Valmanya. « Notre commune nous enseigne la vigilance et la solidarité » (L’Indep)

La commémoration de l’incendie de la commune en août 1944 par les Nazis, a réuni la population et de nombreuses personnalités.

11 h : les drapeaux des associations patriotiques et d’Anciens combattants se sont alignés. Le cortège s’avançait solennellement, le maire de Valmanya Serge Boyer et le préfet des Pyrénées-Orientales Pierre Regnault de la Mothe ouvraient la marche, suivis des autorités civiles et militaires, les officiels, élus de la Région, du Département, des communes, des représentants des associations suivis de la population nombreuse et recueillie. L’assemblée s’est réunie alors face à la crypte du souvenir; résonnaient alors La sonnerie aux morts, Le chant des partisans puis le dépôt des gerbes lors d’un hommage aux victimes de la barbarie perpétuée par l’armée allemande nazie des 1° et 2 août 1944. Tous se dirigeaient ensuite vers le monument aux Morts avec une Marseillaise patriotique et le salut aux drapeaux.

Sur la place du village, le premier magistrat Serge Boyer, J. Castillo, représentant de l’Anacr (Association nationale des Anciens combattants de la résistance) et Pierre Regnault de la Mothe sont montés à leur tour au pupitre pour trois allocutions mais un même élan. Pour le maire de Valmanya, « face aux conflits armés qui menacent de destruction planétaire, notre commune nous enseigne la vigilance et la solidarité ».

Le représentant de l’Anacr, quant à lui, évoquant le passage du pacifisme convaincu à la nécessité du combat contre le fascisme, le nazisme et leur totalitarisme, exhorte à « perpétuer les vraies valeurs humanistes de la résistance ». En conclusion, le préfet invitait la population à « ne pas laisser se reproduire un autre Valmanya |…). Notre démocratie est précieuse et fragile, c’est un engagement et un combat permanent. C’est pour elle qu’est tombé, tout près de nous, le capitaine Panchot, les armes à la main, il y a 82 ans, et c’est pour elle que nous devons prolonger ce combat aujourd’hui et demain pour que jamais plus ne se reproduisent les horreurs du passé ».

À l’issue des discours, le public a été invité à contempler les œuvres des enfants et des jeunes de la Ligue de l’enseignement venus en séjour à Valmanya comprendre l’histoire et les valeurs de la Résistance « leurs poésies et leurs travaux enrichissent chaque année notre décor » et notre espoir.

B. L. (L’Indépendant, le 7 août 2026)

Valmanya. Les enfants, la Résistance et les vœux de paix (L’Indep)

En prévision de la commémoration célébrant le 82 anniversaire des combats de La Pinosa et de l’incendie de Valmanya (ce dimanche 2 août, à 11 h), 28 enfants des accueils de loisirs d’Alénya, de Corneilla-de-la-Rivière et de Villelongue-de-la-Salanque sont venus s’instruire sur les lieux de mémoire de Valmanya.

Au programme, le groupe, sous la houlette de l’historien, Georges Sentis, a visité le Mas Cabanats, quartier général de 1941 à 1944 du réseau de passage Sainte-Jeanne, animé, notamment, par l’instituteur Louis Horte et le lieutenant Casso. Le réseau Sainte-Jeanne se spécialisa dans l’exfiltration de résistants belges vers Espagne, ainsi que dans la collecte et la transmission de renseignements. À travers cette approche, c’est toute l’histoire de la résistance au nazisme et au fascisme qui est abordée et, notamment, le combat, le sacrifice et la fin tragique de Julien Panchot. « C’est un résistant qui s’est fait tuer-un acte héroïque pour sauver les villageois – pour protéger la retraite de ses combattants », dirent les jeunes. Sa mémoire restera au cœur de chaque enfant. Mais comment les Allemands ont-ils pu en arriver là, se demandent certains, « parce qu’ils sont commandés par un chef immonde -Hitler c’est le pire- un chef du côté noir de la force obscure ».

Avec leurs mots, leurs sensibilités, ils apprennent et sauront, peu à peu, se questionner et vo-ter, en toute conscience, pour ne pas suivre le mauvais chef.

L’après-midi, les animateurs ont creusé la terre, derrière la mairie et les enfants, avec l’encadrement du séjour de la Ligue de l’enseignement 66 et le maire de Valmanya, ont planté un olivier de la paix. Pour le 2 août, les enfants, les jeunes et les adultes enfouiront, au pied de l’arbre, une capsule qui renfermera tous leurs vœux pour la paix, pour un monde meilleur et plus juste, à l’image de ce pourquoi les combattants de la résistance se sont sacrifiés.

L’Indépendant, le 1er août 2026

Valmanya. Commémoration des combats de La Pinosa et de l’incendie de Valmanya, ce dimanche 2 août (L’Indep)

Voici 82 ans que Julien Panchot, des résistants, des habitants, furent assassinés et le village de Valmanya incendié pour la défense de la liberté et de la République. Les 1er et 2 août 1944, l’armée allemande nazie et les francs gardes de la milice pillent et incendient le village de Valmanya, avant d’attaquer le maquis et les guérilleros espagnols, aux mines de La Pinosa. Dès le 1″ août, dans une action combinée, les forces allemandes et la milice convergent vers les maquis, par la route de Vinca, la crête de la Cirera et du Barbet, et par le col de Palomère, après être passées à La Bastide et y avoir exécuté trois personnes, guérilleros et civils. La colonne venant de Vinça, d’abord retardée par des groupes de maquisards, en aval de Valmanya, atteint le village. La population, grâce à l’intervention des maquisards, aura le temps de s’enfuir, dans la montagne, pour échapper à un massacre inévitable, en représailles à son engagement. En effet, Valmanya, par le réseau Sainte-Jeanne, par la mobilisation du groupe Franc de René Horte, par les actions du maquis Henri Barbusse, sous le commandement, à l’époque, de Julien Panchot, a montré, avec le soutien effectif d’habitants, que le village avait fait le difficile choix du combat, pour résister au fascisme et à l’infamie. Le pillage de Valmanya commence alors, destruction des maisons, à la dynamite, incendies… Les forces de la milice et allemandes s’en prennent à la rare population restée sur place. Deux anciens du village, Pierre Baux et Jacques Romeux, deux ouvriers agricoles espagnols, Emitério Barrena et José Gimeno, sont exécutés, sur place. Une habitante est également violée, dans des conditions insoutenables. En même temps, l’action militaire se poursuit. La majorité des maquis peut s’échapper par les cols, aidée en cela par l’action de quelques maquisards FTP, sous le commandement de Julien Panchot, restés à La Pinosa pour assurer les arrières. Blessé, Julien Panchot est atrocement torturé, avant d’être exécuté, contre le mur de la cantine des mines de La Pinosa.

En souvenir, le maire de Valmanya, Serge Boyer et le conseil municipal, invitent tous les citoyens à venir se recueillir et rendre hommage aux combattants et aux victimes, ce dimanche 2 août à 11 h, à Valmanya. Cette cérémonie du 82° anniversaire des combats de La Pinosa et de l’incendie du village sera présidée par le préfet des P.-O. Pierre Régnault de la Mothe.

L’Indépendant, le 31 juillet 2026