Incendie dans les Pyrénées-Orientales : à Prades, la maire salue « la solidarité d’un territoire » face aux évacuations (ICI Roussillon)

Le feu dans les Pyrénées-Orientales n’est « pas fixé » mais « la surface de 4.900 hectares parcourus n’a pas progressé », indique le préfet du département ce mardi. 12.000 personnes ont été évacuées, certaines dirigées vers la commune de Prades. Sa maire, Aude Vivès, est l’invitée d’ICI Roussillon.

ICI Roussillon : Comment s’est passé cet accueil ? Comment est ce qu’il s’est organisé ?

Aude Vivès : Plutôt bien, dans la sérénité et surtout dans l’organisation et le pragmatisme. On a ouvert un certain nombre de salles sur réquisition après avoir complété les Halles du sport, le complexe sportif, le dojo. Donc progressivement, on a organisé, au fur et à mesure, l’accueil en fonction de l’arrivée des évacués.

ICI Roussillon : Combien de personnes est-ce que vous accueillez sur votre commune de Prades ?

Aude Vivès : Environ 600. Vinça est quand même une grosse commune. L’EHPAD a été logé dans l’internat du lycée. Ce sont des adaptations, des ventilateurs et qu’il faut déplacer, des couvertures qu’il faut trouver, des matelas, des picots, mais nos agents, nos élus, les volontaires bénévoles dans l’après-midi qui se sont à signaler, ont mis en ordre tout ce qu’il fallait pour que l’accueil se fasse au mieux.

ICI Roussillon : Vous parlez de l’EHPAD. C’est toujours difficile de déplacer ces personnes fragiles, vulnérables. Comment avez-vous fait ?

Aude Vivès : On l’a fait avec douceur, avec précaution, dans l’écoute, dans l’accompagnement. On a mis en place tout ce qu’il fallait. On a ouvert une salle climatisée pour les personnes vulnérables, pour les mettre dans les conditions les plus optimales pour passer ce moment un peu délicat. C’est une spécificité du Conflent et de Prades et je crois qu’on tient notre rang à ce titre.

ICI Roussillon : Il était question aussi d’en accueillir à la clinique de Prades. Est ce que ça s’est fait finalement ?

Aude Vivès : Tout à fait bien. L’hôpital, l’EHPAD, la clinique sont sont tous au maximum de leur accueil. Tout a été mis en œuvre pour que tous les habitants qui doivent subir ce déplacement, soient accueillis dans les conditions les plus confortables possible. Après, il y a eu aussi des communes qui se sont mobilisées et c’est aussi la solidarité d’un territoire. La coordination se fait avec les maires, les élus, les agents locaux et c’est cette solidarité là que que je retiendrai à tout niveau envers la population, envers les soldats du feu. Je crois qu’on montre ici une très belle image de notre département.

ICI Roussillon : On a entendu tout à l’heure sur notre antenne Patrice, de Rigarda, qui dort sur le parking du Super U de Prades, avec sa famille, avec ses animaux de compagnie. Il dit que finalement ça a été mal indiqué, que les personnes évacuées ne savaient pas où aller. Est ce que c’est aussi une réalité ça ?

Aude Vivès : Alors effectivement, au départ il y a eu un peu de confusion. L’indication du lieu d’évacuation n’a pas été n’a pas été donnée par les services de la préfecture. Donc on a eu besoin de mettre à l’entrée de Prades des policiers municipaux et des agents pour rabattre les personnes sur la halle des sports. Donc, ça fait partie malheureusement des erreurs qu’il a pu y avoir. Mais bon, on mettra tout en œuvre pour éviter qu’à l’avenir cela ne se reproduise. Et ces personnes sont tout à fait les bienvenues dans les différents lieux d’accueil. On a ouvert la piscine intercommunale pour qu’ils puissent aussi, dans ces journées de canicule, se rafraîchir et trouver des îlots de fraîcheur un peu partout dans la ville. Et l’accueil se fait pour les personnes comme pour les animaux. On a des chiens, des chats, des poules, des lapins, tout ce qui fait aussi le quotidien de notre territoire.
Donc s’il n’a pas été redirigé, qu’il n’hésite pas à se rediriger, il y aura tout pour l’accueillir. Là ce matin c’est petit déjeuner, ce midi déjeuner dans le restaurant intercommunal qui est mis à disposition et réquisitionné pour l’accueillir et le restaurer dans les meilleures conditions et avec des produits de qualité de nos producteurs locaux.

ICI Roussillon : Et justement, l’approvisionnement de toutes ces personnes évacuées de ces centres d’accueil. Ça a pu être une question , vous étiez pris entre le Tour de France d’un côté, le feu de l’autre côté. Est-ce que tout ça a été résolu ?

Aude Vivès : Alors du côté de la RD 66 vers Perpignan, nous n’avons pas d’approvisionnement. Les camions de notre supermarché principal ne peuvent pas passer, ni même la citerne d’essence parce les sapeurs pompiers sont prioritaires, évidemment, les professionnels de santé. Alors, c’est vrai qu’hier on était bloqués par l’arrivée du Tour de France, mais aujourd’hui, la solidarité va jouer et nous allons réquisitionner au fur et à mesure les supermarchés et obtenir peut être des approvisionnements. Puisque les routes rendent difficile la circulation des gros poids lourds sur les petites routes , puisqu’ils ne sont pas du tout adaptés à ce type de circulation.

ICI Roussillon : Est ce que vous lancez aujourd’hui un appel aux dons, un appel aux bras ?

Aude Vivès : Cela a déjà été fait, on l’a fait hier et les jours précédents et je tenais à remercier d’ailleurs toute la population qui s’est mise à disposition tant pour les hébergements que pour les dons alimentaires, des produits d’hygiène, on a vraiment une chaîne de solidarité qui s’est mise en œuvre. Et encore une fois, si c’est vraiment très appréciable, je crois qu’on a vraiment à s’enorgueillir de cet accueil, de cette réaction à une situation dramatique qui n’est pas encore fixée, il faut le noter. Donc, la prudence est de mise, la vigilance est de mise, et j’appelle aussi les habitants à la plus grande responsabilité, à ne pas regagner leur habitation et à laisser les opérations de secours se dérouler dans les meilleures conditions et ne pas encombrer les routes ou créer de sur accident sur un incendie.

Flora Midy (ICI Roussillon, 7 juillet 2026)

Prades. 130 personnes à la marche des fiertés (L’Indep)

LGBT+ 66, L’atelier de l’entonnoir, La Libambulle, Les jeunesses populaires du Conflent, la CNT (confédération nationale du travail) et Bienvenu aux migrants 66, organisaient une Marche des fiertés, dimanche 14 juin. Une deuxième édition qui a regroupé environ 130 Conflentois. Des participants bien décidés à défendre les droits de toutes les personnes LGBTQI+ (Lesbienne, Gay, Bisexuel & middot, Trans, Queer, Intersexe et Asexuel & middot ou Aromantique) « même à la campagne ».

Un cortège qui, à l’instar de celui de Perpignan (samedi 13 juin), a regroupé un peu moins de partisans mais s’est déroulé dans une très bonne ambiance.

Ph. C. (L’Indépendant, le 16 juin 2026)

Conflent Canigó. Que va devenir ce projet de 5 millions d’euros à Prades ? (L’Indep)

Jeudi 11 juin se déroulait la deuxième réunion du conseil communautaire présidée par Aude Vives. Les élus étaient invités, à la fraîche, pour une assemblée en extérieur à Baillestavy.

Présentation de la communauté de communes et des commissions, présentation de l’école de musique du Confient, conventions de mise à disposition de certains agents entre les communes et la communauté de communes ou encore désignation des membres du comité directeur de l’office de tourisme […] La réunion de ce jeudi soir était plutôt administrative. Seul point d’achoppement, le vote concernant l’augmentation de la subvention (obligatoire) allouée aux écoles privées. Une hausse non acceptée, mais finalement votée. Bref, un conseil communautaire de début de mandat, une assemblée en rodage qui ne devrait pas tarder à trouver ses marques. Une question pourtant brulait de nombreuses lèvres et un élu l’a posé. « Que va-t-on faire de la Maison
Félip ? »
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Réponse : « Il faut que l’on prévoie une réunion pour en discuter ». La maison Félip est une bâtisse du XVIIe siècle, implantée au coeur de Prades, place de la République. Un immeuble en très mauvais état vendu en 2004 par la ville à l’Office 66, puis racheté en 2014, par la municipalité emmenée par Jean Castex.

Ceci dans l’idée de revaloriser le centre-ville et d’y aménager « un espace à vocation culturelle, patrimoniale et touristique ». Problème, le budget rénovation semblait élevé pour la commune. Celui qui est à l’époque également à la tête de la communauté de communes Conflent Canigó propose alors d’en faire un centre d’intérêt intercommunal. L’EPCI en devient propriétaire et la Maison Félip est rénovée pour un budget dépassant les 5 millions d’euros.

Une récente publication sème encore plus le doute

L’objectif : abriter l’office de tourisme intercommunal, les bureaux du Festival Pablo Casals, le siège du Pays d’art et d’histoire (PAH) avec un Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine (Ciap) et un espace muséographique. « C’est un phare du tourisme en Confient, un outil au service de la culture », révélaient les anciens élus aux commandes. Un phare pour lequel les candidats David Berué et Aude Vivès imaginaient d’autres destinations pendant les élections municipales. Un pôle d’attraction culturelle avec pourquoi pas la médiathèque intercommunale pour les uns, un lieu d’effervescence culturelle et/ou un support pour la vitalité associative pour les autres. Seul Julien Audier Soria soutenait (et soutient toujours) le projet tel qu’il avait été établi au départ.

Une récente publication (jeudi 11 juin à 11h52) sur les réseaux sociaux de la communauté de communes présidée par Aude Vivès annonce que l’immeuble doit « accueillir notamment le futur Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine. Ce lieu permettra de rassembler les activités culturelles et patrimoniales portées par les services de la communauté de communes et ses partenaires ». Le projet initial est-il finalement validé ou seulement retouché ? Le flou persiste alors que le chantier devrait se terminer au cours du premier trimestre 2027. La seule chose claire, c’est que la ville de Prades aura bien tiré son épingle du jeu avec ce projet. Elle voit son centre embelli par un (très) gros programme financé, en partie, par l’ensemble des communes alentour. Communes qui attendent maintenant un minimum de retour sur investissement.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 14 juin 2026)

Prades. Soudaqui : la monnaie alternative qui essaie de survivre (L’Indep)

« Depuis deux ans, notre monnaie locale est en souffrance. Par manque de bénévoles, nous ne pouvons plus assurer le fonctionnement normal du Soudaqui, le suivi des adhésions, la prospection de nouveaux adhérents. Nous en sommes arrivés au point où nous nous demandons si nous devons persister à faire vivre une monnaie moribonde où si nous devons la mettre en sommeil. L’autre solution c’est de faire appel aux personnes prêtes à s’engager avec nous, ne serait-ce que sur une ou deux missions. Aussi, nous vous appelons à l’aide », explique Alain Vives pour le collectif Monnaie locale complémentaire et citoyenne des Pyrénées-Orientales (MLCCPO). Une réunion est prévue samedi 11 avril à 20h à l’Alchimie, 3 rue des Hospices. Des bénévoles sont-ils prêts à S’engager pour cette monnaie, fer de lance de l’économie locale et circulaire ?

Le Soudaqui ne perd pas sa valeur

Si tel n’est pas le cas, une assemblée générale extraordinaire prévue le samedi 18 avril à 15h à l’Alchimie pourrait décider d’une suspension de la monnaie. « Nous ne voulons pas dissoudre l’association. L’espoir que quelqu’un la reprenne est encore présent ». Le collectif basé à Perpignan a compté jusqu’à 160 prestataires (magasins) et plus de 300 utilisateurs. Un projet participatif autofinancé qui aurait aimé rejoindre son cousin l’Eusko. Une monnaie solidaire basque qui a dépassé les 4 millions en circulation en 2025. Ce genre d’initiative s’était multiplié dans les années 2000 et avait obtenu une reconnaissance légale en juillet 2014 (article 16 de la loi Hamon portant sur l’économie sociale et solidaire). Mais, ce qui marche à l’ouest des Pyrénées ne fonctionne pas toujours à l’est. Pour les détenteurs de coupons Soudaqui, pas d’inquiétude ! Ils gardent leur valeur grâce au fonds de garantie. « Si jamais nous allions vers une suspension, les utilisateurs auraient jusqu’à la fin de l’année pour les dépenser (ou se les faire rembourser) ».

Philippe Comas (L’Indépendant, le 10 avril 2026)

Prades. La ville ouvre une nouvelle page avec Aude Vives, première femme maire (L’Indep)

Ce samedi 28 mars, le nouveau conseil municipal de Prades a été officiellement installé dans une salle bondée, témoignant de l’intérêt des habitants pour ce moment fort de la vie démocratique locale.

À l’issue du vote, Aude Vivès a été élue maire de Prades avec 22 voix contre 7. Lors du scrutin pour son investiture, Julien Audier-Soria et son équipe ont voté blanc, tout comme lors de l’élection des sept adjoints.

Prenant la parole au nom du groupe minoritaire, Julien Audier Soria a tenu à préciser la ligne qu’il entend défendre au sein de l’assemblée. Il a déclaré que « notre responsabilité en tant que groupe minoritaire ne sera ni celle de l’obstruction stérile, ni celle de l’assentiment complaisant, mais celle de la vigilance et de l’exigence constante ».

De son côté, Aude Vivès a affirmé sa volonté d’exercer ses fonctions au service de tous les Pradéens et de toutes les Pradéennes, sans distinction.

Avec cette élection, elle devient la première femme maire de Prades, un fait inédit dans l’histoire de la commune. « C’est un honneur, un symbole et une fierté. Une reconnaissance de nos valeurs républicaines », a-t-elle déclaré, avant d’ajouter : « Nous avons déjoué les statistiques et les certitudes ».

Moment hautement symbolique de cette installation, l’ancien maire, Yves Delcor, a remis les clés de la ville à Aude Vivés, marquant officiellement la transmission du pouvoir municipal. Un geste qui vient aussi souligner un changement de cap politique.

La nouvelle maire a d’ores et déjà annoncé plusieurs priorités : rassurer la population, réinvestir le centre-ville et les quartiers, et remettre au cœur des politiques publiques l’amélioration concrète du quotidien des habitants.

Dans une atmosphère à la fois solennelle et attentive, cette séance d’installation a ainsi acté l’ouverture d’un nouveau chapitre pour Prades.

Emy Prieur (L’Indépendant, le 29 mars 2026)

Prades. Aude Vives, « montrer aux 48 % que les 52 % ont fait le bon choix » (L’Indep)

Aude Vives a réussi son pari. Celui de devenir la première femme maire de Prades. Avec 52 % des voix. Les élections, le programme à venir {…} L’indépendant est allé à sa rencontre.

Aude Vivés, vous étiez élue dans l’opposition depuis 2020, comment s’est construite la campagne pour les élections municipales ?

L’idée était de former une équipe, de travailler collectivement. Je voulais voir quelles étaient les forces et les énergies en présence. J’ai commencé à consulter certaines personnes et à constituer une équipe, comme un puzzle de Prades. Je souhaitais une équipe complémentaire, avec des origines et des profils différents, avoir une diversité qui ressemble à Prades.

Quelle méthode avez-vous mise en place pour réussir cette campagne ?

L’important était de remettre du lien entre les candidats et la population. Nous avons organisé des rencontres de quartier afin de remonter des besoins, de recouper nos constats avec ceux des habitants. Nous sommes allés au contact des Pradéens, nous avons renoué avec les délégués de quartier ; cela a été instructif. Je pense que c’est ce qui a permis d’enclencher une dynamique.

Ce n’était pas gagné d’avance…

C’est vrai mais c’est un travail de fond qui s’est effectué tout au long des 6 années où j ai été conseillère municipale. On est parti à 75 % contre 25% (NDLR, le score des dernières élections). Puis, petit à petit, les courbes se sont rapprochées pour arriver à 46-43 au soir du premier tour. Au fur et à mesure, les gens se sont dit « c’est possible ». Le report d’une partie de la liste du Printemps de Prades et l’ajout du vote d’abstentionnistes au premier tour ont fait le reste. Mais c’est aussi pour ça que j’y suis allée, il y avait une possibilité.

Maintenant c’est fait, vous êtes élue. Quelle est la première mesure concrète que vous et votre équipe allez mettre en place ?

Nous voulons rapidement faire baisser les factures des Pradéens en allant sur des achats groupés. Nous allons proposer des achats mutualisés pour les abonnements téléphoniques, l’électricité ou encore le fioul, à tous les habitants. C’est une idée que nous souhaitons également développer au niveau de la communauté de communes. Ensuite, il faut que l’on mette à plat les finances de la commune. Ceci afin de voir quelle est notre marge de manœuvre par rapport aux projets.

Vous évoquez la communauté de communes Conflent-Canigo, allez-vous briguer la présidence de cette assemblée ?

Oui, je pense qu’il y a un nouveau souffle qui va dans le sens de la progression, un alignement des planètes pour mettre en place un projet de territoire. Il est temps d’utiliser l’outil communauté de communes afin de mutualiser les leviers de développement. Les petites communes ne se retrouveront pas seules. Il faut qu’elles comprennent que la communauté de communes est à leur service. Pareil pour les habitants, il faut communiquer pour qu’ils comprennent à quoi ça sert. Il n’y aura pas 15 vice-présidents et les autres qui écoutent la messe. Maires, délégués, conseillers municipaux, il faut additionner les compétences.

Aude Vives, vous êtes aussi élue au Département, comment cela va-t-il se passer et quid des élections départementales dans deux ans ?

Le volet départemental apporte une complémentarité des compétences. Dans tous les cas, je ne suis pas seule, il y a une équipe technique et des élus. Pour ce qui est dans deux ans, on verra. S’il faut faire des choix, je les ferai.

On ne peut pas éluder le fait que vous êtes la première femme maire de la sous-préfecture.

C’est une fierté, un exemple pour tous. Je suis contente de montrer aux petites et jeunes filles qu’une femme peut faire le travail. L’important c’est que la moitié de l’humanité soit représentée.

Un dernier mot ?

Maintenant que la campagne est terminée je voudrais dire que je serai le maire de tous les Pradéens. Que personne n’hésite à nous solliciter, à prendre rendez-vous. Chacun peut trouver sa place. L’objectif est simplement d’améliorer le quotidien des Pradéens. Et comme le disait Antonio Machado, « le chemin se fait en marchant. » Le but est de montrer aux 48 % que les 52 % ont fait le bon choix.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 28 mars 2026)

L’installation du conseil municipal se déroulera ce samedi 28 mars à la salle du Foirail (11h)

Prades. Avec 123 voix d’écart, Aude Vivés remporte une victoire historique (L’Indep)

À Prades, la liste d’Aude Vivès l’emporte finalement avec 51,98 % des votes. La vice-présidente du conseil départemental obtient 123 voix de plus que son adversaire du jour, Julien Audier-Soria.

Après trois scrutins remportés par Jean Castex, les habitants de la sous-préfecture ont choisi le changement. La liste « divers gauche » emmené par Aude Vivès gagne cette élection municipale 2026. A la fermeture des cinq bureaux de vote, la tension était palpable dans la salle du Foirail, épicentre de la soirée électorale. Toutes les personnes présentes savaient que le scrutin allait être serré, mais en faveur de qui ? Après la fermeture des bureaux, les premières tendances se dessinaient. La victoire dans un premier bureau, la quasi-égalité dans l’autre… Puis la rumeur s’amplifiait. Quelques sourires commençaient à se dessiner, tandis que d’autres s’effaçaient, avant la délivrance.

Le maire, Yves Delcor, annonçait les résultats définitifs, « pour Prades, ensemble, demain Julien Audier-Soria, 1 491 voix. Pour Mme Aude Vivès pour les Pradéens, 1 614 voix… » Les vivats ne se faisaient pas attendre. La candidate pouvait exulter. « C’est un magnifique moment. Je voudrais remercier les électeurs et électrices. Ceux qui nous ont fait confiance depuis le début et ceux qui nous ont rejoints, notamment les électeurs de la liste du Printemps de Prades Je voudrais également remercier mon équipe. On l’a fait ! On a fait une super campagne. » Et l’avocate de souligner les répercussions de cette élection sur tout le Confient, « C’est peut-être ici que tout commence. L’espoir est là comme la volonté de changement, on ne vous décevra pas.

Les électeurs de David Berrué pour Aude Vives

Six ans après une défaite amère, la quadragénaire, qui avait décidé cette fois de ne pas S’allier aux écologistes, l’emporte. Même la fusion avortée avec la liste de David Berrué, le candidat Écologistes LFI arrivé troisième au premier tour, n’aura pas enrayé la dynamique. Ce dernier avouait même : « Finalement, elle n’a pas eu besoin de nous, » Une affirmation pas totalement vérifiée puisqu’en allant un peu plus loin dans l’analyse, on s’aperçoit de deux choses. Il y a eu 196 votants supplémentaires entre le premier et le second tour dans la sous-préfecture. La candidate victorieuse a obtenu 360 votes en plus, pendant que son concurrent obtenait 136 voix supplémentaires. On peut donc logiquement penser que les 300 voix obtenues par David Berrué au premier tour se sont quasiment toutes reportées sur la liste d’Aude Vivés.

Avec cette victoire, c’est toute la gauche locale qui a le sourire. Michel Garcia, maire de Matemale et conseiller départemental avait fait le déplacement, « On a transformé l’essai. C’est un grand pas pour elle. Aude a fait du chemin, c’est un nouvel horizon qui s’ouvre pour elle et le Conflent.»

De son côté Julien Audier Soria se voulait philosophe : « C’était une première élection comme tête de liste pour moi. J’ai vécu une aventure incroyable pendant cette campagne complexe et passionnante. Je remercie les 1 491 électeurs qui ont voté pour moi. Je serai un conseiller municipal attentif au bon avancement des dossiers. » Aude Vivès va reprendre le flambeau de Jean-François Denis, dernier maire de gauche (2001-2008). La vice-présidente du Département a gagné son pari. Reste maintenant à définir la constitution du conseil communautaire. Là encore, de gros changements sont à prévoir.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 23 mars 2026)

2ème tour des municipales 2026. Prades : Il n’y aura que deux listes présentes lors du second tour à Prades (L’Indep)

C’est donc officiel, les listes de David Berrué et d’Aude Vives ne fusionneront pas. Cependant le candidat du « Printemps de Prades » annonce se retirer du scrutin qui se déroulera dimanche 22 mars.

Julien Audier Soria ou Aude Vives, les Pradéens devront donc choisir entre les deux listes restantes. Le duel droite-gauche tant attendu aura bien lieu. Après une réunion stérile, lundi soir, les équipes du « Printemps de Prades » et de « Aude Vivès pour les Pradéens » se sont quittées sans pouvoir réaliser de fusion.

Une triangulaire était un temps attendue, mais un communiqué a changé la donne. « 10,31 % (300 voix), avec le score réalisé au premier tour de cette élection municipale, nous pensions possible, et souhaitable, pour l’emporter dimanche, une réunion de nos forces avec celles d’Aude Vives », explique David Berrué. « Cette intention, cette stratégie, cette façon de s’appliquer à soi-même le principe démocratique (3 élus sur 22, à la proportionnelle), n’étaient ni partagées ni même envisagées par nos interlocuteurs. Il n’y aura pas de liste commune de la gauche pour laquelle voter le 22 mars prochain. Nous espérons que cela ne compromette pas l’alternance que nous sommes nombreuses et nombreux à penser à portée de main depuis dimanche dernier. Nous entendons l’appel des nombreuses personnes sympathisantes qui nous demandent de nous retirer: Passée l’amertume du moment, en cohérence avec notre fonctionnement basé, depuis le début, sur notre collectif, nous choisissons de ne pas maintenir notre candidature ».

Une annonce qui ne semble pas étonner Julien Audier-Soria. « Nous nous y attendions, mais nous ne sommes pas inquiets. Je suis encore plus déterminé que le premier jour: Les Pradéennes et Pradéens méritent une équipe capable de porter un dialogue constructif. Les deux autres listes ont montré qu’elles n’étaient pas du tout dans cette dynamique ».

Philippe Comas (L’Indépendant, le 18 mars 2026)

Contactée, Aude Vivés n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations.

1er tour des municipales 2026. Prades : Prades : Le vote pradéen, bureau par bureau (L’Indep)

3 à 2, voici le score de ce premier tour en faveur de Julien Audier-Soria lorsqu’on comptabilise les voix par bureau.

La salle du Pessebre, l’hôtel de ville et la salle Lousa pour l’un. Les salles du Foirail et Gelcen pour l’autre. À quelque chose près l’est de la ville contre l’ouest. On peut noter qu’une grosse différence se fait entre les deux principaux candidats au niveau du bureau de vote installé à la salle Lousa. Aude Vivès récolte 135 voix de moins que son adversaire du jour, sur 540 votes exprimés.

Les électeurs habitant sur la rive gauche de la Têt (côté lycée) ont-ils apprécié les efforts faits par la précédente municipalité pour les rapprocher du centre (passerelle sur la Têt) ? Quand on sait que 101 voix seulement (au total) départagent les deux principales listes…

L’ouest à gauche et l’est à droite ?

Notons enfin que les bureaux du Foirail et de Gelcen, ceux « remportés » par Aude Vivès, sont aussi ceux où la liste LFI-Écologistes a fait ses meilleurs scores. David Berrué y a obtenu 160 bulletins en sa faveur. Une réserve de voix qui pourrait s’avérer décisive en cas d’union des listes. Encore faudra-t-il que les électeurs comprennent et acceptent cette toujours hypothétique fusion. Des négociations entre Aude Vivès et David Berrué ont-elles commencé ? Dans leurs réactions « à chaud » (dimanche soir après les résultats) le candidat ayant obtenu le moins de voix l’espérait, Aude Vivès n’était pas contre. Les deux listes auront en tout cas jusqu’au mardi 17 mars à 18h pour se décider. En cas de fusion de listes, l’alternance entre une femme et un homme doit toujours être respectée. Additionner ses forces pour espérer pouvoir l’emporter. Mobiliser les abstentionnistes. La folle semaine des candidats a déjà commencé.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 17 mars 2026)

1er tour des municipales 2026. Prades : Soria-Vives, un duel serré au 2nd tour (L’Indep)

Julien Audier-Soria et Aude Vives se dirigent vers un deuxième tour qui promet de garder les électeurs pradéens en haleine. La liste « Prades : ensemble demain ! » récolte 46,58 % des suffrages exprimés pendant que « Aude Vivès pour les Pradéens » obtient 43,11 % des votes. L’équipe du « Printemps de Prades », emmenée par David Berrué, réunit pour sa part 10,31 % des voix et peut se maintenir.

Et c’est parti pour un second tour à Prades. La campagne menée par les trois candidats aura en tout cas mobilisé les électeurs puisque 63,45 % des personnes inscrites sur les listes électorales de la sous-préfecture conflentoise se sont exprimées (contre 52,05 % en 2020). Les deux avocats, Julien Audier-Soria et Aude Vivès, ont une semaine pour faire pencher la balance en leur faveur. « C’est une défaite pour la droite, mais la gauche n’a pas encore gagné », pour David Berrué. Le troisième candidat peut éventuellement se maintenir et compte bien être acteur du vote qui se déroulera dimanche prochain. « Nous appelons, comme depuis le début, à la réunion des dynamiques. Il y a un enjeu historique pour en finir avec une période « Castex » qui a duré 20 ans ».

David Berrué et les abstentionnistes en arbitre ?

Des discussions vont très certainement s’engager avec l’équipe d’Aude Vivès. La vice-présidente du Département se dit « très satisfaite des résultats du premier tour. Il y a eu une forte mobilisation qui montre que les gens ont envie de changement ». Concernant la possible fusion, « il faut qu’on en discute avec mon équipe. Je ne suis pas contre, mais je ne veux pas m’enfermer dans quelque chose de binaire ». Julien Audier-Soria, son adversaire du second tour, est lui aussi « satisfait du résultat. Une grosse semaine de travail nous attend ».

Julien Audier-Soria, le candidat parrainé par Jean Castex espère « mobiliser les abstentionnistes ». Un réservoir de 1 740 électeurs (36,55 %) qui pourrait en effet jouer un rôle déterminant pour le résultat final. À propos d’une éventuelle fusion de la liste de David Berrué avec celle d’Aude Vivès, le candidat arrivé en tête de ce premier scrutin précise : « Je m’étonne qu’elle soit réceptive à cet appel. Aude Vivès avait annoncé dans les médias que son équipe était constituée et que ce serait la même au second tour. II serait pour le moins aberrant que cet engagement ne soit pas tenu ».

En 2020, la liste de Jean Castex l’avait largement emporté au premier tour avec plus de 75 % des voix exprimées. L’ancien Premier ministre, élu pour la troisième fois d’affilée, avait rapidement laissé sa place de maire au premier adjoint Yves Delcor.

Philippe Comas (L’Indépendant, le 16 mars 2026)