Les jeunes Conflentois manifestent à Prades (L’Indep)

Dimanche, place de la République à Prades, un rassemblement a eu lieu sous le mot d’ordre « Non au permis de tuer » à l’appel de nombreuses organisations. Comme dans de nombreuses villes en France et à Perpignan, les manifestants s’étaient rassemblés en réaction à la proposition de loi, votée le 7 juillet par les députés, prévoyant que policiers et gendarmes sont « présumés avoir agi » dans le respect de la loi quand ils « font usage de leurs armes ». Un « permis de tuer », pour ses opposants qui souhaitent empêcher son examen au Sénat.

À Prades, c’est le collectif Jeunesse populaire Conflent et alentours qui a porté l’élan de ce rassemblement, allant jusqu’à 110 personnes selon les organisateurs. Dans ce groupe intergénérationnel, on note la présence importante de jeunes locaux aux slogans chocs contre le texte de loi et les violences d’État. « Nous étions le matin à Perpignan et n’espérions pas tant de monde à Prades. Cela a été plus festif ici avec de la musique. C’est important pour nous qu’il y ait aussi de la mobilisation là où nous habitons. »

Après des prises de parole exprimant entre autres « la crainte que la loi ne fasse monter d’un cran la tension et les violences entre les jeunes et la police », le groupe s’est dissous assez rapidement.

L’Indépendant, le 22 septembre 2026

« C’est un permis de tuer, si on laisse passer ça, ce sera l’escalade » (L’Indep)

Comme partout en France, des militants se sont mobilisés ce dimanche 20 septembre pour protester contre le projet de loi sur la présomption de légitime défense pour les policiers et gendarmes qui font usage de leur arme. Plus de 300 personnes se sont rassemblées à Perpignan.

« Non au permis de tuer ». Le message est clair. Les mots, glaçants. Pourtant, pour les manifestants réunis ce dimanche 20 septembre à Perpignan, c’est bien de cela qu’il s’agit.

En milieu de matinée, devant le tribunal perpignanais, plus de 300 protestataires s’étaient réunis en cette chaude journée dominicale de septembre pour réclamer le retrait de la proposition de loi sur la présomption de légitime défense pour les policiers et gendarmes qui font usage de leur arme, notamment lors des refus d’obtempérer. Ce texte, déjà adopté à l’Assemblée nationale le 7 juillet dernier, doit encore être examiné au Sénat cette semaine. Pour bien comprendre: aujourd’hui, quand un policier ou un gendarme tire avec son arme, une action judiciaire est engagée. Le tireur doit justifier son geste.

Avec la présomption d’innocence, ce sera à la victime de prouver que l’usage de l’arme n’était pas justifié. Ou à sa famille, en cas de décès. Un projet de loi qui courrouce ces militants et une partie de l’opinion publique. La plateforme des pétitions de l’Assemblée nationale recensant 732 086 signataires contre ce texte. Une pétition classée par les parlementaires. « C’est tout simplement un permis de tuer », tonne Josie Boucher, figure locale du Nouveau parti anticapitaliste (NPA). « On est en train de basculer dans un pays où les forces de l’ordre sont toutes puissantes. C’est tout bonnement impossible ».

Dans les rangs de la manifestation perpignanaise, se côtoient plusieurs visages connus des luttes sociales: militants d’Amnesty international, de la Ligue des droits de l’Homme… Une quinzaine d’associations, syndicats et partis politiques se sont serré les coudes.

Mais parmi ces habitués du poing levé, de très nombreux jeunes ont pointé le bout de leur nez. Des tout juste adolescents, pour certains, qui ont préféré battre le pavé plutôt que de profiter d’une grasse matinée dominicale qui sent encore l’été. C’est le cas d’Alban, 16 ans, venu avec Amandine, 18 ans, et trois autres copains dont le plus jeune affiche à peine 15 printemps.

« Pourquoi on se mobilise si jeune ? Car justement il nous reste toute une vie devant nous. Si on laisse passer cela, que va-t-il se passer ensuite ? Cela va empirer ? Ce sera l’escalade », estiment-ils.

À les écouter, ces ados assurent se mobiliser non pas dans un intérêt personnel, mais pour « le bien-être collectif ». Ils précisent : « Nous, nous n’avons pas peur de ces hypothétiques situations Nous sommes plutôt privilégiés, nous sommes blancs. Mais quand on voit ce qui s est passé à Carcassonne, entre les propos racistes d’un policier et un autre qui a violemment jeté un jeune au sol, nous devons nous mobiliser pour exiger une police responsable, qui nous laisse nous exprimer librement et qui nous protège. Tous ».

Les Sénateurs devront trancher.

Diane Sabouraud (L’Indépendant, le 20 septembre 2026)