« Qui protégera les plus vulnérables demain ? » Hier, les mandataires judiciaires indépendants se sont mobilises partout en France pour un salaire plus juste. Ils étaient une vingtaine devant la préfecture de Perpignan, de nombreuses pancartes a la main.
Ils sont indispensables et accompagnent chaque jour les personnes les plus vulnérables. Les mandataires judiciaires indépendants sont les personnes désignées par les magistrats dans le cadre de mesures de protection juridique, telles que des sauvegardes de justice, des curatelles ou des tutelles. Partout en France, ils se sont mobilisés ce mardi 30 juin. À Perpignan, une vingtaine d’entre elles était devant la préfecture des Pyrénées-Orientales.
Leur demande : une revalorisation de leur salaire, gelé depuis douze ans. « Nous allons être reçus par la directrice de cabinet du préfet, Stella Chene. Le but est de faire remonter la demande au gouvernement », a précisé Amandine Lacour, elle-même mandataire judiciaire à Perpignan. Aujourd’hui, leur salaire dépend du coût de référence, fixé à 142,95 euros par mesure et par mois, «mais avec l’inflation et la hausse des charges, il devrait être à 180 euros », ont martelé les membres de la Fédération nationale des mandataires judiciaires indépendants à la protection des majeurs.
Quelques minutes avant d’être reçues par la préfecture, les manifestantes rassemblées devant l’établissement brandissaient différentes pancartes, « Mandatés, épuisés, oubliés », et criaient toutes en chœur : « En colère, et on est là ! » Ce métier, parfois méconnu, est destiné à s’occuper de beaucoup de « dossiers ».
« Mais ces dossiers, ce sont des personnes », a souligné Amandine Lacour. Elle et ses confrères travaillent « entre 40 et 50 heures par semaine », « gèrent des urgences, même en vacances », et font face à « une charge mentale très importante ». « On ne se plaint pas, c’est un choix de vie, mais il faut qu’on soit reconnus ».
Parmi les dizaines de dossiers traités, ils sont amenés à gérer des factures d’électricité, des placements à la banque ou même des actions en justice pour faire valoir des droits. Un mandataire judiciaire peut gérer un dossier aussi longtemps que la mesure de protection existe, parfois pour dix ans.
Emma Lemaire (L’Indépendant, le 1er juillet 2026)
