Révoqué, le secrétaire général de la CGT Activités postales entend bien contre-attaquer (L’Indep)

La décision, prise à la suite du conseil de discipline convoqué le 30 juin dernier au siège parisien de La Poste, est tombée fin août. Le secrétaire général de la CGT Activités postales des Pyrénées-Orientales, Alexandre Pignon, a écopé de la sanction la plus sévère: la révocation, équivalent du licenciement pour les fonctionnaires. Mais il compte bien utiliser les moyens de recours a sa disposition.

Série noire pour les représentants syndicaux des postiers du pays catalan. Début 2026, le ministère du Travail avait validé le licenciement du secrétaire départemental adjoint de Sud Poste. Et en cette rentrée, le secrétaire général de la CGT Activités postales vient d’apprendre que le conseil de discipline, qui s’était réuni le 30 juin dernier pour statuer sur son dossier, avait opté pour la révocation, équivalent du licenciement pour les salariés bénéficiant du statut de fonctionnaire.

Cependant, s’il a dû quitter son poste de secrétaire du Comité social et économique régional de La Poste, Alexandre Pignon garde ses fonctions au sein du syndicat. Et reste plus que jamais combatif. « Nous allons saisir le tribunal administratif pour demander la suspension de cette sanction, qui est disproportionnée », annonce-t-il. « Nous avons de nouveaux éléments à fournir au tribunal. Je compte également porter plainte pour faux témoignages contre des cadres de La Poste ».

Deux autres syndicalistes convoqués

Selon le responsable syndical, les actes que la direction lui reprocherait seraient en lien avec l’organisation, le 20 février dernier, d’un « carnaval revendicatif » à Thuir, où officiait le secrétaire départemental adjoint de Sud Poste, qui venait d’être licencié. Lors de cet événement, les manifestants auraient notamment parodié certains cadres de La Poste.

Pour mémoire, depuis le mouvement contre la réforme des retraites, plusieurs autres sanctions disciplinaires (blâmes, mises à pied…) ont été prononcées à l’encontre de postiers syndicalistes. L’un des autres responsables départementaux de la CGT vient d’ailleurs de partir pour deux mois de suspension sans salaire. Alors qu’une troisième est convoquée en conseil de discipline le 18 septembre prochain. À priori le même jour que le secrétaire départemental de Sud Poste. Et vraisemblablement eux aussi pour des sujets en lien avec le carnaval revendicatif de Thuir.

A. A. (L’Indépendant, le 9 septembre 2026)

La direction régionale de La Poste ne souhaite pas faire de commentaires sur la décision rendue. Elle tient cependant à rappeler « son attachement au respect du dialogue social et des règles relatives au droit syndical ». Elle assure par ailleurs que la décision du conseil de discipline du 30 juin « se fonde sur des faits sans lien avec l’activité syndicale de M. Pignon ».

SNCF. Le secrétaire départemental de la CGT menacé de « mutation disciplinaire » (L’Indep)

Ce mardi 8 septembre, la CGT appelait les cheminots de l’ex-région Languedoc-Roussillon à faire grève. Le syndicat dénonce, entre autres, une situation de sous-effectif et une augmentation du nombre de sanctions disciplinaires. Dans les Pyrénées-Orientales, deux conducteurs du Train jaune, dont le secrétaire général de l’union départementale de la CGT, Julien Berthélémy, sont dans le collimateur de la direction.

Jour de colère ce mardi 8 septembre pour les cheminots de l’ex-région Languedoc-Roussillon. Après un été particulièrement chaud, notamment marqué par « une hausse du nombre d’agressions », les salariés de la SNCF se sont mobilisés pour réclamer des embauches, une amélioration des conditions de travail et « un arrêt du management par la sanction ». En pays catalan, plusieurs lignes ont été impactées, dont notamment celle reliant Perpignan à Port-Bou, celle entre Perpignan et Villefranche et celle du Train jaune.

Il faut dire que cette dernière est aux premières loges concernant les sanctions et menaces de sanctions que dénonce la CGT. Deux conducteurs du Train jaune sont convoqués en conseil de discipline le 17 septembre prochain. Et l’un d’entre eux n’est autre que le secrétaire général de l’union départementale de la CGT des Pyrénées-Orientales, Julien Berthélémy. Ce dernier, à qui la direction reprocherait de ne pas avoir attendu l’autorisation du chef de ligne pour repartir, encourait selon le syndicat « un dernier avertissement avant licenciement, 12 jours de mise à pied et une mutation disciplinaire ». Quant à son collègue, qui aurait fait monter un journaliste en cabine sans autorisation, la sanction proposée prévoirait « un dernier avertissement avant licenciement et 10 jours de mise à pied ».

Selon le secrétaire de la CGT Cheminots de l’ex-région Languedoc-Roussillon, Eric Bringuier, ces deux convocations interviennent dans un contexte d’augmentation du nombre de sanctions à l’encontre des personnels de la SNCF. « Nous avons deux conducteurs concernés sur le Train jaune, mais également des mécaniciens ou des contrôleurs un peu partout dans la région », détaille-t-il. « Des qu’un cheminot sort la tête, la boîte fonctionne à la sanction, ce qui n’était pas le cas avant. Nos militants sont de plus en plus touchés. Certains agents ont peut-être commis une faute. Cela peut arriver. Ce que nous pointons du doigt, c’est le caractère disproportionné des sanctions proposées ».

Cependant, le mouvement de grève de ce mardi ne se cantonnait pas à ce thème. Eric Bringuier dénonce également une situation de sous-effectif mise en lumière par les problématiques rencontrées cet été : « Toute la saison, nous avons eu des problèmes d’effectifs. Tout le monde a souffert de la chaleur. Les voyageurs étaient excédés, notamment en raison de climatisations qui ne fonctionnaient pas, de toilettes qui étaient fermées ou de trains supprimés. Le nombre d’agressions envers les contrôleurs a doublé. On ne peut pas continuer comme ça ». Selon Éric Bringuier, cet été, des trains jugés « sensibles » où l’on met d’habitude deux contrôleurs, seraient partis « avec un seul, voire aucun contrôleur ».

Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 9 septembre 2026)

Contactée, la direction de la SNCF n’a pas souhaité réagir.