Drame de Lyhanna. Femmes solidaires appelle à la mobilisation du 8 juin

Nous refusons que les violences faites aux enfants soient traitées comme une succession de tragédies isolées. Ce que révèle l’affaire Lyhanna, c’est l’existence de défaillances systémiques que les associations féministes dénoncent depuis des années ! Ce ne sont pas des faits divers. Ce sont des enfants délibérément livré.es à des
pédocriminels.

Alors que plus de 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année en France, 94 % des plaintes pour viol sont classées sans suite. Ces chiffres témoignent de l’ampleur des violences et de l’échec persistant de nos institutions à protéger les enfants.

Membre de la Coalition féministe et enfantiste pour une loi intégrale contre les violences sexuelles, Femmes solidaires s’associe à l’appel au rassemblement du 8 juin à 19 heures, place Vendôme à Paris devant le ministère de la Justice, ainsi que devant les tribunaux judiciaires partout en France, afin de rendre femmage à Lyhanna, d’exprimer notre soutien à ses proches ainsi qu’à toutes les victimes de violences sexuelles, et d’exiger que la protection des enfants devienne enfin une priorité politique, notamment par l’adoption de la Loi intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants.

Notre colère est immense car les alertes existent depuis des années. Les constats sont connus. Nous refusons que l’inaction politique continue de mettre des enfants en danger. Nous demandons des moyens sur toute la chaine de la justice et que la parole des enfants soit enfin considérée !

Yannick Monnet. « Une triple peine pour les femmes victimes d’un cancer du sein » (La Marseillaise)

Un an après son adoption à l’unanimité, la loi sur la prise en charge des soins liés au cancer du sein reste lettre morte, faute de décrets d’application. Yannick Monnet, député PCF de l’Allier, est l’un des rapporteurs de cette loi. Il interpelle le gouvernement avec une pétition pour exiger l’application immédiate de la loi.

La Marseillaise : Qu’est-ce qui vous a motivé à porter cette proposition de loi sur le remboursement des soins de support pour les patientes atteintes d’un cancer du sein ?

Yannick Monnet : Une femme victime de cette maladie avait sollicité Fabien Roussel [secrétaire national du PCF, Ndlr] et moi-même, à deux moments différents. Elle nous avait expliqué qu’en plus de ses traitements contre le cancer, elle devait acheter des pommades et du vernis à ongles spécifiques. Ces dépenses, considérées comme soins de support, s’élèvent en moyenne 2 000 euros et ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale. Tout comme les dépassements d’honoraires, les prothèses capillaires et les implants mammaires. Pourtant, ces soins ont été reconnus comme essentiels à la guérison physique, mais aussi psychologique des patientes. Nous avons rencontré des acteurs qui suivent ces femmes, comme chez moi l’association Accanthe, qui financent des espaces d’accompagnements thérapeutiques pour les victimes de cancer du sein. Elles peuvent y consulter des kinésithérapeutes, des diététiciennes, des sophrologues… Notre objectif était donc d’obtenir la prise en charge intégrale des soins liés au cancer du sein, avant la chimiothérapie, pendant et après la rémission. Malheureusement, on n’a pas obtenu tout ce qu’on voulait. Nous avons dû retirer en commission la question du dépassement d’honoraires. On a eu, en contrepartie, l’engagement de l’ancien Premier ministre, François Bayrou, qu’un rapport sera fait sur le dépassement d’honoraires. Mais il y a, tout de même, un certain nombre de progrès qui sont permis par la loi. Faut-il encore que les décrets soient écrits et appliqués.

La Marseillaise : Justement, avez-vous connaissance d’un calendrier gouvernemental pour la publication de ces décrets ?

Yannick Monnet : Aucun. Aujourd’hui, on n’a toujours pas de calendrier. On est encore dans des logiques financières, ce qui n’a aucun sens. Pour les femmes qui sont victimes d’un cancer du sein, c’est la double, voire la triple peine : l’angoisse de la maladie, une vie personnelle complètement bouleversée et, parfois, une vie professionnelle mise entre parenthèses. Beaucoup de femmes divorcent ou quittent leur emploi. Et, en plus, elles doivent assumer des dépenses pour se soigner correctement. Je pense que c’est un problème de volonté politique pour ne pas dépenser trop d’argent. C’est pourquoi nous lançons une pétition. Mais c’est terrible qu’on soit obligés d’en arriver à un rapport de force. Aujourd’hui, le législatif a fait son boulot, de façon assez rapide, puisqu’on a mis peu de temps pour aboutir à cette loi, moins de deux ans. Maintenant, c’est à l’exécutif de faire le sien. Et il ne le fait pas, pour l’instant… Les réponses administratives et technocratiques que je reçois ne m’intéressent pas. C’est du prétexte. Et ça crée de faux espoirs pour ces femmes. J’ai vu des procédures accélérées. On est capable de voter des budgets pour des dispositions militaires. On n’a pas mis trois ans.

La Marseillaise : Pensez-vous qu’il existe un déséquilibre dans la volonté d’agir en fonction des sujets ?

Yannick Monnet : Clairement, aujourd’hui, on cherche à faire des économies en matière de dépenses de santé. On passe son temps à vouloir réduire les dépenses. Donc il y a une volonté politique. En tout cas, il y a un risque de voir la Sécurité sociale disparaître si l’on continue à en assécher les financements. Dans le cas de cette proposition de loi, il est invraisemblable que les décrets n’aient toujours pas été publiés. Ils finiront bien par l’être, mais cela traîne des pieds. Le problème, c’est que les ministres ont une durée de vie qui était assez courte, donc, « après moi, le déluge ». Pourtant, ce n’est pas compliqué de rembourser des produits qui bénéficient aux femmes victimes d’un cancer du sein. Je me dis qu’avec cette pétition, le gouvernement ne pourra plus ignorer la nécessité de publier ces décrets.

Entretien réalisé par Carmen Vollenweider (La Marseillaise, le 20 mai 2026)

L’édito du webzine. Des villes pour toutes

En pleine campagne des municipales, la journée internationale de lutte pour les droits des femmes prend une teinte singulière. Les élections municipales des 15 et 22 mars sont un rendez-vous démocratique majeur, elle sont aussi la grande affaire des électrices, des citoyennes.

Y compris dans les plus petites communes la loi impose la parité sur les listes se présentant aux élections municipales, cela va t-il fait avancer les droits des femmes ? Tout est une question de choix politiques volontaristes car rien n’oblige les communes à agir. Si ce n’est la loi pour l’égalité professionnelle au sein de la fonction publique territoriale où la majorité des emplois est occupée par des femmes. Mais Peu de villes ont une adjointe ou un élu spécifiquement dédié aux droits des femmes, certaines grandes villes en sont même dépourvues.

Le rapport d’Oxfam « Pour des villes féministes », publié le 3 mars 2026, dresse un état des lieux de l’engagement des communes françaises en faveur de l’égalité femmes-hommes. Il a le mérite de mettre le sujet sur la table. L’enjeu central est celui de l’égalité et de la place des femmes dans la cité. Des mesures visibles, comme la création de délégation aux droits des femmes au sein des conseils municipaux font avancer les droits par des mesures concrètes, notamment dans la lutte contre les violences intrafamiliales et le harcèlement dans les transports et les lieux publics. Les villes peuvent aussi agir pour l’émancipation en créant des places en crèches, des logements dignes et accessibles, en ouvrant des recrutements dans la fonction publique territoriale, en soutenant les associations, la culture… Alors que l’extrême droite, qui a toujours honni l’émancipation, est aux portes du pouvoir et en premier lieu des pouvoirs locaux. S’engager pour les droits des femmes c’est agir pour l’égalité de tous.

Des villes plus égalitaires

Un tiers des grandes villes françaises n’ont aucun élu·e spécifiquement en charge des droits des femmes. Seulement 24,7 % des postes clés du pouvoir local sont occupés par des femmes, malgré la parité sur les listes électorales. Le budget national dédié à l’égalité femmes-hommes ne représente que 0,02 % du budget de l’État, et a même baissé en 2026 pour la première fois depuis cinq ans.

L’ONG appelle les candidat•es à s’engager à nommer plus de femmes aux postes clés de l’exécutif municipal et à soutenir les organisations féministes de première ligne. Certaines villes ont adopté une « budgétisation sensible au genre » pour évaluer l’impact des politiques publiques sur les inégalités femmes-hommes.

Oxfam souligne que ces élections sont une opportunité majeure pour féminiser durablement les exécutifs municipaux et intercommunaux, et pour faire de l’égalité une priorité des projets de coopération décentralisée.

Là où l’égalité progresse, c’est grâce à une volonté politique forte et à des moyens concrets. Il est urgent d’agir pour des villes plus égalitaires.

Dominique Gerbault

L’actu de­ la CGT (n° du 6 mars)

Ce dimanche 8 mars : toutes et tous en grève et en manifestation
Le 8 mars c’est la journée internationale de lutte pour les droits des femmes, une journée de grève féministe de toutes et tous pour revendiquer et gagner l’égalité réelle au travail et dans la vie.
Retrouvez dans ce kit les revendications de la CGT pour gagner l’égalité avec tracts, affichettes et visuels réseaux sociaux à télécharger, et accédez à la carte des mobilisations près de chez vous.
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Augmenter les salaires, la préoccupation première !
Comparé à l’inflation, notre salaire mensuel de base (1re ligne du salaire brut en haut de la fiche de paie) n’a pas retrouvé son niveau de 2020.
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Actualités

Attaque sur le 1er mai : la CGT interpelle les député·es
Les organisations syndicales CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, UNSA, Solidaires et FSU appellent les député·es à s’opposer à toute tentative de remise en cause du 1er mai aux dépens des salarié·es mais aussi des petits commerces indépendants de proximité au profit des grands groupes, en rejetant la proposition de loi présentée le 10 avril 2026.
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Élections fonction publique : on s’organise
Les élections professionnelles dans la fonction publique se tiendront le 10 décembre prochain (et à partir du 3 décembre par vote électronique).
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Communiqués de presse

Contre le racisme et la xénophobie, mobilisons-nous !
Communiqué du collectif « Né-es ici ou venu-es d’ailleurs » dont la CGT est membre, appel à mobilisation entre le 14 et le 21 mars partout en France
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Biodiversité : l’économie dépend du vivant, pas l’inverse !
Le dernier rapport international sur les liens entre biodiversité et économie est clair : plus de la moitié du PIB mondial dépend directement ou indirectement de la nature. Agriculture, pêche, industrie, énergie, tourisme… tous reposent sur des écosystèmes fonctionnels. Pourtant, le modèle économique dominant continue de les détruire à un rythme insoutenable.
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Relaxe confirmée : une victoire face à la criminalisation de l’action syndicale
La CGT se félicite de la décision de la chambre correctionnelle de la cour d’appel de Douai qui a prononcé la relaxe de notre camarade Jean-Paul Delescaut, Secrétaire général de l’UD CGT du Nord, poursuivi pour « apologie du terrorisme » et « provocation à la haine antisémite ».
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Guide de l’apprenti·e
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Baromètre éco
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L’édito du webzine. Les violences faites aux femmes : ça suffit !

La journée internationale « pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes », mise en place par les Nations Unies chaque 25 novembre, donne lieu à des mobilisations. Ces violences ont tué 142 femmes en France depuis le début de l’année selon l’association « Nous toutes ».

Selon l’ONU, « à l’échelle mondiale, près d’une femme sur trois a été victime de violence physique et/ou sexuelle de la part de son partenaire intime, de violence sexuelle d’un autre partenaire, ou des deux, au moins une fois dans sa vie ». Un constat glaçant qui a pour origine le patriarcat qui structure l’ensemble des sociétés à des degrés divers. N’oublions jamais qu’au pays de la Déclaration des droits de l’Homme, la France, les femmes ont été considérées comme des sous-citoyennes jusqu’en avril 1944, où la loi leur a enfin permis de voter et d’être éligibles. Qu’il a fallu imposer, par la loi, aux formations politiques la parité dans les scrutins de liste pour qu’ils présentent autant de femmes que d’hommes.

Ces droits, les femmes les ont arrachés par leurs combats, leurs mobilisations, sous la violence et les insultes. Aujourd’hui, en 2025, ce fléau de la violence à l’égard des femmes s’amplifie avec les réseaux sociaux. Créée en 2010, ONU Femmes a lancé cette année une campagne contre la violence numérique. Car ses conséquences ne sont pas virtuelles, indolores. Les réseaux sociaux peuvent tuer, harceler, mettre en danger.

Un 25 novembre pour toutes

Pour toutes ces femmes(*), à l’occasion de la journée internationale « pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes », plusieurs organisations politiques, syndicales et associatives se mobiliseront ce 25 novembre. À Perpignan, une manifestation lumineuse démarrera à 18h place de la République et à 19h30, un concert se déroulera au théâtre de la Complicité, 39 rue des Rois de Majorque. Cette journée revêt une dimension internationale. Elle donne lieu à de vastes mobilisations à l’heure où le masculinisme prospère notamment sur la toile.

Dans l’Union européenne « 30,7 % des femmes ont subi des violences physiques ou des menaces et/ou des violences sexuelles » selon une enquête « menée de 2020 à 2024 sur les expériences subies par des femmes âgées de 18 à 74 ans vivant dans l’Union européenne en matière de violence physique, sexuelle et psychologique, y compris la violence au sein du couple mais aussi hors couple, ainsi que les violences subies sur le lieu de travail », expliquent les auteurs de l’enquête dont Eurostat (office statistique de l’Union européenne).

En France, En 2024, « les services de sécurité ont enregistré 272 400 victimes de violences commises par leur partenaire ou ex-partenaire, un niveau quasi stable par rapport à 2023 (+0,4 %) » selon les chiffres publiés le 10 octobre par le ministère de l’Intérieur. Sachant que seule 1 victime sur 6 porte plainte auprès des services de sécurité, la « stabilité » doit être interrogée.

Dominique Gerbaullt

(*) Victime de violences, appelez :
Le 119 pour enfance en danger ;
Le 3919 pour violences femmes info ;
Le 114 par SMS, si vous ne pouvez pas parler ;
Le 17 cas d’urgence.

Mobilisés contre les violences faites aux femmes (L’Indep)

Paris, Montpellier, Lille, Lyon, Bordeaux. Des manifestations, à l’appel d’associations féministes, se sont élancées, samedi, dans plusieurs dizaines de villes pour exhorter l’Etat à « révolutionner » la politique de lutte contre les violences faites aux femmes.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon les dernières données rendues publiques, jeudi, par la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof), en 2024, 107 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, un chiffre en hausse de 11 % sur un an.

Une femme est victime, par ailleurs, de viol, tentative de viol ou d’agression sexuelle toutes les deux minutes. Et de harcèlement sexuel, d’exhibition sexuelle ou d’envoi non sollicité de contenus à caractère sexuel toutes les vingt-trois secondes.

Une loi-cadre intégrale

« Les violences et l’impunité des agresseurs persistent, huit ans après l’élection d’Emmanuel Macron », déplore le collectif Grève féministe, qui regroupe des associations, syndicats et fédérations en première ligne sur ce combat.

Les défenseurs des droits des femmes demandent, notamment, l’adoption d’une loi-cadre intégrale contre les violences, un budget de 3 Mde, ou encore l’effectivité des cours d’éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité. Mais aussi l’arrêt de la baisse des financements des associations qui viennent en aide aux victimes.

L’Indépendant, le 23 novembre 2025

25 novembre 2025 : journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Au travail aussi, il faut des actes et des moyens !

Les violences faites aux femmes au travail sont massives. Ainsi elles touchent les femmes de toutes professions, du secteur privé comme public et de toutes catégories socioprofessionnelles.

Le 20 octobre 2025, dans un communiqué, l’intersyndicale a alerté sur la profondeur de la colère sociale. Le budget à l’étude n’apporte aucune réponse à la hauteur et fait peser l’essentiel des efforts sur le monde du travail. Nos organisations syndicales demandent un budget de justice sociale et fiscale qui prend en compte l’objectif d’égalité salariale femmes/hommes. La lutte contre les violences faites aux femmes implique de se doter d’un plan global interministériel adossé à des moyens pour prévenir et traiter rigoureusement les violences sexistes et sexuelles. Dans ce cadre, les services publics – en particulier ceux de la santé, la justice, la police, l’éducation – doivent être renforcés et bénéficier d’un budget à la hauteur des enjeux que représente l’éradication de ces violences.

Aujourd’hui encore : 9 % des viols ou tentatives de viols ont lieu au travail, 30 % des salariées ont déjà été harcelées ou agressées sexuellement sur leur lieu de travail et 70 % de ces victimes de violences au travail déclarent n’en avoir jamais parlé à leur employeur. Pour celles qui parlent, c’est souvent la double peine : 40 % estiment que la situation s’est réglée en leur défaveur, par une mobilité forcée voire un licenciement.

De trop nombreux employeurs, qu’ils soient publics ou privés, ne respectent pas leurs obligations relatives à la santé et sécurité des travailleuses et des travailleurs en matière de prévention, de protection des victimes et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles au travail.

Les budgets alloués à la lutte contre les violences faites aux femmes sont encore trop faibles, mal répartis et imparfaitement évalués comme l’indique le rapport sénatorial d’information déposé le 2 juillet 2025 sur « l’évolution du financement de la lutte contre les violences faites aux femmes ».

Le delta est énorme entre les budgets dépensés de 171,6 millions d’euros et ceux nécessaires pour répondre aux besoins estimés à 3,1 milliards d’euros selon la fondation des femmes.

Ainsi dans le domaine du travail, il est urgent de franchir de nouvelles étapes en matière de prévention, d’obligations et de sanctions pour lutter contre ces violences et renforcer la protection des victimes. Le lieu de travail doit pouvoir être une ressource pour la lutte contre les violences conjugales et intra-familiales, par la mise en œuvre de mesures spécifiques et la prise en charge, par le service social du travail de l’entreprise, de l’accompagnement de la victime.

  • La France doit s’aligner sur les meilleures législations européennes, en transposant notamment dans les meilleurs délais la directive 2024/1385 sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Elle doit aller au bout de ses engagements et des concertations doivent être rapidement ouvertes pour intégrer ces nouvelles obligations et de nouveaux dispositifs dans la loi :
  • Faire un bilan rigoureux des mesures de 2018 et identifier les nouvelles dispositions à adopter ;
  • Construire un baromètre annuel sous l’égide du Haut Conseil à l’Égalité pour évaluer le ressenti des travailleuses sur les violences sexistes et sexuelles au travail, dans le secteur privé comme dans les fonctions publiques ;
  • La mise en place de sanctions dissuasives pour toutes les entreprises et établissements qui n’ont pas de plan de prévention des violences sexistes et sexuelles et de dispositif de signalement ;
  • Des droits pour protéger les victimes de violences conjugales, conformément à la convention 190 et la recommandation 206 de l’OIT : abrogation des jours de carence en cas d’arrêt maladie et de la décote salariale de 10 % pour les agentes de la fonction publique, interdiction de licenciement, droit à absences rémunérées pour faire ses démarches, droit à la mobilité géographique et fonctionnelle ;
  • L’obligation de formation des personnels des ressources humaines, personnels encadrants, élu·es dans les instances représentatives du personnel (comité sociaux CSE / CSA…) ;
  • Des moyens pour que les référent∙es harcèlement sexuel/agissement sexiste des CSE et les élues VDHA (violence, discrimination, harcèlement, agissement sexiste) puissent jouer leur rôle syndical : prérogatives clairement définies, temps de délégation, formations… ;
  • L’obligation annuelle d’une campagne de sensibilisation sur les violences sexistes et sexuelles auprès de l’ensemble des salarié∙es sur leur temps et lieu de travail ;
  • L’obligation de mise en place de dispositifs de prévention spécifiques pour les travailleuses et travailleurs les plus vulnérables et notamment les jeunes, les précaires, les apprenties, les personnes LGBTQI+, les travailleuses de nuit ou en milieu non mixte… ;
  • Des droits pour que les victimes de violences sexistes et sexuelles travaillant dans des entreprises sans représentant∙e du personnel puissent être défendues et accompagnées par un syndicat face à leur employeur ;
  • Un accès aux soins garanti avec le remboursement à 100 % des consultations en psycho-traumatologie pour les victimes ;
  • La mise en œuvre partout et sans délai du programme EVARS (Éducation à la Vie Affective, Relationnelle, et Sexuelle ) dans les écoles et les établissements, avec le recrutement de personnel médico-sociaux à hauteur des besoins.

Les violences sexistes et sexuelles au travail ne sont pas une fatalité

Transformer le travail, c’est transformer la société tout entière !