Le collectif d’habitants opposé à l’implantation de l’antenne-relais SFR-Bouygues, érigée sur le site de l’entreprise Chausson, a organise vendredi matin une manifestation a proximité du pylône.
Une cinquantaine de riverains se sont réunis, sous la surveillance de la gendarmerie, pour distribuer des tracts aux automobilistes et dénoncer un projet qu’ils jugent trop proche des habitations. Une pétition en ligne avait déjà recueilli 266 signatures.
Mais au-delà de cette mobilisation, c’est un courrier adressé le 6 août par la maire de Cabestany, Édith Pugnet, aux opérateurs SFR et Bouygues Telecom qui pourrait relancer le dossier. L’élue y demande l’arrêt immédiat des travaux, estimant que plusieurs éléments remettent en cause la régularité de la procédure d’affichage préalable.
Au cœur de ses observations figurent les photographies produites pour attester de la présence du panneau réglementaire entre janvier et mars 2026. Selon la maire, plusieurs indices laissent penser que deux clichés, pourtant datés de deux mois d’écart, auraient en réalité été pris le même jour. Elle relève notamment la présence de la même voiture passant sur la route, d’un sol humide alors que les relevés météorologiques font état d’un temps sec, d’un même conteneur, d’un arbre toujours dépourvu de feuilles et d’éléments de décor identiques. Des constatations qu’elle indique avoir croisées avec des images de Google Street View, où l’environnement apparait pourtant différent à cette période.
« Outre ces éléments, il est attesté que l’affiche informant du projet n’a pas été apposée sur la parcelle où l’antenne a été érigée », écrit la maire.
Selon elle, le panneau aurait été installé sur une parcelle voisine correspondant au bâtiment de l’entreprise Chausson, et non sur celle accueillant le pylône. « Cette localisation erronée prête à confusion et n’a pas été de nature à informer clairement les riverains. C’est un manque de sérieux, d’information et de clarté ». Elle ajoute que les services municipaux n’ont constaté aucun panneau réglementaire depuis le début du chantier, contrairement aux dispositions du Code de l’urbanisme.
Pour Cyrille Bernardin, chef de cabinet de la mairie, « il y a plusieurs vices de procédure. Les opérateurs doivent suspendre le chantier et ouvrir des discussions avec la mairie et les habitants. Il existe des solutions alternatives, notamment la mutualisation avec des antennes déjà en service ».
« Aller jusqu’au bout »
« Nous irons jusqu’au bout, assure une riveraine. Il y avait d’autres emplacements possibles. Nous demandons simplement que ce projet soit revu ».
Présent à la manifestation, le conseiller départemental Rémi Lacapère estime lui aussi qu’« il aurait été logique de privilégier la mutualisation plutôt que d’implanter un nouveau pylône à proximité immédiate des habitations. La question principale, c’est le fait accompli de cette installation ».
En attendant une réponse des opérateurs sollicités mais qui se laissent du temps pour répondre, le collectif entend poursuivre sa mobilisation, tandis que la municipalité espère que les irrégularités qu’elle estime avoir relevées permettront de rouvrir le dialogue sur une implantation alternative.
Patricia Vedrenne (L’Indépendant, le 8 août 2026)

