Bertrand Badie. « Une très forte tension entre aspiration à la paix et populisme » (La Marseillaise)

Bertrand Badie, professeur émérite à Sciences Po Paris est l’auteur de « Par-delà la puissance et la guerre. La mystérieuse énergie sociale »(*).

La Marseillaise : Quel regard portez-vous sur ce conseil de paix créée de toutes pièces par Donald Trump ?

Bertrand Badie : C’est assez sidérant. Penser qu’un conseil de paix puisse être présidé de manière très autoritaire et unilatérale par le président d’une des puissances qui sont les plus impliquées dans la guerre, ce serait comme si on demandait à Al Capone de présider un conseil de lutte contre la mafia ! C’est un défi d’abord au multilatéralisme, dans le prolongement immédiat de propos extrêmement hostiles tenus à l’encontre des Nations Unies qui sont pourtant en grande partie une invention étasunienne. On entre dans un temps de subjectivation des normes internationales qui ne transcenderaient plus les logiques de puissance, mais seraient dans leur prolongement, ce qui est la négation même du droit. C’est ignorer ce qu’est la nature présente des nouveaux conflits internationaux qui ne sont pas liés à leur origine mais à un phénomène très préoccupant de décomposition sociale, économique, institutionnelle, donc qui implique, au contraire, une mobilisation des instruments de sécurité humaine. Dans ces conditions, on ne s’étonnera pas que les premiers à se précipiter ont été Victor Orban, le roi du Maroc, le ministre des Affaires étrangères de Biélorussie et maintenant Netanyahu.

La Marseillaise : Groenland, Venezuela, Iran : les appétits de Trump sont qualifiés d’impérialistes ou de néocolonialistes mais vous jugez ces termes inadaptés. Pourquoi ?

Bertrand Badie : Je me méfie toujours du recyclage des vieux mots qui avaient été forgés pour décrire des situations historiques tout à fait différentes. Il était un temps où l’interventionnisme américain se comprenait dans le contexte de la rivalité Est/Ouest. C’était l’époque de la bipolarité et de la guerre froide. On intervenait au Vietnam pour contenir indirectement la menace venant du camp soviétique. Puis, lorsque le mur est tombé, on intervenait en Irak pour changer le régime, le convertir aux vertus de la démocratie et du libéralisme : ces fameuses guerres de conversion. Aujourd’hui, la puissance est auto-finalisée. On intervient non pas dans un but précis, comme le prescrivait en son temps Clausewitz, mais tout simplement pour montrer sa puissance. Chacun sait que ni l’intervention indirecte à Gaza, directe au Venezuela, potentielle au Groenland, ne correspondent à des visions stratégiques ou de démocratisation des systèmes politiques concernés. On découvre une forme nouvelle de puissance, qui est nue, complètement coupée du droit et des valeurs. Elle n’a pour fonction que de faire écho à une crise de la société américaine qui se sent régresser, dépossédée, victime de la mondialisation et d’en faire un instrument de gouvernement en soi, indépendamment d’autres préoccupations. C’est devenu la puissance pour la puissance.

La Marseillaise : Vous soulignez dans votre livre(*) que ces puissances ne gagnent plus les guerres qu’elles mènent.

Bertrand Badie : Absolument. Les États-Unis ont été vaincus dans toutes les guerres qu’ils ont menées depuis 1945, sauf celles menées en 1991 sous mandat des Nations Unies. Ils ont été battus au Vietnam, Afghanistan, en Irak, en Somalie. Trump lui-même en tire les conséquences en s’agitant sur la scène internationale, en menaçant, en faisant de la musculation diplomatico-militaire, mais en évitant d’envoyer, comme on dit en anglais, « boots on the ground », c’est-à-dire des hommes sur le terrain.

La Marseillaise : Emmanuel Macron qui affirme « pour être libre, il faut être craint ». Que vous inspire cette rhétorique ?

Bertrand Badie : Ce n’est plus actuel, ni pertinent. Aujourd’hui, on a montré que la puissance n’impressionnait plus. Et de façon d’autant plus remarquable, que le plus souvent c’est le faible qui gagne sur le fort. Ce qui importe, ce n’est pas d’être craint, c’est d’être crédible. Dans notre monde tel qu’il est, toutes les forces et toutes les puissances brutes ne sont plus nécessairement craintes. En revanche, une force crédible, l’est à deux égards. Car, d’une part, il faut savoir convaincre que l’on a une proposition raisonnable de paix qui puisse susciter la confiance de l’adversaire, et ça, c’est ce qui manque à la diplomatie européenne. D’autre part, il faut montrer que l’on a une capacité d’action qui soit adaptée aux données et aux paramètres nouveaux des conflits, ce qui est loin d’être le cas.

La Marseillaise : Face à cela, quel est le rôle de cette « mystérieuse énergie sociale » ?

Bertrand Badie : Pendant des siècles, les sociétés étaient tenues en dehors des relations internationales qui étaient, comme disait Raymond Aron, l’affaire du diplomate et du soldat. Or aujourd’hui, et depuis que la mondialisation est en marche, que la communication sociale s’est généralisée, on assiste progressivement à une appropriation sociale des relations internationales. De plus en plus, les forces sociales entrent sur la scène internationale et pèsent un poids remarquable sur celle-ci. La résilience sociale du peuple ukrainien a été l’un des facteurs majeurs d’échec de l’armée russe qui n’a pas réussi à conquérir Kiev au bout de quatre ans. Pour Gaza, l’opinion publique internationale s’est très fortement mobilisée, notamment sur les campus, la thématique palestinienne s’est insérée dans les revendications sociales des personnes, obligeant les gouvernements d’Europe occidentale à reconnaître l’État de Palestine, les États-Unis et même Israël, à mettre fin à une boucherie qui avait atteint pourtant déjà les 100 000 morts. C’est l’avenir des relations internationales : cette capacité de créer de l’empathie, de voir s’unir, se confondre les souffrances internationales.

La Marseillaise : Les réseaux sociaux favorisent cela ?

Bertrand Badie : C’est l’explication de cette insertion fulgurante de la nouvelle génération, la Gen Z, dans les affaires politiques mondiales. D’abord au Sri Lanka, au Bangladesh, au Népal, puis ensuite à Madagascar et au Maroc, tout ça renvoie à une nouvelle génération qui ne ressemble pas aux précédentes, qui est surconnectée. Vous avez dans le monde 3 milliards d’individus qui sont connectés, y compris jusque dans les bidonvilles africains. Il y a une visibilité du monde qui suscite l’empathie, l’intérêt pour des causes extérieures et quelquefois lointaines, qu’autrefois, les individus n’auraient même pas connu.

La Marseillaise : Le sondage Ifop publié ce jour témoigne des tensions qui traversent notre société…

Bertrand Badie : Vous avez dans la société une très forte tension entre une aspiration à la paix qui est puissante, transhistorique, que vous retrouviez même à l’époque de la guerre froide et, simultanément, une vague néopopuliste qui se construit autour d’une peur de la mondialisation, d’un sentiment croissant de rétraction nationale et identitaire. Elle s’exprime notamment par une hostilité à l’égard de la migration, du commerce mondial, une volonté protectionniste, souverainiste, de repli national. Cela conduit, paradoxalement, à rendre très impopulaire un personnage comme Donald Trump, mais à le rendre également fascinant, avec le désir secret de faire la même chose chez soi. C’est tout le danger du national-populisme aujourd’hui que de créer en même temps un appétit de paix et une demande sociale de puissance pour se rassurer face aux incertitudes imaginées de la mondialisation.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 22 janvier 2026)

(*) « C’est l’avenir des relations internationales : cette capacité de créer de l’empathie » aux éditions Odile Jacob

Le Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires a cinq ans

À l’occasion du 5ème anniversaire de l’entrée en vigueur du Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN), le Mouvement de la Paix appelle tous les pays à s’engager dans ce traité, notamment la France, pour un monde débarrassé de la menace des armes nucléaires.

À l’heure de la remilitarisation vertigineuse du monde, la menace de l’usage de l’arme nucléaire refait son apparition. Avec un budget militaire de 50 milliards par an, dont environ 7 milliards pour les armements nucléaires, et une augmentation prévue de 6,7 milliards pour 2026, la France participe au renforcement des menaces.

Pourtant les populations n’ont qu’une seule aspiration : vivre dignement et en paix.

Pour le Mouvement de la Paix, le 5ème anniversaire du TIAN est l’occasion de rappeler que la société civile peut emporter des victoires en partenariat avec des États et l’ONU. Elle a été à l’origine en 2017 du vote par 122 États de l’adoption du TIAN. Depuis, 95 États ont signé ce traité et 74 l’ont ratifié. 127 le soutiennent. Le Mouvement de la Paix se félicite de cet engagement majoritaire sur la Planète.

Les escalades guerrières qui bafouent le droit international, les menaces multiples contre la souveraineté des peuples et l’exacerbation renouvelée des menées impérialistes, appellent d’autres réponses que le repli nationaliste et le réarmement y compris nucléaire. Celui-ci met en péril l’existence même de l’humanité. On ne peut tolérer que les 9 pays détenteurs de l’arme atomique puissent décider de l’éradication même de la vie sur Terre.

Le Mouvement de la Paix a fait du désarmement nucléaire une de ses grandes campagnes 2026, en lien avec les aspirations des français qui, selon le sondage IFOP de janvier 2026, demandent très majoritairement à 64 %  que la France s’engage dans un processus d’élimination contrôlé des armes atomiques tel que prévu par les Nations Unies. D’ores et déjà, nous sollicitons le Président de la République ce jour dans ce sens. L’année 2026 comprendra de grands moments d’action, dont notre présence, via une délégation nombreuse, à la première conférence du TIAN en novembre 2026 au siège des Nations Unies à New York.

C’est pourquoi le Mouvement de la Paix demande que la France :

  • Soit présente en tant que membre observateur à la prochaine réunion d’examen du TIAN et s’engage dans la signature du TIAN
  • applique les dispositions du Traité de non-prolifération (TNP), notamment son article 6
  • joue son rôle de garant de l’effectivité du droit international en tant que membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU
  • œuvre pour l’application de la Charte des Nations Unies, notamment pour que les dépenses d’armement soient réorientées vers la satisfaction des besoins essentiels des populations et la construction des 8 domaines de Culture de la paix.


Le 22 janvier 2026

Le MRAP condamne l’agression du Venezuela par les États-Unis !

Le MRAP, condamne l’intervention militaire des États-unis au Venezuela, le bombardement de Caracas, et l’enlèvement du président Maduro.

Ce procédé ne résout aucun problème et ajoute à l’instabilité de la situation internationale.

Le MRAP réaffirme la primauté du droit international que cet acte bafoue, ouvrant la porte à toutes les aventures.

Communiqué de presse de la FSU. Soutien au peuple vénézuélien

La capitale du Venezuela, Caracas, et plusieurs régions du pays ont été bombardées par l’armée des États-Unis d’Amérique cette nuit. Le gouvernement de Washington revendique un raid terrestre et l’enlèvement du président du pays, Nicolas Maduro.

Cette tentative impérialiste d’imposer un changement de régime au Venezuela survient après des semaines d’escalade et de frappes des États-Unis contre des navires, aux Caraïbes et dans le Pacifique, sous prétexte d’une lutte contre le trafic de drogues. Des actes dénoncés par le haut-commissaire aux droits de l’homme de l’ONU comme inacceptables et réalisés en violation complète du droit international.

La FSU se tient aux côtés du peuple vénézuélien. Si elle n’a pas d’illusion sur le régime en place à Caracas, son autoritarisme et ses atteintes aux droits de l’homme, elle n’en a pas non plus sur les motivations de l’administration Trump, notamment à l’égard des ressources pétrolières.

C’est au peuple vénézuélien qu’appartient souverainement le droit de déterminer son avenir et de gérer les ressources du pays, hors des tentatives de prédation étrangères.

L’agression militaire des Etats-Unis est inadmissible. Elle risque d’entraîner le chaos, la guerre civile et une souffrance accrue d’une population déjà confrontée à un blocus économique.

La FSU attend du gouvernement et de la communauté internationale qu’elle condamne cette intervention et défende les principes qui fondent le droit international.

La FSU appelle à se joindre aux mobilisations et rassemblements de soutien au peuple vénézuélien, contre l’agression des États-Unis.

Alors que débat se poursuit à l’Assemblée nationale. Exigeons un budget 2026 pour la paix et la justice sociale

Le 10 décembre 2025 ce sera la journée internationale pour les droits de l’Homme (des humains) et donc aussi pour les droits des êtres humains à Paix. Ce même jour commencera à l’assemblée nationale un débat sur « la trajectoire d’augmentation des moyens de nos armées »

À travers ce débat l’objectif annoncé par le ministre des Armées Lecornu et par le Gouvernement, sera d’augmenter les moyens militaires pour répondre aux exigences des USA, de l’Otan et de l’UE d’atteindre l’objectif des 5 % du PIB pour les dépenses militaires.

C’est pourquoi dans une déclaration du 26 novembre le Mouvement de la Paix a appelé « à une mobilisation citoyenne devant les préfectures et sous-préfectures afin d’exiger le respect intégral du droit international et de la charte des Nations Unies, le respect du droit des humains à la paix, la recherche de solutions diplomatiques aux conflits et la mise en œuvre de la résolution de l’ONU portant plan d’action pour la mise en œuvre de la culture de paix. »

Le Mouvement de la paix dans cette déclaration indiquait «  Le non-respect du droit international nous conduit droit vers une guerre généralisée. Il est donc urgent de rompre avec cette spirale. L’espoir existe : il réside dans la capacité des sociétés civiles à s’unir pour défendre la paix, la justice sociale et la protection de la planète. C’est en construisant ce front commun pour la paix sur le plan national, européen et mondial que nous pourrons isoler les faiseurs de guerre et rappeler aux gouvernements leur devoir fondamental : préserver la vie et la paix. Nous refusons que l’avenir de nos enfants soit écrit dans la peur et le sang. Nous refusons que la jeunesse paie de sa vie les erreurs et les renoncements des grandes puissances. Exiger la paix, ce n’est pas un rêve naïf : c’est la condition même de l’avenir. Qui veut la paix, prépare la paix ! »

C’est pourquoi Le Mouvement de la paix, appelle partout en France durant cette semaine du 8 au 13 Décembre 2025, avec un moment fort le 10 décembre, à multiplier les actions d‘information et de sensibilisation incluant des délégations auprès des préfets pour exiger un Budget 2026 qui soit un budget pour la paix et la justice sociale.

Le Mouvement de la Paix – 8 décembre 2025
Contact : national@mvtpaix.org

Signez l’appel je dis non au doublement des dépenses pour les armes nucléaires, oui à une augmentation des investissements en faveur de la vie !

La jeunesse communiste dans le Vallespir

Ce samedi 29 novembre, deux jeunes de la JC sont venus sur le marché de Céret pour accompagner les communistes de la section Vallespir du PCF lors de la vente du numéro exceptionnelle du Travailleur Catalan consacré à l’économie des Pyrénées-Orientales.

Ils ont également fait signer avec les militants du Mouvement de la Paix la pétition pour la Paix et l’interdiction des armes nucléaires.

On les voit ici en pleine conversation avec Jacques Majester, le secrétaire de la section Vallespir du PCF.

L’édito du webzine. La paix pour notre jeunesse et notre peuple

L’histoire récurrente du capitalisme est toujours la même. Pour tenter de sortir de ses crises profondes, il fait appel aux canons. La période actuelle ne fait pas exception, pour sortir de son impasse, la guerre, croit-il, lui offrirait une solution. Pour cela, il est prêts à sacrifier les enfants des peuples.

Anatole France à propos de la boucherie de 14-18 écrivait : « On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels » et ajoutait : « Ces maîtres de l’heure possédaient les trois choses nécessaires aux grandes entreprises modernes : des usines, des banques, des journaux. » En 2025, les propos plus que centenaires du prix Nobel de littérature 1921, n’ont rien perdu de leur pertinence et impertinence.

Le discours dominant des possédants, sous couvert de patriotisme et de morale, prépare les esprits et notamment la jeunesse, à l’inéluctable de la guerre. Du chef d’état-major des Armées déclarant devant les maires réunis en congrès qu’il faut se préparer à « accepter de perdre nos enfants », à Emmanuel Macron qui annonce un service militaire « volontaire » pour grossir les régiments de réservistes, la musique est lancinante et marche au pas. Ces discours va-t-en-guerre doivent être démontés car d’autres options sont non seulement possibles mais nécessaires.

Ce sont bien les communistes que ces gouvernants craignent le plus car ils démontent sans relâche les mécanismes des causes de la crise et se battent inlassablement pour construire la paix en prônant la diplomatie, la coopération et l’intervention des citoyens. Les communistes démontent quotidiennement que la paix se bâtit dans des sociétés où doivent primer la fraternité et l’égalité et non la concurrence aveugle entre les individus, asservis par un système qui veut les opposer les uns aux autres.

Pour de nouveaux jours heureux

La paix c’est des services publics renouvelés, des écoles et la lutte sans merci contre cet aide de camp du capitalisme que sont tous les trafics, celui de la drogue en priorité. Ces mafias tuent nos enfants, tuent tout espoir pour des milliers de jeunes qui aspirent à être formés et à travailler.

La soif de paix doit être porté par toute la gauche et doit absolument s’élargir à l’ensemble du mouvement social pour infuser dans la société et faire reculer les semeurs de haine, tous ceux qui profitent du désarroi et du confusionnisme ambiant qui font le lit de l’extrême droite.

Les communistes ne céderons ni à la peur, ni aux menaces, d’où qu’elles viennent. Fabien Roussel s’en est fait le porte-parole lors de son récent meeting à Marseille en menant un discours de paix. Face à l’économie de guerre, face aux discours guerriers, il fait le serment : « Jamais nous ne voterons les crédits militaires et les pleins pouvoirs à des dirigeants prêts à envoyer nos enfants faire des guerres qui ne sont pas les nôtres. »

Face à ces sacrifices promis à la jeunesse, Fabien Roussel veut ouvrir d’autres perspectives. « Nous proposons 100 milliards d’euros par an pour relever ce pacte d’avenir pour la France et le climat », annonce-t-il. Cela pour reconstruire les services publics avec un plan de formation de soignants et d’enseignants, abroger la réforme des retraites, indexer les salaires sur l’inflation en augmentant le Smic, assurer l’égalité salariale, garantir une énergie accessible et décarbonée… Et lancer la reconquête industrielle. « Il n’y aura plus une heure de travail qui partira à l’étranger », promet-il. Alors que la richesse des 500 plus grosses fortunes a doublé en huit ans, le secrétaire national du PCF interpelle : « Nous avons assez fait de sacrifices ! Les cigares doivent changer de bouches ! »

Le peuple de France ne se laissera pas faire. Les manifestations du 2 décembre contre « le musée des horreurs » retentira dans toutes les villes de France. Les communistes seront présents dans les rassemblement pour appeler à de nouveaux jours heureux.

Dominique Gerbault

Soudan : Le Mouvement de la paix appelle la France à agir pour mettre en œuvre une action internationale urgente, décisive et coordonnée par les Nations unies pour protéger les civil·es

Le Mouvement de la paix s’associe à la déclaration faite par le FIDH (1) signée par la LDH. Il attire l’attention sur les éléments principaux de cette déclaration signée par de nombreuses organisations de défense des droits l’homme en particulier africaines : « Après dix-huit mois de siège sans interruption, la ville soudanaise d’El Fasher est tombée aux mains des Forces de soutien rapide (FSR) le 26 octobre 2025. Des preuves de massacres de masse et de nettoyage ethnique s’accumulent. Une action internationale urgente, décisive et coordonnée est nécessaire pour protéger les civil·es, permettre l’accès humanitaire et garantir la responsabilité des crimes graves commis à El Fasher et dans l’ensemble du Soudan.

Des preuves d’atrocités de masse et de nettoyage ethnique

Dans son rapport de septembre 2025 intitulé « Une guerre d’atrocités », la Mission d’enquête internationale indépendante des Nations unies sur le Soudan a conclu que les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF) étaient responsables d’attaques directes et à grande échelle contre des civils et de la destruction massive d’infrastructures essentielles. La Mission a constaté que les RSF avait commis une multitude de crimes contre l’humanité pendant le siège d’El Fasher, notamment des meurtres, des actes de torture, des viols, de l’esclavage sexuel, des déplacements forcés et des persécutions pour des motifs ethniques, sexistes et politiques.Le conflit entre les SAF et les RSF, qui a éclaté en avril 2023, a provoqué l’une des pires catastrophes humanitaires au monde. Plus de 150 000 personnes ont été tuées, plus de 14 millions ont été déplacées et plus de 25 millions sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë, la famine étant confirmée dans plusieurs régions.

Appel à l’action La communauté internationale a reçu des avertissements répétés concernant le risque d’atrocités de masse à El Fasher tout au long de l’année 2025. Malgré ces avertissements, les mesures concrètes prises pour prévenir la catastrophe actuelle ont été insuffisantes. Une action internationale urgente, décisive et coordonnée est nécessaire pour assurer la protection des civils et permettre l’accès humanitaire. Les auteurs des crimes contre l’humanité commis à El Fasher et dans tout le Soudan seront tenus responsables de leurs actes » (fin de citation).

Le Mouvement de la paix souligne combien le peuple Soudanais, dans ses diversités, a exprimé, en particulier par la mobilisation de sa jeunesse, pendant la période de la transition démocratique 2019-2021, toutes ses aspirations à vivre en paix et en démocratie et toutes ses capacités à gérer le pays.

Le Mouvement de la paix appelle le gouvernement de la France et le président de la République à utiliser tous les leviers et moyens en leur possessions pour arrêter ces massacres et cette guerre, pour rétablir la sécurité des populations et intervenir au niveau des Nations unies pour mettre en œuvre des équilibres durables au-delà d’un cesser le feu.

Parmi les actions possibles, au-delà des pressions diplomatiques, dont nous mesurons trop souvent les limites, l’intervention des forces d’interposition et de protection des populations civiles doivent être envisagées le plus rapidement possible par les Nations unies afin d’éviter la poursuite d’une guerre interne par procuration qui dure.

Le Mouvement de la paix condamne toutes les interventions étrangères dans ce conflit.

Il appelle a participer aux actions allant dans ce sens et à intervenir auprès des parlementaires et des préfectures pour faire valoir nos demandes.

Le Mouvement de la paix le 7 novembre 2025

1- Fédération internationale des Droits de l’Homme
2- Source : https://www.ldh-france.org/soudan-une-action-internationale-est-urgente-pour-empecher-de-nouvelles-atrocites-a-el-fasher/

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Appel du mouvement de la Paix

Ni essais réels ou simulés, ni modernisation des armes nucléaires ! Application du droit international qui porte l’exigence de l’élimination totale des armes nucléaires via par exemple le Traité de Non-Prolifération Nucléaires (TNP) et le TIAN. La France doit signer et ratifier le Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires (TIAN).

La course insensée aux armes nucléaires se poursuit.

Juste avant sa rencontre avec le président chinois, Trump annonce sa volonté de relancer les essais nucléaires. Vladimir Poutine quelques jours auparavant avaient annoncé les essais d’un nouveau missile.

Les Echos et la Tribune annoncent dans leurs éditions du 28 octobre que « La France vient de mettre en service la nouvelle version de son missile nucléaire balistique intercontinental, le M 51.3, marquant ainsi une avancée majeure dans la modernisation de sa dissuasion nucléaire océanique ».

Ce missile est destiné à équiper les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins SNLE. Selon les informations données « ce missile est plus puissant plus précis que ses prédécesseurs, le M 51.3, Trois bénéficie d’une nouvelle tête nucléaire (TNO–2) et d’améliorations technologiques destinées à contrer les défenses antimissiles adverses. »

Le mot important est énoncé : « les défenses antimissiles ».

Cela confirme une fois de plus qu’à la suite de la fin du traité ABM (traité anti balistique missile) en raison du retrait unilatéral des USA le 13 juin 2002 (sur décision du Président Bush) le monde est replongé dans la perspective d’une utilisation tactique des armes nucléaires et à une résurgence de la guerre des étoiles. Un nouveau seuil est en train d’être franchi, qui nécessite une nouvelle mobilisation des opinions publiques en France et au plan au plan mondial.

Où en est-on en matière d’essais nucléaires ?

Pour infos les USA n’ont jamais ratifié le Traite sur l’interdiction des armes nucléaires (TICEN – traité d’interdiction complète des essais nucléaires- en anglais CTBT), empêchant ainsi ce traité d’entrer en vigueur ,car les usa font partie des Etats dont la signature conditionne l’entrée en vigueur du TICEN alors qu’il a été signe par 184 États et ratifié par 168. La Russie avait ratifié ce traité en 2000 et s’en est retirée en novembre 2023.

La France a ratifié ce traité mais nous considérons qu’elle viole l’esprit et la lettre du Ticen à travers les « essais en laboratoire » réalisés garce au Laser Mégajoule installé au Barp près de Bordeaux. En effet , un des objectifs du TICEN est de stopper les modernisations des armes nucléaires, modernisations qui passent essentiellement par les essais nucléaires.

Parmi les États qui poursuivent des essais simulés en laboratoire et il y a donc les USA (au Nevada et expériences au laser à Livermore), le Royaume-Uni, la Russie, la Chine, le Pakistan, Israël et la France.

Au 21e siècle seule la Corée du Nord a réalisé un essai nucléaire souterrain, le 3 septembre 2017.

Le 26 janvier 2025, Monsieur Shiguemitsu Tanaka, survivant du Bombardement atomique des USA sur Nagasaki le 9 aout 1945, en tant que représentant de l’association Nihon Hidankyo lauréate du prix Nobel de la paix en 2024 , a prononcé, devant la base de sous-marins nucléaires de l’ile longue (Crozon dans le Finistère), plusieurs interventions et lu en français et en japonais l’appel mondial pour l’élimination totale des armes nucléaires que vous trouverez ci-après et qui est actuellement porté par une quarantaine d’organisations au niveau mondial et par les presque 200 organisations du collectif national des marches pour la paix. D’autres appels au plan international ont vu le jour ce qui renforce la dynamique pour l’élimination totale des armes nucléaires, tout comme l’obtention du traité sur l’interdiction des armes nucléaires voté à l’ONU le 7 juillet 2017 et ratifié le 22 janvier 2021.

La conférence internationale contre les bombes A et H qui s’est déroulée à Hiroshima les 4et 5 août 2025 à laquelle participaient une centaine de militants français conduite par le Mouvement de la paix dont 35 militants du Mouvement de la paix, des militants de Mayors for Peace – les maires pour la paix- et des jeunes de MJC maisons des jeunes et de la culture des côtes d’Armor) a appelé à relancer mondialement les actions pour l’élimination totale des armes nucléaires.

Le Mouvement de la paix poursuit sa bataille pour l’élimination totale des armes nucléaires, et appelle en particulier à faire signer :

1) L’appel mondial pour l’élimination total des armes des armes nucléaires.
Sur cette question nous avons le soutien total de l’ONU qui appelle en particulier le 26
septembre de chaque année à la journée mondiale pour l’élimination totale des armes
nucléaires.

2) La pétition pour que la France signe et ratifie le Traité sur l’interdiction des
armes nucléaires
.

Daniel Durand : « Le risque de guerre mondiale est réel, mais il faut garder son sang-froid » (La Marseillaise)

Daniel Durand, secrétaire national du Mouvement de la paix de 1987 à 2002, est l’auteur de « Onu – droit international : Notre maison commune, notre avenir… »(*). Entretien.

La Marseillaise : Ce 80e anniversaire est célébré dans un contexte inquiétant, de « menace existentielle pour l’Onu ». Faut-il craindre le pire ?

Daniel Durand : Nous sommes dans une période difficile, inquiétante à de nombreux égards où le risque de guerre mondiale est réel. Mais il faut garder son sang-froid. Il y a déjà eu, ces quatre-vingts dernières années, des périodes extrêmes : les années 1960, avec les missiles russes à Cuba, les années 1980, avec les euromissiles et les risques d’affrontements en Europe, pour ne citer qu’eux. Il y a 80 ans on crée les Nations Unies, on établit une charte qui est censée régir les rapports des nations. Dès le départ, il y a deux conceptions qui vont s’affronter. Il y a l’espoir de la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’idée qu’on peut essayer de construire une humanité débarrassée de la violence, qui se traduit dans le texte fondateur par ce magnifique préambule « Nous, peuple des Nations Unies ». Et puis, il y a une autre conception qui traverse la charte de manière souterraine, c’est l’accord entre les deux vainqueurs de la guerre, l’Union Soviétique et les États-Unis, qui, pour régler leurs relations, privilégient le plan des rapports de force, et donc négocient entre eux le règlement au Conseil de Sécurité. Ce qu’on appelle le droit veto et la création de membres permanents. D’un côté, on a « nous, les peuples », et de l’autre, on a « nous, les États ». Cette opposition traverse l’histoire des 80 ans qui viennent de s’écouler.

La Marseillaise : Dans votre livre vous saluez la place que tient désormais le droit international grâce à l’Onu. Comment cela a été rendu possible ?

Daniel Durand : Dans les dernières années, il y a eu des évolutions profondes notamment concernant le droit international qui est devenu une question politique de premier plan. En 2024, à deux reprises, la Cour internationale de justice (CIJ) s’est prononcée sur le risque de génocide à Gaza et sur la légalité ou non de l’occupation israélienne. Ça n’avait jamais été tranché de manière claire depuis 1967. La CIJ a statué que « non », il n’y a pas de doute, l’occupation israélienne des territoires occupés est illégale et Israël doit s’en retirer. Ces décisions ou ces avis sont rejetés, contestés par les États-Unis, par Israël, mais elles posent un problème politique et c’est un appui pour tous ceux qui veulent construire un monde où il y ait des véritables normes. Donc, on est vraiment dans un débat.
C’est par ailleurs la pression des ONG qui a permis la création de la Cour pénale internationale (CPI). Celle-ci peut lancer des mandats d’arrêt contre quelqu’un comme Vladimir Poutine, le dirigeant d’une puissance membre permanent du conseil de sécurité.
Depuis trois ans [et l’invasion russe en Ukraine, Ndlr], Poutine ne peut plus se déplacer comme il le veut. Cela concerne aussi le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu qui a été contraint de modifier son itinéraire de vol en se rendant à Washington pour ne pas survoler des pays comme l’Espagne ou autres, où il risquait d’être arrêté.

La Marseillaise : Vous appelez à une réduction drastique des dépenses d’armement dans le monde. C’est bien le contraire qui se déroule actuellement…

Daniel Durand : Il faut être extrêmement inquiet et mobilisé sur ce qui est en train de se passer, notamment sur l’augmentation considérable des dépenses d’armement. On va sans doute approcher à la fin de cette année des 3 000 milliards de dollars de dépenses d’armement. À la fin de la Guerre froide, en 1989, on était à 900 milliards de dollars. On sait que des armes, un jour ou l’autre, sont faites pour servir. On assiste à deux phénomènes inquiétants : l’accumulation d’armes dans de nouvelles parties du globe, par exemple au Moyen-Orient, dans les pays du pétrole et en Europe avec la volonté des différents pays européens maintenant de dépasser les 3 % du PIB et d’aller à 5 %.
La semaine dernière, le secrétaire général de l’Otan, a lui-même dit que l’augmentation des dépenses militaires se fait aux dépens des dépenses de développement, des dépenses sociales, etc. C’est le danger principal et immédiat auquel il faut faire face. Il ne faut pas lâcher sur le renforcement et l’élargissement des traités.

La Marseillaise : Comment rester optimiste ?

Daniel Durand : Il faut avoir un regard intériorisé par rapport à ce que représentent les Nations Unies. Les problèmes qui sont en face de nous que ce soit le climat, l’eau, les migrations, sont globaux et on ne les réglera que si on les ressent comme des problèmes touchant l’ensemble de notre communauté.

Entretien réalisé par Laureen Piddiu (La Marseillaise, le 24 octobre 2025)

(*) « ONU – droit international : Notre maison commune, notre avenir… », Books on demand éditions, 116 pages,, 15 euros.