Le billet d’Yvon Huet. Quand les USA se prennent pour le nombril du monde…

Je persiste à penser que l’intervention de Poutine en Ukraine n’a fait que permettre à l’impérialisme US de reprendre de la vigueur, sachant que l’OTAN a été renforcée des pays de l’Europe du Nord, hier neutres. Résultat. Après 5 ans de guerre, la Russie apparaît comme prédatrice alors qu’elle aurait tant à gagner à offrir une image de paix en inversion de la boulimie impérialiste US. Quelle que soit l’excuse liée aux provocations de l’OTAN et à la malhonnêteté de Zelensky, le résultat est là, minable avec toute une jeunesse russe et ukrainienne tuée ou estropiée, cultivant la haine de l’autre pour des décennies.

Mais revenons aux USA Cette grande puissance a toujours eu tendance à annexer, voire tétaniser les pays dans lesquels elle est intervenue. Il ne faut jamais oublier ce que cachent les médias et beaucoup d’historiens de pacotille qui naviguent dans le « rêve » américain. Lorsque les troupes US ont débarqué en France, la première chose qu’a fait l’état major américain a été de chercher une solution, pourquoi pas avec Pétain, pour mettre la France sous le contrôle de l’administration américaine.

La réaction du Général de Gaulle, avec l’appui des communistes français qui constituaient la partie la plus importante des forces résistantes, a permis d’empêcher ce scénario, mais elle n’a pas empêché que les USA se servent de la dictature de Franco pour établir leurs bases en toute quiétude et pour dresser les antennes de la « Voice of América » mise en ligne en Catalogne dans le cadre de la guerre froide avec l’URSS… On ne peut comprendre la fuite en avant actuelle sans se référer, comme le fait même le journal le Monde, à la stratégie de ce nouveau monde où les cowboys, fiers d’avoir génocide les Indiens, ont toujours considéré que la planète Terre leur appartenait…

Reste que tous les États-uniens ne sont pas des cowboys. Les forces progressistes existent. Soutenons-les.

Yvon Huet

Ci-contre les embrassades d’Eisenhower avec Franco en 1959

Le billet d’Yvon Huet. Les USA de Trump ont ouvert la boîte de Pandore…

Le Venezuela attaqué par les USA. Cnews et LCI s’émerveillent. Un nouveau coup d’État en préparation après celui du Chili d’Allende… Qu’on se le dise, les méthodes de la gouvernance étasuniennes incitent n’importe quel pays à s’attaquer à un autre en utilisant toujours des prétextes « moraux » pour cacher ses intérêts de puissance…

Histoire d’en rire, mais pas que

Imaginez Trump « exfiltrer » Emmanuel Macron pour installer Marine Le Pen à l’Élysée… C’est ce que nous proposerait l’administration américaine mais elle ne le fera pas parce que notre président est trumpo-compatible quoi qu’il en dise… L’histoire ne dit pas combien de morts innocents a fait l’attaque massive de drones sur Caracas… L’important, pour ceux qui écoutent les médias, c’est de savoir que l’armée des USA n’a perdu aucun soldat dans l’affaire… Peu importe si elle emporte l’Amérique latine dans une guerre civile monstrueuse. L’important pour ce dangereux voyou de la Maison Blanche, c’est de prouver qu’il est le plus fort quitte à écraser de multiples peuples dont le premier, ne l’oublions jamais, a été le peuple palestinien.

L’année 2026 a mal commencé. Raison de plus pour faire de la Paix la boussole de notre chemin de lutte.

Yvon Huet

Le billet d’Yvon Huet. Anecdote ?

Le conseil constitutionnel polonais vient d’interdire le Parti communiste au nom des valeurs de la civilisation européenne et chrétienne… Une nouvelle passée inaperçue bien évidemment dans les médias. Elle va dans le sens du vote dans lequel s’étaient vautrés la majorité des députés européens dont des socialistes, des verts et, particulièrement un certain Raphaël Glucksmann, champion de l’anticommunisme bobo. La chasse aux communistes existe donc bien en Europe et pas seulement en Pologne.

L’Ukraine fait partie de ce petit monde qui ferme les yeux sur les agissements de groupes néonazi mais s’acharne à vouloir rentrer dans une Europe chrétienne intégriste tout aussi rétrograde que l’islamisme étatique. En Allemagne, le Berufsverbot décrété par les nazis quand ils sont arrivés au pouvoir est toujours en vigueur à l’égard des communistes.

Autant dire, quel que soit l’opinion qu’on peut se faire des communistes de l’Est de l’Europe, dont certains ont tiré les leçons de l’échec du modèle soviétique que ces chasses aux sorcières désavouent l’affichage d’une Europe qui serait démocratique face aux barbares de la Fédération de Russie. Je n’entends que trop rarement quelques réactions du côté des défenseurs des droits humains. 80 ans de guerre froide auront fait leur œuvre qui, aujourd’hui, permettent aux partis de l’extrême droite de prendre le pouvoir pendant que les communistes dont les ainés ont contribué à la chute du nazisme en payant de leur vie et de leur liberté sont priés de vivre sous la terre.

Yvon Huet

Le billet d’Yvon Huet. Se poser les bonnes questions (en toute modestie…)

Certains disent que le vote du budget de la Sécu est une déclaration de guerre contre le monde du travail et la démocratie sociale. Ils ont raison, mille fois raison. Mais il faut se demander le pourquoi du comment de ce vote de l’Assemblée plutôt que de ruer dans les brancards d’une armoire fermée par le clanisme populiste ou ramper face aux exigences de la table des privilégiés de la finance.

La raison essentielle qui explique le vote du budget, c’est le rapport de force actuel où le mouvement social piétine dans une résistance très minoritaire face à l’apathie générale qui envahit les chaumières où le chacun pour soi est devenu la règle obligée. Le nier, c’est se mentir à soi-même.

Malgré un effort très méritant des organisations syndicales, particulièrement la CGT, pour mobiliser les citoyens contre le projet de budget imposé par une gouvernance qui prépare sa guerre contre les peuples, et pas seulement le nôtre, la réplique résistante est beaucoup trop isolée. Ne pas le reconnaître, c’est nier la réalité, donc se tromper d’analyse et de stratégie.

Certes, se défouler sur le Parti socialiste est devenu un sport de compétition à essayer de savoir qui aura la médaille d’or de l’expression graveleuse. Et après ? La social-démocratie a toujours fonctionné avec le rapport de force. Quand le peuple revendiquait, elle penchait à gauche. Quand le peuple se taisait, elle penchait à droite… Doit-on nier cette évidence ?

Reste ceux qui sont dans le doute, environ une quarantaine de députés issus des mouvances communistes, écologistes et socialistes se sont réfugiés dans l’abstention. Consciemment ou non, ils n’ont pas voulu mêler leurs voix à celle des droites extrêmes qui représente à l’AN plus que toute la gauche réunie. Ils doivent penser que le rapport de force actuel impliquant une nouvelle élection législative qui piratera les élections municipales déjà difficiles dans un contexte de crispation guerrière entre LFI et le PS qui a fait exploser le NFP finira par une victoire sans partage de l’extrême droite. Doit-on les condamner pour cela ?

Pas simple, d’autant que le texte du budget envoyé au Sénat risque de revenir encore plus anti-social qu’il ne l’est en regard des quelques concessions arrachées par la gauche dans les amendements.

Plutôt que d’essayer de crier plus fort que les loups du fascisme rampant qui ont envahi les médias, c’est plutôt le moment d’essayer de comprendre ce qui se passe sur le terrain de la vie. Pourquoi les gens ne bougent pas, hormis les convaincus d’avance, quand un budget proposé aux Français va leur enlever l’essentiel de la protection sociale à laquelle ils ont droit ?

Il n’y a pas de réponse toute faite mais au moins un constat. La 5e République arrive au bout du rouleau de son histoire. Entre autoritarisme accentué menant au totalitarisme des héritiers de Pétain d’un côté et Révolution partageuse et démocratique de l’autre que seul un mouvement social puissant et unitaire pourrait initier avec, en cadeau de mariage, une gauche réconciliée, les Français auront à choisir parce que le marais du milieu s’est noyé dans la tempête des crises d’un système capitaliste qui se raidit en vieillissant.

Je peux me tromper d’analyse et je ne cherche pas à imposer mon ressenti. Mais j’ai appris après près de 60 ans de participation à la lutte politique et sociale que la réflexion posée vaut mieux que le pugilat des insultes qui pleuvent et s’évaporent aussi vite qu’elles sont tombées et permettent aux puissants de continuer à dormir sur le magot de leur vol à mains armées.

Au-delà de notre crise franco-française, il faut aussi réfléchir aux conséquences du succès des extrêmes droites sur la planète, aux USA, en Europe et même en Asie. Quelle réponse internationaliste pouvons-nous y apporter sans tomber dans le repli populiste ? Ce n’est pas une question annexe. Elle fait partie d’un ensemble où il faut faire du neuf et construire les bases d’une nouvelle internationale solidaire et progressiste.

Yvon Huet

Le billet d’Yvon Huet. Perpignan : le ridicule tue !

Quelques articles de presse évoquent la facilité avec laquelle Louis Alliot, chantre du RN, risque de renouveler son mandat à la mairie de Perpignan. Même pas la peine de coller des affiches ! Pourquoi, parce que dans ce cas de figure, trois listes de gauche concurrentes se présentent dont le but est de savoir laquelle sera devant les autres, pendant qu’un piètre éditeur catholique version intégriste tente de faire valoir la droite dite « classique »…

On peut créer toutes les coordinations possibles pour tenter de faire reculer la tentation totalitaire à la française, mais si elles ne sont pas accompagnées d’une responsabilité politique de ceux qui se disent garants de la démocratie sociale et culturelle sur le terrain municipal, on n’en sortira pas et les dégâts seront lourds de conséquence. Je sais qu’à leur niveau les communistes de mon département des Pyrénées-Orientales ont tenté quelque chose pour rapprocher les points de vue, mais en vain. Ils ont dû faire le choix d’un moindre mal certes, mais cela ne règle pas le problème de fond qui écarte les classes populaires du vote à gauche, même pour des élections municipales.

On ne doit pas comparer cette situation au terrain législatif d’une autre nature où nous devrions avoir la possibilité de voter pour la tendance politique que l’on veut, ce qui n’est pas le cas, les dits « gros » bataillons qui crient plus forts que leur ombre ayant une tendance récurrente à écraser les petits d’un moment d’histoire politique d’une République en dérive.

Depuis quelque temps, j’écris des billets plutôt pessimistes sur l’existant… J’espère toutefois me tromper, sachant qu’en cas de recul cuisant d’une démocratie déjà bien abîmée avec un Président qui prépare sa guerre avec la Russie sans consulter qui que ce soit pendant qu’il laisse la gouvernance gérer l’offensive austéritaire dont il a besoin pour justifier son attitude criminelle vis à vis de toutes les générations, je serai du côté de celles et ceux qui résisteront. Je ne fuirai pas.

Yvon Huet

Le billet d’Yvon Huet. L’avenir en résistance, il n’y a que cela de vrai

La journée d’hier a démontré à quel point le matraquage idéologique et la pression qui tétanisent les citoyens provoque ses effets. Le tableau négatif d’une gauche à 30 % dans un contexte appelant à la désespérance est lourd comme une porte de prison. Ceux qui ont manifesté le 2 décembre 2025 n’en ont que plus de mérite. Pas étonnant aussi que Sophie Binet soit attaquée frontalement par les roquets du patronat.

Le combat pour renverser le cours des choses sera long et dur. Il faut l’accepter. Les experts de la parole devront se résoudre à reconnaître que sans les luttes du monde du travail ils resteront enfermés dans la cellule confortable de leurs illusions.

Yvon Huet

Le billet d’Yvon Huet. J’ai mal à la Palestine…

J’ai pu voir le film « Put your soul on your hand and walk (Mets ton cœur sur la main et marche) » hier au cinéma le Castillet dans le cadre d’une initiative de la LDH 66, d’Amnesty International et de l’AFPS (Association France Palestine Solidarité). Fatem, femme journaliste palestinienne, témoigne de la violence de l’occupation israélienne qui détruit tout, massacre à tout va et réduit à la famine les survivants d’un véritable génocide. Cette résistante courageuse qui s’ajoute à tous les martyres de la Palestine n’y survivra pas, écrasée à l’automne 2024 dans son appartement avec sa famille sous les bombes de l’armée israélienne.

Le dialogue en visio au téléphone entre la réalisatrice documentariste franco-iranienne, survivante de la répression de Mollah en Iran, Sepideh Farsi, donne la dimension de cette catastrophe humanitaire orchestrée par Israël, avec la complicité des USA et de l’UE. Ce film peut s’adresser particulièrement aux spectateurs occidentaux qui ne seraient pas encore convaincus de l’étendue des crimes de guerre de la gouvernance israélienne… Même si le contexte est bien différent, j’ai le même sentiment d’écœurement que j’ai eu autrefois en allant voir le film Nuit et Brouillard auquel m’avait amené ma mère quand j’étais adolescent.

Je ne dis pas que c’est la même chose, mais ça y ressemble terriblement. Ceux qui ont organisé le génocide, ce qui n’excuse pas le pogrom du Hamas du 7 octobre, ne valent pas mieux que ceux qui ont ensanglanté l’Europe pendant la Deuxième Guerre mondiale au nom d’une autodéfense raciale qui fait oublier que les Juifs et les Palestiniens sont des cousins autant que les Ukrainiens et les Russes au même titre que les Allemands étaient les cousins de tous les peuples européens qui les entouraient… Il est temps de faire taire tous les faiseurs de haine qui, dans le monde, précipitent l’humanité dans le gouffre d’une barbarie dont elle ne sortira que les pieds devant.

À voir et à faire voir sans modération

Yvon Huet

Le billet d’Yvon Huet. De la vague brune au tsunami ? Comment en sortir ? Contribution

Les deux derniers votes de l’Assemblée nationale, l’une sur les conditions de l’immigration algérienne statué en 1968 et l’autre sur la question de l’imposition des riches en disent long sur la suite qui risque bien, dissolution ou non, présidentielle ou non, de nous faire passer une période telle que nos anciens l’on connue, adaptée à notre temps certes mais toute aussi contraire au désir d’humanité pour lequel nos anciens se sont battus quand ils ont abattu la bête immonde du nazisme.

Le grand rêve nationaliste et fascisant d’une Europe de l’ordre « blanc » telle qu’elle se dessine dans la majorité des pays européens marque des points, avec quelques résistances certes, en Irlande et en Espagne, mais le temps a la couleur du vert de gris, en France, en Italie, en Belgique, en Suède, en Allemagne, en Pologne, en Hongrie et en Roumanie et j’en passe.

Les raisons sont multiples et ce n’est pas en se rabattant sur une nième polémique pour savoir quel serait le responsable d’une telle situation qu’on créera les conditions de la résistance et de la préparation d’un avenir plus encourageant pour les nouvelles générations. Il est nécessaire, et je parle pour moi comme pour les autres, de prendre la mesure de ce qui nous attend pour s’y préparer et trouver la parade. Ma réflexion n’est pas faite pour me faire plaisir mais essayer de service à cela.

Ulysse, quand il était confronté à la colère des dieux qui avaient peur de sa capacité à les remettre en cause, utilisait une arme efficace issue de ses cellules grises, l’imagination et la ruse, qui lui permettaient de trouver à chaque fois la parade pour échapper à leur foudre. Dans le même esprit, il faudrait que l’imagination revienne, sur le devant de l’histoire. En la matière, elle sera plus utile que l’IA.

Plus récemment, par-delà la littérature de nous sources, l’être humain a été capable d’une capacité de résistance que nous ont prouvée des êtres humains comme Henri Krasucki et tant d’autres, pour reprendre une image qui m’est particulièrement sympathique. Ceux qui ont le vrai pouvoir sur la société, les ultra-riches de la caste financière internationale avec leurs tentacules français pour ce qui nous concerne, savent utiliser et gérer ce qui marche toujours, les peurs, après avoir enlevé aux citoyens, à force de pression médiatique permanente, toute capacité de remise en cause de ce qu’ils subissent, socialement, économiquement et culturellement.

Les politiques qui se succèdent au pouvoir ne sont que leurs marionnettes, qui sont jetées orties quand elles ne servent plus pour être remplacées par d’autres. La démocratie, dans ce cadre, n’est qu’un spectacle drolatique qui exhorte les gens à demander, je me répète, l’ordre, des crottes de chien à la mise au pas de tout ce qui pourrait apparaître comme étranger, marginal, voire tout simplement original. Cette tendance a bien été exprimée en littérature par Franz Kafka et d’autres, d’une société où l’individu doit être un sujet obéissant et non un citoyen agissant. Nous y sommes.

Au-delà d’une gauche qui se perd à force de se chercher dans le cadre d’une Ve République autoritaire et décadente, il faudra chercher les forces de résistance au-delà des critères actuels de reconnaissance, sachant que les contre-pouvoirs devront reprendre l’initiative du courage contre la passivité qui, très majoritaire dans le pays, sert d’engrais à ceux qui piaffent d’impatience à prendre le pouvoir, j’entends le RN et désormais ses alliés qui vont de la droite dure à une grande majorité de ce qu’on appelle « la macronie ».

La résistance peut être joyeuse, à condition toutefois de ne pas se tromper de siècle. Nous sommes au XXIe siècle, dans une première partie qui ressemble certes à celle du XXe, avec une différence immense : la planète est un immense village où ce qui se passe dans un de ses quartiers a des effets de domino sur les tous les autres, avec conséquences immédiates. Une France fasciste « à la Française » risque bien d’emporter l’Europe dans une aventure qui obligera les nouvelles générations à sortir de leur réserve… Petits soldats ou citoyens, il faudra qu’elles choisissent.

Les communistes appellent cela la lutte des classes. Elle a en effet changé de forme, mais elle n’a jamais été aussi prégnante à un moment où le capitalisme cherche un nouveau souffle pour s’affirmer indestructible. L’alternative sociale et démocratique, qu’on peut appeler dans sa version noble, le socialisme, ne peut se construire que dans la résistance, de Brest à Vladivostok, d’Oslo à Johannesburg et de San Francisco à Pékin, sachant que la majorité des gouvernances actent aujourd’hui une nouvelle forme de relation qui remet en cause la domination dite « occidentale » ce qui est mieux que rien mais limité. Ce n’est qu’une alternative géopolitique. Elle ne suffira pas à libérer les exploités de la planète de leurs chaînes, même si on peut la souhaiter.

Le communisme n’est pas un modèle de société. C’est une démarche dont le but est d’aider les peuples à se libérer de la servitude, à quelque niveau que ce soit de n’importe quel stade d’évolution d’une société. Cette conception est française, issue de ses processus de révolution et de luttes politiques et sociales, très différente de celle des Chinois et des Russes qui confondent « classe ouvrière » et appareil d’État. L’histoire dira qui avait raison… Je me range à la française sans pour autant mépriser qui que soit qui pense autrement. Encore une fois, le débat d’idée sera toujours plus constructif que la polémique qui fige les rapports humains.

Yvon Huet

Le billet d’Yvon Huet. T’as pas 500 milliards ?

Mai si ! Il suffit de traverser la rue
Et de braquer les ultra-riches
À la source de leurs revenus…

Je lis avec intérêt les interventions de mes camarades communistes et syndicalistes. J’y vois source de solidarité et de réflexion commune. Juste une remarque, sans les heurter bien sûr d’autant que je m’inclus à la critique que je fais. Je lis 80 % de condamnations, d’analyses sur les coups bas en mitraille de la gouvernance, de la nécessité de résister. C’est bien mais quid des propositions alternatives ? Je lis certains se référant au programme du NFP, sachant toutefois que s’il n’y a pas réflexion et travail en commun ce n’est qu’un chiffon de papier déjà complètement dépassé. J’en lis d’autres reprenant les revendications syndicales de la CGT. C’est bien, mais cela ressemble à un rêve non achevé face au mur bien solide de la caste financière.

En matière d’alternative sociale et politique il y a certes beaucoup de choses à lire. La majorité des propositions, y compris à gauche, sont d’une étonnante timidité, parce qu’elles sont en fait uniquement fondées sur une résistance et non sur une contre-offensive.

J’avoue ma préférence dans le projet du PCF qui propose un investissement de 500 milliards pour créer un véritable rebond économique, social et démocratique de notre pays, la France, qui continue à couler dans le marais de l’austérité à perpétuité que nous propose la Macronie et que le RN reprendra en y ajoutant la chasse aux pauvres et aux migrants s’il arrive au pouvoir.

Ce n’est pas un chiffre jeté dans le poulailler pour satisfaire les gallinacés. C’est le produit d’une réflexion posée qui lance le pari de l’audace contre l’aménagement. C’est un projet révolutionnaire. Certes, il mérite approfondissement, mais il est le seul à prendre le contrepied du bourbier ambiant qui nous met terriblement sur la défensive. Plus encore, il permet aux revendications des syndicalistes de trouver un cadre sérieux de débat et d’action concrète sur les urgences autant que sur les perspectives à moyen et long terme. Le projet des communistes mérite mieux les litanies qui se comprennent certes mais ne font pas avancer les choses.

En même temps, il faudra résister certes, mais il ne faudra jamais perdre la boussole des jours heureux. L’autocensure de certains de mes camarades à ce sujet me désespère, parfois. Je ne les cite pas. Ils se reconnaîtront et je n’en veux à personne parce que je crois au débat, pas à l’invective et à l’humiliation des autres.

Yvon Huet

Le Billet d’Yvon Huet. Billard à trois bandes…

Quand le PS joue les facilitateurs pour sauver la Macronie, il favorise la confrontation de LFI, seule contre tous et du RN avec le risque probable d’un rassemblement des droites pour confirmer la fin de la démocratie…

Quand la Macronie rapproche son programme de celui du RN au point de ne plus savoir où sont les nuances, elle favorise l’entrée en fanfare du RN à l’Élysée et à Matignon…

Quand LFI joue le maximalisme de façade en jouant solo et en humiliant systématiquement le reste de la gauche dans la majorité des circonscriptions et assemblées territoriales, elle favorise un score ubuesque du RN qui risque de remporter le morceau plus encore qu’hier, à l’Assemblée nationale et dans les municipalités.

Cette situation risque bien, dans ces trois cas de figure, de finir en catastrophe démocratique annoncée…

Sur ce coup, vous avouerez que malgré ses tentatives répétées et affichées pour arrêter ce billard à trois bandes mortifères, le PCF n’a aucune responsabilité dans ce fiasco annoncé particulièrement lassant dans les relais médiatiques qui ne se privent pas pour enfoncer le clou d’une débâcle à gauche. Ne serait-ce que pour cela, je conseille à mes contacts de plus et mieux le soutenir, même s’il peut y avoir des désaccords sur tel ou tel sujet. Au PCF, on n’exclut pas. On réfléchit, on débat et on soutient toutes les luttes populaires pour le progrès social et pour la paix.

Yvon Huet