Le billet d’Yvon Huet. Si tu lis Bert, t’as rien !

Qui n’a pas eu dans sa famille ou ses relations un anarchiste « de droite » heureux de surfer au-dessus des convenances tout en ayant un portrait du Maréchal Pétain dans son couloir ? Moi, j’ai connu. C’était hier, mais ça recommence de plus belle. C’est bien cette tendance qui, actuellement, fait un carton dans de nombreuses chaumières, à droite comme à l’extrême droite certes, mais bien au-delà.

Au nom de la liberté, les fans d’un capitalisme « populaire » où toutes les barrières sont franchies pour remettre en cause l’État de droit au profit d’un état de profitabilité maximale ouvert à toutes les opportunités pour s’enrichir sur le dos des autres, avec le mot qui tue, « que le meilleur gagne », sont en ordre de marche sur notre planète. Ils ont marqué des points partout, en Amérique latine, aux USA, en Europe et en Asie. Ils sont soutenus par les plus puissants de la classe dominante mondiale, Elon Musk en tête. Ils soutiennent toutes les formes de pouvoir autocratique, les chasseurs de pauvres, de migrants et de partisans de la démocratie sociale, collés au mur pour « intelligence avec l’ennemi ». Qui, le communisme évidemment. Cette incitation à la peur du communisme qui avait fait des ravages dès 1945 aux débuts de la guerre froide est revenue sur le plateau des mises en scènes, Donald Trump en étant un chef d’orchestre parmi d’autres.

Contre cette tendance qui s’est imprégnée des pertes de repère que nous vivons actuellement, il va sans dire que ce n’est pas avec des pâquerettes qu’il faudra lutter mais dans l’action sociale et dans le combat politique le plus claire et offensif possible pour donner à la démarche alternative à gauche un nouvel élan. C’est dans ce sens que j’ai compris le discours de Fabien Roussel qui, si les communistes le permettent par leur vote, devra investir cette maudite élection présidentielle que nous n’aimons pas certes, mais qu’il faut bien affronter pour ne pas tomber dans le piège des « bonnes intention » de discussions de comptoir désespérées…

En ce début septembre, il faudra faire un choix. On en connaît le risque. Mais qui ne prend pas de risque sera certainement cloqué par les libertariens qui, comme les méduses, sont capables de brûler n’importe qui… Le mythe de l’unité pour l’unité ne sert à rien. C’est l’addition des forces qui devra recréer l’espoir à gauche, pas le repli sur une injonction d’urgence, d’où qu’elle vienne qui, loin de faire peur aux libertariens, ne peut que lui donner du grain à moudre.

Yvon Huet