Cabestany. La FCPE fait baisser le coût des fournitures (L’Indep)

À quelques jours de la rentrée, la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) des Pyrénées-Orientales a lancé pour la première fois une bourse aux fournitures scolaires à l’échelle du département. Le principe est de mutualiser les commandes de plusieurs établissements afin de négocier des tarifs plus avantageux pour les familles.

« C’est une demande que les parents d’élèves formulaient depuis quelques années », explique Rémy Landri, président de la FCPE 66. Face à l’augmentation régulière du prix des fournitures, l’association a voulu apporter une réponse concrète. « On s’est dit qu’il fallait que l’on s’empare de ce problème. La hausse du coût du papier, de l’énergie et du trans port, notamment depuis la crise sanitaire et la guerre en Ukraine, a contribué à alourdir la facture ». Quatre bénévoles de la fédération dont Marc Zarcone, trésorier, et un salarié pour le marketing, se sont attelés à la tâche.

Le dispositif permet aux familles de réaliser 30 à 35 % d’économie par rapport aux achats effectués dans le commerce, tout en conservant du matériel de qualité.

Une adhésion a la FCPE de 10 euros est toutefois nécessaire, la fédération n’étant pas autorisée par la loi à exercer une activité commerciale. Pour cette première année test, les propositions ont été adressées à l’ensemble des établissements du département. Dix collèges et une école primaire ont finalement participé, en transmettant leurs listes de fournitures. Au total, 80 familles ont répondu favorablement.

Cabestany, 28 kits ont été commandés et distribués vendredi 23 août devant le collège Pau-Casals Une opération appréciée par les parents, à l’image de cette mère de six enfants venue récupérer les fournitures de ses deux collégiens. Sébastien Braco, conseiller municipal aux Affaires scolaires et périscolaires, s’est chargé de la distribution des colis aux parents d’élèves. « Les colis vont être distribués également dans chaque établissement participant », explique-t-il.

La FCPE entend désormais pérenniser et améliorer le dispositif. « Il nous faut trouver un fournisseur local », indique Rémy Landri, qui souhaite également multiplier les périodes de distribution et réduire les coûts de transport. « Pour les écoles primaires, l’objectif sera notamment d’anticiper davantage, afin que les parents disposent des fournitures des le début du mois de juillet ».

Car l’enjeu dépasse le seul contenu des cartables. Dans un département où de nombreuses familles rencontrent des difficultés financières, l’allocation de rentrée scolaire ne suffit pas toujours à couvrir l’ensemble des dépenses: vêtements, cantine, transport ou encore activités sportives s ajoutent à la facture. Avec cette première expérience, la FCPE 66 entend transformer une demande récente des parents en un dispositif durable, solidaire et accessible au plus grand nombre.

Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 1er septembre 2026)

« Avoir un enseignant devant chaque classe est une urgence » (L’Indep)

En amont de la rentrée, Rémy Landri, président de la Fédération des conseils de parents d’élèves des Pyrénées-Orientales (FCPE 66), évoque quelques-unes des thématiques sur lesquelles il compte être particulièrement vigilant en ce début d’année scolaire. Entretien.

Quel regard portez-vous sur les suppressions de postes actées pour la rentrée ?

Rémy Landri : À la rentrée dernière, les Pyrénées-Orientales recensaient 42 000 élèves en primaire, dont 10 % dans le privé, et 40 000 en collèges et lycées, dont 16 % dans le privé. Selon les prévisions, nous devrions avoir autour d’un millier d’élèves en moins dans les écoles. Mais en parallèle, nous avons toujours des classes surchargées.
L’inspection s’était engagée avant les vacances à être attentive aux écoles où le nombre d’élèves par classe était limite(*). Nous pensons qu’un nouvel ajustement sera nécessaire à la rentrée.
Nous avons l’impression que l’équation comptable du rectorat entérine plus de suppressions de moyens que ce que pourrait justifier la baisse démographique. Par ailleurs, les Pyrénées-Orientales présentent un taux de pauvreté énorme, d’environ 20 %, contre autour de 15 % au niveau national. Compte tenu de ces difficultés, le département devrait être favorisé. Il faudrait profiter de la baisse démographique pour mettre en place un meilleur encadrement.

Quels sont les autres sujets sur lesquels vous comptez être particulièrement vigilant en cette rentrée ?

Rémy Landri : L’une des autres problématiques qui se pose chaque année est celle du remplacement des enseignants absents. Les brigades de remplaçants sont insuffisantes. Avoir un enseignant devant chaque classe est une urgence. La problématique de l’accompagnement des élèves en situation de handicap est également récurrente. Nous avons toujours des élèves notifiés par la Maison départementale des personnes handicapées qui ne bénéficient pas de l’accompagnement prescrit.

Que préconisez-vous pour lutter contre le décrochage scolaire ?

Rémy Landri : On voit bien que le collège unique est à bout de souffle. Il faudrait davantage de filières pour permettre aux élèves de trouver une orientation qui leur convient. On a de plus en plus d’élèves décrocheurs. Le collège unique ne doit plus être considéré comme un totem. On doit avoir une vision qui s’adapte à tous les enfants. Quand un élève n’est pas bien en sixième, on ne peut pas attendre la troisième pour lui proposer autre chose.

Recueilli par Arnaud Andreu (L’Indépendant, le 31 août 2026)

(*) En avril dernier, l’inspectrice d’académie avait annoncé que si des effectifs à 29-30 élèves par classe étaient constatés à la rentrée, elle ouvrirait de nouvelles sections avec des moyens provisoires dans les écoles concernées.