Blocage des lycées : cinq policiers et des lycéens blessés à Perpignan (L’Indep)

Après une nouvelle journée de mobilisation lycéenne ce vendredi 2 octobre, la préfecture des Pyrénées-Orientales a fait le point, hier, en début de soiré, sur les « débordements inacceptables » qui ont eu lieu.

Après une première journée mouvementée jeudi 1er octobre, celle de vendredi l’a été tout autant, voire davantage. En effet, dans un communiqué publié hier, en début de soirée, la préfecture des Pyrénées-Orientales a annoncé l’arrestation de 28 personnes dans le cadre de la mobilisation lycéenne, après des mouvements qui « ont connu des débordements inacceptables ».

« Aucune revendication ne justifie toutefois la violence et les débordements qui ont eu lieu aujourd’hui », a ajouté le préfet Pierre Regnault de la Mothe. Ce dernier a fait état d’actes de violence durant la journée et de jets de projectiles, « dont des cocktails molotov ». Cinq membres des forces de l’ordre ont ainsi été blessés, et des lycéens. « Nous avons également constaté des dégradations de biens, notamment d’abribus, et des vols », a-t-il poursuivi.

« Les revendications portées par les lycéens méritent d’être entendues et discutées. A cette fin, je participerai, avec la directrice académique des services de l’Éducation nationale, aux conseils de vie lycéenne qui se réuniront dans les prochains jours », a indiqué le préfet, réaffirmant dans la foulée son soutien aux forces de l’ordre et aux pompiers. Il condamnait aussi, « avec fermeté », les débordements constatés et rappelait qu’ils sont susceptibles « d’engager les responsabilités disciplinaire et pénale des élèves impliqués, ainsi que celles de leurs parents. »

Des gardes à vues et des confrontations

En fin d’après-midi, hier, le parquet de Perpignan aussi communiqué sur le sujet. Ce dernier a fait état d’une douzaine de gardes à vue en cours, de trois mineurs qui vont être déférés ce samedi en vue d’un placement sous contrôle judiciaire et enfin un majeur qui sera « déféré en vue d’une convocation par procès-verbal (CPPV) avec un placement sous contrôle judiciaire dans le cadre d’une dégradation d’abri bus ».

Plus tôt dans la journée, des confrontations avec les policiers ont également été constatées au niveau de l’avenue Victor Dalbiez (quartier Saint-Martin) où des mineurs ont été arrêtés. Des fumigènes ont été tirés par les agents présents sur place afin de disperser des lycéens, dont certains se sont dirigés vers le parking du Leclerc Sud pour échapper aux fumées.

Enfin, des dégradations ont été constatées sur des conteneurs à poubelles qui ont été enflammées sur l’avenue Victor Dalbiez, dans le quartier Saint-Martin. D’importants moyens de secours ont été mobilisés pour éteindre les flammes.

Antoine Castellet (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

Lycéens et étudiants appellent à manifester mardi

Les étudiants sont sur le point d’entrer dans la danse à Perpignan. Ce vendredi 2 octobre 2026, l’antenne locale de l’organisation Renouveau syndical, issue d’une scission de l’Unef, a annoncé qu’elle appelait à manifester ce mardi conjointement avec l’Union syndicale lycéenne (USL). Le rendez-vous est fixé à 9h30 sur le campus principal de l’université de Perpignan (avenue Paul-Alduy).

« Nous rejoignons le mouvement national », confirme Gabriel, le président de l’antenne du Renouveau syndical, mieux connue localement sous le nom d’Union progressiste. « Nous organiserons une assemblée générale ce lundi à 17 heures sur le campus du Moulin-a-Vent pour coordonner la mobilisation du lendemain. L’objectif sera notamment d’éviter qu’il y ait des casseurs qui nuisent au mouvement et masquent les revendications. »

Comme les lycéens, les étudiants réclament une augmentation des moyens alloués à leurs établissements. « Nous avons besoin de plus de profs, de plus de salles », résume Gabriel. A Perpignan, « il y a des salles où il y a de l’amiante et qui sont fermées. Du coup, on se retrouve à 50 en travaux dirigés alors qu’on devrait être 15 ».

L’Union progressiste demande aussi la rénovation thermique des bâtiments, la suppression de la jauge qui limite le nombre de repas pouvant être servis au restaurant universitaire, ou encore l’augmentation des bourses et des aides personnelles au logement (APL).

La mobilisation de mardi bénéficie également du soutien de trois syndicats de salariés : la CGT, la FSU et Solidaires, qui appellent à la grève ce jour-là. « Nous soutenons cette mobilisation car les revendications des lycéens et des étudiants sont les mêmes que celles que l’on porte. Ils dénoncent eux aussi le manque de moyens et la dégradation des services publics », explique le secrétaire départemental de la CGT, Julien Berthélémy. « Notre objectif n’est pas de récupérer le mouvement. Nous serons là uniquement en soutien » Notamment pour sécuriser la manifestation et faire en sorte que tout se passe le mieux possible.

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 3 octobre 2026)

L’Université contrainte de réduire sa masse salariale (L’Indep)

Par courrier du 6 mars dernier, le rectorat a indiqué à l’université de Perpignan qu’elle se voyait imposer un processus de « conditions de retour a l’équilibre ». En clair, elle doit réduire sa masse salariale. Des embauches d’enseignants-chercheurs pourraient être remises en cause.

Le delta n’est pas énorme, mais il pèse dans la situation économique de l’Université de Perpignan Via Domitia. Comme une vingtaine d’établissements publics d’enseignement supérieur et de recherche, l’UPVD a reçu une demande du rectorat « imposant un processus de travail sur leur équilibre financier ».

Dans un communiqué, le président de l’université, Yvan Auguet, précise : « La santé financière d’une université est évaluée selon trois critères : sa trésorerie, son fonds de roulement et le rapport entre ses dépenses de masse salariale et ses produits encaissables (ses recettes). L’UPVD répond très positivement aux deux premiers critères. En revanche, pour le troisième, nommé « ratio Dizambourg », celui-ci fixe un seuil maximum à 83 % alors qu’à l’heure actuelle, il s’élève à 85,796 % à l’UPVD ». Un delta de 2,7 % qui inquiète les syndicats et les personnels. Il impose la diminution de la masse salariale de l’établissement qui compte quelque 800 salariés. Pascal Nogues, co-secrétaire du syndicat SNESUP-FSU, dénonce « une décision brutale qui obligera un coup de rabot sur notre recrutement qui n’était pas déraisonnable. Des postes d’enseignants chercheurs sont du coup menacés. On ne nous donne pas les moyens suffisamment à notre mission et, ensuite, on se fait taper sur les doigts ». Il insiste : « L’UPVD est à l’équilibre financier, elle n’est pas déficitaire. Seul ce ratio Dizambourg n’est pas atteint pour seulement 2,7 % Nos finances sont saines. C’est à se demander si l’État ne cherche pas à ne conserver que de grands pôles universitaires régionaux, au détriment des petites universités comme la nôtre, qui jouent pourtant un rôle essentiel sur le territoire ».

Une motion adoptée à l’unanimité

Deux jours avant, le président de l’UPVD avait organisé une assemblée générale des personnels. Elle a rassemblé 400 salariés. Une motion a été adoptée à l’unanimité selon Yvan Auguet. « Elle sera transmise à notre tutelle », ajoute-t-il. « Si la situation est difficile par les mesures à prendre, les missions dévolues à notre université seront assurées avec le sens du devoir et l’engagement de toute notre communauté, dans l’intérêt de nos étudiantes et de nos étudiants, mais aussi de la qualité de notre recherche ». Si l’équilibre financier n’est pas rétabli, l’UPVD pourrait être mise sous tutelle. Yvan Auguet devrait présenter des mesures d’ici quelques semaines.

L’UPVD accueille plus de 10.000 étudiants sur ses campus de Perpignan, Font-Romeu, Narbonne et Carcassonne.

Thierry Bouldoire (L’Indépendant, le 15 mai 2026)