Au lycée Aristide-Maillol de Perpignan, un temps de « démocratie lycéenne » a eu lieu hier. Les élèves ont exprimé leurs préoccupations et le proviseur et la directrice académique se sont alors engagés à analyser les revendications.
Après plusieurs jours de colère, de blocage et de débordements, un temps d’apaisement semblait nécessaire dans les lycées français. Le ministre de l’Éducation nationale avait demandé la mise en place d’un temps de « démocratie lycéenne », pour permettre aux élèves d’exprimer leurs préoccupations et leurs besoins. Obligatoire pour l’ensemble des établissements français. À Perpignan ce vendredi 9 octobre, le lycée Aristide-Maillol s’est prêté à l’exercice.
Installés dans l’amphithéâtre de l’établissement, quelques dizaines de lycéens se sont préparés, feuille à la main et revendications en tête. Ils ont été choisis comme porte-parole de leurs classes, parmi les Seconde, Première ou Terminale, de différentes filières, générales, technologiques et professionnelles.
C’était aussi le moment pour eux de se faire entendre par leur proviseur Mare Cabale, et par la Directrice académique des services de l’Éducation nationale (Dasen), Anne-Laure Arino, tous les deux présents.
À l’image d’un sentiment collectif, Les mêmes idées sont revenues à plusieurs reprises. La première, les emplois du temps Le représentant de la Terminale pro métiers de la sécurité a été le premier à l’illustrer : « On a des trous énormes dans les emplois du temps, qui nous donnent des journées élargies. Ce qu’on veut, ce n’est pas défendre la fainéantise, mais bien le goût de l’effort. Cependant, cinq heures de trou, c’est inutile. On aimerait avoir du temps personnel pour faire du sport par exemple ». En effet, ce manque de temps libre, beaucoup le déplorent. « On reste assis sur une chaise pendant 9 heures. Comme ça, tous les jours, en plus des devoirs, de la vie familiale et de la vie sociale. On a 27 heures de cours et souvent autant d’attente parce qu’on est obligé de rester dans le lycée. Ce sont des heures de présence que les lycéens n’ont pas choisies », s’est exprimé un autre lycéen.
Comme ailleurs en France, la plateforme Parcoursup a été particulièrement pointée du doigt. « Dans notre classe, il y a une vraie peur. Parce qu’on va devoir choisir pour notre avenir, alors qu’on est encore très jeunes. Et tout ça, c’est fait par un robot qui classe les données statistiques », a déploré l’un d’entre eux, en Seconde générale.
Ensuite, la cantine : trop chère pour certains, trop remplie pour d’autres ou même « pas assez rassasiante » pour les élèves de la section sportive. Selon Malek, de Terminale CAP commerce, « quand on doit manger à 11h30 et qu’on reprend à midi, ce n’est pas possible d’aller à la cantine parce qu’il y a beaucoup trop de monde ». Le prix du repas quant à lui est fixé à 5 euros, mais cela leur semble à tous « assez injustifié ». D’autres revendications concernaient spécifiquement les infrastructures du lycée. « Des salles trop petites », « pas assez de chaises », des toilettes « cassées », « sans papier toilette » ou « sans protection hygiénique » et « des fenêtres qui ne s’ouvrent pas » pendant les périodes de fortes chaleurs.
À l’issue de presque deux heures de prises de parole, les élèves ont pu reprendre les cours, les blocus étant terminés. Le proviseur du lycée Maillol s’est alors engagé à « analyser avec: beaucoup de finesse le document qui va être remis avec l’ensemble des revendications ». Anne-Laure Arino a déclaré repartir « avec de nombreuses obligations » et s’engager « à ce qu’il y ait des temps de réunion très rapidement autour de Parcoursup ».
Emma Lemaire (L’Indépendant, le 10 octobre 2026)
