Drame de Lyhanna. Femmes solidaires appelle à la mobilisation du 8 juin

Nous refusons que les violences faites aux enfants soient traitées comme une succession de tragédies isolées. Ce que révèle l’affaire Lyhanna, c’est l’existence de défaillances systémiques que les associations féministes dénoncent depuis des années ! Ce ne sont pas des faits divers. Ce sont des enfants délibérément livré.es à des
pédocriminels.

Alors que plus de 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France, 94 % des plaintes pour viol sont classées sans suite. Ces chiffres témoignent de l’ampleur des violences et de l’échec persistant de nos institutions à protéger les enfants.

Membre de la Coalition féministe et enfantiste pour une loi intégrale contre les violences sexuelles, Femmes solidaires s’associe à l’appel au rassemblement du 8 juin à 19 heures, place Vendôme à Paris devant le ministère de la Justice, ainsi que devant les tribunaux judiciaires partout en France, afin de rendre femmage à Lyhanna, d’exprimer notre soutien à ses proches ainsi qu’à toutes les victimes de violences sexuelles, et d’exiger que la protection des enfants devienne enfin une priorité politique, notamment par l’adoption de la Loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants.

Notre colère est immense car les alertes existent depuis des années. Les constats sont connus. Nous refusons que l’inaction politique continue de mettre des enfants en danger. Nous demandons des moyens sur toute la chaine de la justice et que la parole des enfants soit enfin considérée !

L’ édito du webzine. Souveraineté populaire : l’imposture de Marine Le Pen

Pour sa défense devant la justice, Marine Le Pen en appelle à la souveraineté populaire, cette posture fait courir un grave danger pour notre démocratie.

Marine Le Pen, cheffe du Rassemblement national, a été condamnée le 31 mars 2025 à 4 ans de prison (dont 2 ferme), 100 000 € d’amende et 5 ans d’inéligibilité pour détournement de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Le préjudice est estimé à 4,1 millions d’euros.

Pour échapper à sa condamnation, la cheffe du RN oppose la justice à la « souveraineté populaire », accusant les magistrats de priver le peuple de son choix politique. Cette rhétorique, reprise par d’autres figures comme Nicolas Sarkozy ou Jean-Luc Mélenchon, vise à délégitimer la justice en la présentant comme un obstacle à la volonté du peuple.

Un danger pour la démocratie

La Constitution française consacre la séparation des pouvoirs et affirme que la justice est rendue au nom du peuple. Les juges ne sont pas des ennemis de la démocratie, mais des garants de l’État de droit. En remettant en cause l’indépendance de la justice, Marine Le Pen dénature la notion de souveraineté populaire. Sans justice indépendante, celle-ci devient un outil de domination, non d’émancipation. Cette posture, partagée par une partie de la droite et de l’extrême droite, sape les fondements de la démocratie et prépare le terrain pour des régimes autoritaires, où la loi du plus fort remplacerait l’égalité devant la loi.

Cette rhétorique, inspirée de figures comme Donald Trump, vise à affaiblir l’État de droit et à soumettre le peuple à une caste privilégiée. Elle menace les droits sociaux et politiques, réduisant les citoyens à des producteurs-consommateurs dociles.

Opposer justice et souveraineté populaire, c’est démonter les garde-fous démocratiques pour instaurer un pouvoir arbitraire, sous couvert de défendre le peuple.

Dominique Gerbault