Le billet d’Yvon Huet. José Fort ou la résistance du cœur

Différents hommages à notre si cher ami José ont été publiés, dont celui du journal l’Humanité qui lui devait bien cela. À « l’élégance acérée », à l’honnêteté intellectuelle constante dont il a toujours fait la preuve, et dont j’ai eu la chance de bénéficier avec mes camarades et amis de la rédaction de Vie Nouvelle, j’ajoute le courage politique, le goût du débat, la résistance sans mollesse au fascisme rampant et au populisme retord qui gangrènent notre société et, cerises sur le gâteau, le respect des dites « petites gens » qui n’ont pas une médaille à la boutonnière et ce charme particulier qui illuminait le cœur de toutes celles et ceux qui l’ont connu.

José à qui j’avais confié le projet d’un ouvrage que je voulais finaliser avant de disparaître m’avait répondu « Fonce, mais presse-toi tranquillement, ne te disperse pas »

Il va falloir surmonter cet énorme vide qu’il a laissé à ceux qui le connaissaient et appréciaient bien. Je pense qu’il m’en voudrait de baisser les bras. Je respecterai son sage conseil en pensant à la douleur que doivent ressentir ses proches que j’embrasse très fort.

Un conseil à la jeunesse. Lisez le livre de José Fort, « 30 Ans d’humanité. Ce que je n’ai pas eu le temps de vous dire », un délice d’écriture et un témoignage historique qui sort des sentiers battus de l’histoire événementielle.

Yvon Huet

Mobilisés pour les journalistes à Gaza (L’Indep)

L’association Cultures de Paix a Perpignan, en partenariat avec le Travailleur Catalan l’hebdo, soutient la mobilisation de Reporters sans frontières pour défendre les journalistes à Gaza. Dans ce contexte, une rencontre est organisée le mercredi 17 septembre à 15 h au cinéma le Castillet, place de la Victoire, en présence du maître de conférences Pierre Dharréville.

210 journalistes ont été tués à Gaza depuis octobre 2023, et 11 reporters seulement durant le mois d’août 2025. Un bilan, qui a amené l’organisation Reporters sans frontières (RSF) à mettre en œuvre une campagne internationale, avec le mouvement citoyen mondial Avaaz. Plus de 150 médias internationaux, dont l’Humanité et la Marseillaise, y participe, en publiant le bandeau suivant : « Au rythme où les journalistes sont tués à Gaza par l’armée israélienne, il n’y aura bientôt plus personne pour vous informer ».

Face à cette situation, le festival Cultures de Paix à Perpignan, en partenariat
avec le Travailleur Catalan l’hebdo, se joint à Pierre Dharréville, maître de conférences à l’École de journalisme et de communication d’Aix-Marseille, ainsi qu’à l’Institut méditerranéen des sciences de l’information et de la communication (IM-SIC). Une rencontre leur permettra d’examiner quelles initiatives pourraient être prises en solidarité avec les confrères palestiniens et de garantir la liberté d’accès à l’information.

« Il y a et il y avait des journalistes à Gaza »

Selon le maître de conférences, aujourd’hui « aucune précaution n’est prise sur le territoire palestinien ». Le peu de journalistes encore présents n’a pas les moyens nécessaires. « Il y a et il y avait des journalistes à Gaza, mais tout est détruit alors c’est compliqué aussi pour eux », développe-t-il.

La campagne, portée par RSF, est là pour attirer l’attention sur ce « problème grave » et essayer de regarder la situation pour voir comment agir. « On perd la liberté d’être informés, de savoir ce qu’il se passe vraiment ». La demande est claire : alerter les pouvoirs publics français et les gouvernements du monde entier, trouver des accords, et assurer un accès indépendant de la presse dans la bande de Gaza.

« Parler de l’assassinat des journalistes c’est aussi s’inquiéter de l’ensemble de tout ce qu’il se passe là-bas », ajoute Pierre Dharréville.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 12 septembre 2025)

L’actu de la CGT (n° du 12 septembre 2025)­

10 septembre : une première étape réussie. Encore plus forts le 18 pour gagner !
­
La réussite de la mobilisation du 10 septembre lors de laquelle la CGT a initié près de 1000 appels à la grève et participé à près de 200 rassemblements ou manifestations, rassemblant plus de 250 000 personnes; conjuguées aux centaines d’initiatives citoyennes confirme l’exaspération sociale du pays face à la stratégie du Président de la République et du patronat.
—> ­Lire la suite

Kit de mobilisation pour la grève du 18 septembre
­
Affiches, affichettes, tract, réseaux sociaux, ticket de caisse… tout le matériel pour la grève du 18 septembre
—> ­Accéder au kit
­

18 septembre : la carte des mobilisations
­Trouvez un lieu de manifestation et informez vous sur les luttes en cours près de chez vous le 18 septembre
—>­ Voir la carte

Actualités

130 ans de la CGT : sortie de l’album « La lutte est belle »
À l’occasion des 130 ans de la CGT, plus de trente artistes engagés se réunissent sur l’album « La lutte est belle » qui sort ce 12 septembre 2025
—>­ Commander l’album

Les syndicats soutiennent la flottille internationale en route vers Gaza
Communiqué commun de l’ABVV-FGTB, la CCOO, la CGIL, l’UGT et la CGT
—>­ Lire la suite

Droit de grève, mode d’emploi
Le droit de grève est un droit de désobéir reconnu par la Constitution. Informez vous sur ses modalités d’application.
—>­ Je m’informe

Téfal : de quoi a peur la direction ?
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, s’est rendue à l’usine Tefal de Rumilly soutenir la CGT Tefal à la suite de la sanction d’Ouria Belaziz, coordinatrice CGT.
—>­ En savoir plus

Communiqués de presse

Les arrêts maladie ne sont pas du repos
­La CGT se réjouit de deux victoires majeures pour les salarié.es obtenues en cassation.
—> Lire le communiqué

Projets de décrets sur l’Aide Médicale d’État : une victoire syndicale pour le droit à la santé
­
Communiqué de presse intersyndical sur le retrait des décrets visant l’Aide Médicale d’État.
—> Lire le communiqué

Les replays

À voir ! Sophie Binet invitée de la soirée « L’évènement » sur France 2
Ce jeudi 11 septembre 2025, la CGT était au centre du débat de la soirée spéciale de France TV consacrée aux grèves du 10 et du 18 septembre contre le projet de Budget Bayrou et les politiques d’austérité.
—> Voir le replay de l’émission

Le 20h de France 2, en passe de gagner le concours du journal le plus réactionnaire

Pour tenter de gagner le Graal de la meilleure audience devant TF1, la direction de l’information de France Télévisions semble avoir misé sur tout ce qu’il y a de plus rance dans le spectre des opinions politiques.

Lors du 20h du 9 septembre, après une ouverture classique sur le choix du futur Premier Ministre et l’indéboulonnable Nathalie Saint-Cricq qui parle de la nomination de Sébastien Lecornu comme s’il n’y avait pas eu d’autre alternative, on passe à la journée de mobilisation du 10 septembre, et là, soudain, l’information se met au garde-à-vous.

Alors que selon les instituts de sondage, près d’un Français sur deux soutient le mouvement « Bloquons tout ! », le journal de Léa Salamé occulte totalement les raisons de la colère populaire, pour ne traiter cette journée que sous l’angle du maintien de l’ordre et des perturbations à venir pour la France qui travaille.

Le sujet sur le dispositif policier mis en place fait un étalage des moyens de répression que pourront utiliser les policiers, comme s’ils n’avaient en face d’eux que des casseurs, des voyous et des black bloc, et non des citoyens avec des revendications légitimes. France 2 se met ainsi explicitement du côté de la police, quitte à mettre en danger ses équipes qui couvriront les manifestations.

Dire que « les forces de l’ordre ont appris des gilets jaunes à être plus efficaces », sans rappeler que depuis que Macron est au pouvoir la répression policière n’a jamais été aussi violente, avec des dizaines de personnes mutilées et éborgnées, et même trois personnes tuées depuis 2015, c’est tourner le dos à cette population française qui continue de défendre le droit légitime de manifester.

Léa Salamé aurait pu rappeler que la France est le pays européen le plus violent en matière de maintien de l’ordre, ou même, évoquer la note envoyée cet été par le Ministère de l’Intérieur aux forces de l’ordre. Dénoncée par les syndicats de journalistes, elle ne prend plus en compte le statut de journaliste en cas de violences urbaines. Or, comme l’explique un policier dans le sujet, « on va être à la limite entre le maintien de l’ordre et les violences urbaines ». Un mot de solidarité avec les journalistes qui risquent d’être traités comme n’importe quel manifestant aurait été le bienvenu.

Pour ne pas être en reste, pour dire quand même quelques mots du mécontentement populaire, la chefferie du 20h se livre à une manipulation grossière, que l’on a déjà vue au moment des gilets jaunes. Le téléspectateur est incité à faire un lien entre le mouvement « Bloquons tout » et l’extrême droite, puisque les seules revendications exprimées dans le journal sont celles du « trop d’impôts » et du « Nicolas qui paie ». Rien sur le naufrage des services publics, les milliardaires qui se gavent, les vraies revendications de gauche.

Pour clore le tout, ce journal pitoyable se termine par l’onction du cardinal Bustillo, un Richard Gere en soutane, qui nous prie de sortir de la lutte des classes. Félicitations pour ce journal d’Ancien Régime, pour ce journalisme de cour. Quel mépris pour les citoyens qui regardent encore le 20h et pour les journalistes qui continuent de faire leur travail, dans l’adversité !

Paris, le 10 septembre 2025

Gérone. Les Catalans réunis pour défendre leur langue et leur culture (L’Indep)

Quelque 12 000 Catalans ont défilé ce jeudi 11 septembre 2025 dans le centre-ville de Gérone lors de la traditionnelle et revendicatrice diada.

Il faudrait plus qu’un ciel gris et menaçant pour doucher les envies d’émancipation du noyau dur du mouvement indépendantiste catalan. Ce 11 septembre 2025, Gérone était l’une des trois villes catalanes où la senyera flottait sur une diada qui doublait crânement son nombre de participants par rapport à l’édition 2024.

Deux fois plus de monde que l’an dernier

12 500 personnes, selon les organisateurs, ont en effet rallié la place de l’Indépendance et le pare de la Devèse un kilomètre plus loin. Soit deux fois plus de monde que l’an dernier aux mêmes endroits puisque la diada 2024 avait alors rassemblé 6 500 Catalans.

Un parcours d’un petit kilomètre pavoisé de sang et or et retentissant des indispensables chants, « Volem, volem paisos catalans » en tête.

Dans la foule, Carles, 77 ans, membre d’Omnium et ANC, deux associations organisatrices, qui n’a manqué aucune diada depuis 30 ans. Et qui, malgré la plus forte participation de cette année, remarque bien que le mouvement s’essouffle. La faute aux politiques selon lui. « La dissonance entre Junts et ERC (les deux partis indépendantistes catalans-NDLR) a produit du désintérêt chez beaucoup », grimace-t-il. « Mais quand des personnages incarneront de nouveau la possibilité de l’indépendance, ça repartira car il n’y a pas d’autre solution. On est en stand-by ». En attendant un autre homme providentiel, c’est la langue catalane qui est au cœur des revendications cette année.

Inquiétude sur la langue catalane

Lluis Llach depuis Barcelone ou les « marcheurs » de la diada 2025 à Gérone, tous ont la même inquiétude, la langue catalane serait attaquée et en danger, et la même revendication, la protéger. Car le Tribunal supérieur de justice catalan a amputé le décret sur le très inflammable régime linguistique. L’enseignement scolaire du catalan serait ainsi menacé. « Une offensive sur l’école catalane », selon Lluis Llach.

« C’est simple, les Catalans veulent une seule chose: qu’on respecte leur langue et leur culture », résume Carles, vêtu d’un maillot de l’USAP, et accompagné de son épouse française Véronique et leur fille Estelle. Le couple participe « à toutes les diada depuis quinze ans, chaque année on y est, à Barcelone ou ici ». Et Carles « y croi(t) encore mais en ce moment ce n’est pas possible parce que l’État espagnol nous colonise »,

Le slogan de cette diada 2025 était « Plus de raisons que jamais de réclamer l’indépendance ». La place que gardera, ou pas, la langue catalane dans la société catalane, et pour sa cohésion, est assurément un enjeu pour cette diada comme pour la prochaine.

À Gérone, Frédérique Michalak (L’Indépendant, le 12 septembre 2025)

Journée d’action du 18 septembre : « L’austérité n’est pas une fatalité » (L’Indep)

Ce jeudi 18 septembre 2025, une large intersyndicale appelle salariés du public et du prive a manifester a Perpignan dans le cadre d’une journée d’action entre autres destinée à s’opposer à l’austérité budgétaire et à réclamer la « justice fiscale ». Dans la lignée des revendications exprimées ce mercredi lors du mouvement citoyen « Bloquons tout ».

L’intersyndicale réunie lors du mouvement contre la réforme des retraites est de retour. CGT, CFDT, FO, CFTC, FSU, Solidaires, Unsa, CPE-CGC : pas moins de huit organisations appellent à battre le pavé à Perpignan ce jeudi 18 septembre 2025. Entre autres pour s’opposer aux restrictions budgétaires annoncées, tout en réclamant une véritable « justice fiscale » et un meilleur partage des richesses. Le rendez-vous est fixé à 10h30 sur la place de Catalogne.

« Pas un syndicat ne manque à l’appel », se félicite le secrétaire départemental de FO, Jérôme Capdevielle. Selon lui, cette unité est toute naturelle compte tenu de la situation : « Le budget annoncé par Bayrou est injuste, dans la continuité de ce qu’on a vécu en 2023 avec la réforme des retraites. On a pris acte de la démission de Bayrou et de l’arrivée de Lecornu en tant que Premier ministre, mais on se fout du nom de celui qui est à Matignon. Ce qu’on regarde, c’est la politique menée. Faire payer l’ardoise aux seuls salariés est inadmissible. Il faut que l’effort soit partagé. »

Du « musée des horreurs » à la « chambre de torture »

Sur ce coup, le porte-parole départemental de la CGT, Julien Berthélémy, est sur la même ligne. « 44 milliards rognés sur les finances publiques, 2 jours fériés supprimés, la monétisation de la 5e semaine de congés payés: le budget annoncé est un véritable musée des horreurs », juge-t-il. « Nous réclamons la justice fiscale. On donne 211 milliards d’euros au patronat sans contreparties, alors qu’avec la réforme de l’assurance-chômage, on va encore prendre plus aux précaires. »

« Et en plus du musée des horreurs, on a l’impression d’être dans la chambre de torture », renchérit Géraldine Moralès, de la FSU66. « Il y a une souffrance qui est sur le point d’exploser : On s’attaque aux services publics mais derrière, il y a des hommes et des femmes. »

Omar Belguellaoui, de la CFDT 66, se veut également offensif. « On tape toujours sur les mêmes, les travailleurs, les demandeurs d’emploi, les retraités, comme s’ils étaient responsables de la dette », déplore-t-il. « Depuis 2017, on a eu 7 premiers ministres, mais c’est toujours le même braquet. »

Cependant, au-delà de la critique, l’intersyndicale propose également des solutions pour sortir le pays de l’ornière. « L’austérité n’est pas une fatalité. La dette peut être réduite autrement », assure l’un des co-secrétaires départementaux de Solidaires, Christopher Pereira. « Pour nous, le mieux serait de mettre à contribution les grands patrimoines », rebondit Laurent Fourcade, de la CFTC. Pierre Grousset, de l’Unsa, acquiesce. Et appelle, comme Solidaires, à l’instauration de la taxe Zucman de 2 % sur les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros.

Jérôme Capdevielle estime quant à lui qu’au lieu de miser sur l’austérité, le gouvernement devrait également favoriser le pouvoir d’achat et par ricochets la consommation des ménages « qui pèse 60 % du produit intérieur brut ». Quand la CGT met notamment l’accent sur la nécessité de parvenir à l’égalité salariale entre hommes et femmes, qui permettrait aussi de renflouer les caisses grâce aux cotisations générées.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 12 septembre 2025)

Conseil national du 6 septembre 2025

Le Conseil national avait deux points à son ordre du jour : premièrement, la situation politique, la rentrée sociale et la préparation des échéances électorales ; deuxièmement l’adoption du cahier thématique formalisant nos propositions pour la Sécurité sociale à l’occasion de son 80e anniversaire.

Le premier point a débouché sur l’adoption d’une résolution caractérisant la crise actuelle, à la veille de la chute du Premier ministre, marquée par le coût exorbitant du capital et le besoin d’intervention des travailleurs et des travailleuses, la nécessité de faire grandir le mouvement social, notamment à l’occasion de la journée de grèves et de manifestations du 18 septembre.

C’est la condition indispensable pour résister aux plans d’austérité et pour rassembler autour d’un pacte d’avenir pour la France et gagner le développement de l’emploi, de la formation, le renouveau industriel et agricole, le développement des services publics, de la transition écologique et une politique de paix.

Le second point a permis d’échanger autour du projet de Sécurité sociale dont le pays a besoin conjuguant nouvelle ambition pour les différentes branches de la Sécu, impératif démocratique et nouvelles propositions de financement et s’est conclu par l’adoption du cahier thématique, quatrième cahier qui voit le jour après ceux consacrés à la mobilité, au handicap et au logement !

Les rapports et documents adoptés

Le rapport de Fabien Roussel

Résolution face à l’offensive du capital, luttons et rassemblons autour d’un pacte d’avenir pour la France
Résultat du vote : 67 Pour / 0 Contre / 1 Abs.

Les cahiers thématiques des Jours heureux : Sécurité sociale
Résultat du vote : 68 Pour / 0 Contre / 0 Abs.

Relevé des interventions transmises