Train. Reprise de la ligne Perpignan-Villefranche après 18 mois d’arrêt (L’Indep)

La ligne ferroviaire Perpignan/Villefranche-de-Conflent a repris du service hier. Fermée après un déraillement à Eus en 2024, elle rouvre au terme de longs travaux et de fortes mobilisations d’usagers. Pour toute une vallée, ce retour du train marque bien plus qu’une simple reprise du trafic.

« Le départ à destination de Villefranche-de-Conflent est imminent. » Cela faisait bien longtemps que cette phrase n’avait pas résonné à l’intérieur d’un TER Lio. Ce samedi 24 janvier 2026, soit après 18 mois d’arrêt, la ligne SNCF Perpignan/Villefranche-de-Confient/Vemet-les-Bains a pu reprendre du service. À 8h09 hier matin, son départ a été inauguré en gare de Perpignan en présence de Jean Castex, président-directeur général du groupe SNCF, de Pierre Regnault de la Mothe, préfet des Pyrénées-Orientales et de l’association Train en Têt.

Le 24 juillet 2024, une coulée de boue et un glissement de terrain avaient provoqué le déraillement d’un train régional au niveau de la commune d’Eus, qui avait terminé sa course contre un pont.

Un accident qui avait fait cinq blessés légers et entrainé la fermeture totale du trafic entre Ille-sur-Têt et Villefranche-de-Conflent. SNCF Réseau avait annoncé la nécessité de démolir l’ouvrage avant tout redémarrage.

Au départ, le maire d’Eus était opposé aux travaux, mais s’en est suivi une vague de manifestations d’usagers en colère de ne plus pouvoir se déplacer correctement. La destruction a finalement été acceptée à l’été 2025 et les travaux ont commencé en octobre, pour une réouverture de la ligne ce samedi.

Cette reprise de la circulation a été amplement saluée. « C’est un jour de célébration. Ce train revient enfin parmi les siens », se réjouit Enric Balaguer, président de l’association Train en Têt. Fortement engagé dans la réouverture de la ligne, ce dernier a effectué quelques calculs : « Un habitant de Prades, employé à Perpignan, a passé 198 heures de plus dans les transports et a généré 39 tonnes de CO2 en plus durant les 18 mois d’arrêt du TER ». Des chiffres significatifs de cette situation qui a impacté de nombreux usagers, contraints de prendre le bus ou la voiture.

C’est le cas de Raoul, cet habitant de Prades qui a trouvé ces travaux « trop longs ». « Je prenais le bus pour aller à Perpignan mais je mettais beaucoup plus de temps à cause des arrêts. Je suis moins impacté car je suis retraité mais il faut dire que le train est quand même bien plus écologique ».

Aude Vivès, vice-présidente du conseil départemental des Pyrénées-Orientales, a suivi le dossier de près ces derniers mois. Aujourd’hui, elle est soulagée de cette reprise : « Toute la vallée est impactée. Ce n’est pas qu’une ligne de chemin de fer, c’est une ligne de vies, avec un « S ». On a pu voir les conséquences en termes d’emploi ou de fréquentation touristique ».

Mais la bataille ne semble pas terminée. Enric Balaguer souhaiterait notamment une amélioration du statut de la ligne pour qu’elle soit prise en charge par l’État et modernisée. Davantage de créneaux horaires permettraient également de desservir les lycées perpignanais. De son côté, la Coopérative des élus et le Parti communiste français présents ce jour, ont lancé une pétition, remise au préfet. Elle demande de développer les transports ferroviaires avec, entre autres, la réouverture des lignes Perpignan-Axat et Perpignan-Elne-Le Boulou-Céret, et la création de nouveaux arrêts à l’Université et sur le site de Paulilles.

Emma Lemaire (L’Indépendant, le 25 janvier 2026)

Après 18 mois d’arrêt, la ligne SNCF Perpignan-Villefranche rouvre samedi (L’Indep)

Le 24 juillet 2024, une coulée de boue sur la voie ferrée à hauteur d’Eus provoquait le déraillement d’un TER. Samedi, en gare de Perpignan, sera inaugure a 8h09, heure du départ du premier train, le retour de la ligne SNCF en presence, a bord, du préfet Regnault de la Mothe. De son côté, l’association Train en Têt se dit « soulagée » que ce train « revienne parmi les siens ».

Il aura fallu dix-huit mois jour pour jour d’un chantier de réfection, par moments complexe, pour remettre sur de (nouveaux) rails la ligne SNCF Perpignan-Villefranche-de-Conflent-Vernet-les-Bains. Pour rappel, suite au déraillement le 24 juillet 2024 d’un TER à hauteur du pont d’Eus la circulation des 14 trains qui empruntent régulièrement cette ligne avait dû être interrompue le temps de ces gros travaux. Le 16 janvier dernier, la livraison du chantier « clés en main » était officiellement actée.

Mais ce samedi 24 janvier, à 8h09 précisément (heure du départ depuis Perpignan du premier train reliant les deux gares), c’est le retour de cette ligne qui sera inauguré « pour partager un moment de convivialité à bord de ce train où sera offert le petit-déjeuner » annonce la SNCF. Le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, montera à bord du train qui fera une halte en gare de Prades-Molitg-les-Bains à 8h48 exactement. Puis poursuivra son trajet pour arriver en gare de Villetranche-Vernet-les-Bains à 8h56.

Pour sa part l’association « Train en Têt » fait savoir par la voix de son président Enric Balaguer qu’elle est « soulagée » pour « tous les acteurs qui ont opéré et continuent d’opérer à son bon fonctionnement ». Tout en espérant « une amélioration et une modernisation » de cette ligne Perpignan-Villefranche-Vernet-les-Bains, Enric Balaguer veut conclure sur une note positive: « la vie n’est pas un long fleuve tranquille. La ligne Perpignan-Villetranche n’est pas non plus une petite ligne tranquille, mais enfin -et c’est ça le plus important aux yeux des usagers, des cheminots, et plus largement des habitants des Pyrénées-Orientales-, le train revient parmi les siens ».

Valérie Pons (L’Indépendant, le 21 janvier 2026)

Communiqué du Syndicat CGT Cheminots de Perpignan. Retour du Train entre Perpignan et Villefranche

Ce samedi 24 janvier, les trains reliant Perpignan à Villefranche seront de retour. Il aura fallu attendre plus d’un an et demi après l’accident qui a endommagé le Pont d’Eus, pour que les circulations reprennent.

Depuis le début, le syndicat CGT des cheminots de Perpignan a dénoncé les délais anormaux avec des blocages administratifs mais surtout l’inaction de l’État face aux besoins des usagers du train et des citoyens utilisateurs du fameux Pont d’Eus.

Les usagers de la ligne vont enfin pouvoir retrouver leurs trains sur la totalité du parcours et ainsi mettre fin aux galères de correspondances avec les bus à Ille-sur-Têt ou tout simplement éviter les bouchons sur les routes pour aller travailler.

Aujourd’hui, nous saluons cette réouverture, mais nous restons mesurés car depuis de nombreux mois nous alertons sur l’insuffisance des moyens pour assurer l’ensemble des trains sur la totalité de la ligne, ainsi que le plan de transport nominal.

Pour rappel, si la fermeture partielle de la ligne a eu pour conséquence naturelle une diminution des moyens pour assurer les trains entre Perpignan et Ille-sur-Têt, dans cette même période les usagers ont subi des suppressions de trains (entre 25 et 30 %) par manque de personnel.

À partir du 24, la réouverture jusqu’à Villefranche est conditionnée par le retour sur cette ligne d’une rame TER ainsi que 2 conducteurs et 2 contrôleurs. Aujourd’hui la Direction ne souhaitant pas garantir ces conditions, le plan de transport quotidien sur la ligne sera une nouvelle fois fortement dégradé.

Mais soyons rassurés pour la journée du 24 janvier. La Direction va déployer un dispositif important pour s’assurer que l’inauguration en présence du PDG de la SNCF Jean Castex du préfet et de nombreux élus, se passe sans accroc. Tous les postes seront doublés avec des astreintes et plusieurs rames seront à disposition en cas de panne. Le train sera bien présent, tout beau et tout propre, bien accompagné en sécurité et sûreté avec des effectifs en nombre important. Mais qu’en sera-t-il après le 24 ?

La CGT appelle les cheminots à participer avec les associations d’usagers, les usagers, les citoyens et les élus politiques à cette inauguration. Mais contrairement à certains élus politiques et représentants de la Direction, nous continuerons à alerter sur les problèmes que les cheminots et usagers subissent au quotidien et nous resterons évidemment mobilisés afin de revendiquer des moyens pour assurer un service public de qualité sur cette ligne.

Perpignan le 19/01/2026

Eus. 16 mois après l’accident du TER, la remise en état est sur de bons rails (L’Indep)

Le 24 juillet 2024, une coulée de boue sur la voie ferrée sur la ligne Villefranche/Vernet-les-Bains/Perpignan provoquait le déraillement d’un train express qui a démoli la pile d’un pont. Bilan : cinq blessés légers dont le conducteur et une contrôleuse, et d’importants dégâts. Hier, une visite des opérations en cours a été initiée par la SNCF.

Seize mois se sont écoulés depuis l’accident spectaculaire, mais heureusement sans décès ni blessés graves, d’un train express régional qui circulait sur la ligne Villefranche/Vernet-les-Bains-Perpignan.

Ce mercredi 24 juillet 2024, tôt en matinée, un TER qui roulait à la vitesse de 100 km/h à hauteur d’Eus est heurté par une coulée de boue suivie d’un éboulement. Bon an mal an, il poursuit sa lancée mais finit par dérailler avant de cogner la pile du pont d’Eus qui relie la D66 au chemin des Marotxes. Et de finir sa course quelques dizaines de mètres plus loin. Bilan : sur les neuf personnes à bord cinq blessés légers dont le conducteur et une contrôleuse du train. Et de très importants dégâts matériels et ferroviaires.

Réouverture officielle de la ligne le 24 janvier 2026 à 8h30

Ce 12 décembre, c’est sur le chantier de remise en état que SNCF Réseau Occitanie (présidé par Catherine Trevet) représenté entre autres par Paul-Émile Guilben, responsable de travaux du réseau SNCF et Frédéric Jallut, directeur adjoint d’établissement, et en présence du sous préfet de Prades Didier Carponcin, avait convié les médias locaux. Pour information, les travaux ont nécessité une enveloppe de 1,4 million d’euros. Et la date de sa livraison est désormais fixée. « Ce sera le 16 janvier prochain, à midi », a annoncé officiellement Frédéric Jallut lors de la visite. Enchaînant, « SNCF Voyageurs pourra alors procéder à une série de tests et de vérifications de sécurité. Conformément à la réglementation, les conducteurs de trains de la ligne devront également suivre une nouvelle formation ». Quant à la réouverture de la ligne Perpignan – Villefranche-de-Confient, elle aura lieu « le 24 janvier à 8h30 ».

Nous découvrons en leu et place de la coulée de boue responsable de l’accident en juillet 2024, un tabler d’enrochement impressionnant constitué de pierres issues de carrères locales. Par ailleurs le talus a été renforcé, de nouveaux rails posés sur une distance de 500 à 600 mètres sur le ballast -les anciens rails ont été fondus et recyclés-, et une vingtaine de poteaux remplacés. En revanche, concernant le pont d’Eus détruit -propriété de la mairie d’Eus qui s’est toujours positionnée « pour une reconstruction de l’ouvrage »-, un bras-de-fer opposant la commune à SNCF Réseau à coups d’expertises et de contre-expertises, se poursuit depuis plus d’un an. Sans, pour l’instant, voir la lumière au bout du tunnel.

Valérie Pons (L’Indépendant, le 13 décembre 2025)

Ligne SNCF Perpignan-Villefranche : une date enfin arrêtée pour la reprise du trafic ferroviaire (L’Indep)

Enfin. C’est ce que doivent se dire les usagers du TER Perpignan-Villefranche-de-Conflent. Dix-huit mois après le déraillement d’un train régional à Eus provoqué par une coulée de boue et un glissement de terrain le 24 juillet 2024, la circulation va enfin reprendre. SNCF Voyageurs a confirmé que la ligne sera remise en service le 24 janvier prochain.

Pour rappel, l’accident de 2024 avait fait cinq blessés légers et entrainé la fermeture totale du trafic entre Ille-sur-Têt et Villefranche-de-Conflent. Le train avait terminé sa course contre un pont d’Eus. Rapidement, SNCF Réseau avait annoncé la nécessité de démolir l’ouvrage avant tout redémarrage. Mais la mairie d’Eus, propriétaire du pont, avait refusé dans un premier temps.

Après de nombreux mois de tensions, de manifestations d’usagers et de pétitions réclamant le retour rapide des TER, le conseil municipal d’Eus a finalement validé la destruction du pont a l’été 2025. Les travaux ont été menés en octobre. Le site a été totalement déblayé autour du 10 novembre.

Depuis début novembre, SNCF Réseau a engagé le chantier de remise en état de la voie, des installations de sécurité et des abords. L’opération doit s’achever le 16 janvier prochain. Après une série de tests réglementaires, la circulation du TER va donc pouvoir reprendre. Le premier train est prévu le samedi 24 janvier a 8 h 10, direction
Villefranche-de-Conflent. Enfin.

Driss Chait (L’Indépendant, le 29 novembre)

Eus. Trafic ferroviaire Prades-Perpignan: le pont démoli (L’Indep)

Il était au centre de toutes les attentions depuis le déraillement du train le 24 juillet 2024.
Le pont percuté par la locomotive qui avait déraillé a finalement été détruit. « Sans aucune certitude d’être reconstruit », selon le maire de la commune Philippe Dorandeu « La SNCF fait des études préliminaires pour faire un nouveau pont, mais ça me semble compliqué ». De son côté, la SNCF confirme « qu’à la suite des travaux de dévoiement d’eau potable menés par la commune d’Eus et terminés le 30 octobre, SNCF Réseau a pu engager les travaux de démolition du pont depuis lundi 3 novembre ».

Vérifications d’usage

« Une fois les matériaux évacués, les équipes procéderont au confortement des talus au droit du pont avant de poursuivre sur les travaux de réfection de la voie et de la caténaire, opérations qui s’étaleront sur plusieurs semaines. À l’issue de ces travaux, les équipes SNCF Réseau procéderont aux vérifications d’usage sur l’ensemble de la section de ligne, non circulée depuis le 24 juillet 2024 (vérification des systèmes de signalisation, des passages à niveaux, mais également de la végétation aux abords des voies). Une fois ces contrôles réalisés, la voie pourra être restituée ». Le 23 septembre dernier, le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Régnault de la Mothe, confiait à L’Indépendant que « quoi qu’il arrive et quels que soient les différends, je veux que la circulation ait repris en janvier 2026 ». Tout semble sur la bonne voie.

Ph. C. (L’Indépendant, le 5 novembre 2025)

Ligne TER Perpignan-Villefranche : le début du chantier encore retardé (L’Indep)

Un an après le déraillement qui a endommage le pont d’Eus, la ligne TER
Perpignan-Villefranche est toujours à l’arrêt. Malgré des annonces encourageantes cet été, les travaux de réouverture accusent de nouveaux retards.

Où en est-on ? Aux dernières nouvelles, c’est-a-dire le 24 juillet dernier, les usagers de la ligne SNCF Perpignan-Villefranche soufflaient une triste bougie. Celle du premier anniversaire du déraillement du train qui avait percuté le pont de la commune d’Eus. Depuis, plus aucun TER ne circule sur cet axe. Une fermeture devenue insupportable pour les usagers qui réclament inlassablement la réouverture.

Délais allongés

Fin juillet, deux annonces avaient redonné de l’espoir. D’abord, le maire d’Eus, Jean-Philippe Dorandeu, confirmait la signature d’une convention autorisant la démolition du pont accidenté par SNCF Réseau, étape indispensable avant la réfection de la voie ferrée. En-suite, un comité de pilotage réuni le 31 juillet avait défini un rétroplanning des travaux. Ils devaient commencer la première quinzaine de septembre.

Mais depuis, les délais se sont allongés. Lors du dernier comité de suivi, organisé en fin de semaine dernière, un retard de calendrier a été annoncé. Initialement prévus au 15 septembre, les travaux ne peuvent débuter qu’après une étape préalable incontournable. Car le pont n’acheminait pas seulement des trains, il transporte aussi l’eau potable vers quelques habitations.

Une entreprise doit donc, en premier lieu, installer une nouvelle alimentation en eau en provenance de Los Masos. Un chantier de trois semaines qui ne commencera que le 13 octobre.

18 mois sans train

« Tout semblait bien engagé. Trois semaines de décalage, plus dix autres pour la démolition et la réfection, auxquelles s’ajoute la trêve de Noël. On arrive fin janvier, dans le meilleur des cas », déplore Enric Balaguer, président de l’association Train en Têt.

Fin janvier, cela fera donc 18 mois sans train. « Encore une fois, on ne prend pas la mesure de l’importance de cette ligne. C’est un manque de conscience de l’urgence de la situation. Nous sommes scandalisés. Ailleurs, sur un axe plus stratégique, on n’aurait pas ces reports à répétition », poursuit-il.

Le prochain comité de suivi est prévu pour le 7 novembre prochain. Et Enric Balaguer espère bien qu’aucun nouveau contretemps ne viendra rallonger les délais.

Driss Chaï (L’Indépendant, le 23 septembre 2025)

« On s’attachera au pont ». À Eus, la colère gronde chez les agriculteurs (L’Indep)

Un an après l’accident ferroviaire qui a provoqué la fermeture de la ligne TER entre Perpignan et Villefranche-de-Conflent, la mairie d’Eus a signé une convention autorisant a démolition du pont endommage. Les travaux de réfection de la ligne en dépendaient Une décision qui réjouit les usagers du train mais qui suscite de vives inquiétudes pour certains habitants et professionnels, directement impactés par la disparition de celui-ci.

Il y a un an, le 24 juillet 2024 pour être précis, un train déraillait au niveau du pont d’Eus, provoquant la fermeture de la ligne TER reliant Perpignan à Villefranche. Douze mois plus tard, la liaison reste à l’arrêt, les usagers n’en peuvent plus, comme en témoigne la manifestation organisée la semaine dernière à Perpignan. Mais il semblerait que l’impatience et les actions en cascade de l’association Train en Têt aient fini par faire avancer la locomotive.

La municipalité d’Eus, désormais dirigée par Philippe Dorandeu (élu en mai en remplacement de Joseph Montessino), a récemment acté la destruction du pont. Cette solution, proposée depuis plusieurs mois par SNCF Réseau, permettra une reprise du trafic dans un délai de 12 à 14 semaines de travaux, qui pourraient débuter des septembre. Mais si cette décision satisfait les usagers du train, elle laisse sur le bord de la route plusieurs habitants et professionnels d’Eus, dont l’activité dépend directement du fameux pont.

À quelques mètres de la voie ferrée, sure également l’acheminement de se trouvent les terres du Gaec Can Mathilde. Depuis neuf ans, Aurore et Alexandre Torra y élèvent 140 porcs en plein air. Et depuis un an, leur quotidien est chamboulé. « On ne peut plus emprunter le pont pour aller aux marchés, notamment à Prades », explique Aurore Torra. « On est obligés de passer par Los Masos. Ce ne sont pas tant les 5 kilomètres de détour qui posent problème, c’est l’état de la route : elle est chaotique. On transporte des vitrines et des camions frigorifiques, les vibrations font tout bouger, on doit sans cesse réparer nos équipements. »

Mais ce n’est pas tout. Le pont assure l’acheminement de l’eau potable jusqu’à leur exploitation. « L’eau passe dans un petit tuyau isolé sous le pont. Elle arrive à 15 degrés chez nous, ce qui est crucial pour notre laboratoire de transformation. La SNCF propose désormais de faire passer l’eau en aérien, avec des tuyaux suspendus entre deux poteaux. »

En quête de garanties

Un système que les deux éleveurs jugent inadapté: « L’été, l’eau risque de chauffer, favorisant le développement microbien. Et en hiver, elle gèlera. Ce qui rendra nos équipements inutilisables. On travaille en vente directe. Si on ne peut plus transformer nos produits, on est morts ».

Ce qui révolte le couple, c’est l’absence de garanties. « Le maire a signé un acte de démolition sans engagement formel de reconstruction du pont », insiste Alexandra Torra. Les deux agriculteurs demandent à la préfecture et la municipalité une solution claire et rapide. « Il suffit de faire descendre un tuyau d’eau potable depuis Los Masos. Ce n’est pas un projet pharaonique. On paye des impôts, on demande simplement un accès à l’eau digne de ce nom pour pouvoir continuer à vivre et travailler ici », martèlent-ils, ajoutant que « si les travaux commencent en septembre sans solution pour nous, on s’attachera au pont. Et il faudra des camions de CRS pour nous déloger. »

Driss Chait (L’Indépendant, le 29 juillet 2025)

« Je milite pour que le réseau d’eau soit rallongé avant la destruction du pont »
La mairie d’Eus est propriétaire dudit pont. Contacté, le maire Jean-Philippe Dorandeu s’est montré rassurant. « La solution, effectivement, serait de faire venir l’eau de Los Masos. De rallonger le réseau. On travaille là-dessus, notamment avec la sous-préfecture. Je milite pour que ce soit fait avant la destruction du pont. Après, il y a tout un tas de contraintes administratives et financières qui me font douter un peu.
Mais on va essayer de faire tout ce qu’on peut pour obtenir les travaux avant la destruction du pont. »
Et le pont, va-t-il être reconstruit ?
Le maire de la commune n’y croit pas vraiment : « Très honnêtement, vu la solution technique de démolition proposée par la SNCF, je ne pense pas. Je ne peux pas le certifier mais je serais étonné qu’il y ait un nouveau pont ».

Accident de train d’Eus. Un accord enfin trouvé pour les travaux (L’Indep)

L’association Train en Têt a organisé hier une manifestation appelant au rétablissement des circulations sur la ligne de TER entre Ille-sur-Têt et Villefranche-de-Conflent, un an après l’accident de train avant percute un pont à Eus. Des annonces ont été faites.

Une fête d’anniversaire malheureuse. C’est ainsi qu’Enric Balaguer, président de l’association Train en Têt, qualifie l’événement. Le rassemblement, réunissant les usagers mécontents et maires des communes avoisinantes, a défilé depuis la gare de Perpignan, jusqu’à la préfecture.

Des usagers en détresse

Tous étaient présents pour la même raison : ils veulent que les circulations sur la ligne de TER entre Ille-sur-Têt et Villefranche-de-Confient soient rétablies. Et pour cause, depuis le 24 juillet 2024 et l’accident de train percutant le pont de la commune d’Eus, le dossier piétine. « C’est trop long ! », déclare Enric Balaguer en précisant que près de 700 voyages quotidiens sont impactés depuis le blocage de la ligne. « Les usagers sont obligés de prendre le bus, ce qui rallonge énormément le temps de trajet. C’est fatigant pour eux, mais aussi polluant », explique le président de l’association Train en Têt. Nombreux sont ceux qui optent pour la voiture comme Hélène, habitante de Villefranche-de-Conflent qui avait pour habitude de se rendre en train à ses examens médicaux à Perpignan. « En voiture, c’est plus compliqué. Il faut se garer, et payer plus cher », confie-t-elle. Pour Patrick Marcel, maire de la commune de Clara-Villerach, le rétablissement de la ligne est également important pour le développement du Confient. « Le train permet aussi d’accueillir les voyageurs et contribuer au développement touristique de notre territoire », argue-t-il.

Un sentiment d’abandon

L’impression d’être délaissés et de ne pas être prioritaires. C’est le sentiment que partagent association et usagers, le tout sur fond de colère. « Une autre ligne plus fréquentée aurait été prise en charge bien plus rapidement ». déclare Enric Balaguer. C’est un problème de phasage qui est reproché. « La reconstruction du pont et le rétablissement de la ligne ont été considérés sur un pied d’égalité. Or, rétablir la ligne de train est plus urgent », explique Enric Balaguer.

Le président de l’association Train-en-Têt souligne également le fait que les réactions politiques se sont fait attendre, tout en admettant des avancées dans le dossier depuis le changement, en décembre dernier, de maire à Eus, commune dans laquelle le pont a été percuté. Ce que voulaient l’association et les usagers en se mobilisant, c’est un calendrier précis pour le projet.

Un déblocage en deux étapes

Deux annonces positives ont été faites jeudi 24 juillet suite à la mobilisation. D’abord, le maire d’Eus a dévoilé avoir signé le mercredi 23 juillet une convention maîtrise d’usage unique actant l’autorisation de détruire le pont par la SNCF Réseau. « Je suis content d’avoir fait le nécessaire pour avancer », a déclaré le nouveau maire d’Eus, Jean-Philippe Dorandeu La seconde annonce est l’engagement de SNCF Réseau à donner une réponse entre huit et dix mois. La structure devra prendre en charge les frais d’études visant à établir les coûts de reconstruction d’un pont au-dessus de la voie. Un comité de pilotage se réunira le 31 juillet afin de décider d’un rétroplanning pour le projet. « Il faudra compter environ 12 semaines, sous réserve des disponibilités des entreprises, pour les travaux de démolition du pont et la remise en état des voies ferrées », a déclaré la direction régionale de SNCF Réseau.

Gabrielle Fromont (L’Indépendant, le 25 juillet 2025)