin. Et il y a le quotidien, le prix du billet qui s’envole parce qu’il faut que la machine à cash fonctionne à plein, que ce soit à la SNCF ou pour les autres entreprises. On pressure les cheminots sur les droits, on pressure les autres usagers en baissant du service : c’est ça la réalité de la concurrence.

La Marseillaise : Il y avait déjà eu des mobilisations nationales pour le fret ferroviaire. Où en sommes-nous ?

Romain Pitelet : Nous alertons jusqu’à la direction de la SNCF parce que nous avons des possibilités de reprendre un certain nombre de trafics, voire d’en créer de nouveaux, mais la direction de Rail et logistique Europe, l’antenne fret de la SNCF, ne se positionne pas dessus. Il faut du sérieux, les enjeux environnementaux sont importants. La bataille continue aussi sur les sites, pour le maintien des triages, des wagons, des locomotives, qu’on ne brade pas cet outil indispensable.

La Marseillaise : Quelle mobilisation attendez-vous pour le 10 juin ?

Romain Pitelet : Nous attendons une forte mobilisation parce qu’elle est unitaire. Les quatre organisations syndicales ont pris leurs responsabilités et il faudra qu’elles le fassent après les annonces que pourrait faire le président de la SNCF, Jean Castex. On sent une température qui monte, les initiatives, les appels locaux, complétés par les appels unitaires au niveau national créent un climat de conflit qui s’annonce extrêmement fort. Nous appelons la direction de la SNCF à nous recevoir le plus rapidement possible pour que nous puissions avoir de réelles négociations. Sur les points portés par les organisations syndicales, nous avons des propositions, nous sommes ouverts à la discussion et nous pouvons avancer rapidement sur un certain nombre de sujets, pour régler la situation.

La Marseillaise : Quelles propositions mettez-vous sur la table ?

Romain Pitelet : Sur les questions de salaires, on ne peut pas se contenter de primes. Il y a aussi les questions de formation, du maintien des droits des cheminots qui sont transférés, et le maintien de l’unicité de l’entreprise qui doit perdurer. C’est un outil public dont on va tous avoir de plus en plus besoin dans les années à venir. Nous ne voulons pas hypothéquer l’avenir, contrairement à ce que certains veulent faire. Mais, aujourd’hui, l’urgence, c’est la situation sanitaire des cheminots, leurs conditions de travail, que l’on remette le sens du travail au cœur des discussions.

Propos recueillis par Yves Souben (La Maseillaise, le 8 juin 2026)

Les mobilisations convergentes font bouger les lignes ! Poussons l’avantage !!

Dans le cadre de l’instabilité politique que nous connaissons, des contraintes budgétaires qui sont difficiles et s’annoncent impactantes pour nombre de dossiers, il est bon et encourageant de souligner quelques avancées, à mettre au compte des mobilisations convergentes = salariés-syndicats- associations- élus-es-citoyens-es !

Il en est ainsi, en appui de la « Marche du Rail » organisée du 01 au 04 Octobre 2025 aux fins d’exiger la réouverture de la ligne ferroviaire AGEN- AUCH. Cette déambulation sur la voie ferrée a été pilotée par les structures CGT, cheminots et autres, par le CRVF N-A ((Comité Régional de Vigilance Ferroviaire de Nouvelle Aquitaine) avec ses diverses associations d’usagers (adhérentes pour certaines à la CNR) et appuyée par l’implication d’élus-es progressistes et de citoyens-es. Ce rapport de force a conduit le Vice-Président en charge des transports en Nouvelle Aquitaine, à demander au Président ROUSSET, d’écrire au prochain Président de la SNCF, Jean CASTEX, afin d’obtenir la réouverture aux trafics ferroviaires de la ligne susvisée … position qui a été adoptée en séance plénière du Conseil Régional.

À la suite de multiples mobilisations engagées depuis plusieurs mois dont il faut saluer l’apport important des collectifs d’usagers, visant à s’opposer à la fermeture programmée de certaines lignes ferroviaires et à mettre en avant des propositions de relance (voir courrier de la CNR du 07 Octobre 2025 au Ministre des Transports), la réunion du 16 Octobre 2025 du Conseil Régional de Bourgogne Franche Comté, a dû en tenir compte !!

C’est ainsi que le nouveau Président du Conseil Régional a annoncé l’engagement de sa Région à hauteur de 12,1 millions d’euros pour des travaux d’urgence sur la ligne historique et touristique du JURA, dite des « Hirondelles » (Andelot-La Cluse) afin d’éviter la fermeture envisagée à court terme. De plus, la ligne ferroviaire CLAMECY- CORBIGNY, située dans le département de la Nièvre (58), se verra doter d’une enveloppe de 3,6 millions d’euros afin, qu’à la suite de travaux, d’y rétablir des relations ferroviaires (ce sont des cars qui ont assuré les dessertes cet été). D’autre part, il a été annoncé la remise en place des « comités de lignes », instance qui permet aux usagers de définir avec les élus-es la consistance du Service public ferroviaire à partir des besoins exprimés.

Parallèlement aux annonces de la Région Bourgogne Franche Comté (BFC), l’Etat a engagé 300 000 euros pour des travaux permettant de maintenir les trafics FRET dans cette Région et d’autres financements pour la ligne ferroviaire LURE-EPINAL, pour laquelle une importante mobilisation a eu lieu le 12 Avril 2025. En attente du CPER (2027-2032), la Région BFC a affecté 98 millions d’euros à SNCF Voyageurs pour permettre la rénovation de 23 trains AGC.

Si on peut se féliciter que sous la pression d’actions convergentes, les choses bougent, on ne peut que dénoncer le fait que de plus en plus les collectivités territoriales se substituent aux obligations et responsabilités de l’Etat qui demeure quand même le propriétaire des infrastructures ferroviaires !! Ce n’est pas étonnant quand on voit que la France se situe dans le peloton de queue en Europe dans la part en euros consacrée par habitant aux infrastructures ferroviaires.

L’argent existe et il est mobilisable lorsqu’il y a une volonté politique !! L’actualité le démontre !! IL faut massivement investir dans le Rail public ! C’est un choix d’avenir, un choix de société !!

Conformément à ses statuts, visant à aider, coordonner, fédérer, à relayer les actions de celles et ceux qui œuvrent à la défense et au développement du Service public ferroviaire, la Convergence Nationale Rail a le plaisir d’annoncer la création d’une antenne CNR dans le Nord-Pas de Calais et celle d’une nouvelle association de défense des intérêts des usagers du rail, intitulée : « Convergence pour le développement du Rail en Bourgogne Franche Comté- CDR ». Ce nouvel outil, portant l’intérêt général, construit autour des Secteurs fédéraux CGT des cheminots de Strasbourg, de Dijon, de Auvergne-Nivernais, de Paris Sud Est et de la CNR, constitue un appui conséquent pour aider à la construction et à la coordination d’actions concernant les activités ferroviaires des Régions Grand Est et Bourgogne Franche Comté.

Pour terminer dans l’évocation de « bougés » à mettre au crédit d’actions, de projets, portés par des acteurs comme des collectifs d’usagers, des syndicats CGT de la Région PACA, d’élus-es, de citoyens-es engagés-es, signalons l’action développée depuis plusieurs années par le Collectif DSA (Digne-St Auban), revendiquant la réactivation et la réouverture de cette voie ferrée aux trafics ferroviaires. Après l’audience du 11/06 /2025 accordée par la Maire de Digne les Bains (04), le collectif a été reçu le 08/10/2025 par le cabinet de la Présidente du Conseil Départemental des Alpes de Haute Provence. Dans le cadre de l’inauguration de la gare de ANNOT, la Présidente du CD 04 a demandé publiquement la réouverture de la ligne ferroviaire Digne-St Auban.

La situation que nous vivons est certes difficile, n’offrant pas de perspectives sérieuses car instables mais forts de l’engagement, de l’investissement de toutes celles et de ceux qui luttent pour un monde meilleur, plus vivable pour aujourd’hui et pour demain, nous pouvons changer la donne ! Les avancées compilées dans ce communiqué en constituent les premières expressions !! La véritable transition écologique et énergétique se fera avec le développement du rail ! Seule alternative crédible pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, permettant d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050 !!