Saint-Laurent-de-Cerdans. Sur les pas de la Retirada (L’Indep)

Une quarantaine de Catalans du sud de la Marxa republicana de 1939 à la Garrotxa ont suivi les chemins empruntés par les 7 000 réfugiés ayant franchi la frontière en hiver 1939 pour fuir l’Espagne. Ils sont partis du refuge de Sant-Aniol-d’Aguja, en Catalogne sud. Ils ont été rejoints à la ferme en ruines de la Muga par Maryse Agont, la secrétaire de l’association culturelle catalane, qui les a accompagnés jusqu’à Saint-Laurent. Ils ont fait une pause à Pla Castanyer (hameau de Villeroge), où Michel Anrigo, ancien maire de Coustouges, leur a adressé quelques mots.

Une porte bleue

Ils ont ensuite gagné Saint-Laurent et la salle de l’Avenir, où Louis Caseilles, entouré de ses deux adjoints, de conseillers municipaux, dont Louise Vergés la présidente de l’Association culturelle catalane, et de villageois les attendaient. L’historien Raymond Sala a lu un poème bouleversant d’Alexandre Recasens. Ce dernier est arrivé d’Albanya, fin janvier 1939, a été hébergé et nourri par des Laurentins, moyennant quelques travaux. Ayant appris que son frère était détenu au camp de Saint-Cyprien, il a décidé de le rejoindre. Il a alors écrit ce poème en lanque catalane, dont les paroles apportent un témoignage poignant sur les conditions de détention : « Paradis concentrationnaire. Une simple porte ouverte, la porte bleue de la mer. Les vagues de la mer pleuraient ». Après cette réception émouvante, les marcheurs, les autorités civiles, militaires, et les villageois ont gagné le monument de la Retirada, où le premier magistrat a prononcé un discours, avant qu’un bouquet ne soit déposé, pour célébrer le 87 anniversaire de la Retirada. Les marcheurs sont alors repartis en bus. Les Laurentins perpétuent le souvenir de cet événement tragique et celui des victimes.

Hélène Rosé (L’Indépendant, le 17 février 2026)