Communiqué du Mouvement de la Paix. Solidarité avec les victimes des incendies et avec tous ceux et celles qui luttent contre ces incendies

La France doit investir pour une sécurité humaine : sanitaire, sociale et écologique et non pour une économie de la guerre. Moins de Rafales plus de Canadair !

Le Mouvement de la paix exprime sa solidarité avec toutes les personnes, toutes les familles, qui sont victimes des terribles incendies qui ravagent notre pays, qui subit de plein fouet les conséquences de la crise et du réchauffement climatique.

Malgré les moyens dégagés par l’État et les collectivités locales, malgré le courage des pompiers et de tous les autres corps de métier impliqués dans la défense des forêts et la lutte contre les incendies, malgré l’engagement et la solidarité de nombreux bénévoles, et malgré la solidarité internationale, notre pays vit un drame terrible, qui frappe durement de nombreuses familles, cause la mort et détruit des villes, des villages, la forêt, des maisons, des entreprises.

Depuis des années, les ONG écologistes, les mouvements environnementalistes, les syndicats et aussi des élus et des institutions comme la cour des comptes, les organisations des pompiers et les personnels hospitaliers qui sont aux premières loges lors de ces catastrophes et bien d’autres corps professionnels et des scientifiques à travers le Giec ont souligné la nécessité d’investir massivement en faveur de la sécurité écologique de notre pays.

Dans ce contexte le Mouvement de la paix souligne en permanence que les choix du gouvernement actuel n’étaient pas les bons choix car ils privilégient la mise en œuvre d’une économie de la guerre au détriment de tous les investissements utiles pour une sécurité humaine à la fois sanitaire, sociale et écologique.

C’est d’ailleurs cette sécurité humaine que les Nations Unies appellent à mettre en œuvre, en invitant tous les États à mettre les moyens politiques et financiers pour construire cette sécurité humaine sur la base d’une culture et d’une économie de paix, s’accompagnant d’une diminution drastique des moyens pour la guerre.

Les choix du gouvernement actuel sont terribles et condamnables car il avait toutes les informations nécessaires sur l’urgence d’investir massivement dans la sécurité écologique, contre le réchauffement climatique et contre le danger de terribles incendies comme la France en a déjà connu au cours des dernière années

Or en une trentaine d’années les effectifs de l’ONF, l’Office national des forêts, a été divisé par 2, passant de 16.000 salariés à 8.000 actuellement. Une question écrite publiée par l’Assemblée nationale en 2023 soulignait que cette baisse des effectifs réduisait de manière considérable les capacités de surveillance des forêts, mais aussi de protection des écosystèmes et de lutte contre les incendies. Les efforts n’ont pas été faits alors que tout le monde savait combien l’entretien des forêts est une chose importante pour la prévention des incendies et aussi pour la sécurité écologique planétaire.

Le sous équipement en avions canadair est notoire malgré les revendications des pompiers. Il faut retenir à cet égard que le coût d’un canadair c’est environ 50 millions d’euros, alors que le coût d’un Rafale, cet avion susceptible de porter l’arme nucléaire (avec tous ses équipements,) c’est de l’ordre de 250 millions d’euros. La France possède 170 rafales et la loi de programmation militaire prévoit d’atteindre rapidement le chiffre de 225 avions Rafales. MAIS !!!La France ne dispose actuellement que de 12 canadairs seulement au sein de la sécurité civile basés à Nîmes, 2 autres doivent être livrés en avril et novembre 2028, et 2 autres viennent d’être commandés. La flotte devrait donc atteindre 16 Canadair d’ici 2032. Vous avez tous et toutes compris ou est l’erreur. Aidez-nous à faire faire avancer les bons choix rejoignez le Mouvement de la paix contact : national@mvtpaix.org

Le Mouvement de la paix le 26 juillet 2026

Loi d’urgence agricole. « Le texte ne répond à aucun des problèmes du secteur agricole » (La Marseillaise)

Pierre Thomas, éleveur bovin bio dans l’Allier et ancien président du Modef, syndicat agricole de défense des exploitations familiales, revient sur les dangers de la loi d’urgence agricole, examinée ce lundi à l’Assemblée nationale et ce mardi au Sénat.

La Marseillaise : La loi d’urgence agricole est passée ce lundi à l’Assemblée nationale et cristallise les débats. Quel est votre regard ?

Pierre Thomas : L’attitude du gouvernement et du ministère de l’Agriculture ne correspond absolument pas aux besoins du monde agricole, mais aux besoins de la finance de l’industrie agroalimentaire. À partir de là, il n’y a rien qui puisse aller. Sur la question agricole, les problèmes s’accumulent : un problème de revenus extrêmement important qui va avec un problème de reconnaissance du métier d’agriculteur, un problème de préservation de la biodiversité, un problème d’accès à l’eau, un problème de réchauffement climatique, un problème de souveraineté alimentaire. Cette loi ne répond à rien de tout ça.

La Marseillaise : La gestion de l’eau, avec l’ambition de doubler les capacités de stockage à usage agricole, fait partie des aspects les plus contestés de la loi. Qu’en pensez-vous ?

Pierre Thomas : C’est une mauvaise réponse aux problématiques agricoles, toujours sous le prisme du dogmatisme financier. On présente la création de réserves d’eau comme une solution à la sécheresse. Le problème est que cette solution ne va pas le rester très longtemps, peut-être durant 2, 3 ou 5 ans. Que va-t-il se passer quand les nappes [phréatiques] seront vides après avoir été pompées pendant des années ? Les agriculteurs n’auront plus de quoi produire et tout le monde aura été pénalisé par une gestion de l’eau déplorable. D’autant que ce ne seront que quelques agriculteurs qui auront accès à l’eau. Les bassines ne sont pas pour tout le monde. Il faut réfléchir à un autre type d’agriculture, qui prend en compte l’ensemble des aléas auxquels nous sommes confrontés, pas exclusivement les aléas financiers.

La Marseillaise : Après une première tentative avec la loi Duplomb, ce texte propose la réintroduction de l’acétamipride et du flupyradifurone, deux pesticides interdits en France. Quels dangers représentent-ils ?

Pierre Thomas : Remettre l’acétamipride est d’une stupidité phénoménale. Si la molécule est interdite, c’est parce qu’elle représente un danger pour la biodiversité, mais aussi pour la santé humaine. Ce pesticide peut provoquer des cancers.

La Marseillaise : Y a-t-il une incompatibilité entre la compétitivité agricole recherchée et le respect de l’environnement ?

Pierre Thomas : Il est illusoire de croire que l’agriculture française peut être compétitive au niveau international. Si on veut que les agriculteurs aient des conditions sociales décentes, et c’est absolument indispensable si l’on veut maintenir la biodiversité et travailler pour réduire notre empreinte carbone, on sera toujours plus cher. Par ailleurs, nous travaillons avec du vivant et il faut en tenir compte. Il ne faut pas chercher à maîtriser totalement la nature, nous n’y arriverons pas. Il faut utiliser ses atouts et complètement modifier notre logique agricole, vieille de 60 ans.

Entretien réalisé par Margot Milhaud (La Marseillaise, le 21 juillet 2026)

L’édito du webzine. La fraîcheur volée

L’été s’installe comme une menace. On nous dit que c’est le destin, que le climat se dérègle, que c’est la fatalité. Mais la fatalité, c’est une invention de ceux qui ne veulent rien changer.

Depuis cinquante ans, les scientifiques hurlent dans le désert : chaque gramme de CO₂ rejeté est une braise de plus sur le brasier. L’Arctique fond, l’Europe étouffe, et demain sera pire. Pourtant, dans les salons feutrés, on discute encore de croissance, de profits, de forages à relancer. On nous propose des brumisateurs comme on jette des miettes aux pigeons.

Les chiffres, eux, ne mentent pas. Cinq cents mille morts par an dans le monde, cinq mille en France en 2022. Des vies fauchées par la canicule, et toujours les mêmes qui trinquent : les vieux, les pauvres, celles et ceux que le système a déjà écrasés une première fois. Les corps souffrent, les esprits se brisent, les logements deviennent des étuves. Les hôpitaux craquent, les forêts brûlent, les rivières ne sont plus que des cicatrices dans la terre. Les abeilles tombent, les vaches suffoquent, les trains déraillent, les centrales s’arrêtent. Tout se dérègle, tout se fissure. Et dans leurs bureaux climatisés, les bien-pensants nous parlent d’adaptation, comme si l’on pouvait négocier avec la fin du monde.

Pourtant, il y a ceux qui refusent de baisser les bras. À New York, à Londres, à Delhi, à Montréal, une même exigence monte, têtue, nécessaire : le droit à la fraîcheur. Pas comme une aumône, pas comme un privilège, mais comme un dû, au même titre que l’eau, le pain ou la dignité. Car de quoi parle-t-on, au fond ? De notre capacité à vivre sur cette Terre sans y laisser notre peau. Et ce droit, il ne viendra pas tout seul. Il faudra le conquérir.

Le Plan climat Empreinte 2050 du PCF : une nécessité

C’est là que le Plan climat Empreinte 2050 du PCF prend tout son sens. Parce que ce plan, ce n’est pas seulement une liste de mesures, c’est une vision. Une vision où la transition écologique n’est pas une punition, mais une libération. Où l’on ne se contente pas de réduire les émissions chez nous, mais où l’on s’attaque à notre empreinte carbone globale, y compris celle, invisible, de nos importations. Où l’on comprend enfin que le climat et la justice sociale sont les deux faces d’une même pièce.

Imaginez : des villes où l’on respire, où les transports en commun sont gratuits, où les logements sont isolés, où les rues sont des forêts et non des fournaises. Imaginez une économie qui ne tourne plus pour une poignée de milliardaires, mais pour le bien-être de toutes et tous. Où l’on travaille moins, où l’on travaille mieux, où l’on mange sain sans se ruiner. Où les usines ne crachent plus leur venin, où les champs ne sont plus des déserts chimiques, où l’eau n’est pas une marchandise mais un bien commun. Imaginez une France qui, au lieu de donner des leçons au monde, tend la main aux pays du Sud pour construire ensemble une sortie de crise. Ce n’est pas un rêve. C’est Empreinte 2050.

Ce plan, c’est la preuve que l’on peut faire autre chose que subir. Qu’on peut bâtir plutôt que de gérer. Qu’on peut exiger une sécurité sociale écologique, comme on a exigé la Sécu après la guerre. Qu’on peut mettre fin à l’austérité qui étouffe les budgets verts, qu’on peut taxer les superprofits des pollueurs pour financer la transition, qu’on peut arrêter de bétonner les terres agricoles et de détruire les jardins partagés. Qu’on peut, enfin, prendre le pouvoir sur notre destin.

Parce que le droit à la fraîcheur, c’est bien plus qu’un thermomètre qui baisse. C’est le droit de ne plus être les otages d’un système qui nous étouffe. C’est le droit de vivre, tout simplement. Et ce droit, on ne nous le donnera pas. Il faudra le prendre. Avec Empreinte 2050, le PCF nous montre le chemin. À nous de le parcourir.

Dominique Gerbault

Courrier de Yamina Saheb, autrice du 6e rapport du GIEC au président de la République

Cher Emmanuel Macron,

Je vous écris de notre cave, seul lieu encore habitable dans notre immeuble parisien.

Je relis votre appel à « la prudence, à prendre soin des personnes âgées, des plus vulnérables comme des enfants et à suivre l’ensemble des recommandations du gouvernement ».

J’en reste abasourdie. Je ne comprends pas qu’un président de la République puisse, une fois de plus, faire peser sur les frêles épaules des citoyens la responsabilité de les protéger, qui est la vôtre. Et je vous imagine sirotant un apéro (loin d’être mérité) dans une pièce climatisée de l’Élysée ou d’un autre palais de la République.

Alors j’ai décidé de vous écrire. Cette lettre, vous ne la lirez probablement jamais. Qu’importe : seule l’écriture apaise un peu ma colère.

Vous nous demandez « la prudence ». Mais la prudence de qui, Monsieur le Président ? Celle des citoyens qui n’ont jamais voté pour quatre degrés de réchauffement, ou celle d’un État qui, année après année, choisit de ne pas agir sur la cause ? On ne se met pas « à l’abri » d’un climat que l’on continue de dérégler. On ne « boit pas de l’eau » pour réparer des décennies d’inaction climatique.

Cette canicule n’est pas une fatalité météorologique. Elle est la conséquence directe et mesurée de votre décision de nous enfermer dans le capital fossile. Nous l’avions écrit, noir sur blanc, dans les rapports du GIEC (IPCC). Vous le saviez. Nous le savions tous. Ce qui nous accable aujourd’hui n’est pas une surprise : c’est un rendez-vous que vous, avec d’autres responsables politiques, avez choisi de ne pas honorer.

Et que proposez-vous face à cela ? De nous adapter à une France devenue fournaise, comme si l’on pouvait s’adapter sans fin à un monde que vous vous obstinez à rendre invivable.

Je vous écris enfin parce que je ne sais pas comment expliquer à un enfant de six ans que les adultes savaient, et qu’ils ont préféré l’apéro à l’action.

Je ne sais pas pour vous ; moi, je refuse de léguer à mon fils un pays où le seul refuge est le sous-sol, et comme seule consigne, la débrouille.

Nous finirons bien par remonter de notre cave. Mais je n’oublierai pas qui m’y a laissée : votre inaction climatique, cher Emmanuel Macron, celle qui vole à nos enfants le droit de vieillir sur Terre.

Yamina Saheb

Valérie Masson-Delmotte : « Nous ne sommes pas tous égaux » (L’Indep)

Après les propos polémiques de Yann Barthès, lancés sur le plateau de « Quotidien », la climatologue et la communauté scientifique s’alarment.

« Tout le monde a chaud (…) on est tous logés à la même enseigne. » Les propos de Yann Barthès, lancés sur le plateau de Quotidien sur TMC, ont agacé la communauté scientifique.

Parmi les voix qui s’élèvent, celle de Valérie Masson-Delmotte, climatologue et ancienne coprésidente du groupe numéro un du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du chimat (Giec).

Comprenez-vous cette controverse liée aux propos de Yann Barthès ?

J’ai été très choquée par ces propos, j’ai vraiment été très choquée par cette blague. Je connais des personnes qui ont des chambres d’étudiants sous les toits. Et, en ce moment, elles ne peuvent tout simplement pas dormir. Cette blague, qui a pour objectif de créer quelque chose de rassembleur, provoque complètement l’inverse. Elle reflète surtout la vulnérabilité et les inégalités d’exposition à la chaleur.

La canicule reflète donc les inégalités croissantes face à la chaleur ?

Bien sûr, nous ne sommes pas égaux face à la chaleur. Et ça, on le sait depuis longtemps, depuis la canicule d’août 2003. Après cet épisode, on a constaté que la chaleur avait un impact sur les personnes âgées, elle provoque une surmortalité. Les enfants, les femmes enceintes, les personnes qui souffrent de maladies chroniques sont également plus vulnérables. Sans oublier les personnes qui vivent dans des bouilloires thermiques, des logements où la température peut être plus élevée que la température extérieure. Il faut tenir compte de ces vulnérabilités, tenir compte de ces inégalités d’exposition et ainsi protéger les personnes les plus faibles.

Face à ces inégalités, comment évaluez-vous les réponses apportées par les pouvoirs publics ?

Que puis-je dire ? (Silence) Il y a eu des progrès depuis 2003. En termes de gestion de crise, il y a des choses qui se sont nettement améliorées. Quelques exemples : les seuils de canicule, le fait de veiller sur nos aînés, l’accès aux espaces verts, etc. Mais on peut aller encore plus loin, avec un grand plan fraicheur. Ce qui me choque le plus, c’est la communication du gouvernement. Les politiques ne peuvent pas dire qu’ils sont surpris que l’on atteigne une telle intensité de chaleur au mois de juin. Ça, je ne peux pas l’accepter. Depuis les années 2000, le Giec alerte sur le lien entre énergies fossiles et réchauffement climatique. On ne peut pas être plus clair.

Recueilli par Arthus Maes (L’Indépendant, le 27 juin 2026)

L’édito du webzine. TotalEnergies : entre superprofits, mobilisations et défis climatiques

L’assemblée générale de TotalEnergies a mis en lumière les fractures entre le géant pétrolier, la classe politique et la société civile. Avec 4,96 milliards d’euros de bénéfices au premier trimestre 2026 (+51 % par rapport à l’année précédente), le groupe est devenu l’épicentre d’un débat national

Une trentaine de militants communistes, menés par le sénateur Fabien Gay, ont défilé sous une banderole exigeant la « nationalisation de Total, Engie et EDF ». « Nous proposons depuis longtemps la nationalisation de tout le secteur énergétique », a déclaré Gay. « On ne peut plus accepter de vivre de crise en crise tous les trois ans. »

Dans le même temps, des militants d’Attac, Avaaz, 350.org et Action Justice Climat Paris ont installé une installation symbolique : un pipeline en carton alimenté en faux billets, dénonçant les « projets mortifères de TotalEnergies en Afrique » et réclamant une taxe sur les superprofits. « Ces bénéfices indécents sont le résultat d’une flambée des prix de l’énergie qui frappe les ménages, tout en enrichissant les actionnaires », ont-ils souligné.

Dopé par la flambée des prix des hydrocarbures, TotalEnergies affiche des résultats financiers qui font grincer des dents. Le bénéfice net de 4,96 milliards d’euros au premier trimestre a relancé le débat sur l’opportunité de taxer les superprofits des entreprises énergétiques. Après une proposition de loi portée par le Parti Socialiste, le sénateur Yannick Jadot (Europe Écologie Les Verts) et son groupe ont annoncé jeudi le dépôt d’un nouveau texte visant le retour de l’État au capital du groupe. « Il s’agit de protéger notre souveraineté énergétique et de garantir que les ressources servent l’intérêt général », a-t-il expliqué.

Entre superprofits et greenwashing

TotalEnergies est vivement critiqué par les ONG et les scientifiques pour son manque d’ambition climatique. Malgré les alertes répétées du GIEC sur l’urgence à réduire les émissions de gaz à effet de serre, le groupe poursuit des projets d’expansion dans les énergies fossiles. « Total ne cesse de diminuer la part de ses investissements dans les énergies bas-carbone et l’électricité intégrée », a dénoncé Antoine Bouhey, coordinateur de la campagne Defund TotalEnergies pour Reclaim Finance.

La pression sur le groupe s’est encore lorsque trois associations (Les Amis de la Terre France, ClientEarth et Notre Affaire à Tous) ont saisi l’Autorité des marchés financiers (AMF) et son homologue européenne. Elles accusent TotalEnergies de greenwashing.

Au-delà des chiffres et des mobilisations, c’est un modèle économique et social qui est remis en question. Faut-il taxer les superprofits pour redistribuer les richesses ? Nationaliser le secteur énergétique pour garantir la souveraineté française ? Et imposer des contraintes réglementaires plus strictes pour accélérer la transition écologique ?

Alors que la canicule s’installe en France, rappelant brutalement les conséquences du réchauffement climatique, TotalEnergies se trouve au cœur d’un débat de société. Entre rentabilité actionnariale et responsabilité environnementale.

Dominique Gerbault

La Terre, le journal engagé pour la nature et l’alimentation (n°21)

Dossier. Les aliments ultra-transformés dangereux pour santé engraissent les profits des industriels. « Nos assiettes et les profits des ogres », l’éditorial de Patrick Le Hyaric.

Entretien. Mathilde Touvier, directrice de recherche en épidémiologie nutritionnelle, est co-autrice avec quarante chercheurs internationaux de la série d’articles « Aliments ultra-transformés et santé humaine » publiée par The Lancet.

Infographies. Les effets néfastes des aliments ultra-transformés sur la santé et sur les régimes alimentaires.

Expérimentation. « Qu’est-ce qu’on mange ». VRAC, Vers un Réseau d’Achats en Commun, est une association qui existe depuis 10 ans, son objectif est de montrer que les habitant.e.s des quartiers populaires sont autant préoccupés que le reste de la population par bien se nourrir. Le regard de Bénédicte Bonzi, anthropologue, chercheure indépendante associée au Laboratoire d’Anthropologie du Politique (LAP).

Initiative. À Ivry, vers une Maison de l’Alimentation. Depuis bientôt neuf ans à Ivry (94), l’association L’Étal Solidaire organise des ventes de fruits et légumes bio à prix coûtant afin de rendre accessible aux habitants de cette ville de banlieue.

Débat. La re-territorialisation de l’alimentation et des filières agricoles est un enjeu stratégique pour faire face aux crises environnementale, climatique, géopolitique, et même démocratique, qui fragilisent aujourd’hui la sécurité alimentaire de la France. Avec l’association Le Lierre.

Idée. Un agri-urbanisme pour une agriculture paysanne. Par Gérard Thomas, Docteur en aménagement de l’espace et urbanisme.

Climat. L’appel de l’Amazonie. La presse s’est unanimement fait l’écho des déceptions créées par la déclaration finale de la COP30 de Belem (Brésil). Mais au point d’en occulter les quelques avancées pas si anodines qui sont surtout le fruit de la mobilisation des peuples, d’organisations de travailleurs-paysans et de femmes notamment. Par Lydia Samarbakhsh.

Biodiversité. Le Parlement Européen vote (enfin !) la protection de nos sols. Par Léa Lugassy, Directrice scientifique & technique chez Pour une Agriculture Du Vivant.

Reportage. Ruée vers l’or : à qui profite la mine ? Entre la Bretagne et les Pays de la Loire, un territoire est convoité par une société privée spécialisée dans l’exploration minière. À sa tête, un explorateur qui ne voit dans la nature qu’un gisement de profit. Sur le terrain, riverains, élus et associations s’engagent dans une ruée contre l’or. Pour la protection des humains et de l’environnement.

Habiter autrement la terre et le vivant. Entretien avec Guillaume Faburel, professeur d’études urbaines et de géographie, coordinateur du Mouvement pour une société écologique post-urbaine.

Agroécologie. À l’occasion de ses 20 ans, l’association Bio Consom’acteurs a réuni les textes libres d’une série d’acteurs et d’actrices de la transformation écologique, économique et sociale qui, rassemblés, constituent l’ouvrage « Les Bouchées Doubles ».

Actualités. « Matin brun ». La chronique de Pierre-Louis Basse, écrivain, journaliste.

Message du Collectif national Stop CETA – Mercosur

Le collectif a besoin d’aide pour faire pression sur E. Macron, le gouvernement et la Commission européenne afin de bloquer le très nocif accord de libre-échange UE-Mercosur dont la ratification pourrait avoir lieu autour du 18 décembre, le collectif :

Le collectif va continuer. Y compris à Bruxelles, avec ses partenaires européens. Mais il a besoin d’aide pour propager cette action en ligne visant à interpeller E. Macron, et pour être soutenu dans cet effort.

Passez à l’action : écrivez à E. Macron, ses ministres et aux eurodéputés !

Pour rester informés :

Soutenez l’action du collectif par un don, même minime !

Pour s’informer sur le fond :

  • Accord UE-Mercosur : Où en est-on ? L’accord peut-il encore être bloqué ? (2 pages, pdf)

L’édito du webzine. Le Conseil constitutionnel corrige la loi Duplomb

La charte de l’environnement fait partie de la Constitution française, c’est ce que le Conseil constitutionnel a rappelé au législateur en retoquant l’article 2 de la loi Duplomb.

Le sénateur Duplomb soutenue par la macronie a balayé d’un revers de main la charte environnemental en accédant à la volonté de la FNSEA de réintroduire le pesticide tueur d’abeille, l’acétamipride, dans l’agriculture. Il faut dire que ce monsieur Duplomb est un ancien dirigeant de ce puissant syndicat de l’agro-alimentaire.

À l’heure du dérèglement climatique impliquant la sécheresse et les mégafeux de forêt, les multinationales agro-industrielles tenants de la mal-bouffe rejoignent les climato-sceptiques de tout poil. Ils veulent passer en force. La droite, son extrême soutenue par la macronie assoiffée par l’appât du gain jettent par dessus bord les recommandations des spécialistes du climat et de l’environnement.

Alors que le gouvernement Bayrou remet en cause les budgets dédiés à l’écologies, les juges constitutionnels en retoquant l’article 2 de la loi Duplomb n’ont certes pas renversé la table mais ils remettent la France sur les rails.

La France fait figure d’exemple en Europe en interdisant l’acétamipride quand d’autres membres de l’UE l’autorisent. C’est aussi un des enjeux que pose ce débat sur la loi Duplomb, qui a suscité un mouvement citoyen d’ampleur : l’Union européenne doit impérativement harmoniser par le haut les règles pour une agriculture saine, expurgée de l’agrochimie et de la loi de la jungle.

Une victoire pour les progressistes

En recourant au Conseil constitutionnel, la gauche avait bloqué la promulgation de la loi. Les Sages censurent « les dispositions de l’article 2 de la loi qui permettaient de déroger par décret à l’interdiction d’utiliser des produits phytopharmaceutiques contenant des néonicotinoïdes ou autres substances assimilées ». Ils appuient leur décision sur les « exigences de la Charte de l’environnement ». Cette charte a une valeur constitutionnelle depuis son inclusion, en 2005, dans le bloc de constitutionnalité du droit français. Elle consacre les devoirs fondamentaux relatifs à la protection de l’environnement.

Dans la foulée de la décision du conseil, l’Élysée a annoncé que le président Emmanuel Macron promulguera la loi, mais sans la disposition censurée par les Sages. Autant dire que c’est une victoire pour les opposants au texte. L’article 2 de la loi Duplomb vient d’être censuré. Plus de deux millions de citoyens mobilisés par la pétition lancée par une jeune étudiante en Master QSE et RSE (Qualité, Sécurité, Environnement / Responsabilité Sociétale des Entreprises ont été entendus par les Sages du Conseil constitutionnel. Le sénateur communiste Ian Brossat se réjouit de cette « excellente nouvelle pour la santé publique et l’environnement ». Il dénonce une « loi absurde et dangereuse ».

La bataille n’est pas gagnée pour autant puisque le sieur Duplomb sous pression de la FNSEA prépare un nouveau projet pour réintroduire par la fenêtre ce que le Conseil a jeté par la porte. La pétition a encore de beaux jours devant elle !

Dominique Gerbault