La résidence Côté sud illustre l’engagement des collectivités et du bailleur Trois moulins habitat dans un contexte de crise durable du logement social et une demande toujours plus forte.
La résidence Côté sud, située aux 13 et 16 rue Blanche-Lefevre à Cabestany, a fait l’objet de la pose de sa première pierre en présence des élus et des partenaires institutionnels ayant contribué à la réalisation de ce programme de 21 logements sociaux. Une opération qui répond à une demande toujours plus forte dans les Pyrénées-Orientales.
Présent sur la commune depuis dix-huit ans, Trois moulins habitat poursuit un partenariat de longue date avec Cabestany. Son directeur général, Gilles Sambussy, a salué « un projet bien intégré », assurant la transition entre habitat collectif et pavillonnaire. Mais il a surtout alerté sur les difficultés rencontrées par les bailleurs sociaux. « Le cout de la construction a progressé de 39 % en Occitanie alors que nos ressources diminuent. Notre modèle est aujourd’hui en équilibre précaire », a-t-il averti, tout en remerciant les collectivités qui continuent de soutenir financièrement ces opérations.
Pour la maire, Edith Pugnet, cette inauguration constitue une réponse concrète à une situation devenue préoccupante. En 2025, les Pyrénées-Orientales comptaient 22 500 demandeurs de logements sociaux, dont plus de 800 à Cabestany. « Construire, mais pas seulement au détriment du beau, ni sans tenir compte de l’environnement et des habitants : c’est tout l’enjeu », a-t-elle rappelé, réaffirmant son attachement à une mixité associant logements sociaux, intermédiaires et accession à la propriété.
Le conseiller départemental Rémi Lacapère a rappelé le rôle majeur du Département, premier financeur de cette résidence avec une aide de 141 000 euros.
Olivier Mas, représentant la Communauté urbaine Perpignan Méditerranée métropole, a souligné pour sa part la garantie d’emprunt de 2,2 millions d’euros apportée conjointement par l’agglomération et la commune, preuve d’un engagement partage en faveur du logement.
Représentant la Région, Julien Baraillé a insisté sur la dimension sociale de ces programmes. « Le logement est le premier facteur d’insertion. Comment trouver un emploi, suivre une formation ou construire un projet de vie sans stabilité résidentielle ? », a-t-il interrogé. Rappelant que près de 70 % des habitants des P.-O. sont éligibles au logement social, il a également défendu une approche privilégiant la qualité de vie : « Oui au logement de qualité, mais il faut aussi penser à la manière dont les habitants vivront ensemble. Les problèmes de voisinage et l’insécurité peuvent souvent être évités lorsqu’ils sont anticipés des la conception des quartiers ».
Avec ses 21 logements, la résidence Côté sud symbolise une ambition partagée: offrir des logements accessibles, durables et intégrés, malgré un contexte économique qui rend chaque nouvelle opération plus difficile à réaliser.
Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 2 juillet 2026)
