Cabestany. Antenne : SFR défend une procédure « faite dans les règles » (L’Indep)

L’opérateur estime que le délai légal de recours des tiers, de trois mois, n’a pas été utilisé.

Le différend entre SFR et les opposants à la nouvelle antenne relais se poursuit. L’opérateur conteste les accusations de la mairie et du collectif concernant l’affichage préalable à l’installation du pylône.

« Tout a été absolument fait dans les règles, affirme Isabelle Simon, déléguée régionale SFR, et nous l’avons réitéré lors de notre réunion avec la mairie lundi 11 août ».

Selon l’opérateur, le projet a été engagé en 2025 après le constat d’un défaut de couverture. La possibilité d’utiliser un pylône existant aurait d’abord été étudiée, mais écartée pour des raisons techniques.

SFR indique avoir déposé une déclaration préalable en décembre 2025, puis assuré l’affichage réglementaire. Des constats réalisés par un commissaire de justice en janvier, février et mars, avec géolocalisation et photographies, attesteraient de la conformité de cet affichage. L’opérateur estime ainsi que le délai légal de recours des tiers, de trois mois, n’a pas été utilisé. « D’ailleurs, jusqu’à juillet, nous n’avons rien entendu ».

Le pylône ayant désormais été construit, SFR exclut son déplacement, qui représenterait selon lui « des coûts énormes qui ne nous reviennent pas ».

Les antennes ne sont toutefois pas encore installées : l’opérateur dit attendre que les échanges avec la maire permettent d’apaiser et de clarifier la situation.

Sur les inquiétudes sanitaires, SFR rappelle « qu’il applique les normes réglementaires européennes et françaises » et souligne « que des mesures indépendantes du champ électromagnétique pourront être réalisées une fois le relais mis en service ».

SFR assure enfin que son objectif reste d’améliorer la couverture du secteur et d’apporter un service, tout en affirmant vouloir poursuivre le dialogue avec la mairie et les habitants.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 15 août 2026)

Cabestany. Antenne SFR : des photos contestées relancent la mobilisation (L’Indep)

Le collectif d’habitants opposé à l’implantation de l’antenne-relais SFR-Bouygues, érigée sur le site de l’entreprise Chausson, a organise vendredi matin une manifestation a proximité du pylône.

Une cinquantaine de riverains se sont réunis, sous la surveillance de la gendarmerie, pour distribuer des tracts aux automobilistes et dénoncer un projet qu’ils jugent trop proche des habitations. Une pétition en ligne avait déjà recueilli 266 signatures.

Mais au-delà de cette mobilisation, c’est un courrier adressé le 6 août par la maire de Cabestany, Édith Pugnet, aux opérateurs SFR et Bouygues Telecom qui pourrait relancer le dossier. L’élue y demande l’arrêt immédiat des travaux, estimant que plusieurs éléments remettent en cause la régularité de la procédure d’affichage préalable.

Au cœur de ses observations figurent les photographies produites pour attester de la présence du panneau réglementaire entre janvier et mars 2026. Selon la maire, plusieurs indices laissent penser que deux clichés, pourtant datés de deux mois d’écart, auraient en réalité été pris le même jour. Elle relève notamment la présence de la même voiture passant sur la route, d’un sol humide alors que les relevés météorologiques font état d’un temps sec, d’un même conteneur, d’un arbre toujours dépourvu de feuilles et d’éléments de décor identiques. Des constatations qu’elle indique avoir croisées avec des images de Google Street View, où l’environnement apparait pourtant différent à cette période.

« Outre ces éléments, il est attesté que l’affiche informant du projet n’a pas été apposée sur la parcelle où l’antenne a été érigée », écrit la maire.

Selon elle, le panneau aurait été installé sur une parcelle voisine correspondant au bâtiment de l’entreprise Chausson, et non sur celle accueillant le pylône. « Cette localisation erronée prête à confusion et n’a pas été de nature à informer clairement les riverains. C’est un manque de sérieux, d’information et de clarté ». Elle ajoute que les services municipaux n’ont constaté aucun panneau réglementaire depuis le début du chantier, contrairement aux dispositions du Code de l’urbanisme.

Pour Cyrille Bernardin, chef de cabinet de la mairie, « il y a plusieurs vices de procédure. Les opérateurs doivent suspendre le chantier et ouvrir des discussions avec la mairie et les habitants. Il existe des solutions alternatives, notamment la mutualisation avec des antennes déjà en service ».

« Aller jusqu’au bout »

« Nous irons jusqu’au bout, assure une riveraine. Il y avait d’autres emplacements possibles. Nous demandons simplement que ce projet soit revu ».

Présent à la manifestation, le conseiller départemental Rémi Lacapère estime lui aussi qu’« il aurait été logique de privilégier la mutualisation plutôt que d’implanter un nouveau pylône à proximité immédiate des habitations. La question principale, c’est le fait accompli de cette installation ».

En attendant une réponse des opérateurs sollicités mais qui se laissent du temps pour répondre, le collectif entend poursuivre sa mobilisation, tandis que la municipalité espère que les irrégularités qu’elle estime avoir relevées permettront de rouvrir le dialogue sur une implantation alternative.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 8 août 2026)

Cabestany. Des riverains vent debout contre une nouvelle antenne-relais SFR (L’Indep)

Réunis en collectif, les habitants dénoncent une implantation, à quelques dizaines de mètres de leurs maisons. La municipalité reconnaît ne pas avoir su s’y opposer à temps et promet d’engager des discussions, avec l’opérateur, pour obtenir un déplacement du pylône.

L’apparition soudaine d’une antenne-relais SFR sur un terrain privé appartenant à Chausson Matériaux, à une cinquantaine de mètres des premières habitations, suscite une vive colère à Cabestany. Réunis en collectif, les riverains ont convié les élus municipaux afin d’obtenir des explications et de faire entendre leurs revendications.

« Le 17 juillet au matin, il n’y avait rien devant chez moi. À midi, en rentrant de la plage, l’antenne était debout. Les engins sont arrivés et tout s’est fait très vite », raconte un habitant.

En seulement deux jours, une pétition en ligne a déjà recueilli 131 signatures, tandis que les riverains poursuivent le tractage dans les quartiers voisins.

Le collectif ne remet pas en cause la nécessité d’assurer la couverture mobile du territoire, mais estime que d’autres solutions existent. Dans un communiqué lu lors de la réunion, les habitants rappellent que les opérateurs peuvent mutualiser leurs équipements ou privilégier des emplacements plus éloignés des habitations, quitte à investir davantage. Ils soulignent qu’à plusieurs reprises par le passé, la commune avait obtenu le déplacement de projets similaires afin de préserver les riverains.

Les inquiétudes portent autant sur la proximité de l’installation que sur ses conséquences.

« Nous craignons une dépréciation de nos biens et nous nous interrogeons sur les effets de cette antenne 5G sur la santé », expliquent-ils. Les habitants regrettent également de n’avoir jamais été informés directement. « L’affichage était peut-être conforme, mais personne dans le lotissement n’a été averti ».

Face à eux, le premier adjoint Hervé Blanchard a reconnu les limites de l’action municipale. « Ce n’était pas notre souhait qu’une antenne soit installée ici. Nous aurions dû nous opposer au projet plus tôt. Nous nous sommes ratés », admet-il. Après vérification, la commune indique toutefois que l’ensemble des procédures administratives a été respecté, notamment l’affichage réglementaire, constaté par huissier.

Pour autant, les élus assurent ne pas baisser les bras. « L’antenne n’est pas encore en service et les travaux ne sont pas totalement achevés. Nous avons déja pris contact avec SPR-Bouygues pour rechercher une solution et étudier un de placement de l’installation », poursuit Hervé Blanchard, précisant que la voie juridique apparait aujourd’hui très limitée.

Même constat pour James Gillon, élu à l’environnement, qui rappelle que la réglementation a évolué. « Les procédures ont été largement simplifiées pour les opérateurs. Une simple déclaration préalable suffit désormais et les possibilités d’opposition des communes sont réduites ». Selon lui, la piste la plus réaliste consiste à négocier avec SFR, notamment autour d’une mutualisation des pylônes existants, solution également encouragée par l’État.

Les habitants, eux, demandent que tout soit tenté pour empêcher la mise en service du site et obtenir son déplacement vers un secteur moins exposé. De leur côté, les élus assurent vouloir faire front commun avec le collectif afin d’ouvrir des discussions avec l’opérateur: Un dialogue dont tous espèrent désormais qu’il permettra de trouver un compromis acceptable pour les riverains.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 31 juillet 2026)

Lien pétition : https://corg/vVp7tK4s/6

Précisions de SFR-Bouygues sur cette installation d’antenne

Alors que l’installation d’une nouvelle antenne-relais suscite l’opposition d’un collectif d’habitants SPR-Bouygues Telecom apporte à son tour des précisions sur les raisons qui ont conduit à la réalisation de ce projet.

Selon Isabelle Simon, déléguée régionale, représentant les opérateurs, la première option étudiée consistait à mutualiser une infrastructure déjà existante, avec d’autres opérateurs. Cette solution a toutefois été abandonnée après analyse technique. « Il aurait fallu re prendre entièrement le support existant, le rehausser et engager des travaux particulièrement complexes », explique-t-elle. « Une telle opération aurait également engendré des coûts financiers importants ainsi qu’un impact environnemental supérieur à celui de la création d’un nouveau site ».

Face à cette impossibilité, les opérateurs ont retenu la construction d’une nouvelle antenne, présentée comme la seule solution permettant de répondre aux besoins de couverture du secteur. L’objectif, selon SFR-Bouygues Telecom, est d’assurer une qualité de service optimale aux abonnés, dans une zone où les performances du réseau devaient être renforcées.

Sur le volet réglementaire, Isabelle Simon affirme que « l’ensemble de la procédure a été respecté. Les obligations d’affichage et d’information du public ont été réalisées, conformément aux dispositions en vigueur ». Elle ajoute que ces démarches ont fait l’objet d’un constat d’huissier, attestant, selon elle, le respect des formalités administratives.

Concernant les demandes de déplacements de l’antenne formulées par certains riverains, la représentante des opérateurs se montre prudente. « Une telle hypothèse apparait, particulièrement difficile à mettre en œuvre, tant sur le plan technique que financier. L’infrastructure est désormais installée et représente un investissement conséquent ».

Pour autant, SFR-Bouygues indique vouloir poursuivre les échanges avec la municipalité de Cabestany, afin d’examiner les différentes possibilités. Si le dialogue reste ouvert, l’opérateur, estime, néanmoins, qu’un déplacement de l’antenne se-rait, aujourd’hui, très complexe à envisager.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 31 juillet 2026)